Sermon du vendredi prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, chef spirituel de la Communauté Islamique Ahmadiyya Internationale, le 11 avril 2014, à la mosquée Baitul-Futuh, au Royaume-Uni.

J’évoquerai aujourd’hui la Khutbah Ilhāmiyya ou le sermon révélé prononcé par le Messie Promis (a.s.) le 11 avril 1901 en langue arabe avec le soutien de Dieu. Environs 200 personnes l’ont entendu [en personne à l’époque] et ont été les témoins oculaires de sa révélation. Etant aujourd’hui un 11 avril, et un vendredi de surcroit, on m’a suggéré de mentionner ce grand signe apparu en faveur du Messie Promis (a.s).

Nombre d’ahmadis connaissent certes l’existence de l’ouvrage Khutbah Ilhāmiyya mais ils ignorent son histoire et son arrière plan. Et j’étais davantage surpris d’apprendre qu’il y en a qui ignorent tout de ce sermon. Que tout ahmadi sache que ce signe de soutien divin accordé au Messie Promis (a.s.) a pour vocation de renforcer notre foi : il nous offre d’une part des arguments pour réduire au silence nos adversaires et d’autre part des preuves afin d'étayer la véridicité du Messie Promis (a.s.). En somme, la Khutbah Ilhāmiyya fait partie de ces signes grandioses qui mettent en déroute de grands oulémas.

J’évoquerai brièvement son arrière plan et l’effet qu’il a eu sur les ahmadis de l’époque et ainsi que les commentaires des non ahmadis à son sujet. Je présenterai aussi quelques extraits de ce sermon.

Il n’en demeure que c’est en lisant ce sermon révélé que l’on pourra saisir sa portée réelle ainsi que sa splendeur. Cependant même les quelques parties que je citerai suffiront pour le démontrer et pour prouver l’éminent statut du Messie Promis (a.s.).

Etant donné que ce sermon révélé a été publié dans l’ouvrage Khutbah Ilhāmiyya, l’on n’a pas cru qu’il était nécessaire de l’inclure dans la Tadhkirah (le recueil des révélations reçues par le Messie Promis (a.s.)). J’ai cependant quelques réserves à ce propos. Le département concerné devra me contacter avant la sortie de la prochaine édition de la Tadhkirah ou quand elle sera imprimée en d’autres langues.

La toile de fond de ce sermon révélé est évoquée dans les journaux Al-Badr, Al-Hakm et dans les annales de l’histoire de la djama’at. Il y est dit que le jour d’Arafat, c’est-à-dire la veille de l’Aïd-el-adha (Aïd-el-Kebir), le Messie Promis (a.s.) transmit en écrit le message suivant à Hadrat Maulana Nur Ud Din : « Je désire consacrer une partie de la journée d’aujourd’hui et de la nuit à prier pour moi et pour mes amis. Envoyez-moi la liste des noms [des ahmadis] présents [à Qadian] ainsi que leurs adresses afin que je puisse me rappeler d’eux lors de mes supplications. »

L’ordre du Messie Promis (a.s) fut exécuté et quant aux visiteurs qui ne cessaient d’arriver ils exprimaient tous l’ardent désir de le rencontrer et lui sollicitaient des prières en envoyant des messages [en écrit]. Après quoi le Messie Promis (a.s) demanda de ne plus lui en envoyer car, disait-il, cela l’incommodait trop. Il se présenta pour les prières de Maghrib et d’Isha qui furent combinées et déclara par la suite : « Etant donné que j’ai promis à Dieu que je passerai la journée et la nuit en prière je vous quitte afin que je ne brise pas ma promesse. »

Le lendemain, le jour de la Aïd, Maulvi Abdul Karim partit le rencontrer lui sollicitant expressément de prononcer un sermon. Sur ce le Messie Promis (a.s.) répondit : « C’est Dieu qui m’en a donné l’ordre. La nuit j’ai reçu la révélation que je dois prononcer quelques paroles en arabe devant une assemblée. Je croyais qu’il s’agissait d’une autre assemblée mais il se peut qu’il s’agisse de celle d’aujourd’hui. »

