Sermons 2011

Musulmans : meilleur peuple pour l’humanité – sermon du 04 février 2011

Mosquée : règles à respecter
Mosquée : règles à respecter

Vous êtes le meilleur peuple

– par Hadrat Mirza Masroor Ahmad –

Dans son sermon du vendredi 4 février 2011 Sa Sainteté le Calife fit un exposé sur le rôle des musulmans en tant que meilleur peuple suscité pour l’humanité ; il cita à cet effet le verset 110, de la sourate Ali-Imran, chapitre trois du Saint Coran, dans lequel Allah déclare :

كُنْتُمْ خَيْرَ أُمَّةٍ أُخْرِجَتْ لِلنَّاسِ تَأْمُرُونَ بِالْمَعْرُوفِ وَتَنْهَوْنَ عَنِ الْمُنْكَرِ وَتُؤْمِنُونَ بِاللَّهِ وَلَوْ آَمَنَ أَهْلُ الْكِتَابِ لَكَانَ خَيْرًا لَهُمْ مِنْهُمُ الْمُؤْمِنُونَ وَأَكْثَرُهُمُ الْفَاسِقُونَ

« Vous êtes le meilleur peuple, suscité pour le bien de l’humanité ; vous enjoignez ce qui est bien, vous interdisez le mal, et vous croyez en Allāh. Et si les Gens du Livre avaient cru, cela aurait été meilleur pour eux. Certains d’entre eux sont croyants, mais la plupart d’entre eux sont des pervers. » (Le Saint Coran, chapitre trois, verset 111)

Ce verset fut maintes fois cité par le Calife dans le passé car il s’y trouve des conseils importants pour les croyants. Dieu évoque ceux qui protègent et renforcent leur foi et celles de leurs descendants. Ils ne se contentent pas de prôner le bien à leurs proches, mais prodiguent aussi des conseils aux autres ainsi qu’aux athées.

{flv width=”300″ height=”270″ displayheight=”270″}sermon_04_02_2011{/flv}

{wd file=images/stories/audio/sermon_04_02_2011.mp3 name=’Téléchargez la version mp3 du sermon’}

Les musulmans de la première époque firent preuve d’une foi indéfectible et étaient toujours prêts à mettre en pratique les préceptes du Saint Coran et les conseils du Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Il incombe aujourd’hui aux ahmadis, ceux qui disent avoir une foi parfaite dans le Saint Coran et qui ont accepté le Messie Promis (a.s), de se réformer et de vivre en accord aux principes énoncés dans le verset précité. Jusqu’à quel point sont-ils en train d’accomplir leur devoir en tant que membre du meilleur peuple suscité pour l’humanité ? Jusqu’à quel point sont-ils en train d’enjoindre le bien et d’interdire le mal par leurs paroles et leurs actions ? La seule référence pour les croyants dans ce domaine est le Saint Prophète Muhammad (s.a.w).

La décadence des peuples débute lorsqu’ils fixent leurs normes au détriment de la loi divine, lorsqu’ils s’empêtrent dans des futilités et oublient leur objectif principal. Le Saint Coran nous présente les exemples de ces peuples qui oublièrent leurs enseignements et qui se détournèrent de leur but, causant ainsi leur perte ; d’autres remplacèrent leurs préceptes fondamentaux par des innovations. La vertu et le bien se transformèrent en chose du passé et ils corrompirent les enseignements apportés par les prophètes. Conséquemment Dieu n’avait plus aucune importance à leurs yeux et ils connurent la mort spirituelle. Tel est l’état des peuples qui vivent en Occident ainsi que celui des suivants des religions antérieures à l’Islam.

Comme promis, Dieu a protégé le Saint Coran dans son état originel ; c’est là une faveur accordée aux musulmans. Avant l’avènement du Messie Promis (a.s) il ne subsistait de l’Islam que son nom, mais il est aussi vrai qu’à toute époque il y a eu des groupes de personnes qui ont mis en pratique les enseignements de l’Islam. Par la suite Dieu envoya le Messie Promis (a.s), lui promettant qu’Il transmettra son message jusqu’aux confins de la Terre. Les ahmadis participent dans cette tâche afin d’être récipiendaires des faveurs divines et de faire partie du décret de Dieu. Mais pour mener à bien ces œuvres il incombe aux ahmadis de se consacrer sincèrement à Dieu, de se départir de tout type de péché et de maintenir une concordance entre leurs paroles et leurs actions.

