Sermon du vendredi prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, chef spirituel de la Communauté Islamique Ahmadiyya Internationale, le 07 février 2014, à la mosquée Baitul-Futuh, au Royaume-Uni.

Rahé-Houda est une émission [en ourdou] diffusée tous les samedis sur la MTA, lors de laquelle notre panel d’oulémas et de missionnaires présentent des thèmes différents et prennent des appels en direct, dont des questions de la part des non-ahmadis. J’ai eu l’occasion de suivre une partie de l’émission de la semaine dernière quand un non-ahmadi a posé une question sur une révélation reçue par le Messie Promis (a.s.). Dans son introduction il affirmait qu’il y avait une certaine cohérence dans la parole d’Allah, dans les ahadiths et les paroles des saints de l’Islam. Mais selon lui il n’en n’est pas le cas pour cette révélation et elle n’est pas compréhensible. C’était là en somme l’objection qu’il avait soulevée : peut-être que ce n’était pas là son intention, mais c’est ce qui dégageait du ton qu’il avait utilisé.

La révélation en question se lit ainsi : [il est dit en ourdou] « Après dix jours J’accorderai [des faveurs] en abondance. » [La partie en arabe annonce] : « L’aide d’Allah est proche, à l’instar de la chamelle qui relève sa queue quand elle est sur le point d’accoucher. » Et il y a une partie en anglais qui ajoute : « Ensuite tu iras à Amritsar ».

Ceux qui étaient sur le plateau de l’émission ont répondu brièvement à cette question. Mais je pense qu’il est essentiel d’évoquer la réponse détaillée présentée par le Messie Promis (a.s.), car il se peut que d’autres détracteurs ou des jeunes qui ignorent ces faits soient déroutés par cette question ou qu’ils veulent en connaître davantage. Souvent des non-ahmadis posent pareilles questions lors de ces émissions et nos oulémas y répondent immédiatement ou lors la prochaine diffusion si la réponse mérite plus d’éclaircissement. Ainsi il ne m’est pas nécessaire de répondre à toutes les questions et objections qui sont soulevées lors de cette émission, cependant, j’évoque ce sujet en détail aujourd’hui car lors de ma dernière série de sermons [j’avais avancé que] les signes et le soutien divin apparus en faveur du Messie Promis (a.s.) accroît notre foi et clouent le bec à nos adversaires. Ces signes sont si nombreux que les autres n’en n’ont même pas un pourcent.

Cette révélation que ce monsieur a voulu tourner en dérision est mentionnée comme un signe par le Messie Promis (a.s.) dans son ouvrage Barahine-Ahmadiyya et a été aussi consignée dans le recueil Tadhkirah.

Et tout porte à croire que celui qui a soulevé cette objection a lu cette révélation dans le recueil Tadhkirah : il ne l’a peut être pas étudié dans le contexte ou il n’a peut être pas mentionné son arrière-plan sciemment afin qu’il y ait de la confusion. Il n’a pas non plus évoqué l’ouvrage Barahine Ahmadiyya où cette révélation a été traitée en détail : c’est un livre qui exige une grande réflexion de la part de ses lecteurs et je ne crois pas que [ces détracteurs de la djama’at] en soient capables.

Les faits à propos de la révélation remontent à 1882 et le Messie Promis (a.s.) relate ceci : « Quelques temps de cela j’avais grand besoin d’argent et les hindous de notre localité en étaient au courant. Mon cœur m’a poussé à présenter ma sollicitation à Dieu afin que l’exaucement de cette prière soit, d’une part, la solution à cet embarras et qu’il soit d’autre part un signe du soutien de Dieu pour mes détracteurs. J’ai prié le même jour et j’ai demandé à Dieu de m’octroyer un signe sous forme de la promesse de Son soutien.

