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Le martyre du Calife Oumar (r.a.)

Dans son sermon du 15 octobre 2021, Sa Sainteté le Calife a évoqué le devoir du musulman de couvrir les défauts de son frère et de se consacrer au repentir.

Sermon du vendredi 15 octobre 2021, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Tashahoud, le Ta’awudh et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

J’évoquais, dans mon précédent sermon, le martyre du Calife ‘Oumar (r.a.). [J’ai] d’autres points à présenter à ce propos. Selon le récit du Sahih d’Al-Boukhari, l’on déduit que le Calife ‘Oumar (r.a.) a subi cette attaque juste après la prière d’Al-Fajr et qu’il était dans la mosquée. Or, selon un autre récit, on l’avait transporté immédiatement à la maison et on avait accompli la prière par la suite. Le ‘Allamah Ibn Hajar, l’exégète du Sahih d’Al-Boukhari, a présenté un autre récit sous celui-là et a déclaré : « Ibn ‘Abbas relate : « Lorsque le Calife ‘Oumar (r.a.) a commencé à saigner abondamment et qu’il s’est évanoui, je l’ai transporté à la maison avec l’aide de plusieurs personnes. Il avait repris connaissance quand la lueur du matin était évidente. Quand il était conscient il s’est tourné vers nous et nous a demandés : « Est-ce que les gens ont prié ? » J’ai répondu à l’affirmative. Sur ce, il a déclaré : « Celui qui a abandonné la Salat n’est pas musulman. » Ensuite il a fait ses ablutions et a accompli la prière. » »

Selon un récit d’Al-Tabaqât Al-Koubra, le Calife ‘Oumar (r.a.) a été transporté à la maison. ‘Abdour Rahman Ibn ‘Awf a dirigé la prière. Il est aussi dit qu’Abdour Rahman avait récité les deux sourates les plus courtes du Coran : Al-‘Asr et Al-Kawthar. Un autre récit évoque Al-‘Asr et la sourate Al-Kafiroun.

Al-Tabaqât Al-Koubra dit ceci à propos du meurtrier du Calife ‘Oumar (r.a.). Après l’attaque, ce dernier a dit à ‘Abdoullah Ibn ‘Abbas : « Va voir qui a tenté de m’assassiner. » ‘Abdoullah Ibn ‘Abbas déclare : « J’ai ouvert la porte de la maison. Les gens étaient réunis en grand nombre : ils ignoraient l’état du Calife. J’ai demandé : « Qui a frappé l’Emir des Croyants d’un coup de poignard ? » On m’a répondu : « Abou Lou’lou’ah, l’ennemi d’Allah, l’esclave de Moughirah Ibn Chou’bah. Il a blessé d’autres personnes mais lorsque les gens ont tenté de l’arrêter, il s’est suicidé avec son poignard. »

On spécule si l’assassinat du Calife ‘Oumar (r.a.) était le fruit d’un complot ou de la haine personnelle de cet assassin. Les historiens ultérieurs déclarent que l’hostilité personnelle n’était pas l’unique raison du martyre du Calife ‘Oumar (r.a.), mais qu’il s’agissait d’un complot. En tout cas, nous allons étudier leurs opinions.

Après avoir évoqué en détail le martyre d’un Calife aussi brave qu’Oumar (r.a.) les historiens et les biographes, en général, maintiennent le silence. Ils donnent l’impression qu’Abou Lou’lou’ah Firouz avait tué le Calife ‘Oumar (r.a.) suite à une colère passagère. Or, certains historiens et biographes contemporains spéculent qu’il ne pouvait s’agir d’une vengeance personnelle. Il s’agit d’un complot : le Calife ‘Oumar (r.a.) a été assassiné suite à une machination sciemment nourrie. Hormouzan, le fameux général persan, qui apparemment s’était converti à l’islam et vivait à Médine, en était un des instigateurs. Les historiens contemporains se plaignent du manque d’explications détaillées de la part des historiens du passé pour [démontrer] qu’il s’agissait d’un complot.

Al-Bidayatou Wa’l-Nihayah, un livre important d’histoire, déclare qu’on spécule que Hormouzan et Joufayna étaient les instigateurs de l’assassinat du Calife ‘Oumar (r.a.).

