Résumé du sermon du vendredi prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, chef spirituel de la Communauté Islamique Ahmadiyya Internationale, le 25 avril 2014, à la mosquée Baitul-Futuh, au Royaume-Uni.

Je tiens aujourd’hui à rendre hommage à une personne très chère qui nous a quitté deux jours de cela et qui jouissait d’un rang spécial en raison de sa loyauté absolue et de ses services à la Jama’at : c’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Tout être humain doit un jour quitter ce monde. Bienheureux sont ceux qui essaient de vivre leur vie selon le désir d’Allah, qui tentent de leur mieux d’honorer leurs engagements et qui tout en servant la foi sont toujours prêts à servir l’humanité. Ils figurent parmi ceux qui sont loués par tout le monde et de ce fait, selon la parole du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), le Paradis leur est donné.

Ce serviteur de la communauté, cet assistant puissant du Calife, qui avait à l’égards du Califat un grand sens de l’honneur, est notre frère Mokarram Mahmood Ahmad Shahed, que beaucoup connaissent sous le nom de Mahmood Bengali au Pakistan. Il servait, jusqu’à son décès en tant qu’Amir de la djama’at de l’Australie et il est décédé le 23 avril dernier : c’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons.

Le 22 avril il avait quitté sa maison à Sydney pour se rendre à la mosquée à l'heure de la prière d’Asr mais ne se sentant pas bien il a fait demi-tour. Peu après il a subit une hémorragie cérébrale : il était d’ailleurs diabétique et souffrait d’une forte pression artérielle. Transporté à l’hôpital il a été placé sous respiration artificielle : les médecins disaient que l’hémorragie lui a été fatal en raison de la région du cerveau affectée. Sur ce je leur ai conseillé d’essayer [de le ranimer] pendant vingt-quatre heures et pas plus. Quand ont a éteint le ventilateur il est décédé au bout de deux minutes.

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Mahmood Ahmad Sahib est né le 19 novembre 1948 dans le village Char Dukhiya du Bangladesh. Son père s’appelait Maulana Abdul Khair Muhammad Muhibullah et sa mère Zeibunnisa. Son père avait accepté l’Ahmadiyya en 1943 : il portait à l’origine le nom d’Abdul Khair Muhammad auquel le deuxième Calife (r.a) avait ajouté le surnom de Muhibullah. Il était le premier ahmadi de sa région et était un grand érudit. Il était passionné de Tabligh et grâce à lui son père Abdul Mannan Khawaja, c’est-à-dire le grand-père de Mahmood Sahib, avait lui aussi embrassé l’Ahmadiyya.

Le grand-père du défunt avait entendu parler de la communauté pendant la vie du Messie Promis (a.s.) alors qu’il étudiait à Saharanpur dans l’Utter Pradesh, [en Inde]. Il désirait se rendre à Delhi pour rencontrer le Messie Promis (a.s.) mais n’a pu le faire car les responsables de son établissement ne lui en avaient pas donné la permission. Il avait l’habitude de dire qu’on avait tenté de lui priver d’une bénédiction qu’Allah l’Exalté lui a accordée par la suite.

Le deuxième Calife (qu’Allah soit satisfait de lui) avait encouragé le père de Mahmood Ahmad Sahib de dédier son fils en 1954. Sur ce après ses études primaires ce dernier a rejoint très jeune la Jamia Ahmadiyya de Rabwah en 1962. Il a obtenu son diplôme de Shahid en 1974 et s’est marié à Hajjira Sahiba, la fille de feu Maulawi Muhammad Sahib, l’Ameer de la Jama’at du Bangladesh en 1977. Ils ont eu trois filles et un fils qui par la grâce d’Allah sont tous mariés et servent activement la Jama’at.

