Sermon du vendredi prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, chef spirituel de la Communauté Islamique Ahmadiyya Internationale, le 29 novembre 2013, à la mosquée Baitul-Futuh, au Royaume-Uni. Après le Taouz, tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, il a déclaré :

Le Messie Promis déclare : « Dieu a créé l’homme afin que ce dernier puisse Le reconnaître et se rapprocher de Lui. [Ce but est énoncé dans le verset :] «  J’ai créé les Jinn et les hommes afin qu’ils M’adorent. » Celui qui méprise cet objectif et qui du matin et jusqu’au soir s’empêtre dans les affaires de ce monde, désirant tantôt acquérir telle terre, bâtir telle maison ou faire main basse sur telle propriété, qu’il sache qu’après un court répit Dieu l’appellera vers Lui. L’homme doit ressentir cet ardent désir de se rapprocher de Son Créateur, afin qu’aux yeux de Celui-ci il soit digne d’estime. S’il n’est point animé de cette ferveur et s’il ne se soucie que de ce monde et de ce qu’il recèle, qu’il sache que sa destruction n’est pas loin. »

« Il est fort malheureux de constater que la majorité des hommes, une fois atteint l’âge adulte – au lieu de comprendre leur obligation et de se rappeler de la raison d’être de leur existence – abandonnent Dieu et se consacrent entièrement à ce bas monde. Ils sont épris de ses richesses et de l’honneur qu’il confère, tant et si bien qu’ils ne se soucient guère de Dieu, voire Celui-ci n’existe même pas dans leurs cœurs. Ils s’empêtrent jusqu’au cou dans les choses de ce monde, et ignorent jusqu’à l’existence même de leur Seigneur. »

En somme l’adoration de Dieu exige que le plaisir de Dieu soit le premier objectif du croyant. En acquérant des biens matériels l’on doit suivre les principes énoncés par Dieu : ce monde ne doit point être à tout instant l’objet de ses désirs et l’on doit bannir les subterfuges, le mensonge et la duperie.

L’ibadah ne se limite pas aux cinq prières quotidiennes. Comme je l'ai énoncé lors de mon dernier sermon si l’on néglige les autres préceptes de Dieu les prières quotidiennes ne serviront à rien. Si quelqu’un ment à tout instant ces actes d’adoration et sa présence à la mosquée ne le fera pas mériter une place parmi les véritables adorateurs de Dieu. De même la rancœur, la jalousie, l’antipathie et bien d’autres défauts détruisent l’esprit de l’ Ibadah.

Le véritable adorateur ressent en son cœur à tout instant la présence de Dieu et ne se soucient guère de ses intérêts matériels. Aujourd’hui je compte m’appesantir sur ce sujet à la lumière d’un sermon du deuxième Calife (r.a.) – le Réformateur Promis – dans lequel il a illustré ce thème par de nombreux exemples comme il avait l'habitude de le faire.

Je voudrais au préalable évoquer le statut véritable du deuxième Calife, le Mousley Ma’oud (Réformateur Promis), en citant ses propres dires. Les nouvelles générations et les nouveaux venus doivent en être au courant. Lors de la shoura de 1936 il a déclaré : « [Il existe un type] de califat pour lequel Dieu élit Son calife par l’entremise des hommes et Il accepte leur choix. Quant à moi je ne suis pas calife pour la [seule] raison qu’au lendemain du décès du premier calife les ahmadis m’ont élu à l’unanimité. Je suis aussi calife parce qu’avant même l’élection de mon prédécesseur Dieu avait révélé au Messie Promis (a.s) que je serai élu à ce poste. Ainsi je ne suis pas qu’un « calife » mais un « calife promis ». Je ne suis pas prophète mais ma voix est celle de Dieu, car Celui-ci en avait informé le Messie Promis (a.s). Ainsi mon califat se situe à mi-chemin entre le prophétat et le califat. Ceci étant la djama’at Ahmadiyya ne pourra espérer quelque mérite aux yeux de Dieu si elle dédaigne ce Califat. Il est certes vrai qu’un prophète ne vient pas tous les jours il en est de même pour un calife promis. »

Le Mousley Ma’oud en personne était une preuve de la véracité du Messie Promis (a.s). Dieu avait informé ce dernier à propos de la connaissance et de la perspicacité qu’Il accordera au deuxième Calife. Les ahmadis doivent en profiter, mais étant donné que cette littérature n’est pas disponible dans toutes les langues j’estime qu’il est important de citer [les écrits] du deuxième Calife de temps en temps.