Et c’est là que j’ai reçu la révélation : « Après dix jours J’accorderai [des faveurs] en abondance. » [La partie en arabe annonçait] : « L’aide d’Allah est proche, à l’instar de la chamelle qui relève sa queue quand elle est sur le point d’accoucher. » Et la partie en anglais prédisait ceci : « Ensuite tu iras à Amritsar ». La prophétie s’est réalisée devant les yeux des hindous. Pour les dix premiers jours je n’ai pas reçu un sou et le onzième jour Mohammad Afzal Khan, le surintendant d’Amritsar, m’a envoyé 110 roupies, et j’ai reçu 20 roupies de plus d’ailleurs, et par la suite l’argent n’a cessé de venir de part et d’autre, chose dont je n’avais aucun espoir. Et après ce délai de dix jours, quand j’ai reçu toutes ces sommes j’ai dû partir pour Amritsar car j’ai été cité à comparaitre comme témoin dans le tribunal des petites instances. » C’était là en somme l’arrière plan de cette prophétie.

Le Messie Promis (a.s) en a présenté d’autres détails. Il raconte : « Un autre signe est apparu à ce propos. Il y avait un certain Nour Ahmad, Hafiz et Hajji, qui est peut être aussi arabisant et qui vit à Amritsar. Il est passé à Qadian par hasard : il a été notre invité et a exprimé ses doutes concernant les révélations que j’ai reçues et cela m’a fort peiné. »

Cette méprise qu’il avait était en raison des doutes qu’avait émis l’enseignant de cet invité, un mollah que le Messie Promis (a.s) avait évoqué dans son ouvrage Barahine Ahmadiyya. Il avait des doutes concernant les révélations que recevaient les Awliya (amis d’Allah) et Nour Ahmad partageait son point de vue.

Baitul-Futuh-Dome-Interieur

Le Messie Promis (a.s) ajoute : « J’ai essayé de le convaincre à ce sujet, mais sans succès. En fin de compte je me suis tourné vers Allah en prière. Et avant la prophétie j’ai informé Nour Ahmad que je supplierai Dieu à ce propos, et qu’il ne doit point s’étonner si cette prière est exaucée et que Dieu fasse une prophétie dont il sera le témoin de l’accomplissement. La nuit j’ai imploré Dieu le Tout puissant. Le matin, dans une vision, j’ai vu une lettre envoyée par la poste ; on avait écrit en anglais : « Je suis un querelleur » et en arabe : « C’est un témoin fracassant » J’ai informé M. Nour Ahmad à propos de cette révélation et de cette vision et de la lettre que j’allais recevoir. Ne comprenant pas l’anglais j’ai demandé à quelqu’un de me traduire la partie de la révélation en cette langue. J’en ai déduis qu’une lettre viendra à propos d’une dispute. La partie en arabe sous-entendait que l’auteur de cette lettre voulait qu’on se présente comme témoin au tribunal.

Ce jour-là Hafiz Nour Ahmad n’a pu retourner à Amritsar en raison d’une pluie torrentielle. En fait c’était pour une raison divine qu’il a été retenue ici, et c’était là un autre signe de l’exaucement de ma prière, afin qu’il puisse témoigner de ses yeux l’accomplissement de cette prophétie. Le même jour devant lui j’ai reçu une lettre recommandée de la part du Révérend Rajab Ali d’Amritsar, propriétaire de l’imprimerie Safir Hind Press : il intentait un procès contre son scribe qui est d’ailleurs celui de cet ouvrage que j’ai écrit (Barahine Ahmadiyya). Et il m’a demandé de comparaitre comme témoin et en même temps que la lettre j’ai reçu la citation à comparaitre du tribunal. La révélation en arabe soutenait que ce témoin causerait de grands dommages. Le Révérend Rajab Ali avait la ferme conviction que mon témoignage sera d’une grande importance, qu’il sera si honnête et si véridique qu’il causera la perte de la partie adverse.

Et le jour de la réalisation de cette prophétie, quand j’ai su que je devais partir pour Amritsar, la première prophétie (à propos de l’argent) s’est aussi accomplie. Ainsi Nour Ahmad a vu la réalisation de la première et de la deuxième prophétie de ses yeux. Alhmadollilah. » C’était là en somme l’arrière plan de cette prédiction.