Avant de prononcer le sermon le Messie Promis (a.s) demanda à Maulvi Nur Ud Din et Maulvi Abdul Karim de se rapprocher de lui et de se tenir prêts à transcrire son discours. Et quand ils furent prêts le Messie Promis (a.s) débuta son sermon en langue arabe avec les paroles Ya Ibadallah (O serviteurs d’Allah). Il ajouta à l’endroit de ses deux compagnons : « Ne cessez d’écrire et si vous ne comprenez pas quelque chose demandez moi immédiatement. » Après qu’il eut terminé à la demande de la plupart des membres de l’assistance Maulvi Abdul Karim se mit à traduire le sermon en ourdou. Mais avant qu’il ne commence le Messie Promis (a.s) ajouta que ce discours est un signe de l’exaucement de ses prières faites le jour précédent et la veille. « [Il était convenu] que si je prononçais ce sermon en langue arabe à l’improviste ce serait un signe que toutes mes prières ont été exaucées. Alhamdollilah elles l’ont été suite aux promesses de Dieu. »

Maulvi Abdul Karim avait à peine commencé à traduire le sermon que le Messie Promis (a.s), sous le poids des émotions, se prosterna en remerciement à Dieu. Les membres de l’assistance en firent de même. Se relevant de sa prosternation il déclara : « J’ai vu écrit en rouge « félicitation ». C’est un signe de l’acceptation de mes prières. »

Evoquant d’autres détails à ce propos dans son ouvrage Nuzūl Ul Masih le Messie Promis (a.s) affirme : « Le matin du jour de la Aïd dans une révélation [Dieu] me demanda de prononcer quelques paroles en arabe [lors du sermon] et j’en informai nombre de mes amis. Jamais auparavant je n’avais prononcé de sermon en langue arabe. Mais le jour de la Aïd quand je m’apprêtais à parler Dieu fit sortir de mes lèvres des paroles d’une grande éloquence et empreintes de sens, de paroles consignées dans la Khutbah Ilhāmiyya. Ce sermon comportait plusieurs parties et je le prononçai d’un seul trait, sans aucune préparation préalable. Dans ses révélations Dieu qualifia ce sermon de signe, car il était une manifestation de Sa puissance. J’ai la ferme certitude qu’aucun grand orateur, érudit ou lettré arabe ne pourrait prononcer pareille discours à l’improviste. Environs 150 personnes étaient présentes et en furent les témoins. » (Nuzūl Ul Masih)

Dans son ouvrage Haqiqatul Wahyi le Messie Promis (a.s) explique : « Le 11 avril 1900, le matin de la Aïd-el-adha, je reçus la révélation suivante : « Prononce un sermon en arabe aujourd’hui ; la force pour le faire t’a été accordée. » Ensuite Dieu m’informa : « Une parole éloquente de la part du Seigneur Gracieux. » J’en informai le défunt Maulvi Abdul Karim, Maulvi Nur Ud Din, Sheikh Rahmatullah Sahib, Mufti Muhammad Sadiq Sahib, Maulvi Muhammad Ali Sahib, Master Abdur Rahman Sahib, Master Sher ‘Ali et Hafiz Abdul Ali Sahib et nombre de mes amis. Après la prière de l’Aïd je me levai pour prononcer ce sermon en arabe et Allah sait qu’une puissance me soutint de l’invisible et je prononçai à l’improviste un sermon d’une grande éloquence en langue arabe, quelque chose qui dépassait mes aptitudes.

