Le sermon du vendredi 11 février 2011 de Sa Sainteté le Calife avait pour thème les récents martyres de trois ahmadis en Indonésie ainsi que l'histoire de la communauté Ahmadiyya dans ce pays. Hudur cita au tout début de son sermon les versets suivants :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آَمَنُوا اسْتَعِينُوا بِالصَّبْرِ وَالصَّلَاةِ إِنَّ اللَّهَ مَعَ الصَّابِرِينَ - وَلَا تَقُولُوا لِمَنْ يُقْتَلُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ أَمْوَاتٌ بَلْ أَحْيَاءٌ وَلَكِنْ لَا تَشْعُرُونَ - وَلَنَبْلُوَنَّكُمْ بِشَيْءٍ مِنَ الْخَوْفِ وَالْجُوعِ وَنَقْصٍ مِنَ الْأَمْوَالِ وَالْأَنْفُسِ وَالثَّمَرَاتِ وَبَشِّرِ الصَّابِرِينَ - الَّذِينَ إِذَا أَصَابَتْهُمْ مُصِيبَةٌ قَالُوا إِنَّا لِلَّهِ وَإِنَّا إِلَيْهِ رَاجِعُونَ - أُولَئِكَ عَلَيْهِمْ صَلَوَاتٌ مِنْ رَبِّهِمْ وَرَحْمَةٌ وَأُولَئِكَ هُمُ الْمُهْتَدُونَ

« Ô vous qui croyez, cherchez le secours avec patience et avec la Prière ; assurément, Allāh est avec ceux qui persévèrent patiemment. Et ne dites pas de ceux qui sont tués dans le chemin d’Allāh qu’ils sont morts ; au contraire, ils sont vivants, seulement, vous ne le percevez pas. Et certainement Nous vous éprouverons en vous affligeant un peu de crainte, de faim, de pertes de biens et de vies, et de récoltes, mais annonce la bonne nouvelle à ceux qui persévèrent patiemment, qui, quand un malheur les frappe, disent : « Assurément, nous appartenons à Allāh, et certainement c’est à Lui que nous retournerons. » Ce sont ceux-là qui reçoivent les bénédictions de leur Seigneur et aussi la miséricorde et ce sont ceux-là qui sont bien guidés. (Le Saint Coran chapitre 2, versets 154 à 158)

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Sa Sainteté déclara que tous les ahmadis sont profondément choqués et attristés par la mort de ces trois ahmadis indonésiens ainsi que l’inhumanité de leurs tueurs. Mais comme dans le passé, les ahmadis, collectivement et individuellement, ont fait preuve de patience et de persévérance face à ces événements tragiques. Ayant enduré des pertes de biens et de vie pour la cause de Dieu leur seule prière est : « Assurément, nous appartenons à Allāh, et certainement c’est à Lui que nous retournerons. » C'est ainsi que se comportent les véritables croyants. Aujourd'hui hormis les ahmadis qui peut comprendre la portée réelle des versets cités plus haut ? L'ennemi les persécute constamment, et les ahmadis trouvent leur réconfort dans la patience et la persévérance. Le Messie Promis (a.s), fidèle serviteur du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) insuffla cet esprit en ses suivants ; et le comportement des ahmadis, quelque soit leur origine, sera toujours le même. Lorsqu'on leur demande des sacrifices pour la cause de Dieu, ils donnent la réponse évoquée dans les versets précités. Ce fut la réponse du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) ; celui-ci insuffla cet esprit en ses compagnons qui sont des références pour les croyants d’aujourd’hui.