Je tiens à vous exposer les soucis qu’avait le Messie Promis (a.s) à propos de la conduite des membres de sa djama’at. Mais je mentionnerai au préalable un incident tiré de la biographie du Messie Promis (a.s) rédigée par Hadrat Mirza Bashir Ahmad (r.a.).

Une autre faveur de la djama’at est que lorsque le Calife évoque un sujet, à l’instar de la réforme, un grand nombre d’Ahmadis y consacre leur attention. C’est ce que j’en déduis des lettres que je reçois. Dieu a aussi accordé des aides au Califat qui m’envoient des références à propos d’un thème donné : des faits que l’on a peut être lus auparavant, mais que l’on a oublié. Dans le récit suivant – envoyé par un de nos missionnaires – l’on trouvera mention des soucis qu’avait le Messie Promis (a.s).

« Maulvi Mohammad Sarwar Shah raconte qu’il y avait un mésentente entre Mir Nasir Nawab et Maulvi Mohammad ‘Ali. Mir Nasir Nawab tout furieux en a informé le Messie Promis (a.s). Quand Maulvi Mohammad Ali en a eu connaissance il a dit au Messie Promis (a.s) : « Nous sommes venus ici pour soutenir le Messie [dans sa mission] et pour servir l’Islam. Mais si l’on nous blâme auprès du Messie Promis (a.s), celui-ci étant humain, il se peut qu’il ait des pensées négatives à notre propos. Et notre séjour à Qadian, au lieu d’être source de faveurs, sera la cause de notre malheur. » Le Messie Promis (a.s) lui a répondu : « Mir Nasir m’a dit quelque chose, mais j’étais si perdu dans mes soucis, que je jure par Dieu que je ne m’en souviens pas. Depuis quelques jours une seule pensée ne cesse de me tourmenter… »

Ce sont-là des paroles qui méritent toute notre attention. « …matin et soir j’étais rongé par un seul souci, dit le Messie Promis (a.s), mon interlocuteur croyait peut être que j’étais en train de l’écouter, mais une seule idée me préoccupait, même quand je partais à la maison. Durant ces jours cela m’accablait tellement qu’il m’était impossible de penser à autre chose. Ce souci concernait le but de mon avènement. [Dieu m’a envoyé] afin de fonder une djama’at composée de véritables croyants, dont la foi en Dieu sera sincère et dont la relation avec Lui sera ferme. Des gens qui feront de l’Islam leur principe directeur, et qui prendront pour exemple le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) ; qui marcheront sur la voie de la Taqwa et qui se réformeront, des gens qui possèderont une grande éthique morale, afin que le monde soit guidé par leur entremise et que le dessein de Dieu s’accomplisse.

Si ce but n’a pas été atteint et que nous ayons remporté la victoire sur nos adversaires par nos simples arguments, eh bien sachez que cette victoire n’en est pas une. Si le but de mon avènement n’est pas atteint, tous mes accomplissements iront à l’eau. Je constate que nous sommes en train de remporter des victoires éclatantes dans le domaine du dogme et l’ennemi se sent faible, mais il y a jusqu’à présent de nombreuses lacunes quant au but véritable de mon avènement et cela nécessite une grande attention. Voilà les soucis qui me rongent ces temps-ci ; ils m’accaparent à tel point que je n’arrive pas à m’en défaire. »

Voila la peine qui tourmentait autant le Messie Promis (a.s). A différents moments il a expliqué comment doit se comporter un véritable ahmadi. En sus de ses autres ouvrages les dix volumes du recueil Malfuzat relatent les récits de ses réunions. Prenez en n’importe lequel et vous verrez qu’il y a évoqué sous différents angles ses attentes à propos de sa djama’at, des conseils qu’il a donné sur la réforme que l’on doit apportée en sa personne.

Il dit à ce propos : « J’ai longuement évoqué l’entente et l’affection qui doit régner au sein de la djama’at. Soyez unis, c’est ce qu’Allah conseille aux musulmans, soyez un seul corps sinon vous perdrez votre vigueur. La raison de se tenir épaule contre épaule lors de la Salat est d’engendrer l’unité parmi les croyants.