Evoquant le verset « J’ai créé les Jinn et les hommes afin qu’ils m’adorent » le deuxième Calife déclare : Ceci est la raison d’être de l’homme. Mais de grands philosophes posent les questions suivantes : « L’homme a-t-il pu parvenir à ce but ? Dieu a-t-Il pu pousser l’homme à y parvenir ? Ce dernier a-t-il mérité le titre d’adorateur de Dieu ? Selon ces philosophes les réponses sont négatives. Ils demandent aussi : si quelqu’un a créé l’homme pourquoi a-t-il failli dans son dessein ? La réponse à toutes ces interrogations est fournie par les prophètes de Dieu car leur avènement augure une période de vertu qui pousse leurs adversaires à admettre que l’objectif a été atteint. Vivre cet instant en vaut la peine même s’il faut attendre 1000 jours. Allah déclare d’ailleurs que l’avènement d’un prophète ressemble à la Lailatul-Qadr, la nuit de la destinée . Il a dit ailleurs que cette seule nuit est meilleur que 1000 mois. Le sacrifice d’un siècle pour cette seule nuit sera insignifiant face aux faveurs que le monde recevra par l’entremise des prophètes. Il nous incombe de ce fait de consentir à de grands sacrifices pour atteindre l’objectif de l’avènement du Messie Promis (a.s). »

Baitul-Futuh-Minaret

« Certes nous avons pu convaincre le monde quant [à la justesse de] notre doctrine mais nous devons encore le convaincre, à travers notre exemple, de la véracité de l’Islam, sinon nous n’aurons pas d’effet sur nos détracteurs. »

Le deuxième Calife a soutenu que la vérité est une vertu [primordiale] : l’ennemi ne voit pas la sincérité ou la foi du croyant mais qu’il peut constater l’honnêteté de celui-ci. À l’époque du deuxième Calife, et aujourd’hui encore, des non ahmadis évoque l’honnêteté des ahmadis et font les éloges de la communauté. Mais si un ahmadi les a trompés ces non ahmadis indiquent que c’était en raison de la bonne réputation de la djama’at qu’ils avaient placé leur confiance en lui. Cet ahmadi peut répliquer que c’était là une affaire personnelle qui n’avait rien à voir avec la djama’at mais en étant coupable de pareilles vilenies il souille l’honneur de la Communauté Ahmadiyya.

Le deuxième calife cite le cas du Messie Promis (a.s). Il y avait un différend à propos d’un lopin de terre qui appartenait à sa famille et sur lequel les propriétaires d’une maison avoisinante avaient bâti une terrasse. Le frère aîné du Messie Promis (a.s) leur a intenté un procès et, selon la coutume des gens de ce monde, il a fait comparaître de faux et de vrais témoins pour avoir gain de cause. Les propriétaires de la maison ont répliqué qu’ils n’ont point besoin de témoignage ou de preuve hormis celui du frère cadet, c’est-à-dire du Messie Promis (a.s). « Il n’a qu’à témoigner nous accepteront tout ce qu’il dira » ont-ils rétorqué. Le Messie Promis (a.s) a comparu devant le juge qui lui a demandé ceci : « Avez-vous, pour un certain temps, constaté que ces gens-là empruntent ce chemin et qu’ils utilisent cette terrasse ? » Le Messie Promis (a.s) a répondu à l’affirmative. Et le juge a tranché en faveur des voisins et le frère aîné du Messie Promis (a.s) était furieux contre celui-ci. Le Messie Promis (a.s) a répliqué qu’il ne pouvait nier la vérité.