Je ne pense pas qu’il soit possible, sans le soutien de la révélation divine et sans l’avoir au préalable mis en écrit, à n’importe qui de faire pareille discours qui comprenait plusieurs parties et qui était d’une si grande éloquence. Environs deux cents personnes écoutèrent ce discours en arabe publié sous le titre Khutbah Ilhāmiyya. Par la grâce de Dieu une source invisible s’était ouverte à cet instant ; j’ignorai si c’était moi qui parlais ou si c’était un ange qui le faisait à ma place, car j’étais conscient de n’avoir aucune maitrise sur ce discours. Des phrases toutes faites sortaient de mes lèvres et chacune était pour moi un signe. Ce sermon a été publié sous le titre de Khutbah Ilhāmiyya. En le lisant l’on ne pourra qu’en déduire qu’aucun être humain ne peut prononcer pareil discours à l’improviste en langue arabe. C’était un miracle d’ordre intellectuel venant de Dieu et personne d’autre ne pourra en présenter de similaire. » (Haqiqatul Wahyi). Ce défi est encore a révélé aujourd’hui.

Ce sermon était un signe grandiose en soi et le Messie Promis (a.s) encouragea ses disciples à le mémoriser. Soufi Ghulam Muhammad, Hadrat Mir Mohammad Ismail, Mufti Muhammad Sadiq, Maulvi Muhammad Ali et d’autres compagnons suivirent cette directive et deux des leurs présentèrent de mémoire le sermon au Messie Promis (a.s) entre la prière de maghrib et d’isha sur le toit de la mosquée Mubarak.

Maulvi Abdul Karim, un fin intellectuel, était fou amoureux de ce discours et quand il en citait quelques passages il était comme en extase. Plus étonnant encore est le fait que même des enfants qui l’avaient écouté en ont été profondément touchés. Selon le deuxième Calife, le jour du sermon, avant le couché du soleil des enfants qui n’avaient pas plus de douze ans en répétaient les paroles dans les ruelles de Qadian, chose qui sortait de l’ordinaire. Ce sermon fut publié en aout 1901. Le Messie Promis (a.s) le fit composer par un scribe avec grands soins et il le traduisit en personne en persan et en ourdou, et plaça les signes diacritiques de ses mains.

Le sermon révélé se trouve dans l’ouvrage Khutbah Ilhāmiyya : il en occupe le premier chapitre et s’arrête à la page 38. Le reste du livre est écrit par le Messie Promis (a.s).

Après sa publication de grands arabisants furent fort surpris par l’excellence hors-pair de la langue utilisée et le savoir profond qu’il comprenait. En somme ce sermon est un signe en faveur du Messie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w), signe qui n’a pas son pareille après la révélation du Coran. Dans la Tadhkirah deux rêves à ce propos sont évoqués par le Messie Promis (a.s).

A la date du 19 avril 1900 est consigné le rêve de Mian Abdullah Sanouri : ce dernier rapporte [que dans son rêve] un certain Munshi Ghulam Qadir vint le rencontrer et lui demanda à propos de l’effet de ce sermon. Sur quoi il lui répondit que le sermon fit grand bruit [dans les Cieux]. »

Ce rêve ressemble à celui de Sayyed Amir Ali Shah. Il vit que le jour de la Aïd, quand le Messie Promis (a.s) prononçait ce sermon en langue arabe, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w), les prophètes Jésus (a.s.), Moise (a.s.) et Khidr (a.s.) étaient présents dans l’assemblée et l’écoutaient. C’était une vision qu’il vit quand il était assis dans l’assemblée en train d’écouter le Messie Promis (a.s).

Hafiz Abdul Ali rapporte qu’il était aussi présent ce jour-là. La voix du Messie Promis (a.s) était différente. « Un Sayyed Mulhim – [quelqu’un qui se disait descendant du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) et récipiendaire de vision] – et qui était ahmadi, était assis à côté de moi, raconte Hafiz Abdul Ali, et il disait que des anges étaient présents pour écouter ce sermon. »

Hadrat Mirza Fazal Beig rapporte que le Messie Promis (a.s) était debout sur le seuil de la mosquée [Aqsa] et il répétait chaque mot du sermon à trois reprises. Le Premier Calife, Hadrat Maulvi Nur-Ud-Dine et Maulvi Abdul Karim transcrivaient tout deux le sermon et ils demandaient au Messie Promis (a.s) l’orthographe de certains mots quand ils en étaient incertains et celui-ci les corrigeaient. A la fin le Messie Promis (a.s) demanda à Maulvi Abdul Karim de traduire le sermon pour le public. Et le Messie Promis (a.s) tomba en prosternation pendant que Maulvi Abdul Karim présentait sa traduction.