Enjoindre le bien ne signifie pas uniquement parler à propos de la religion. Le bien est universel et toute personne, croyante ou athée, y est certainement attirée. Même les athées considèrent les excellences morales comme de bonnes choses et condamnent le mal. La responsabilité du croyant est donc d’enjoindre le bien et d’interdire le mal ; mais avant d’accomplir cette tâche il doit faire son analyse de conscience et se réformer intérieurement. Le croyant doit comprendre que Dieu est en train d’observer chacune de ses actions ainsi que ses paroles. Pour mener à bien ces devoirs il devra accorder prééminence à l’amour pour Dieu et progresser dans ce domaine.

Les questions qu’il doit se poser sont : est-ce que je possède les vertus que je suis en train de prêcher ? Est-ce que je suis coupable de ces maux que je suis en train d’interdire ? Dieu connaît le visible et l’invisible, Il connaît ce qui se trouve dans les tréfonds du cœur de l’homme. Ces sentiments activent un système d’autoprotection qui guidera le croyant dans la bonne direction. Si c’est le monde qui règne en maître dans le cœur du musulman à la place de Dieu, et si ce système d’autoprotection n’est pas activé, sa définition du bien et du mal sera pervertie.

Mosquée : règles à respecter

Le Messie Promis (a.s) et ses califes qui lui ont succédé se sont évertués à établir des traditions islamiques au sein de la communauté. Certaines pratiques sont rigoureusement interdites au sein de la Jama’at ; l’objectif étant de faire comprendre aux ahmadis qu’ils doivent suivre ce qui est juste et accomplir de bonnes œuvres. Sans quoi ils ne pourront jamais enjoindre le bien ni interdire le mal. Et puisqu’ils se sont joints à la Jama’at du Messie Promis (a.s) afin de se réformer et de faire partie de ce meilleur peuple il leur incombe de mettre de côté tout penchant matérialiste. La norme de la vertu que doit suivre tout ahmadi est celle présentée par le Messie Promis (a.s).

Il y a eu certaines pratiques contraires aux traditions de la Jama’at dans un mariage organisé par une famille ahmadie ; et le Calife a pris des mesures disciplinaires concernant ceux qui étaient présents. Il y avait certains qui n’avaient pas grande connaissance des traditions religieuses de la communauté, mais il y en avait d’autres qui en sont au courant et qui occupent même des postes de responsabilités au sein de la Jama’at. Ces derniers ont fait preuve d’un grand laxisme : au lieu d’interdire le mal ils se sont comportés en spectateurs, ce faisant ils y ont contribué. Certains d’entre eux se sont excusés en disant au Calife qu’ils y ont assisté afin de réformer ceux qui étaient coupables de ces pratiques condamnables. Réformer les autres signifie-t-il ne pas faire des efforts pour interdire le mal ou ne pas enjoindre le bien ? Est-ce cela la réforme que de participer dans ces pratiques interdites ? Ces personnes ont pu enjoindre le bien certes, mais un bien qui n’avait aucune relation au mal commis. C’est comme si l’on est témoin d’un vol, et au lieu d’empêcher le malfaiteur de commettre son larcin et de protéger les biens d’autrui, l’on conseille au voleur de toujours dire la vérité. La vérité est certes une vertu, mais dans cette situation donnée enjoindre le bien et interdire le mal signifie arrêter la main du voleur.

Les ahmadis doivent accorder prééminence à leur foi. Le Messie Promis (a.s) avait imploré Dieu de protéger ses enfants et ses suivants de l’influence de l’Antéchrist. Si ceux qui habitent en Occident sont tombés sous l’influence de l’Antéchrist que subsistera-t-il de leur foi ? Beaucoup de personnes ont été impliquées dans l’incident mentionné plus haut. D’aucuns d’informer le Calife que si l’on prend des mesures disciplinaires à leur encontre cela causera de grands bouleversements dans la Jama’at. Le Calife d’ajouter qu’il ne s’en soucie guère et ceux qui veulent quitter la Jama’at Ahmadiyya sont libres de le faire. En tant qu’ahmadis, l’on doit suivre les enseignements de l’Islam et éviter toutes ces pratiques futiles.