A l’instar d’un courant électrique, les sentiments sont transmis d’une personne à un autre. S’il y a mésentente et désunion il y aura mauvaise fortune. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) nous demande de nous aimer les uns les autres et de prier pour autrui. Quand, dans le secret, l’on suppliera Dieu en faveur de ses frères, les anges répondront : « Qu’il en soit ainsi pour toi aussi ! » Si ses prières ne sont pas exaucées, celles des anges le seront certainement. Je vous conseille vivement de mettre de côté toute dissension. »

« J’ai deux buts : le premier est [de vous inciter] à vous consacrer à Dieu. Et le deuxième est que vous éprouviez de la sympathie les uns pour les autres ; de montrer cet exemple [d’unité] qui sera un miracle pour les autres. C’était le seul argument des compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w). [Ceci est énoncé dans le verset] « …quand vous étiez ennemis, alors Il a réconcilié vos cœurs dans l’amour » (Le Saint Coran, chapitre 3, verset 109) L’harmonie est un miracle en soi. Tant que vous n’aimez pas pour votre frère ce que vous aimez pour vous-même vous ne serez pas dans ma djama’at. La tourmente et la désolation seront vos compagnons et vous connaitrez un funeste destin. »

« Sachez que la fin de toute mésentente est le signe de l’avènement du Mahdi. Et ce signe ne s’est-il pas manifesté ? Certainement oui. Pourquoi n’êtes-vous pas patients ? […] Grâce à moi, insha Allah, une djama’at naitra dans laquelle règnera l’harmonie. Quelles sont les raisons de l’antipathie : c’est l’avarice, l’arrogance, la prétention et les sentiments pernicieux. Je débarrasserai ma communauté de ceux qui en sont coupables, ceux qui ne maîtrisent pas leurs émotions et qui ne peuvent coexister dans l’affection et la fraternité. Que ceux qui agissent ainsi sachent qu’ils ne seront que des invités de quelques jours tant qu’ils ne seront pas de bons exemples. Je ne veux point prendre sur moi des reproches à cause d’un autre. Celui qui se joint à ma communauté mais dont la conduite n’est pas à la hauteur de mes attentes ressemble à une branche sèche. Si le jardinier ne la taille pas elle absorbera l’eau à l’instar des branches vertes sans pour autant retrouver sa vivacité ; au contraire elle asséchera les autres branches. Celui qui ne se réforme pas doit vivre dans la crainte car il ne sera point en ma compagnie. »

C’est une citation que nous avons entendu à maintes reprises. Lisez cela en conjonction avec celle où le Messie Promis (a.s) a évoqué sa douleur, dans laquelle il dit que pendant plusieurs jours un seul souci le tourmentait [et vous allez comprendre ses attentes concernant les ahmadis.]

Qui est un véritable croyant selon le Messie Promis (a.s) ? Il dit : « Tant que l’on n’accorde pas préséance à Dieu sur tout le reste et tant que Dieu n’obtient pas la satisfaction que le cœur [du croyant] Lui appartient, l’on ne pourra se dire un véritable croyant. Auprès du commun des mortels celui-ci pourra être considérer musulman ou croyant. […]. Mais le véritable croyant est celui à qui s’applique le verset :

مَنْ أَسْلَمَ وَجْهَهُ

Wajhun signifie visage certes, mais cela s’applique à la personne dans son ensemble. Seul celui qui se soumet entièrement à Dieu mérite d’être appelé un vrai musulman. Je me souviens d’un musulman – qui était lui même un pécheur invétéré et un dépravé – qui a invité un juif à embrasser l’Islam. Ce dernier lui a répondu : « Regardes-toi un peu d’abord. Ne sois point fier parce que tu es musulman. » En somme, Allah le Tout-Puissant désire la substance de l’Islam, non pas un simple libellé. »

« Sachez que de simples discours ne serviront à rien tant qu’ils ne seront pas accompagnés d’actions concrètes. Des paroles en l’air ne valent rien aux yeux de Dieu. Il déclare à ce propos : « C’est extrêmement odieux aux yeux d’Allāh de dire ce que vous ne faites pas. » (Le Saint Coran, chapitre 61, verset 4)