Lors d’un autre procès on avait accusé le Messie Promis (a.s) d’avoir voulu escroquer la poste en plaçant une lettre dans un colis. Selon la loi en vigueur à l’époque c’était une infraction pénale passible d’emprisonnement. Dans la lettre accompagnant le colis adressé à un imprimeur le Messie Promis (a.s) avait tout simplement envoyé des instructions concernant le livre à être imprimé et n’avait point l’intention de commettre une fraude. Selon lui cette lettre faisait partie du colis. Mais l’imprimeur, qui était peut-être un chrétien, a porté plainte contre lui. L’avocat du Messie Promis (a.s) lui a demandé de feindre l’ignorance et de nier toute connaissance de la lettre, car de toute manière la partie adverse n’avait pas de témoins contre lui. Mais le Messie Promis (a.s) a refusé de suivre son conseil et lorsqu’il a comparu devant le juge il a accepté qu’il avait placé la lettre dans le colis. Son honnêteté a fait fort impression sur le juge qui en l’innocentant a déclaré que l’on peut point condamner une personne intègre pour une infraction [ayant trait à une] clause légale.

On avait intenté plusieurs procès au Messie Promis (a.s) et les avocats se pressaient pour le défendre parce qu’il jouissait d’un très grand estime à leurs yeux. Lors d’un procès il n’avait pas pris pour avocat M. Sheikh Hamid Ali. Ce dernier a fait savoir au Messie Promis (a.s) qu’il en était fort attristé non pas parce qu’il voulait se faire de l’argent mais parce qu’il désirait servir le Messie Promis (a.s). Ainsi même ses adversaires étaient impressionnés par son honnêteté et son intégrité. Cet avocat quoique n’étant pas ahmadi était d’une très grande loyauté à l’égard du Messie Promis (a.s).

Lors du procès intenté par le Mauvli Karam Deen un avocat hindou du nom de Lala Bheem Singh proposa au Messie Promis (a.s) de prendre pour avocat son fils qui venait de passer l’examen du barreau. Celui-ci était un avocat fort doué : il fut par la suite principal du Collège des avocats et il fut nommé chef juge de la cour suprême de l’Inde. Lala Bheem Singh avait fait cette requête au Messie Promis (a.s) parce qu’il l’avait connu à Sialkot et avait constaté de visu sa probité et son intégrité.

Ainsi, affirme le deuxième calife, les prophètes sont l’exemple même de la vérité, de l’honnêteté et de l’intégrité c’est ce qui impressionne leurs adversaires. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) n’a pas inventé d’obus, de mitrailleuse, il n’a pas fondé une banque, des industries, il a apporté la vérité et des excellences morales qu’il nous a demandé de protéger. C’étaient des vertus qui avaient disparu mais qu’il a acquis et présenté au monde. Ses compagnons et les descendants de ces derniers avaient pour objectif de protéger ces valeurs.

Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) reçut la première révélation de la part de Dieu il était inquiet quant à l’idée de transmettre à l’humanité toute entière la parole de Dieu. Il rentra chez lui tout ébranlé et avait très froid en raison des fortes émotions qu’il avait vécues. Il demanda à son épouse Khadidjah (r.a.) de le couvrir de vêtements et il lui raconta tout l’incident de la révélation. Khadidjah (r.a.) répondit : « Vous avez fait renaître des vertus qui avaient disparu. Comment Dieu vous abandonnera-t-il ? »

L’honneur d’un prophète réside dans la lumière et le message qu’il reçoit de Dieu et qu’il doit transmettre à l’humanité. Les disciples des prophètes étaient toujours prêts à sacrifier leur vie pour protéger celles de leurs prophètes. De même ils étaient prêts à tout sacrifier pour protéger leur message.

Au cours de la bataille d’Uhud, un compagnon qui se trouvait seul en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) vit que les flèches et les pierres ennemies étaient toutes dirigées contre la face du Saint Prophète (s.a.w.). Il étendit la main devant le visage du Prophète (s.a.w.) de façon à le protéger. L’une après l’autre, les flèches frappèrent sa main et pourtant, il ne la baissa pas, bien que chaque coup porté la transperça jusqu’à ce qu’elle fût complètement mutilée. Après la bataille d’Uhud, ses amis lui demandèrent : « Est-ce que ta main ne te faisait pas souffrir sous les coups des flèches, et est-ce que la douleur ne te faisait pas crier ? » Il répondit : « Elle me faisait souffrir et j’ai presque crié, mais j’ai résisté parce que je savais que si je déplaçais ma main, même à peine, j’exposerais le visage du Prophète (s.a.w.) à la volée des flèches ennemies. »

Aujourd’hui si l’on se blesse au petit doigt l’on se cessera de gémir. Mais ce compagnon quant à lui avait reçu tant de flèches que son bras a été mutilé pour toujours.