Hadrat Maulvi Sher Ali (r.a.) rapporte que le jour de la Aïd le Messie Promis (a.s) prononça tout d’abord un sermon en ourdou ; il était peut être assis sur une chaise et ensuite il parla en arabe.

Le Messie Promis (a.s) était comme en transe et ses yeux étaient mi-clos. Au début de chaque phrase sa voix était forte et s’affaiblissait vers la fin. Le Messie Promis (a.s) demanda à ceux qui transcrivaient le sermon de lui demander de se répéter si l’un d’eux n’avait pas bien saisi un terme, car disait-il, il se peut qu’il ne s’en souvienne pas après. Il ajouta : « Je parlais tant que les paroles venaient d’en haut et je m’arrêtai quand cela cessa. »

Le Premier Calife racontait qu’ils savaient que le Messie Promis (a.s) n’aurait pu prononcer ce sermon de son propre chef : c’était la parole de Dieu et non la sienne.

Le Messie Promis (a.s) relatait qu’il ne savait pas, après avoir prononcé une phrase, quelle sera la prochaine, « Je les voyais comme écrit devant moi et je les lisait. » Il énonçait ces paroles lentement et posément.

Maulvi Abdullah Batalvi rapporte qu’un arabe du nom de Sayyed Abdul Hayy, avait longuement séjourné à Qadian afin de connaître la vérité sur le Messie Promis (a.s) et il lui prêta allégeance en fin de compte. Il raconte en ces termes sa conversion : « Après avoir lu les écrits fabuleux et éloquents du Messie Promis (a.s), je n’avais point de doute que l’on ne peut composer pareille chef-d’œuvre sans le soutien de Dieu. Cependant j’étais encore sceptique et je me demandais si c’étaient réellement des paroles du Messie Promis (a.s) [ou celles d’un autre]. Maulvi Nur-Ud-Din et les autres tentèrent en vain de me convaincre que c’était les écrits du Messie Promis (a.s).

N’ayant pu dissiper mes doutes, j’essayai, par différents moyens, d’en avoir le cœur net. Pour ce faire j’écrivis des lettres au Messie Promis (a.s) en arabe et quand il me répondait dans la même langue je comparai ses réponses avec ses ouvrages en arabe. J’en conclus quoique que le style était le même il y avait quand même quelques différences. On me répondait que ce qu’écrivait le Messie Promis (a.s) au quotidien n’avait pas le même cachet miraculeux et ne jouissait pas du même soutien divin que les ouvrages en arabe il écrivait après en avoir reçu l’ordre de Dieu. D’où la distinction de ces derniers : et distinction il devait y en avoir sinon il n’y aura pas de différence entre des aptitudes ordinaires et l’aide spéciale de Dieu.

Je restai à Qadian pour mes recherches espérant être un jour le témoin d’un signe divin. Et le jour de la révélation de la Khutbah Ilhāmiyya je vis de mes yeux la descente de cette parole révélée et miraculeuse ; de mes oreilles j’entendis ces propos que prononçait le Messie Promis (a.s), sans l’aide de personne, au grand jour, en public ; c’étaient des paroles d’une grande éloquence. J’eu le cœur net après avoir entendu le sermon et je prêtai allégeance au Messie Promis (a.s).

Un certain Haji Abdul Karim, qui était affecté en Egypte au sein de l’armée avant 1940 avait pu convertir à l’Ahmadiyya un [Egyptien du nom de] Ali Hussain. Et ils partaient tous deux prêcher le message de l’Ahmadiyya à d’autres Egyptiens. Un de leurs contacts avait accepté tous leurs arguments mais refusait de croire que le Messie Promis (a.s) était un Nabi Ummati, un prophète issue de l’Oummah du Saint Prophète Muhammad (s.a.w)).