Afin de servir l’Islam, il faudra en premier marcher sur la voie de la Taqwa et se purifier. Le Messie Promis (a.s) ajoute : « L’on place la cavalerie à la frontière afin que l’ennemi ne puisse la franchir. De même préparez vous afin que l’ennemi ne viole pas les frontières pour qu’il puisse nuire à l’Islam. Comme je l’ai affirmé dans le passé si vous souhaiter servir l’Islam générez en vous la Taqwa et soyez purs ; c’est ainsi que vous entrerez dans la forteresse imprenable d’Allah. Et c’est là que vous aurez le privilège et le droit de Le servir. Voyez un peu la faiblesse extérieure des musulmans. Les autres nations les regardent avec un haine et mépris. Ce sera votre fin si vous faiblissez de l’intérieur et si votre volonté diminue. Purifiez-vous de telle sorte que la puissance sacrée vous infiltre. Et soyez forts et puissants à l’instar de ces chevaux qui défendent les frontières. La grâce de Dieu accompagne toujours les Muttaqui et les justes.

Vos mœurs et votre comportement ne doivent pas ternir l’image de l’Islam. Les corrompus et les musulmans non pratiquants l’ont défiguré. Il en est de ces musulmans qui, ayant consommé l’alcool, vomissent sur la voie publique, tombent dans les égouts : ils sont tabassés par la police, ils sont la risée des chrétiens et des hindous. Par leurs actes ils ne ridiculisent pas que leurs personnes, ils nuisent aussi à l’image de l’Islam. Je suis fort triste quand j’entends de telles nouvelles ou quand je lis les rapports des prisons et que les musulmans sont ainsi à blâmer en raison de leurs infamies. Mon cœur est agité du fait que ceux à qui le droit chemin a été accordé sont en train de tourner en dérision, non pas leurs personnes, mais l’Islam en raison de leurs écarts de conduite. Ceux qui se disent musulmans pour ensuite commettre pareilles infamies jettent le doute non seulement sur leurs personnes mais aussi sur l’Islam. Par conséquent, faites tout afin que les mécréants n’aient pas la chance de vous critiquer, car au final c’est l’Islam qui est visé ». (Malfuzat, vol. 1, p. 77 - 78)

C’est l’accusation que l’on entend le plus aujourd’hui. Les autres disent : si ce sont là les véritables enseignements du Coran pourquoi donc les actions des musulmans les contredisent-ils ? Aujourd’hui il incombe aux membres de la djama’at Ahamdiyya de réformer leur conduite afin d’y répondre ; de grands efforts sont requis en ce sens.

Le Messie Promis (a.s) ajoute : « C’est grâce à la Taqwa et la pureté que vous prouverez votre reconnaissance. Il ne suffit pas de dire « Al-hamdollilah, je suis musulman ! » Si vous prouvez votre gratitude en marchant sur la voie de la pureté et de la taqwa je vous donne la bonne nouvelle que vous protégerez vos frontières et personne ne vous vaincra. Un fonctionnaire hindou m’a raconté l’histoire d’un autre hindou qui s’était converti à l’Islam et qui priait en secret. Ils travaillaient tout deux dans le même département et tous les hindous de son service méprisaient celui qui avait embrassé l’Islam et ont mené une campagne pour le faire licencier. Ils se sont plaints de lui auprès de leur supérieur mais sans succès. Dès que le converti apparaissait devant son patron qui, tout furieux, l’avait appelé pour le réprimander, la colère de ce dernier s’évanouissait. En voyant son subalterne il se calmait et le mettait en garde gentiment, comme s’il n’avait rien fait de mal. »