Les ennemis de la vérité ont toujours tourmenté les suivants des prophètes. Les pharaons de chaque ère ont demandé aux croyants de choisir entre le reniement de leur foi ou la mort ; ces derniers quant à eux ont toujours été fermes dans leurs convictions. Lorsque les magiciens de l'époque du Prophète Moïse (a.s) virent les signes de Dieu, ils acceptèrent la vérité sur le champ. Pharaon fut profondément blessé dans son orgueil ; il était rouge de colère lorsqu'il leur annonça qu’il leur infligera une punition exemplaire. Ceux qui acceptèrent la vérité de répliquer qu'ils ne peuvent préférer pharaon aux signes de Dieu. Le Saint Coran évoque ainsi ces faits :

فَاقْضِ مَا أَنْتَ قَاضٍ إِنَّمَا تَقْضِي هَذِهِ الْحَيَاةَ الدُّنْيَا

« Décrète donc ce que tu veux décréter ; tu peux seulement décréter concernant la vie de ce monde. » Si telle fut la réaction des suivants de Moïse, celle des suivants du Saint Prophète Muhammad (s.a.w), le meilleur de tous les prophètes, ne peut être que grandiose. Le Messie Promis (a.s) a renforcé la foi de ses suivants par des signes. Ainsi la barbarie la plus extrême et les exactions les plus terribles ne peuvent les faire chanceler dans leur foi. Dieu donne la bonne nouvelle de la vie éternelle à ceux qui présentent leur vie pour Sa cause.

Les ahmadis de l'Indonésie recevait depuis un certain temps des menaces de la part des extrémistes. Ils ont fait fi de ces intimidations et n'ont pas cessé leurs activités. La Jama’at dans laquelle s’est passé cet incident n’est composée que de 7 familles, et leur nombre ne dépasse pas 30 individus, femmes et enfants inclus. Néanmoins ils n’étaient pas près d'abandonner leur foi pour suivre les dictat des mollahs. La demande principale des extrémistes était que les ahmadis devaient faire partir de cette région leur moalim, qui était lui-même originaire de ce village. Lorsque l'hostilité prit des proportions graves une vingtaine de khuddam des régions avoisinantes étaient toujours de faction dans le centre de la communauté de ce village pour assurer la sécurité. Les adversaires de la Jama’at ont toujours bénéficié du soutien de la police et de l'état. Dans le passée, suite à leur pression, la police a scellé nos centres et nos mosquées ; dans d'autres cas les opposants se sont emparés de ces centres, et l’état n'a rien fait pour les en déloger. C'est pour cette raison que la Jama’at d’Indonésie a décidé qu'elle n'abandonnera jamais ses centres et ses mosquées quel que soit le prix à payer.

Les ahmadis de Ciseunik furent attaqués à coups de couteaux, de machettes, de lances et de pierres. Ils furent délogés du centre pour être tabassés à l'extérieur sous le regard de la police, qui ne bougea pas. Trois ahmadis tombèrent en martyrs et cinq autres furent blessées ; deux sont sortis de l'hôpital. Par la grâce de Dieu les ahmadis firent preuve d'une grande fermeté.

Les ennemis de la communauté Ahmadiyya répétèrent, quant à eux, les œuvres des Kuffar de l'époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Oh combien malheureux est-il de constater qu'ils commirent ces actes d'une atrocité extrême au nom du Saint Prophète Muhammad (s.a.w), celui qui est une miséricorde pour l'humanité toute entière, celui qui demanda à ses suivants de respecter ses principes mêmes au cours des batailles. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) interdit aux musulmans de défigurer ou de mutiler les cadavres des soldats ennemis, des pratiques courantes en Arabie à l'époque.

Les cadavres des martyrs ahmadis étaient méconnaissables en raison des mutilations qu’ils subirent. Il y eu dans un premier temps des méprises concernant leurs identités et seuls leurs proches les reconnurent grâce à des signes distinctifs. Ainsi ceux qui commirent ces crimes dépassèrent les Kuffar de l'époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Les ahmadis sont très tristes face à ces actes horribles, grand est leur désarroi ; mais le plus grand crime est que tout cela fut commis au nom du Saint Prophète Muhammad (s.a.w).