Après la bataille d’Uhud le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) envoya des musulmans chercher les blessés et les martyrs. Un compagnon trouva un musulman de Médine gisant blessé et sur le point de mourir. Le compagnon se pencha sur lui et le blessé lui dit : « J’attendais que quelqu’un vienne. » « Tu es dans un état critique », lui dit l’autre, « as-tu quelque chose à communiquer aux tiens ? » « Oui, oui », dit le mourant, « que la paix soit avec eux, et dis-leur que, tandis que je meurs ici, je leur laisse un gage précieux dont ils devront prendre soin. Ce gage est le Prophète (s.a.w.) de Dieu. Je souhaite que les membres de ma famille protègent sa personne de leur vie et qu’ils se souviennent de mes paroles comme mon dernier vœu ».

Habituellement, les mourants ont beaucoup à dire à leur famille, mais ces premiers musulmans ne pensaient pas, en mourant, à leurs femmes ou à leurs enfants, ni à leurs biens, mais seulement au Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Et ils attendaient aussi que leurs enfants se sacrifient pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Ceux qui ont consenti à de pareils sacrifices ne feront-ils pas tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger son message ?

Voyons aussi cet autre incident après le décès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Umar (r.a) était dans la mosquée, accablé par le chagrin. Il se mettait en colère dès qu’il entendait quelqu’un dire que le Saint Prophète (s.a.w.) était mort. Il tira même son épée et menaça de tuer ceux qui diraient une telle chose. Le Saint Prophète (s.a.w.) avait encore beaucoup à faire et ne pouvait donc pas mourir, selon lui. Et il devait revenir achever ce qui n’avait pas encore été fait. Il y avait les hypocrites, par exemple, avec qui il devait encore traiter. Umar (r.a) se promenait l’épée en main comme un insensé. En marchant, il disait : « Quiconque dira que le Saint Prophète (s.a.w.) est mort mourra lui-même par mon épée. »

Certains des compagnons crurent presque ce qu’il disait. Le Saint Prophète (s.a.w.) ne pouvait mourir selon eux. Abū Bakr (r.a), qui n’était pas là, se rendit la chambre du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) et se dirigea vers sa dépouille : il lui découvrit le visage, se pencha et le baisa au front. Des larmes tombèrent de ses yeux comme il disait : « Que mes parents soient sacrifiés pour toi ! La mort ne viendra pas sur toi deux fois. » C’est-à-dire que les enseignements apportés par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) ne disparaitront pas.

Abū Bakr (r.a) s’avança parmi les croyants pour les adresser. Quand il commença à parler, Umar (r.a) essaya de l’interrompre, mais il refusa de s’arrêter et fit taire Umar(r.a). Puis il récita ce verset du Saint Coran :

« Et Muhammad (s.a.w.) n’est qu’un messager. En vérité, les messagers avant lui ont trépassé. Alors s’il mourrait ou s’il était tué, retourneriez-vous sur vos pas ? » (Chapitre 3, verset 145)

Autrement dit, Muhammad (s.a.w.) était un homme porteur d’un message de Dieu. Il y avait eu d’autres hommes qui avaient eu la même mission et tous étaient morts. Si Muhammad (s.a.w.) mourait, se tourneraient-ils contre tout ce qu’il leur avait enseigné ? Après l’avoir récité, Abū Bakr (r.a) ajouta un mot personnel : « Ceux parmi vous qui adorent Dieu, qu’ils sachent que Dieu est encore vivant, et restera toujours vivant. Mais ceux parmi vous qui adoraient Muhammad (s.a.w.), qu’ils sachent que Muhammad (s.a.w.) est mort. »

Quand Abū Bakr(r.a) eut terminé la récitation du verset, Umar (r.a) avait complètement recouvré ses esprits. Il comprit que le Saint Prophète (s.a.w.) était vraiment mort dès qu’il eut réalisé cela, ses jambes se mirent à trembler et refusèrent de le porter et il tomba épuisé.