En somme si un individu est imbu de Taqwa et qu’il s’est lié à Dieu, rien ni personne ne pourra nuire à ses intérêts. Le Messie Promis (a.s) ajoute : « Sachez que toute chose sur terre comprend des vertus. De la plante la plus utile jusqu’aux insectes en passant par les souris il existe en chacun d’eux des avantages pour l’homme. Tout objet, qu’il soit céleste ou terrestre est le reflet des attributs divins. Si ces attributs sont porteurs de si grands avantages, imaginez ceux que recèle la personne de Dieu lui-même. Sachez cependant que si ces objets nuisent à l’homme ce sera uniquement en raison de ses fautes à lui ou parce qu’il s’est fourvoyé. Cela ne veut point dire ces objets sont intrinsèquement nuisibles. Ainsi l’ignorance de certains attributs divins est préjudiciable et peut être la cause de grands malheurs : sachez sinon que Dieu est à tout moment Gracieux et Miséricordieux. La raison des malheurs et des souffrances de ce monde est que nous les invitons sur nous de notre propre chef, soit en raison de notre égarement ou par méconnaissance. »

Le Messie Promis (a.s) dit ensuite : « C’est par l’entremise de cette vision des attributs divins que nous pourrons voir Dieu, le Gracieux, le Miséricordieux, Celui qui est source de ces bienveillances. Et c’est celui qui est le plus proche de Dieu qui en profite le plus. Seuls les muttaquis atteignent ce stade et jouissent de cette proximité divine : plus ils se rapprochent de Dieu, plus ils reçoivent une lumière directrice qui octroie une lueur particulière à leur savoir et à leur intelligence. Et lorsqu’ils s’éloignent de Dieu une obscurité funeste prend peu à peu le dessus sur leurs cœurs et leurs esprits, jusqu’à ce qu’ils deviennent sourds, muets, aveugles et qu’ils ne retournent point et qu’ils s’attirent l’humiliation et la destruction. Cependant celui qui profite pleinement de la lumière baigne dans l’allégresse et l’honneur, car Allah lui-même affirme : « Ô âme en paix ! Retourne auprès de ton Seigneur, satisfaite de Lui et Lui satisfait de toi. » Le réconfort de cette âme se trouve en Dieu.

D’aucuns tirent leur plaisir du pouvoir, d’autres dans la richesse ou l’honneur. Certains sont ravis de la beauté et de l’intelligence de leurs enfants et de leurs aides. Mais ces plaisirs et ces bonheurs éphémères ne peuvent accorder à l’homme le réconfort et le bonheur véritable. Ces plaisirs [matériels] engendrent au contraire une convoitise dégoutante qui n’est jamais satisfaite : à l’instar de celui qui est frappé d’hydropisie (une maladie), sa soif ne s’étanche jamais, jusqu’à ce que cela cause sa destruction. Mais ici Allah affirme que l’homme peut atteindre le stade de l’âme en paix, qui trouve son réconfort en Lui. Arrivé à ce stade, même s’il possède richesse et gloire, c’est en Dieu qu’il tire son véritable contentement. Trésors et fastes de ce monde ne sont pas la source de son vrai bonheur. Tant que l’homme ne trouve pas la vraie félicité en Dieu, il ne méritera pas le salut. En somme le salut est synonyme de réconfort. »

Le Messie Promis (a.s) dit encore : « J’en ai fait le constat de visu et j’ai beaucoup lu à propos de ceux qui – ayant possédé richesses, gloire, enfants et une multitude d’amis – sont consumés par le feu des regrets et de leurs envies immodérées et qui poussent de grands soupirs [de désespoir] sur leur lit de mort, quand ils réalisent qu’ils sont sur le point de quitter ce monde et leurs possessions pour partir dans l’Au-delà. C’est là un enfer qui n’accorde aucune quiétude au cœur : au contraire il le pousse vers un gouffre de craintes et de d’angoisses. Sachez que dans nombre de cas l’homme éprouve un amour immodéré pour ses proches et ses biens – certes on peut en ressentir de l’affection, mais il ne faut point que cela soit déplacé – et souvent cet amour excessif le pousse à commettre des transgressions, qui placent entre lui et Dieu un voile et qui préparent pour lui l’enfer. Il ignore ces faits jusqu’au moment où il sépare de ce monde pour partir vers l’autre, à propos duquel il n’a aucune connaissance. Et c’est là qu’il se retrouve au comble du désespoir. Se séparer de l’objet que l’on aime est source d’un grand chagrin. Ce n’est point une hypothèse : c’est une logique évoquée [dans le verset suivant] : « C’est le feu d’Allāh sous forme de combustible stocké, qui, une fois libéré, atteindra les cœurs instantanément » (Le Saint Coran, chapitre 104, versets 7 à 8). C’est l’amour de tout autre qu’Allah qui brule et qui réduit en poussière le cœur de l’Homme, et qui le pousse vers un châtiment douloureux. Je l’affirme en toute certitude : sans la nafs-i-mutmainna (l’âme en paix) l’homme ne méritera pas le salut. »