Baitul-Futuh-Minaret

Haji Abdul Karim lui offrit l’ouvrage Al-Khutbah Al-Ilhāmiyya et ne le revit pas avant plusieurs jours. Ce dernier l’invita pour un repas : et dès qu’il le vit l’Egyptien lui demanda d’envoyer sa lettre d’adhésion [au Calife]. Haji Abdul Karim lui demanda s’il avait compris la question de la Khatmun Nubūwwah – (la finalité du Prophétat). L’Egyptien lui répondit : « La veille j’avais invité un savant d’Al Azhar et je lui ai raconté que des Indiens ont essayé de me convaincre du bien-fondé de l’Ahmadiyya affirmant que Jésus-Christ est mort, et qu’un membre de la communauté du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) viendra à sa place, et que cette personne est Hadrat Mirza Ghulam Ahmad (a.s). J’accepte tous leurs raisonnements hormis le fait que Hadrat Mirza Ghulam Ahmad (a.s) soit un prophète. Vous qui êtes savant dites moi si j’ai raison ? »

Et l’érudit d’Al-Azhar de répliquer : « J’ai lu les ouvrage de Hadrat Mirza Ghulam Ahmad (a.s) et j’ai discuté avec des ahmadis. Même si des milliers de personnes se proclamaient des prophètes de la catégorie de Hadrat Mirza Ghulam Ahmad (a.s), cela ne briserait en aucune manière le sceau de la finalité du Saint Prophète Muhammad (s.a.w). » L’Egyptien lui répondit : « Je vais embrasser l’Ahmadiyya et le jour de la résurrection vous en serez le responsable. » Le savant ajouta : « Cette réponse je l’a donne ici et nulle part ailleurs. Si tu me poses cette question en public je répondrai qu’il ne peut y avoir de prophète Ummati (dans la communauté du Saint Prophète Muhammad (s.a.w)). Si tu désire entrer dans la djama’at Ahmadiyya tu peux le faire avec mes bénédictions. Quant à moi je fais face à des obstacles, dont le plus grand est que je perdrai mon travail si je deviens ahmadis. » Ainsi c’est le monde qui a eu de l’emprise sur son cœur.

Et l’Egyptien raconta : « Quand j’ai entendu sa réponse j’ai pris la ferme décision d’embrasser l’Ahmadiyya et j’ai lu l’ouvrage Khutbah Ilhāmiyya avant de m’endormir. Dans un rêve j’ai vu le Messie Promis (a.s) suivit d’une multitude de gens. Je lui ai demandé : « Qui sont-ils et où les mener vous ? » Le Messie Promis (a.s) a répondu : « Ce sont des Awliyā (des saints / des amis d’Allah) de l’Oummah du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) qui m’ont précédé. Je les emmène voir le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) dans sa cours. Et je suis le Khātamul Awliyyā et après moi il n’y aura pas d’autre Wali hormis celui qui sera de ma djama’at et après le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) il n’y aura pas d’autre prophète hormis un Nabi Ummati. » A mon réveil je compris la question de la finalité du prophétat du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) et j’étais très content. » Haji Abul Karim raconte : « J’envoyai par la suite à Qadian son formulaire de Bai’ah ainsi qu’une lettre relatant ces faits. »

Cheikh Abdul Qadir Al Maghribi était un savant [syrien] de renom avec qui Hadrat Syed Shah Waliullah Sahib avait de bonnes relations en raison de leurs affinités littéraires et religieuses. Ils se rencontrèrent pour la première fois en 1916. Un jour Cheikh Abdul Qadir Al Maghribi suggéra à Hadrat Shah Waliullah qu’ils fassent une photo ensemble et de sceller leur amitié en plaçant les mains sur le Saint Coran. C’est en raison de cet attachement que lorsque Hadrat Muslih Ma’ud (r.a.), le deuxième Calife se rendit à Damas Allama Al Magribi vint le rencontrer et lui posa de nombreuses questions.

Après avoir entendu les réponses il se targua que seuls les Arabes avaient une complète maitrise de leur langue et qu’hormis eux personne ne pouvaient mieux comprendre le Coran.