Allah et Son Prophète (s.a.w) condamnent sévèrement les contradictions entre le discours et l’action. Tous les Califes du passé ont demandé aux ahmadis de quitter ces mariages et ces réceptions, organisés par des familles ahmadis, où l’on est en train de commettre ces actions contraires aux traditions de la Jama’at. Au cas contraire ils seront coupables de couardise et seraient en train de soutenir ce mal. Par leur passivité ils prouveront qu’ils ont accordé préférence à l’amour de la société sur l’amour de Dieu.

Hadrat ‘Abdullah Bin ‘Amr raconte que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) décrivit ainsi les traits d’un hypocrite : « Quiconque possède les quatre caractéristiques suivantes est un vrai hypocrite et quiconque a l’une de ces caractéristiques a un trait d’hypocrisie en lui jusqu’à ce qu’il délaisse cette habitude : lorsqu’il prend un engagement, il ne le respecte pas ; lorsqu’il parle il ment ; lorsqu’il fait une promesse, il la brise ; quand il discute il commence à utiliser un langage grossier. » Selon un commentateur de ce hadith, la foi est affectée par l’hypocrisie, tout comme elle peut l’être par l’incroyance et le polythéisme. L’hypocrisie signifie déguiser son véritable caractère, manifester des opinions, des sentiments, des vertus qu’on n’a pas. En somme c’est la contradiction entre l’intérieur et l’extérieur. Tout ce qui contredit la réalité tombe dans la catégorie de l’hypocrisie. Se dire croyant sans manifester sa foi est aussi une forme d’hypocrisie.

Malheureusement l’hypocrisie est aujourd’hui monnaie courante ; et certains ahmadis en sont coupables lorsqu’ils se laissent influencer par la société. Lorsque le mal règne en maître dans la société, l’on accorde grande valeur au peu de vertus que possède une personne. Ainsi si les hypocrites de l’époque de Saint Prophète Muhammad (s.a.w) étaient vivants aujourd’hui ils seraient considérés comme de grands saints. Leur hypocrisie était relative ; ils étaient considérés comme tels comparés aux grands compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Ayant accepté le Messie Promis (a.s) les ahmadis doivent avoir comme référence ses grands compagnons et non pas ceux dont la foi était faible.

L’intégrité est une qualité importante des ahmadis ; ils doivent respecter leurs engagements au sein de leur famille, dans la communauté, et au travail. Qu’ils soient fonctionnaires ou employés d’une compagnie privée ils doivent se démarquer des autres par leur intégrité. Nous disons avec fierté que l’intégrité des ahmadis dépasse de loin celle des autres. Mais il ne suffit pas de dépasser les autres dans ce domaine ; l’on doit en atteindre le niveau le plus élevé.

Le progrès est lent, voire inexistant, dans les pays du tiers-monde parce que la malhonnêteté gangrène la société à tous les niveaux. Selon de récents sondages le Pakistan, qui est présenté comme un pays musulman, est monté en rang la liste des pays les plus corrompus au monde. La situation n’est pas meilleure dans les autres pays musulmans ou dans ces pays qui sont dirigés par des musulmans. Est-ce qu’il suffit de se dire musulman pour être considéré comme un membre du meilleur peuple ? Appliquer les lois islamiques suffit-il pour faire de sa nation le meilleur peuple ? Une simple étude démontrera que ces « musulmans » ne sont pas coupables de quelques péchés, mais possèdent au contraire tous les vices du monde.

Aujourd’hui, les ahmadis doivent se porter garant de l’intégrité présentée par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Pour cela ils doivent s’acquitter de leurs devoirs envers Dieu et envers ces créatures et transmettre ces qualités aux générations futures. Le mensonge est sévèrement condamné dans le hadith cité plus haut. Ce péché est si grave que dans le Saint Coran Dieu l’a mis à pied d’égalité avec le polythéisme.