Voyez à quel point Abu Bakr (r.a) aimait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Quand il s’est rendu compte qu’il était décédé, spontanément, il embrassa son front béni et ses yeux se remplirent de larmes. Mais il éprouvait aussi un grand amour pour la vérité que le Prophète (s.a.w) avait apporté et face au vaillant Umar (r.a.) il a répliqué : « Ceux parmi vous qui adorent Dieu, qu’ils sachent que Dieu est encore vivant, et restera toujours vivant. Mais ceux parmi vous qui adoraient Muhammad (s.a.w.), qu’ils sachent que Muhammad (s.a.w.) est mort. »

Ce fut la vérité que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) avait inculquée en ses compagnons que ceux d’entre eux qui se tenait l’épée à la main baissèrent la tête et acceptèrent son départ de ce monde.

L’amour incomparable qu’éprouvait Abu Bakr (r.a.) pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) est aussi évident grâce à l’incident suivant. Quelques jours avant de mourir, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) avait préparé une expédition pour punir les rebelles de la Syrie. Les soldats étaient encore à Médine quand le Prophète est décédé. De nombreux compagnons demandèrent à Abu Bakr (r.a.), élu premier Calife, de reporter l’expédition, car la rébellion couvaient partout en Arabie et il n’y avait que des vieillards et des gamins pour défendre Médine.

D’ailleurs sauf à la Mecque, à Médine et dans un village des alentours l’on accomplissait plus la prière en congrégation et les tribus refusaient de payer la Zakat. Face cette demande de reporter l’expédition Abu Bakr (r.a) répondit : « Comment moi pourrais-je arrêter une expédition préparée par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) ? Voulez-vous que ma première tâche après son décès soit de lui désobéir ? Par Dieu ! Même si les rebelles s’attaquent à Médine et que des chiens traînent les cadavres de nos femmes, l’armée partira pour la Syrie. »

Ceci démontre l’amour ardent qu’Abu Bakr (r.a) avait pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) : étant Siddique (véridique) il connaissait l’éminence de l’enseignement apporté par le Prophète. Ces compagnons ont préservé cet enseignement, tant et si bien que l’ennemi reconnaît qu’au cours des 15 siècles passés le Saint Coran n’a pas subi la moindre modification. Il en est aujourd’hui de soi-disant experts qui osent affirmer le contraire, mais ils n’ont pas de preuve pour étayer leurs arguments.

Allah a envoyé le Messie Promis (a.s) afin d’insuffler dans les cœurs cette haute moralité, cet amour ardent pour Saint Prophète (s.a.w.) ainsi que pour sa Sharia. Nous devons les préserver à l’instar des Compagnons. C’est ce qui nous distinguera des autres. Une telle communauté existait du temps du Messie Promis (a.s), mais la question est : les générations futures auront-elles la même ferveur ? Un homme sensé voudrait-il obtenir quelque chose de bon et en priver ses enfants ? Celui qui comprend la valeur des préceptes du Messie Promis (a.s) voudrait-il que ses héritiers n’en profitent pas, mais qu’il leur lègue que ses terres et ses biens ? Allah affirme: « Et la vie d’ici-bas n’est rien qu’un jeu et un amusement. » (Le Saint Coran, chapitre 6, verset 33). Quelqu’un souhaiterait-il que l’état lui confisque ses terres, sa maison et ses biens et que ses enfants aient un ballon de football usé ou une raquette de tennis cassée ou un bâton de hockey en héritage ?

Allah affirme que ce monde n’est que divertissement : la comparaison entre la foi et la mondanité est la même entre la réalité et un jeu. Comment peut-on souhaiter que ses enfants ne reçoivent pas l’héritage précieux, mais des objets qui ne serviront qu’à leur divertissement ? Pourtant il en est parmi nous des gens qui agissent ainsi. Lorsque leur fils profère un mensonge, vole ou commet un crime, ils le soutiennent et tentent de les protéger. Premièrement, ces parents sont blâmables pour avoir privé leurs enfants d’un enseignement religieux. S’ils avaient accordé quelque valeur à la vertu ils n’en n’auraient pas privés leurs enfants et ils auraient renoncé à soutenir un criminel. Ils commettent un premier délit en enfreignant les préceptes de Dieu que voici :