Hadrat Muslih Ma’ud (r.a.) répliqua qu’à l’instar des autres les Arabes dépendaient eux-aussi des dictionnaires : « Dieu nous a enseigné et expliqué le Coran. Quoique nous parlons l’ourdou – puisque c’est notre langue – et que nous avons peu d’occasion de parler l’arabe, nous sommes plus éloquents que vous en cette langue. »

Et Hadrat Muslih Ma’ud (r.a.) commença à s’exprimer en arabe, tant et si bien, qu’un des membres de l’assistance dit au Cheikh Abdul Qadir Al Maghribi : « C’est vrai qu’il est plus éloquent que nous. » Sur ce Cheikh Abdul Qadir Al Maghribi se calma et s’adressa au Calife avec plus de déférence.

Au cours de la conversation Allama Maghribi ajouta que les livres du Messie Promis (a.s) [en langue arabe] comportaient des erreurs d’ordre linguistique. Hadrat Muslih Ma’ud (r.a.) répliqua que s’il en avait la capacité il devait les publiées ou répondre aux écrits du Messie Promis (a.s). Mais il lui rappela qu’il ne pourrait jamais le faire car à chaque fois qu’il prendrait sa plume avec cette intention la capacité d’écrire lui sera ôtée.

Sur ce Cheikh Abdul Qadir Al Maghribi implora le Calife de ne pas répandre le message de l’Ahmadiyya en Arabie, en Syrie et en Egypte. « Cela donnera lieu à des dissensions et la dissension nous est, en ces temps, fort nuisible, car les wahhabites nous ont déjà fort tourmenté. Allez prêcher le message de l’Islam aux païens et chrétiens d’Europe, d’Amérique et d’Afrique et envoyez là-bas des missionnaires. Surtout ne répandez pas vos croyances en terre arabe, je vous en conjure. Nous savons que [Hadrat] Mirza Ghulam Ahmad (a.s) était un saint homme, il avait un grand sens de l’honneur pour l’Islam, mais nous ne pouvons l’accepter en tant que prophète. Contentez-vous de rassembler les musulmans sous la bannière « que nul n’est digne d’adoration sauf Allah. »

D’un ton digne et majestueux le deuxième Calife lui répondit : « Si c’était là une œuvre de notre part nous l’aurions abandonnée. Il s’agit ici d’un ordre divin, cela ne nous concerne pas ni le Messie Promis (a.s). Dieu nous a ordonné de transmettre [ce message] et nous allons certainement le faire. »

Hadrat Muslih Maw’ud (r.a) envoya par la suite Maulana Jalal ud Din Shams en Syrie. Hadrat Syed Zainul Abidine Waliullah Shah Sahib rapporte qu’un jour ce dernier et lui parlait de l’Ahmadiyya à quelques amis quand le Cheikh Abdul Qadir Al Maghribi passa par là. Au cours de la conversation il mentionna sa rencontre avec Hadrat Muslih Maw’ud (r.a) et répéta, sur un ton méprisant, la suggestion qu’il avait faite au Calife à savoir de ne point répandre son message en Syrie. Et d’un ton moqueur il ajouta qu’il y avait des erreurs dans les révélations reçues en arabe par le Messie Promis (a.s). Hadrat Syed Zainul Abidine lui remis une copie de Khutbah Ilhāmiyyah et lui demanda d’y trouver des erreurs. Cheikh Maghribi commença à lire à haute voix et ajouta que tels et tels mots n’étaient pas d’origine arabe. Maulana Jalal Ud Din Shams fit sortir un dictionnaire arabe de l’armoire et lui montra les mots concernés.

Tous ceux présents en furent étonnés et Shah Sahib profita de la situation pour dire au Cheikh Abdul Qadir Al Maghribi : « Vous êtes un érudit et un auteur réputé, mais mon élève ici présent maitrise mieux l’arabe que vous. » Il disait de Shams Sahib son élève car il lui enseignait l’anglais à l’époque. Cheikh Abdul Qadir Al Maghribi se leva en colère affirmant qu’il réglera l’affaire lendemain.