Baitul-Futuh-Minaret

Les journaux et médias indonésiens et internationaux ont relaté ces faits, mais ont refusé de montrer les images vidéos en raison de la cruauté des agresseurs. Dans son reportage la chaîne Al-Jazeera relate que c'était une scène atroce, la police était présente mais n'a pas bougé le petit doigt ; la foule s'est attaquée à la maison des ahmadis, ils ont mis à nu trois personnes pour ensuite les frapper à coups de bâtons, de pierres, de machettes et de couteaux. La scène était si violente qu’Al-Jazeera se refusa de diffuser les images.

La commission des droits de l'homme de l'Asie a condamné fermement cet acte infâme contre les ahmadis, en disant que ceux qui l’ont perpétré ont reçu l'assentiment des oulémas indonésiens.

Le journal « The Economist » déclare que ce ne fut pas le résultat de l'inimitié entre musulmans et chrétiens ; des musulmans se sont attaqués à d'autres musulmans et ceux qui ont le courage de regarder ces images vidéos constateront que cette barbarie n’a jamais été vue auparavant. Ces images sont si insoutenables qu’aucun ahmadi ne peut les regarder pour plus d'une minute. D’autres quotidiens à l’instar du New-York Times, du Jakarta Globe et du Washington Post ont aussi écrit à ce sujet.

Dans un éditorial du Jakarta Post, un commentateur écrit que, quelles que soient les raisons des récentes attaques contre la communauté Ahmadiyya, cela démontre qu'il n'y a plus en Indonésie de sentiments bienveillants à l'égard des minorités religieuses. Les ahmadis ont joué un grand rôle dans l'indépendance de ce pays, et cet incident malheureux ne pourra être effacé de son histoire. Ce sont les érudits ahmadis qui ont offert à l'Indonésie les pensées progressistes du XXe siècle. Le président Sukharno étudia le Saint Coran et sa traduction des ahmadis. Le commentateur ajoute que les Indonésiens doivent être reconnaissants envers la Jama’at Ahmadiyya pour les services qu'elle a rendus envers la nation.

Les intellectuels et les journaux indonésiens ont eu le courage de condamner ces actes barbares et de présenter les faits tels quels. Grâce à leurs actions on peut espérer qu'un jour le peuple prendra le droit chemin. Si seulement les médias et les forces vives au Pakistan pouvaient suivre leur exemple.

L'hostilité contre la Jama’at Ahmadiyya en Indonésie ne date pas d’hier. Les mollahs ont toujours essayé d'entraver son progrès, car ils ne sont pas près d'accepter la vérité. Ils ont peur de perdre leur gagne-pain et leur importance aux yeux des autres.

Histoire de la Jama’at Ahmadiyya en Indonésie

L'implantation de la communauté Ahmadiyya en Indonésie s'est fait d'une manière des plus remarquables. En 1923 quatre jeunes Indonésiens, Maulvi Abu Bakr Ayyub, Maulvi Ahmad Nur-ud-Din, Maulvi Zaini Dahlan, et Hajji Mahmud partirent de Sumatra afin de poursuivre leurs études religieuses en Inde. Ils visitèrent Calcutta, Lucknow, Lahore et s'arrêtèrent à Qadian. En août de la même année ils rencontrèrent le deuxième Calife et lui demandèrent de les aider pour leurs études, au cours desquelles ils comprirent et embrassèrent l'Ahmadiyya ; et par courrier ils commencèrent à prêcher son message à leurs proches en Indonésie.

En 1924, après le retour du deuxième Calife de son voyage en Europe les quatre jeunes Indonésiens lui demandèrent de prendre des dispositions pour l'établissement de l’Ahmadiyya dans leur pays. Acceptant leur requête le deuxième Calife envoya le 17 août 1925 Hadrat Maulvi Rahmat Ali comme premier missionnaire ahmadi en Indonésie. Étant un étranger, ne parlant pas la langue locale et de culture différente Hadrat Maulvi Rahmat Ali fit face à beaucoup de difficultés au début. Néanmoins il apprit la langue locale et commença à prêcher le message de l’Ahmadiyya individuellement et en organisant des débats. C'est ainsi qu'il fonda la première jama’at à Tapatuan.