« Allah ne se soucie que de Ses serviteurs pieux. Faites naitre fraternité et affection dans vos relations, laissez de côté brutalité et disputes. Abandonnez entièrement toute forme de raillerie et de mépris, car ceci pousse le cœur de l’homme loin de la vérité. Honorez vous les uns les autres, préférez le confort de votre frère au vôtre et réconciliez vous sincèrement avec Dieu et retournez dans le giron de Son obéissance. La colère de Dieu frappe le monde et s’en protégeront ceux qui se repentiront sincèrement de tous leurs péchés et qui se présenteront à lui. […] Souvenez vous que si vous suivez les préceptes de Dieu et que vous vous efforcez à soutenir Sa religion, Dieu enlèvera tous les obstacles et vous aurez du succès. Ne voyez vous pas que le paysan débarrasse son champ de mauvaises herbes pour faire de la place à des plantes utiles, qu’il embellit son champ de beaux arbres fruitiers et qu’il les protège de toute chose nuisible ? Quant à l’arbre flétri et sec, qui ne porte pas de fruits, le maître du champ ne se soucie guère s’il est dévoré par les bestiaux ou qu’un bucheron ne le coupe pour le jeter au fourneau.

Souvenez-vous que si vous êtes véridiques aux yeux de Dieu aucun malheur ne vous atteindra. Mais si vous ne vous réformez pas et si vous ne prenez pas l’engagement de vouer une obéissance sincère à Dieu, sachez alors que Celui-ci ne se soucie de personne. Tous les jours ont égorge des milliers des chèvres et de moutons, mais personne ne se lamente sur leur sort. Cependant si un homme est tué il y aura enquête et interrogations. Vous aussi vous connaitrez le même sort si, à l’instar de ces bestiaux, vous vous vautrez dans l’oisiveté et la négligence. Soyez parmi les choisis de Dieu afin qu’aucune calamité n’ose vous frapper, car rien ne s’abat sur terre sans l’aval de Dieu. Mettez de côté disputes, colère et inimitié, car il est grand temps que vous oubliez ces querelles inutiles pour vous consacrer à des tâches plus importantes et glorieuses. Ceci est mon conseil, souvenez-vous en comme de mes derniers vœux : ne soyez point intransigeants et rudes, mais conseillez les autres avec douceur, calme et courtoisie. »

Le Messie Promis (a.s) ajoute : « Souvenez-vous à l’avenir de ne point léser les droits de vos frères, sinon vous léserez ceux de Dieu. C’est ce dont ont m’a informé : « Assurément, Allah ne change pas la condition d’un peuple avant qu’ils n’aient changé ce qui est dans leurs cœurs. » Certes tout [musulman] dira : « Nous prions et nous accomplissons l’istighfar, pourquoi le malheur s’acharne-t-il sur nous ? Chanceux est celui qui comprend les paroles d’Allah : Son dessein est tout autre. L’on se méprend à ce sujet et l’on jauge cela à la lumière de son entendement et de ses actions : c’est se tromper. Tout ce qui n’est pas utilisé selon la proportion ordonnée ne sera d’aucun avantage. Si un médicament n’est pas utilisé selon la dose prescrite il n’aura pas d’effet ; de même une graine ne suffira pas pour rassasier l’affamé, pas plus qu’une goutte d’eau suffira pour désaltérer l’assoiffé. Il en est de même à propos des œuvres : tant qu’elles ne seront pas selon la norme requise, elles ne seront pas agréées. Telle est la sounnah de Dieu : nous ne pourrons la changer. »