Maulana Jalal-Ud-Din Shams Sahib fit remarquer à Hadrat Syed Zainul Abidine que le deuxième Calife lui avait dit ne pas se brouiller avec Cheikh Abdul Qadir Al Maghribi et que ce dernier était furieux contre lui. Le lendemain, ils allèrent tous deux à la maison de Cheikh Abdul Qadir Al Maghribi et frappèrent à sa porte. Dès que ce dernier ouvrit la porte il serra dans ses bras Hadrat Syed Zainul Abidine et lui demanda pardon. Il les pria d’entrer et de prendre le thé, ajoutant qu’il veut leur expliquer comment il passa la nuit.

En montrant un ouvrage écrit sur l’Ahmadiyya par Hadrat Syed Zainul Abidine il dit : « La nuit après la prière d’Isha je me suis mis à ma table pour réfuter à cet ouvrage. J’avais devant moi mes livres d’exégèse et les recueils d’ahadith. Mais à chaque fois que j’écrivais quelque chose, j’estimais que ce n’était pas juste et je mis à la poubelle mes réponses, les unes après les autres. Je passai la nuit ainsi et à l’appel de la prière du matin je n’avais toujours rien écrit. Tout ce que je mettais sur le papier sonnait faux. »

[Ainsi il ne pouvait répondre] à la littérature de la djama’at, qui en somme repose sur les écrits du Messie Promis (a.s).

Cheikh Abdul Qadir Al Maghribi ajouta : « Je vous promets de ne plus prononcer une parole hostile à votre encontre. Vos pensées sont entièrement en accord avec l’Islam et vous pouvez librement prêcher votre message et à toute personne qui demandera mon opinion je dirai le bien à votre propos. Quant à moi je ne pourrais me joindre à vous. » Et jusqu’à la fin de ses jours il ne cessa de louer la djama’at.

Je vous cite à présent quelques extraits de ce sermon révélé :

أيها الناس.. إني أنا المسيح المحمدي، وإني أنا أحمَدُ المهدي، وإن ربي معي إلى يوم لَحْدي من يومِ مهدي. وإني أُعطيتُ ضِرامًا أكّالاً، وماءً زُلالاً، وأنا كوكبٌ يمانيّ، ووابلٌ روحانيّ. إيذائي سِنانٌ مذرَّب، ودعائي دواءٌ مجرَّب. أُرِي قومًا جلالا، وقومًا آخرين جمالا، وبِيَدِي حربةٌ أُبيدُ بها عاداتِ الظلم والذنوب، وفي الأخرى شربةٌ أُعيدُ بها حياةَ القلوب.

« Ô hommes ! Je suis le Messie de la dispensation du Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Je suis Ahmad le Mahdi et sans nul doute mon Seigneur est avec moi depuis mon berceau jusqu’à ma tombe. J’ai reçu un feu consumant, ainsi qu’une eau douce ; je suis l’étoile du Yémen, je suis une pluie spirituelle. Un coup de ma part est une lance perçante, ma prière quant à elle est un antidote efficace. A un peuple je manifeste ma gloire et à un autre ma beauté. J’ai, dans une main, une arme grâce auquel je détruis le penchant à commettre des actes cruels et des péchés ; dans l’autre se trouve une boisson désaltérante qui ranime les cœurs. » (Khutbah Ilhāmiyyah, pages 61 à 62, Ruhani Khaza’in, Vol. 16)

أيها الناس، قُوموا للهِ زُرافاتٍ وفُرادى فُرادى، ثم اتّقوا اللهَ وفَكِّروا كالذي ما بخل وما عادى، أليس هذا الوقت وقتَ رحمِ الله على العباد، ووقتَ دفعِ الشرّ وتدارُكِ عَطَشِ الأكباد بالعِهاد؟ أليس سيلُ الشرِّ قد بلَغ انتهاءَه، وذيلُ الجهلِ طوَّل أرجاءَه، وفسَد المُلك كله وشكَر إبليسُ جهلاءَه؟ فاشكروا اللهَ الذي تَذكَّرَكم وتذكَّرَ دينَكم وما أضاعَه، وعصَم حَرْثَكم وزرعكم ولُعاعَه، وأنزلَ المطر وأكمل أبضاعَه، وبعَث مسيحَه لدفع الضير، ومهديَّه لإفاضة الخير، وأدخلَكم في زمانِ إمامكم بعد زمان الغير.