En raison de ces doutes, les biographes du Calife ‘Oumar (r.a.) affirment qu’il s’agissait d’un complot. Muhammad Rida, un des auteurs, déclare dans son livre Sirat ‘Oumar Al-Farouq : « Le Calife ‘Oumar (r.a.) empêchait qu’on loge à Médine des prisonniers adultes. Moughirah Ibn Chou’bah, le gouverneur de Koufa, l’a informé par écrit qu’il disposait d’un esclave très talentueux et il a demandé la permission de l’envoyer à Médine. Moughirah Ibn Chou’bah a déclaré qu’il maîtrisait plusieurs métiers qui seraient avantageux pour les gens : il est un forgeron, un artisan, un charpentier. Le Calife ‘Oumar (r.a.) a écrit à Moughirah Ibn Chou’bah, lui donnant la permission d’envoyer cet esclave à Médine. Moughirah Ibn Chou’bah avait imposé à cet esclave un impôt de cent dirhams mensuellement. L’esclave s’est plaint au Calife que l’impôt était trop élevé. Le Calife ‘Oumar (r.a.) lui a demandé : « Quel métier maîtrises-tu le mieux ? » Il a décrit les travaux pour lesquels il était très doué. Le Calife ‘Oumar (r.a.) a répondu : « Vu ton expertise, cet impôt est insignifiant. » L’esclave est rentré fâché. Le Calife ‘Oumar (r.a.) a attendu quelques jours. Un jour, le même esclave est passé à côté de lui. Le Calife lui a dit : « J’ai entendu dire que tu fabriques de très bons moulins à vent. » Vexé et dépité, l’esclave s’est tourné vers le Calife et lui a dit : « Je vais vous fabriquer un moulin que les gens ne cesseront de louer. » Quand l’esclave s’est rentré, le Calife ‘Oumar (r.a.) s’est tourné vers ses compagnons et a déclaré : « Cet esclave vient de me menacer. » Après quelques jours, Abou Lou’lou’ah a caché sous sa cape un poignard à double tranchant dont le manche était situé au milieu. Il l’a utilisé pour attaquer le Calife ‘Oumar (r.a.) tout comme je l’avais mentionné dans le récit sur son martyre. Le Calife ‘Oumar (r.a.) avait reçu un coup sous le nombril.

Abou Lou’lou’ah nourrissait de la rancune et de l’inimitié à l’endroit du Calife ‘Oumar (r.a.) car les Arabes avait conquis sa région et l’avait fait prisonnier. Ils avaient exilé son roi après l’avoir humilié. Lorsqu’il voyait un enfant prisonnier, il venait vers lui et lui passait la main sur la tête en disant en pleurant : « Les Arabes ont détruit notre futur. » Lorsque Abou Lou’lou’ah a décidé d’assassiner le Calife ‘Oumar (r.a.), il a fabriqué, avec grand soin, ce couteau à double tranchant ; il l’a affilé et l’a empoisonné. Ensuite, il est allé le montrer à Hormouzan et lui a dit : « Quelle est ton opinion à propos de ce poignard ? » Il a répondu : « Toute personne que tu attaqueras avec mourra à coup sûr. » Hormouzan était le général persan que les musulmans avaient emprisonné à Toustar et envoyé à Médine. Quand il a vu le Calife ‘Oumar (r.a.), il a demandé : « Où se trouvent ses gardes du corps et ses courtisans ? » Comme mentionné auparavant, les compagnons ont répondu : « Il n’a ni gardes du corps, ni courtisans, ni secrétaire et ni trésorier. » Hormouzan a déclaré : « Il doit être un prophète. » En tout cas, il s’est converti à l’islam par la suite.

Le Calife ‘Oumar (r.a.) lui a fixé la somme de deux milles [dirhams] comme allocation et l’a logé à Médine.