Le Messie Promis (a.s) dit encore : « Eprouver de la sympathie à l’égard de son frère est de l’aumône. Cela fait partie des droits de l’humanité, une obligation [à respecter]. Dieu a prescrit la prière et le jeûne pour Lui ; de même Il a prescrit le respect du droit d’autrui. Celui qui renonce à la sympathie, renonce aussi à sa foi. Le Coran affirme que celui qui tue un autre sans aucune raison valable tue au final l’humanité toute entière. De même, celui qui n’éprouve pas de la sympathie à l’égard de son frère, n’en n’éprouve pas pour l’humanité dans son ensemble. N’aimez pas à tel point ce monde que y perdiez votre foi dans la foulée. Ne lésez jamais les droits de vos frères. »

Si nous arrivons à comprendre ces faits tous nos disputes, mésententes et nos procès prendront fin.

Le Messie Promis (a.s) ajoute : « Sachez aussi que toute faveur divine dépend de la foi : renforcez donc celle-ci. C’est un péché que de couper ses relations avec les autres. »

« Dieu désire faire de cette djama’at un exemple [de compassion]. Mais si elle est dénuée de fraternité et d’affection, ce sera là le comble du malheur. »

Le Messie Promis (a.s) dit encore : « Les adversaires de notre communauté nous haïssent et désirent notre destruction. Sachez cependant qu’en dépit de leur hostilité je suis d’accord avec eux sur un point. Dieu désire que cette djama’at soit exempt de péchés, que sa conduite soit exemplaire, qu’elle mette en pratique les véritables enseignements du Coran et qu’elle fasse preuve d’une obéissance indéfectible envers Dieu, qu’il n’existe aucune mésentente ou antipathie entre ses membres, et que ces derniers éprouvent un amour sincère pour Dieu. Que celui qui se joint à cette djama’at mais qui ne respecte pas ces exigences et qui ne se réforme pas, sache qu’il est exaucera le vœu de nos adversaires : il sera certainement détruit devant leurs yeux.

Dieu n’est apparenté à personne et ne soucie de personne. Un grand nombre de prophètes est apparu parmi les enfants d’Israël, ceux qui se disaient les enfants des prophètes. Ils ont certes mérité d’innombrables faveurs divines. Mais quel fut leur état quand la corrompu spirituelle les a gangrénés quand, ayant abandonné le droit chemin, ils ont marché sur celui de la turpitude et du péché ? « Et ils furent frappés d’humiliation et de misère », affirme le Coran. La colère divine leur tomba dessus : il y a dans le cas des enfants d’Israël une grande leçon. Dieu accordera à ce peuple qu’Il a fondé de ses mains d’innombrables faveurs. Mais si celui qui se joint à cette djama’at n’éprouve pas pour Dieu un amour sincère et s’il ne suit pas à la lettre [le dictat] du Saint Prophète Muhammad (s.a.w), qu’il soit grand ou petit, il sera écarté de cette djama’at et sera la cible de la colère de Dieu. Nous devons de ce fait effectuer un changement parfait en nous et ne pas déshonorer cette communauté. »

Voilà en somme la norme que nous devons tous atteindre. Il faut adopter la taqwa, réformer ses actions, accroitre sa foi : ce ne sont pas là des tâches ordinaires. Etant donné que nous avons accepté l’Imam de l’époque nous devons faire de notre mieux pour être à la hauteur de ses attentes et accomplir toute bonne œuvre, aussi insignifiante soit-elle et éprouver une haine farouche pour toute transgression. Nous devons accroitre notre amour, notre fraternité et nous soutenir les uns les autres. Et c’est là que nous respecterons les exigences de notre serment d’allégeance. Que Dieu nous en accorde la possibilité.

Aujourd’hui je vous rappelle encore une fois de prier pour le monde musulman, en particulier pour la Syrie et l’Egypte. Des atrocités insoutenables sont commises en Syrie. Priez aussi pour les ahmadis du Pakistan qui sont âprement persécutés et qui ne jouissent d’aucune protection. Qu’Allah les protège tous et qu’Il châtie promptement ceux qui fomentent ces troubles et qui mettent mal à la paix.


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