Mahmood Sahib a relaté certains faits de sa jeunesse à son gendre. Il raconte que lors de ses études à la Jamia il avait subi une blessure grave au genou en jouant au football. Etant très malade il est rentré au Bengale. Rabwah était dépourvu de nombre d’aménités à l’époque et le climat était très difficile. L’eau y était saumâtre et il souffrait souvent de maux d’estomac ; de surcroît ses parents lui manquaient, il était jeune et blessé. Une fois au Bangladesh – qu’on appelait à l’époque le Pakistan oriental – il n’avait plus envie de retourner à Rabwah. Toutefois Syed Ahmad Mir Daud Sahib, le directeur de la Jamia, lui écrivait souvent et a su le convaincre d’y revenir. Mahmood Sahib disait que les prières de son père ont eu un impact profond sur sa vie.

De Rabwah il a informé son père que la chaleur y était insupportable, qu’il y avait manque d’eau et que la nourriture ne lui allait pas. Dans sa réponse son père lui a dit qu’à La Mecque la situation était tout aussi difficile et a cité le verset 38 de Sourate Ibrahim : « Notre Seigneur, j’ai établi certains de mes enfants dans une vallée incultivable…» (14 : 38) et lui a conseillé par écrit que s’il ne peut vivre dans la ville fondée par le Calife d’Allah, en ce cas sa relation avec son père n’a pas de sens. Mahmood Sahib raconte que ce fait a apporté changement profond dans sa vie.

Mujeebur Rehman Sahib de Rawalpindi relate que Mahmood Bengali Sahib était une personne circonspecte, un serviteur accompli de la Jama’at, qui a assumé ses devoirs avec loyauté et sincérité toute sa vie et qu’il est parti vers son Créateur en servant activement la communauté. Quand Hadrat Khalifat-ul-Masih III (r.a) avait nommé le défunt Sadr (Président) de la Majlis Khuddam-ul-Ahmadiyya ses compétences de grand administrateur se sont affirmées davantage.

Mujeebur Rehman, l’oncle maternel du défunt, rapporte que son père a servi comme missionnaire au Bengale et qu'il a dédié son premier enfant, Mahmood Ahmad quand il était très jeune. L’environnement de Rabwah lui était peu familier et il était triste durant les premiers jours.

Son père avait l’ardent désir qu’il complète ses études à la Jamia et il disait à Mujeebur Rehman Sahib de faire en sorte qu’il ne soit pas nostalgique. Par la suite Mahmood Sahib s’est consacré entièrement à ses études et ceux qui vivaient à Rabwah à l’époque savaient à quel point il s’était bien intégré.

Mujeeb Rehman Sahib relate que le défunt était simple, sincère et sympathique : mêmes les voisins non-ahmadis s’étaient attachés à lui. Mahmood Ahmad avait une relation très affectueuse avec ses frères et aidaient financièrement ses parents défavorisés dans le secret. Il envoyait constamment une somme d’argent au Bangladesh pour venir en aide à sa mère. Tous ses proches racontent qu’ils avaient une relation très affectueuse avec lui. Dans ses notes laissées à son gendre Mahmood Bengali Saheb rapporte qu’il était arrivé en cinquième position lors de l’élection du Sadr de la Majlis Khuddamul Ahmadiyya en 1979. Au moment de la prière d’Al-Fajr Hadrat Khalifat-Ul-Masih III (r.a) lui a demandé de se consacrer à l’Istighfar abondamment et de réciter le Durud. Le lendemain ou le soir du même jour le Calife l’a nommé Sadr de la Majlis Khuddamul Ahmadiyya.

Le missionnaire Inam Ullah Kausar Sahib des Etats-Unis raconte qu’il s’était lié d’amitié avec Mahmood Saheb quand ce dernier était le responsable du logement des étudiants à la Jamia. Quand le troisième Calife a nommé le défunt Sadr de la Majlis Khuddamul Ahmadiyya, Inam Ullah Sahib se trouvait à côté de lui et a voulu lui faire l’accolade : mais le défunt lui a dit en ourdou teinté de son accent bengali de s’écarter de lui. Quand on lui a dit que sa nomination a été confirmée, il ne pouvait pas y croire et avait l’air triste. Mais il s’est maîtrisé par la suite.