Al-Tabaqât d’Ibn Sa’d mentionne un hadith de Nafi’selon lequel ‘Abdour Rahman avait vu le couteau avec lequel le Calife ‘Oumar (r.a.) a été assassiné. Il a déclaré : « J’ai vu ce couteau avec Hormouzan et Joufayna l’autre jour. Je leur ai demandé ce qu’ils faisaient avec pareil couteau. Ils ont tous deux déclaré : « Nous coupons de la viande avec parce que nous ne la touchons pas. » ‘Oubaydoullah Ibn ‘Oumar a demandé à ‘Abdour Rahman s’il avait vu ce couteau entre leurs mains. Il a dit : « Oui ». Sur ce, ‘Oubaydoullah Ibn ‘Oumar a pris son épée et est parti chez eux et les a tués. Le Calife ‘Outhman a convoqué ‘Oubaydoullah et lorsqu’il est venu le voir, il lui a demandé ce qui lui avait mis en colère contre ces deux personnes pour qu’ils les tuent quand tous deux étaient sous la protection des musulmans. En entendant cela, ‘Oubaydoullah a attrapé ‘Outhman et l’a jeté au sol. Les gens sont venus séparer ‘Outhman d’Oubaydoullah. ‘Oubaydoullah avait remis son épée dans son fourreau ; cependant, ‘Abdour Rahman lui a demandé de l’en tirer complètement, ce qu’il a fait.

On ignore dans quelle mesure ce précédent récit est authentique : Allah sait le mieux. On ne sait pas si la partie sur ‘Outhman est authentique ou pas. En tout cas dans d’autres récits l’on trouve mention du meurtre de ces personnes.

Sa’id Ibn Al-Mousayyib déclare : « Lorsque le Calife ‘Oumar a été martyrisé, ‘Abdour Rahman Ibn Abi Bakr a déclaré qu’il était passé tout près d’Abou Lou’lou’ah, l’assassin du Calife ‘Oumar : Joufayna et Hormouzan étaient également avec lui et ils chuchotaient. Quand il les a atteints soudainement, ils se sont enfuis et un poignard est tombé entre eux : il était à double tranchant et son manche était au milieu. Examinez donc le poignard avec lequel ‘Oumar a été martyrisé. »

Ils ont vu que le poignard était exactement comme décrit par ‘Abdour Rahman Ibn Abi Bakr. Lorsque ‘Oubaydoullah Ibn ‘Oumar a entendu cela d’Abdour Rahman Ibn Abi Bakr, il a pris son épée et a demandé à Hormouzan de sortir. Lorsqu’il est sorti il lui a demandé de l’accompagner pour regarder un de ses chevaux. Quand Hormouzan a marché devant lui, ‘Oubaydoullah l’a frappé avec l’épée. ‘Oubaydoullah ibn ‘Oumar raconte que lorsque Hormouzan a senti le tranchant de l’épée, il a récité La ilaha ill-Allah. ‘Oubaydoullah déclare : « J’ai appelé Joufayna. Il était l’un des chrétiens de Hira. Il était l’assistant de Sa’d ibn Abi Waqqas qui l’avait envoyé à Médine pour se réconcilier [avec lui]. Il enseignait l’écriture à Médine. Quand je l’ai frappé de l’épée, il a fait le signe de croix devant ses yeux. » Puis ‘Oubaydoullah est parti et a tué la fille d’Abou Lou’lou’ah qui prétendait être musulmane. ‘Oubaydullah avait l’intention de ne laisser aucun prisonnier vivant à Médine.

Les Mouhajirîn se sont ralliés contre lui et l’ont arrêté et menacé. Il a déclaré : « Par Allah, je les tuerai ! » Il ne s’est même pas soucié des Mouhajirîn. ‘Amr Ibn Al-‘Âs a tenté maintes fois de le ramener à la raison. Finalement,’ Oubaydullah a remis l’épée à ‘Amr Ibn Al-‘Âs. Ensuite, Sa’d ibn Abi Waqqas s’est approché d’Oubaydoullah : ils se sont attrapé les cheveux sur le front. En somme ‘Oubaydoullah avait tué Hormouzan, Joufayna et la fille d’Abou Lou’lou’ah.