Petit à petit le nombre d’ahmadis commença à grandir ; l'hostilité à leur rencontre pris aussi de l'ampleur. Ils furent boycottés, et les journaux refusèrent de publier tout article concernant l’Ahmadiyya. Dans certains cas jusqu'à 3000 personnes se réunissaient devant la maison de Hadrat Maulvi Rahmat Ali pour l'insulter et le vilipender. Les mollahs usèrent de tout subterfuge afin d'arrêter le progrès de l’Ahmadiyya ; ils essayèrent vainement de convaincre les autorités d’expulser Hadrat Maulvi Rahmat Ali, mais celles-ci refusèrent en disant que l'État ne peut s'immiscer dans des questions de doctrine.

En décembre 1927 il y eu un débat entre les ahmadis et les grands oulémas indonésiens ; ces derniers subirent un échec cuisant et le progrès de la communauté pris de l'ampleur. Les mollahs, quant à eux, ne cessèrent leurs persécutions. Ainsi plusieurs ahmadis furent expulsés de leurs villages sous l'ordre des sultans locaux à la solde des mollahs.

Services rendus par la Communauté Ahmadiyya

Comme évoqué plus haut, la Jama’at Ahmadiyya rendit de grands services à l'Indonésie. Ainsi, le deuxième Calife exhorta tous les musulmans du monde à soutenir les musulmans indonésiens dans leur lutte d'indépendance. Le deuxième Calife fit un appel à cet effet dans son sermon du 16 août 1946 prononcé à Qadian.

Après le départ des Japonais en 1945, le docteur Sukharno annonça le 17 août de la même année l'indépendance de l'Indonésie, qui était sous tutelle hollandaise. Suite aux directives du deuxième Calife les missionnaires ahmadis, ainsi que la communauté Ahmadiyya en général, firent tout ce qui était en leur pouvoir pour l'indépendance de l’Indonésie. Sayyed Shah Mohammad rencontra le président Sukharno et lui offrit ses services. Celui-ci lui confia la tâche de préparer des émissions en langue ourdou pour la radio indonésienne. Sayyed Shah Mohammad fut assisté par Maulvi Abdul Wahid et Malik Aziz Ahmad Khan dans ses efforts.

Le 3 août 1957 le secrétaire général du ministère de l'information de l'Indonésie écrivit une lettre de remerciements à Sayyed Shah pour ses efforts dans la lutte pour l'indépendance de l'Indonésie. Il y est dit : « Nous reconnaissons les services rendus par M. Sayyed Shah chef de la communauté musulmane Ahmadiyya résidant à Jakarta en faveur du peuple indonésien et du gouvernement de la république indonésienne. Travaillant dans le département de la diffusion du ministère de l'information, M. Sayyed Shah a usé de toutes ses capacités et aptitudes pour convaincre la communauté internationales de la légitimité des efforts de la république indonésienne. M. Sayyed Shah nous a soutenu lorsque les hollandais ont lancé une attaque sur notre gouvernement à Jakarta. Il était membre du comité pour l'instauration du gouvernement de la république indonésienne à Jakarta après le départ des troupes hollandaises suite à la décision des Nations unies. Sayyed Shah était aussi un membre du comité qui avait pour tâche d'accueillir le président Sukharno. Il était le seul étranger dans la délégation du président Sukharno lors de la passation des pouvoirs au gouvernement indonésien. Après le transfert du gouvernement à Jakarta, M. Sayyed Shah travailla dans le département de la diffusion de la radio de la république indonésienne pour laquelle il a préparé des émissions en langue ourdu. Il a aussi rendu ses services en tant que responsable de la Mission Islamique Ahmadiyya. »

En dépit de ses divergences avec les doctrines de la communauté Ahmadiyya, le président Sukharno fut reconnaissant envers celle-ci pour ses préceptes éclairés, qui sont, selon lui, en parfaite harmonie avec la logique et les exigences du monde moderne. Il faut aussi noter que nombres d’ahmadis indonésiens tombèrent en martyre en 1946 pour l'indépendance de leur pays.