Khalid Saifullah Sahib, qui est actuellement l’Amir par intérim de la djama’at de l’Australie écrit que Mahmood Bengali Sahib lui a raconté qu’après les élections du Sadr de la Majlis Khuddamul Ahmadiyya en 1979, le troisième Calife, qui lui était très affectueux lui a conseillé de se consacrer à l’Istighfar jusqu’au soir. Mahmood Sahib avait très peur et pensait avoir commis une erreur, mais quand le Calife lui a nommé en tant que Président de la Khuddam Ul Ahmadiyya en dépit d’être arrivé en cinquième position il s’est rendu compte que le Calife attirait son attention vers l’humilité. Tous les titulaires de postes doivent quand ils sont nommés, se consacrer à l’Istighfar et au Durud afin qu’ils maintiennent leur humilité et qu’ils soient poussés à servir sincèrement la communauté.
Mahmood Mujeeb Sahib raconte que le défunt était un ahmadi dévoué qui a consacré toute sa vie au Califat. C’était peut être en 1981 que le troisième Calife avait réuni tous les Sadr de la Majlis Khuddamul Ahmadiyya de 1960 jusque-là et a dit que le défunt avait excellé grâce à son obéissance et a profité des prières [du Calife] et que c’était pour cette raison qu’il l’avait nommé en dépit d’être arrivé à la cinquième place. Il voulait donner une leçon à la Jama’at que le choix du Calife est toujours le meilleur.

Feu le troisième Calife a apprécié ses services en ces termes : « Les bénédictions sont accordées à ceux qui suivent sincèrement le Califat car elles sont liées à ce système. […] Mahmood Ahmad est arrivé à la cinquième place lors de l’élection de la Majlis Khuddamul Ahmadiyya. Je voulais donner cette leçon à la Jama’at que les tâches des quatre premiers n’auraient pas été bénies en raison du nombre de votes qu’ils avaient reçues. Celui qui suit le Califat en toute sincérité est celui qui reçoit les bénédictions. Par conséquent, j’ai nommé Mahmood Ahmad Bengali comme Sadr. Il est très sincère ; il a travaillé très dur et a été récipiendaire de nombreuses prières. »

Mahmood Bengali Sahib était le dernier Sadr International de la Majlis Khuudamul Ahmadiyya : à l’époque il n’y avait qu’un seul président dans le monde entier qui travaillait directement sous le centre et il y avait des qaidine dans les autres pays. A la fin de son mandat, le défunt a écrit une lettre emplie d’humilité au feu le quatrième Calife qui, dans sa réponse, lui a dit : « Vous avait sans aucune raison exprimé de l’embarras. Par la grâce d’Allah vous vous êtes bien acquitté de votre tâche et avez fait preuve d’une grande sagesse et d’une grande bravoure à des moments très difficiles. Qu’Allah vous bénisse ! C’est aussi pour cette raison qu’en dépit d’avoir rejoint l’Ansarullah, vous avez eu l’occasion de servir un an de plus [au sein de la Khuddam Ul Ahmadiyya]. Si vous aviez été incompétent cela n’aura pas été le cas. Qu’Allah fasse que vous puissiez servir Sa cause en toute abnégation. Vous avez beaucoup accompli en faveur des prisonniers [de conscience] Ahmadis. […] et je m’en réjouis. »

C’était à l’époque où l’état pakistanais avait promulgué la loi anti-ahmadie de 1984 : des centaines d’ahmadis ont été emprisonnés pour la simple raison d’avoir réciter la Kalima. La Majlis Khuddamul Ahmadiyya et ainsi que le défunt ont beaucoup fait à leur égard.

En tant que Sadr de la Khuddam Ul Ahmadiyya Mahmood Ahmad a effectué une tournée sur trois continents du 11 juin au 11 octobre 1987 et a visité onze pays dont la Hollande, la Belgique, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la Gambie, le Sénégal, la Sierra Leone, le Libéria et la Côte-d’Ivoire. C’était la première visite d’un Sadr de la Khuddam Ul Ahmadiyya dans ces pays. En 1989, il s’est rendu en Indonésie, en Malaisie et à Singapour.