Toute cette affaire est présentée sur ceux qui auraient incité Abou Lou’lou’ah à commettre cet assassinat ; et les rapports qui nous sont parvenus démontrent que l’assassinat d’Oumar était réellement un complot. Voilà ce qu’ont écrit ceux qui soutiennent le fait qu’il s’agissait d’un complot. Hormouzan l’avait planifié : il a enflammé la malveillance et la haine d’Abou Lou’lou’ah envers le Calife ‘Oumar. Les deux n’étaient pas des Arabes. Quand Hormouzan a été fait prisonnier et envoyé à Médine, il s’est converti à l’islam de peur que le Calife ne le tue. Selon un récit de Nafi’tiré d’Al-Tabaqât d’Ibn Sa’d, il est dit qu’Abdour Rahman ibn ‘Awf a vu le couteau utilisé pour tuer ‘Oumar. Selon un récit de Sa’id ibn Al-Mousayyib rapporté par Al-Tabari, Abdour Rahman ibn Abi Bakr a vu le poignard d’Abou Lou’lou’ah qui était tombé entre Joufayna et Hormouzan quand il s’est soudainement approché d’eux. L’arme est tombée lorsqu’ils ont commencé à marcher. Quand ‘Oubaydoullah Ibn ‘Oumar a entendu cela d’Abdour Rahman Ibn Abi Bakr, il est immédiatement parti les tuer tous les deux, et, non satisfait de cela, il a également tué la fille d’Abou Lou’lou’ah par vengeance.

Le poignard évoqué par ‘Abdour Rahman Ibn Abi Bakr était exactement le même que celui par lequel ‘Oumar a été tué. Si ‘Oubaydoullah Ibn ‘Oumar ne s’était pas précipité pour tuer Hormouzan et Joufayna, il eût été possible que tous les deux fussent convoqués pour une enquête sur l’affaire et ainsi le complot eût été exposé. Vu tous ces points devant nous, nous pouvons clairement comprendre qu’il s’agissait d’un complot bien ourdi et que celui qui a réalisé ce complot et tué ‘Oumar était Abou Lou’lou’ah. C’est là l’opinion de ceux qui pensent qu’il s’agissait d’une conspiration.

Le Dr Mohammad Hussein Heikal, un autre biographe, écrit dans son livre : « Lorsque les musulmans ont vaincu les Persans et les chrétiens, et ont pris le contrôle de l’Etat de ces pays et forcé l’empereur d’Iran à fuir, les Juifs, les chrétiens et les Persans ont nourri des sentiments de haine contre les Arabes en général et contre ‘Oumar en particulier. À l’époque, les gens laissaient transparaître dans leur conversation cette rancune et cette haine et ils se souvenaient également de ce qu’Oumar avait dit après avoir découvert qu’Abou Lou’lou’ah, qui l’avait attaqué, était un Iranien. Il avait dit : « Je vous avais interdit de laisser vivre autour de nous des non-musulmans, mais vous m’avez désobéi. »

Le nombre de non-musulmans non arabes à Médine était insignifiant, mais il existait une communauté dont les cœurs étaient pleins de colère et de vengeance et où brûlait le feu de la haine et de l’inimitié. Ils auraient pu être à la tête de ce complot ; et cet acte d’Abou Lou’lou’ah était peut-être le résultat d’un complot ourdi par ces ennemis de l’islam pour étancher leur soif mue par la haine et l’inimitié. Ils pensaient par ce faire qu’ils pourraient briser l’unité des Arabes et affaiblir les musulmans.

Les fils du Calife ‘Oumar étaient très désireux de connaître la vérité. Ils auraient pu découvrir ce secret et aller au fond des choses si Abou Lou’lou’ah Firouz ne s’était pas suicidé. Mais il s’est suicidé et a emporté ce secret avec lui dans la tombe. Est-ce que l’affaire s’arrête là et n’y a-t-il pas d’autres moyens de connaître ces secrets ? »

L’écrivain-historien écrit : « Non. Dieu souhaitait qu’un dirigeant arabe soit au courant de ce secret et les conduise à cette conspiration. Quand ‘Abdour Rahman Ibn ‘Awf a vu le couteau avec lequel le Calife ‘Oumar a été martyrisé, il a déclaré : « J’ai vu ce couteau avec Hormouzan et Joufayna. Je leur ai demandé ce qu’ils feront avec. Ils ont répondu qu’ils couperont de la viande avec, car ils ne touchent pas la viande. »