Persécution des ahmadis en Indonésie

En dépit de tous ces sacrifices, la communauté Ahmadiyya n'a cessé d'être la cible des mollahs. Ainsi en 1947 six ahmadis tombèrent en martyre en raison de leur foi dans la région de Singa Parna. Ils furent attaqués par des extrémistes du mouvement Dar Ul Islam, et furent brutalement tués à coups de bâtons et de briques devant leurs proches. Deux ans après, dix autres ahmadis, parmi lesquels deux femmes, tombèrent en martyre dans le village Sangiang Labong. Ils furent attaqués avec la même sauvagerie par le groupe wahhabite Dar Ul Islam. On leur demanda de renoncer à leur foi, ce qu'ils refusèrent, et sur ce ils furent impitoyablement tués à coups de pierres, de briques, et de bâtons.

Le 22 juin 2001, M. Rapuq Hasan, âgé de 55 ans tomba en martyr après une attaque contre la mosquée ahmadie de son village. Il y eu plusieurs autres attaques de ce genre contre les mosquées et les maisons des ahmadis dans la région de Manislor.

Le 15 juillet 2005, les extrémistes s'attaquèrent aux quartiers généraux de la communauté Ahmadiyya ainsi qu'à sa mosquée centrale. Ils saccagèrent les biens et les bâtiments de la Jama’at sous l'œil impassible de la police. Par la suite la police scella les bâtiments et les bureaux appartenant à la Jama’at.

Le 19 décembre 2005, 500 extrémistes saccagèrent cinq mosquées ahmadies ; ils brûlèrent et endommagèrent un nombre important de maisons et de biens appartenant aux ahmadis.

Le 19 octobre 2005, 100 extrémises musulmans s'attaquèrent aux membres de la Jama’at de la région de Ketapang. Ces derniers étaient auparavant originaires des régions de Pancor et de Selong ; ils en furent expulsés en 2002 suite à l'attaque des groupes extrémistes, qui brûlèrent leurs maisons et leurs mosquées.

Il y eurent des attaques similaires en février 2006, en septembre et novembre 2007 sur différentes Jama’at, au cours desquelles les adversaires de la communauté Ahmadiyya saccagèrent nombre de mosquées, de bureaux, et de maisons appartenant aux ahmadis. La police scella plusieurs de ces mosquées.

Les martyrs ahmadis de Cikeunik

Tabaqus Chandra Mubarak Shaheed avait 34 ans lorsqu'il est tombé en martyr lors des attaques du 6 février 2011. Il a laissé derrière lui son épouse enceinte de cinq mois, qui donnera naissance à leur premier enfant après un mariage de huit ans. Le défunt avait l'intention de dédier son enfant dans le plan Waqf-e-Naw. C'était un ahmadi sincère, dévoué et très actif pour la cause de Dieu. La veille de son décès, son épouse lui demanda de ne pas partir à Cikeusik et de choisir entre elle et la Jama’at. Son époux répondit qu'il doit accorder préférence à la Jama’at et qu'il avait seulement pour tâche de conduire les khuddam qui seraient de faction à Cikeusik. Lors de l'assaut contre le bâtiment il était devant tous les autres jeunes ahmadis ; il fut frappé à coups de couteau, pendu et tabassé. On lui frappa ensuite à coups de bâtons et de pierres. Son cadavre fut complètement mutilé. Et seul son frère le reconnut grâce à des signes distinctifs.

Il y a ensuite Ahmad Warsono Shaheed, âgé de 38 ans et qui avait embrassé l’Ahmadiyya en 2002. Il a laissé son épouse et quatre enfants. Il s'était intéressé à l’Ahmadiyya lors du passage du quatrième Calife en Indonésie en l'an 2000. Après sa conversion, lui qui ne respectait pas ses parents changea complètement d’attitude envers eux. Il disait que lorsqu'il prêchait le message de l’Ahmadiyya il ressentait le soutien de Dieu en sa faveur. Nombre de personnes ont embrassé l’Ahmadiyya grâce à lui. Lors de l’attaque lui aussi se trouvait à l'intérieur du bâtiment. Il fut frappé à coups de couteaux, de bâtons et de machettes. Ensuite les infâmes traînèrent son cadavre à l'extérieur où ils le mutilèrent devant la police, qui ne broncha pas. Après les événements, son corps était difficilement reconnaissable.