« Ô hommes ! Pour l’amour de Dieu, collectivement ou individuellement, craignez Dieu et réfléchissez à l’instar de celui qui n’est ni borné et ni hostile. L’heure n’a-t-il pas sonné pour que Dieu aie pitié des gens, pour qu’on élimine la méchanceté et pour qu’on étanche, d’une pluie spirituelle, les âmes assoiffées ? Et le déluge de la méchanceté ne bat-il pas son plein, le voile de l’ignorance ne s’étend-t-il pas jusqu’à ses confins ? La corruption ne gangrène-t-elle pas le pays tout entier et Satan ne remercie-t-il pas ses suppôts ? Rendez grâce à Dieu qui s’est souvenu de vous, de votre foi et qui l’a préservée de la ruine. Il a protégé vos champs et vos cultures contre malheurs et calamités ; Il a envoyé la pluie et les a fait fructifier. Il a envoyé Son Messie pour éliminer le mal et son Mahdi pour répandre le bien. Et Il vous a fait connaître l’ère de votre Imam après avoir connu l’époque sans lui. » (Khutbah Ilhāmiyyah, pages 66 à 67, Ruhani Khaza’in, Vol. 16)

وإني على مقام الختم من الولاية، كما كان سيدي المصطفى على مقام الختم من النبوة. وإنه خاتم الأنبياء، وأنا خاتم الأولياء، لا وليَّ بعدي، إلا الذي هو مني وعلى عهدي. وإني أُرسلتُ من ربي بكل قوة وبركة وعزة، وإن قدمي هذه على منارةٍ خُتِمَ عليها كلُّ رفعة. فاتقوا الله أيها الفتيان، واعرفوني وأطيعوني ولا تموتوا بالعصيان. وقد قرُب الزمان، وحان أن تُسأل كلُّ نفس وتُدانُ.

« Je suis venu clore la porte de la Wilāyah, à l’instar de notre Saint Prophète Muhammad (s.a.w) qui a fermé celle de la Nubūwwah. Il est le sceau de tous les Prophètes ; quant à moi je suis le sceau de tous les Awliyā. Il n’y aura pas de Wali après moi, hormis celui qui me suivra et qui me prêtera allégeance. Dieu m’a envoyé, m’accompagnant de puissance, de bénédiction et d’honneur. Je me tiens sur un minaret qui surplombe tout. Craignez Dieu, jeunes gens ! Reconnaissez-moi et obéissez-moi et ne mourez pas dans la désobéissance. Le moment est proche où tout âme devra rendre compte [de ses œuvres] et sera récompensée. » (Khutbah Ilhāmiyyah, pages 69 à 71, Ruhani Khaza’in, Vol. 16)

Voila ce signe grandiose et ces paroles magnifiques par lesquelles le Messie Promis (a.s) a invité [le monde] le 11 avril 1900 suite aux commandements de Dieu.

A ce jour ce signe est tout aussi glorieux et à ce jour aucun lettré ou grand savant de l’Arabie ou d’ailleurs ne pourra l’égaler. D’ailleurs comment pourront-ils le faire ? C’étaient les paroles d’Allah transmises par le truchement du Messie Promis (a.s). Que Dieu fasse que le monde en général et que les musulmans arabes en particulier aient l’entendement et le courage de reconnaître le message de l’envoyé de Dieu et que l’Oumma soit de nouveau uni et qu’ils soutiennent [la cause] du Messie Promis (a.s), le dévoué serviteur du Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Que Dieu nous permette aussi d’assumer nos responsabilités !

A la fin de son sermon et de la prière de Jummah Sa Sainteté le Calife a dirigé funéraire de Mme Hanifa Bibi Sahiba de Sheikhupura et de Syed Mahmood Ahmad Shah Sahib de Karachi.


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