Aujourd’hui les musulmans ne font plus de distinction entre la vérité et le mensonge. De ce fait, les ahmadis doivent faire un jihad contre toute forme de malhonnêteté et traduire dans la pratique toutes leurs déclarations. Au lieu de chercher les défauts des autres, il est important de faire son analyse de conscience et de s’évertuer à se réformer.

Un des traits de l’hypocrite est qu’il manque à ses engagements. Cette mauvaise pratique est aujourd’hui monnaie courante dans les affaires et le commerce. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) sera pour toujours la référence pour le monde entier dans ce domaine. Citons par exemple le traité de Hudaibiya, dont l’une des conditions présentées par les non musulmans était que tout musulman ayant quitter la Mecque après le traité y sera renvoyé. Après avoir accepté cette clause verbalement mais avant même qu’elle ne soit mise en écrit, un musulman de la Mecque se présenta au Saint Prophète Muhammad (s.a.w), lui demandant de lui accorder sa protection. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) savait très bien que la vie de ce musulman serait en danger à la Mecque, mais il le renvoya, car il ne pouvait manquer à son engagement.

Une autre caractéristique des hypocrites évoquée dans ce hadith est qu’ils profèrent des injures lorsqu’ils discutent. C’est là une pratique des adversaires de la communauté Ahmadiyya, chose que doivent éviter les ahmadis. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) fut traité de tous les noms par ses ennemis mais en retour il fit toujours preuve de miséricorde. Malheureusement aujourd’hui ces fléaux sont monnaies courantes parmi les musulmans d’où le déshonneur qu’ils s’attirent. La grande discorde qui règne entre les populations et les dirigeants des pays musulmans est le fruit de l’hypocrisie. Et les non musulmans en profitent pour malmener davantage l’Islam. Un juif a écrit dans un journal israélien que seuls le judaïsme et le christianisme prônent la paix et non pas l’Islam. Selon lui les actions des musulmans prouvent indéniablement que l’Islam est l’antithèse de la paix. Les gens ne cessent de répéter ces accusations mensongères mais les musulmans ne s’en soucient guère. Notre joie à nous ahmadis sera complète lorsque le monde témoignera que les enseignements du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) ont amené la paix sur terre. Il incombe aux ahmadis de prier en ce sens et d’accomplir leur devoir.

À la fin de son sermon Sa Sainteté le Calife présenta un éclaircissement concernant la mort d’Abou Lahab qu’il avait évoqué dans son précédent sermon. L’incident qu’il cita concernait en fait Utaibah, le fils d’Abou Lahab. Abou Lahab quant à lui décéda sept jours après la bataille de Badr d’une maladie ressemblant à la peste. Son cadavre empestait si fort que ses proches le jetèrent dans un trou au moyen d’un bâton et le couvrirent de pierres. Utaibah était marié à Ume Kulthum, la fille du Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Avant de partir pour une expédition en Syrie il alla rencontrer le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) pour lui dire qu’il rejette la Sourate Al-Najm ; pour l’outrager davantage il essaya de cracher sur le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) et divorça d’Ume Kulthum. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) appela sur Utaibah la malédiction divine et au cours de l’expédition celui-ci fut la proie d’animaux sauvages, qui le déchiquetèrent en milles morceaux.

Sa Sainteté mentionna aussi le décès de M. Rashid Ahmad Butt, qui rendit l’âme le 18 octobre 2010 à l’âge de 71 ans. Il fut blessé par balles au pied au cours des attentats terroristes contre les deux mosquées ahmadis à Lahore le 28 mai 2010. Il avait perdu beaucoup de sang, et étant cardiaque sa santé ne s’est pas améliorée après l’attaque. Il a servi la communauté à divers postes de responsabilité et était d’une grande fidélité envers le Califat. Il attribuait tous ses succès aux prières du Calife. Qu’Allah exalte son statut est accorde patience et persévérance à la famille endeuillée.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication de ce résumé)