Le troisième martyr est Rono Pasarani Shaheed, âgé de 35 ans et qui avait embrassé l’Ahmadiyya en 2008, par l'entremise de M. Warsono mentionné plus haut. Il a laissé son épouse et deux filles âgée de six et cinq ans. Avant sa conversion, il menait une vie faite de crimes, de vices et de jeux du hasard. Il avait vu dans un rêve qu'il rencontrait un saint personnage qui portait un turban. Lorsqu'un jour il partit visiter M. Warsono, il vit accrocher sur le mur de celui-ci la photo du Messie Promis (a.s). C'est ainsi qu'il s'intéressa à l’Ahmadiyya. Après sa conversion sa femme fut très étonnée du changement positif en son époux. Il était très régulier dans ses prières Tahajjud, aimait prêcher le message de l’Ahmadiyya, il disait aussi qu'il voulait mourir en martyr. Il est décédé dans les mêmes conditions que les deux autres ahmadis.

Dieu leur a donné la bonne nouvelle que le paradis leur est réservé. Ils sont autant d'étoiles étincelantes dans le ciel de l’Ahmadiyya. Qu'Allah exalte leur statut et qu'Il accorde patience et persévérance aux familles endeuillées.

Le Messie Promis (a.s) avait vu dans une vision que d'autres vont suivre les pas de Sahibzada Abdul Lateef Shaheed. Ainsi des personnes se trouvant à des milliers de kilomètres de Qadian ont prouvé le bien-fondé de cette prophétie.

Après chaque martyre les ahmadis doivent faire le serment qu'ils vont renforcer leur foi et qu'ils ne commettront pas d'action qui pourront porter atteinte aux traditions et aux valeurs de la Jama’at. Là où ils se trouvent tout ahmadi doit être loyal envers sa patrie. Cette loyauté requiert qu'il doit prier pour que Dieu libère son pays de tout tyran.

Après de tels incidents la Jama’at Ahmadiyya prend certes des mesures légales, mais elle ne prendra jamais la loi entre ses mains. Elle repose en fait toute sa confiance en Dieu le Tout-Puissant et non pas sur des moyens matériels. Ainsi donc tous les croyants doivent prier :

رَبَّنَا أَفْرِغْ عَلَيْنَا صَبْرًا وَثَبِّتْ أَقْدَامَنَا وَانْصُرْنَا عَلَى الْقَوْمِ الْكَافِرِينَ

« Ô notre Seigneur, verse sur nous la fermeté, affermis nos pas et aide-nous contre le peuple mécréant. ». (Saint Coran, chapitre 2, verset 251). Le Messie Promis (a.s) a aussi dit que si Dieu l’avait voulu Il n’aurait pas donné naissance à ces persécuteurs ; Il désire tout simplement enseigner la patience aux croyants par leur entremise. Sa Sainteté a demandé aux ahmadis de prier pour les blessés de Cikeusik, ainsi que pour tout les ahmadis de l'Indonésie. Il a reçu des lettres remplies d'angoisse et de désarroi à ce sujet. S'adressant à ceux de l'Indonésie il leur dit que tous les ahmadis du monde sont en train de prier pour eux.

À la fin de son sermon Sa Sainteté mentionna le martyre d'un jeune ahmadi, Munir Ahmad âgé de 21 ans, décédé lors d'une attaque suicide contre des soldats dans la région de Mardan au Pakistan. Il était le neveu de deux missionnaires. Que Dieu accorde patience et persévérance à ses parents. Sa Sainteté le Calife dirigea la prière funéraire des martyrs après la prière de Jummah.


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