Abdoul Rahman Ibn Abi Bakr a déclaré : « Je suis passé à côté d’Abou Lou’lou’ah, l’assassin du Calife ‘Oumar : Joufayna et Hormouzan étaient avec lui et ils se parlaient secrètement. Quand je suis arrivé à côté d’eux, soudainement ils se sont enfuis et un poignard est tombé entre eux : il comportait deux lames et le manche était au milieu. Examinez le poignard avec lequel le Calife ‘Oumar a été tué ! » Les gens ont constaté qu’il s’agissait du même poignard décrit par ‘Abdour Rahman Ibn Abi Bakr. Il n’y avait plus aucun doute à ce sujet : notamment qu’ils étaient des témoins véridiques, voire les plus dignes de confiance parmi les musulmans. Ils témoignent que le couteau avec lequel le Calife ‘Oumar a été martyrisé était en possession de Hormouzan et Joufayna. L’un des témoins a déclaré qu’il avait vu l’assassin Abou Lou’lou’ah conspirer avec les deux avant l’assassinat et, selon les deux témoins, tout cela s’est passé la veille du jour où on a attenté à la vie du Calife ‘Oumar. Peut-on encore douter du fait que l’Emir des croyants a été victime d’un complot dans lequel ces trois hommes étaient les acteurs principaux ? Mais il est également possible que d’autres Persans ou des personnes d’autres nations aient été impliquées, sur lesquels les musulmans ont prévalu. Lorsque ‘Oubaydoullah Ibn ‘Oumar a entendu les paroles d’Abdour Rahman Ibn ‘Awf et le témoignage d’Abdour Rahman Ibn Abi Bakr, l’univers entier lui est apparu rempli de sang. Il a cru que tous les étrangers de Médine étaient impliqués dans cette conspiration et qu’ils avaient le sang du crime sur les mains. Il a immédiatement pris l’épée et a tué Hormouzan et Joufayna en premier. Il a appelé Hormouzan et quand il est sorti, il lui a demandé de l’accompagner pour regarder son cheval. ‘Oubaydullah est resté derrière lui et lorsque Hormouzan est passé devant lui il l’a frappé d’un coup d’épée. Lorsque le Persan a senti le tranchant de l’épée, il a déclaré : « La ilaha ill-Allah ! » et il est tombé.

Selon le récit, ‘Oubaydoullah Ibn ‘Oumar, le fils du Calife ‘Oumar, a déclaré : « J’ai appelé Joufayna, qui était un chrétien de Hira. Il était le frère de lait de Sa’d Ibn Abi Waqqas. En raison de ce lien de parenté, Sa’d l’avait emmené à Médine où il enseignait aux gens. Quand je l’ai frappé de l’épée, il a fait un signe de croix entre ses yeux. »

Les autres frères d’Oubaydullah n’étaient pas moins en colère contre le martyre de leur père ; mais la plus fâchée était Hafsa, la mère des croyants.

Cependant, il n’était pas légalement autorisé de commettre ces actions. Personne n’a le droit de se venger ou de revendiquer ses propres droits, quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et, après lui, ses Califes devaient rendre des verdicts justes à ce propos et ordonner des représailles contre le coupable.

Il avait en effet l’habitude de rendre un verdict équitable et d’ordonner des représailles contre le coupable. Par conséquent, il incombait à ‘Oubaydoullah de demander la décision de l’Emir des croyants lorsqu’il a appris le complot qui a entraîné la mort de son père. Si le complot avait été avéré contre lui, il aurait ordonné des représailles, et si cela n’avait pas été prouvé, ou si le moindre doute avait surgi dans le cœur de l’Emir des croyants à ce sujet, il aurait réduit la peine à l’étendue du doute. Ou il aurait rendu le verdict que seul Abou Lou’lou’ah était coupable. En tout cas, ‘Oubaydullah n’avait pas légalement le droit de commettre cette action. Bref, il est probable que ce meurtre fût un complot, mais les circonstances de l’époque étaient telles qu’Outhman ne put rendre de verdict immédiat. En tout cas, quelles que soient les circonstances, les premiers historiens sont restés silencieux à ce sujet. Certains historiens contemporains débattent à ce propos à la lumière des circonstances et leurs arguments ont un certain poids car ce groupe de conspirateurs ne s’est pas arrêté pas là : plus tard le Calife ‘Outhman a également été victime d’un complot similaire ; et cela renforce encore le soupçon que le Calife ‘Oumar a été assassiné suite une conspiration d’éléments extérieurs pour arrêter le progrès et la domination croissante de l’islam et pour refroidir le feu de leur vengeance. Mais Allah sait le mieux.