Le défunt avait un lien direct avec les Khuddam. Il racontait que feu le troisième Calife (r.a) lui avait conseillé de passer moins de temps au bureau et plus de temps avec les Khuddam. Dans la soirée, Mahmood Sahib s’asseyait souvent devant les bureaux et parlait dans une ambiance conviviale à tous ceux qui désiraient le rencontrer et partageait leurs peines.

Feroz Alam Sahib raconte : « J’étais étroitement lié avec le défunt quand j’étudiais à la Jamia en 1982. J’étais un nouveau ahmadi à l’époque et il a affectueusement pris soin de moi en dépit de tous ses engagements. Il m’invitait à la maison pour les Aid et à d’autres occasions et essayait de dissiper mon mal du pays.

Abdul Awwal Sahib a également mentionné des qualités similaires du défunt dont la plus remarquable est sa grande proximité avec le Califat et son sens du sacrifice à son égard. Il était calme et appréciait les qualités des autres.

Le défunt a commencé à servir la djama’at en tant que responsable du Nasir Hostel : il a aussi était Mohtamim de la Khuddamul Ahmadiyya à Rabwah de 1977 à 1979. Il a ensuite occupé la haute responsabilité de Sadr Khuddamul Ahmadiyya centrale pendant dix ans. Avant la création de la MTA il a été le responsable du service central de l’audio-visuel établi par feu le quatrième Calife. Et il a servi en tant qu’Amir de la djama’at de l’Australie du 28 juin 1991 jusqu’à son dernier souffle.

Puisse Allah le Très-Haut lui accorder Sa miséricorde. Il a servi la djama’at de manière désintéressé et en usant de toutes ses capacités. Il ne se souciait guère de sa santé ni ne laissait-il le moindre obstacle entraver l’œuvre de la djama’at. Bien que sa santé s’était détériorée lors de ma dernière tournée en Australie il a tout supervisé en personne.

Quand je suis sorti de l’avion j’étais fort inquiet de voir son état : il avait un mal de dos terrible et son épine dorsale était très affectée. Le médecin l’avait recommandé du repos : mais comment pouvait-il le faire quand le Calife était en tournée ? Dans la voiture j’ai dit à l’Amir adjoint que je trouvais Mahmood Sahib très frêle et âgé. J’ai découvert l’ampleur de sa maladie que plus tard, quand j’ai parlé à un médecin là-bas. Un jour, lors de la tournée sa pression artérielle était si forte qu’on avait peur qu’il allait subir un accident vasculaire ou une crise cardiaque. Il est resté à l’hôpital quelques heures avant de rentrer à la maison, où il a recommencé à travailler.

Il avait un grand regret de ne pouvoir m’accompagner lors d’une de mes visites dans une ville. Il m’a suivi ailleurs bien que je lui ai conseillé de ne pas venir : il est resté avec nous et a tout supervisé en dépit d’un programme très chargé. Il a oublié ses propres soucis et s’inquiétait à mon sujet et à propos de ceux de mon entourage. Il s’excusait à plusieurs reprises auprès des membres de ma délégation, disant qu’il ne pouvait s’occuper d’eux correctement. Il avait en fait peur que le Calife ne soit importuné si les membres de sa délégation souffraient d’une manière ou d’une autre. Alors que moi m’inquiétais concernant sa santé : d’ailleurs il avait repris des forces pendant ma visite et il a participé dans la Jalsa Salana et la Shura récemment.

J’ai travaillé sous Mahmood Bengali Saheb au sein de la Khuddamul Ahmadiyya. Il offrait la possibilité à ses subalternes de travailler et appréciait leur service. Il était un excellent auxiliaire du Calife. Bien que son décès a laissé un vide dans la Jama’at de l’Australie Allah s’occupe Lui-même des communautés divines et accorde Son soutien. Puisse Allah le Très-Haut le bénir et qu’Il accorde toujours d’excellents aides au Calife, des personnes dévouées qui remplissent leur engagement. Qu’Allah soit aussi le Protecteur et l’Aide de sa femme et ses enfants et qu’Il fasse que ces derniers soit fermes dans leur la foi à l’instar de leur père et qu’ils aient un lien ferme avec le Califat. Qu’Allah leur permette aussi de servir leur mère !


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