« Et entraidez-vous dans la droiture et dans la piété, mais ne vous aidez pas mutuellement dans le péché et la transgression. » (Le Saint Coran, chapitre 5, verset 3) Et ils commettent une autre infraction en négligeant l’affirmation de Dieu : « Préservez vos propres personnes ainsi que vos familles d’un Feu » (Le Saint Coran, chapitre 66, verset 7)

La foi est une bénédiction : mais dans cette communauté qui prétend la préférer aux affaires du monde il existe des gens qui privent leurs enfants de la foi et qui d’autre part soutiennent ces derniers quand ils sont coupables d’un délit certains commettent des infamies qui outragent la décence humaine. Mais les parents de ces criminels, leurs frères et leurs amis les tolèrent oubliant que pas soupçon de la foi ne subsistera suite à leurs actions.

Une fois les compagnons plaidèrent en faveur d’une personne coupable d’un délit. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) répondit : « Je n’aurai pas épargné ma fille Fatima si elle avait commis la même faute. »

La Taqwa et la pureté sont les faveurs pour lesquelles l’homme doit être prêt à tout sacrifier. Le trésor que nous avons reçu du Messie Promis (a.s) sont ces hautes valeurs morales et nous devons les léguer à nos enfants. S’il y a négligence ou manquement de la part d’un individu, le croyant est tenu de ne pas le soutenir et doit se dissocier du coupable. Allah l’a illustré par de nombreux exemples et personne ne peut affirmer qu’il impossible de le faire.

Syed Mir Hamid Shah Sahib était un ahmadi très sincère que le Messie Promis (a.s) avait compté parmi ses douze disciples. Son fils tua un homme mais les circonstances étaient telles qu’il avait la sympathie du public. La victime avait provoqué l’incident et lors d’une altercation le fils de Hamid Shah le frappa et le tua, comme ce fut le cas pour le Prophète Moïse (a.s.). Le commissaire adjoint de Sialkot à l’époque était un Anglais qui préconisait la condamnation en toute occasion avant même de vérifier les faits et ce afin d’inspirer la crainte. Mir Hamid Shah travaillait dans le bureau du commissaire de police et ce dernier se disait que s’il faisait condamner l’accusé son sens de l’équité sera célèbre. Il demanda à Shah Sahib si son fils avait commis ce crime. L’autre lui répondit qu’il n’était pas présent au moment des faits, mais qu’il en avait entendu parler. Le commissaire lui requit de dire à son fils d’avouer le crime afin que la population sache qu’il ne tolère aucun favoritisme.

Hamid Shah demanda à son fils d’avouer mais ses amis le condamnèrent en disant qu’il voulait l’envoyer à la potence. Mais il répondit que la punition de ce monde est moindre que la peine de l’au-delà. Son fils était un joueur de cricket et le juge à qui l’affaire fut renvoyée l’était également et il découvrit les faits réels au club de cricket. Le juge contre-interrogea les témoins de l’accusation de manière à ce que l’innocence du jeune homme fut prouvé et il l’acquitta sans l’appeler à la barre. Ainsi il retrouva la liberté grâce à son honnêteté.

M. Martyn Clark accusa le Messie Promis (a.s) de tentative d’assassinat contre sa personne. Lors du procès de nombreux oulémas se joignirent à l’accusation dont le Maulwi Muhammad Hussain Batalwi, un farouche détracteur. Dans une révélation, Allah prévint le Messie Promis (a.s) qu’un de ses adversaires sera déshonoré par Lui. Il était néanmoins essentiel de faire un effort apparent pour que cette prédiction se réalise. Maulwi Fazl Din, l’avocat de Messie Promis (a.s), voulut poser une question personnelle à Maulwi Muhammad Hussain, une question qui l’aurait déshonoré, mais le Messie Promis (a.s) l’en empêcha. Son avocat insista disant que cela affaiblirait le dossier de l’accusation mais le Messie Promis (a.s) refusa. Maulwi Fazl Din Sahib n’était pas un ahmadi : il était le chef de file des Hanafites et un membre actif de l’Anjuman-Nomania : ses croyances différaient de celles du Messie Promis (a.s). Cependant toutes les fois que l’on s’en prenait au Messie Promis (a.s) il répliqua avec vigueur affirmant que le Messie Promis (a.s) possédait des nobles valeurs qui n’existent chez aucun ouléma ou leader religieux.

Lors du procès le sous-commissaire, qui était naguère antipathique envers le Messie Promis (a.s), lui offrit une chaise rien qu’un voyant l’intégrité qui rayonnait sur son visage. Lorsque Muhammad Hussain Maulwi se présenta pour son témoignage, il croyait qu’il verrait le Messie Promis (a.s) en menottes ou du moins debout en disgrâce comme le sont tous les accusés. La scène du Messie Promis (a.s) assis à côté du sous-commissaire lui rendit furieux et il exigea une chaise pour sa personne sur le champ. Le juge la lui refusa et sur son insistance il le réprimanda sévèrement.

L’honneur du Messie Promis (a.s) est le fruit de ses hautes valeurs morales. Contrairement à cela, combien sont-ils parmi nous qui ne peuvent se maîtriser quand ils se mettent en colère. Le Messie Promis (a.s) n’a même pas tolérer que l’on déshonore son ennemi, et cela en dépit du fait que les informations à son sujet étaient justes. Mais nos amis quant à eux se laissent gagner par la colère et ils ont recours à propos inflammatoires et n’hésitent pas à en venir aux mains. »

« Un exemple de la sévérité du Messie Promis (a.s) était quand il n’avait pas répondu au prêtre hindou Lekh Ram en raison du langage injurieux qu’avait utilisé ce dernier contre le Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Cependant voyez la compassion du Messie Promis (a.s) quand un autre s’est attaqué à lui personnellement : il n’a pas permit que l’on discrédite le Maulwi Muhammad Hussain.

Souvenez-vous que celui qui n’inculque pas la moralité à ses enfants est l’ennemi de ces derniers et de la communauté. Voire il prouve par ses actions son hostilité contre le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) et contre Allah Lui-même. »

Hadrat Musleh Maud (r.a.) souligne qu’il ne cesse de prodiguer des conseils dans ses sermons – tous les Califes le font aussi – cependant ses conseils ont de l’effet tant qu’une série de sermons traite de ces sujets. Une fois cette série interrompu l’effet disparaît [et on retourne à ses veilles habitudes]. Ces gens sont à l’image du diable à ressort qui jaillit hors de sa boîte quand le couvercle s’ouvre.

Dieu n’a pas accordé un temps illimité pour que l’on prodigue à tout jamais de tels conseils. La solution c’est de faire des efforts pour être un véritable croyant : et c’est là que cette lutte cessera, car elle perdure tant que la foi est absente. Que les membres de la djama’at réalisent qu’Allah a placé sur leurs épaules de lourdes responsabilités en envoyant le Messie Promis (a.s).

Même si l’on est victime de toutes les faiblesses du monde l’on pourra s’en débarrasser une fois la résolution prise à cet effet. Jésus (a.s.) disait que celui-qui possède une once de foi pourra déplacer des montagnes : ainsi quelque soit le nombre de ses péchés si la foi existe on peut les faire disparaître. Le jour où le croyant décide que rien n’entravera sa voie ce jour-là tout obstacle disparaît.

Nos amis au sein de la djama’at doivent réformer leurs enfants et les jeunes. Abandonnez le mensonge, le vol, la supercherie, toute action frauduleuse, la médisance et [tous] les autres mauvaises habitudes, tant et si bien que toute personne traitant avec vous sache que vous êtes d’honnêtes gens.

Souvenez-vous que cette faveur est retournée après 1300 ans et si nous ne la valorisons pas et qu’elle ne revient qu’après un autre laps de 13 siècles, les générations futures nous maudirons. Par conséquent transmettons nos vertus à nos enfants et qu’ils les lèguent à leurs descendants afin que ce gage soit à l’abri et afin que nous puissions en mériter les récompenses pour les siècles à venir. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) affirme d’ailleurs que toute personne qui instaure une bonne pratique en sera récompensée et méritera aussi d’autres récompenses toutes les fois que les autres suivront son exemple.

La récompense est certes grande, mais la responsabilité qui l’accompagne l’est aussi. Qu’Allah nous permet de remplir nos devoirs et que nous puissions aussi honorer les dépôts que nous ont confiés nos aînés. Et qu’il en soit de même pour ceux [d’entre nous] qui l’on accepté de leur propre chef. Puisse Dieu nous permettre d’honorer cet engagement de génération en génération !


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication de ce sermon)