Selon un récit du Sahih Mouslim, Ibn ‘Oumar raconte : « J’étais avec mon père lors de l’attaque contre sa personne. Les gens l’ont félicité et ont dit : « Jazakallahou Khayra. Qu’Allah vous récompense par ce qui est le meilleur. » Il a répondu : « Je souhaite à la fois [les récompenses divines] et je suis aussi craintif. » Les gens lui ont dit : « Désignez un Calife. » Il a répondu : « Dois-je porter votre fardeau dans cette vie et après la mort ? Je veux en avoir une part égale. C’est-à-dire que je ne sois ni châtié et ni récompensé. Si je choisis un successeur, celui qui était meilleur que moi, à savoir le Calife Abou Bakr, en avait fait de même. Il n’y a pas de mal si je désigne un successeur. Si je vous quitte sans nommer de successeur, celui qui était meilleur que moi vous avez laissé sans successeur. » Le deuxième exemple qu’il a offert est celui du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), qui n’avait pas nommé de successeur après lui. ‘Abdoullah déclare : « Lorsqu’il a mentionné l’Envoyé d’Allah (s.a.w), j’ai compris qu’il ne nommera pas de successeur. »

Selon un autre récit du Sahih Mouslim, il est rapporté qu’Ibn ‘Oumar a dit : « Je me suis rendu chez Hafsa et je lui ai dit : « Savez-vous que votre père ne nommera pas de successeur ? » Elle a répondu : « Il le fera certainement. » J’ai promis que j’en parlerai à nouveau au Calife ‘Oumar. Je suis resté silencieux jusqu’au matin et je ne lui ai pas parlé. Ma condition était comme si j’allais soulever une montagne en raison de mon serment. Je suis revenu et je suis allé voir le Calife. Il m’a demandé à propos de l’état des gens. Je l’ai informé de ce que les gens disaient et que j’avais juré que je lui en parlerai. « Les gens pensent que vous ne nommerez pas de successeur. Si quelqu’un fait paître vos chameaux ou vos chèvres et les laisse tels quels, vous penserez qu’il les a abandonnés. Il est donc plus important de prendre soin des gens. » Le Calife ‘Oumar était d’accord avec moi et a incliné la tête pendant un moment, puis il a levé la tête et a tourné son attention vers moi et a déclaré : « Allah protégera Sa religion. Si je ne nomme personne comme Calife, sachez que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’en avait pas nommé, et si je nomme un Calife, Abou Bakr en avait nommé. » Ibn ‘Oumar, le fils d’Oumar, a déclaré : « Par Allah ! Quand ‘Oumar a mentionné l’Envoyé d’Allah (s.a.w) par rapport à Abou Bakr (r.a.), j’ai compris qu’il ne tiendra personne comme l’égal du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), et qu’il ne nommera donc pas de successeur. »

Al-Miswar Ibn Makhramah relate : « Lorsque ‘Oumar a été blessé, il était agité en raison de la douleur. Ibn ‘Abbas lui a dit, comme pour le réconforter : « Emir des Croyants ! Si tel est le cas, vous avez été en compagnie de l’Envoyé d’Allah (s.a.w) et vous l’avez très bien soutenu. Puis, il s’est séparé de vous d’une telle manière qu’il était satisfait de vous. Ensuite, vous êtes resté avec le Calife Abou Bakr et l’avez très bien soutenu. Vous vous êtes séparé de lui dans un état où il était satisfait de vous. Ensuite, vous êtes resté avec ses compagnons et vous les avez soutenus d’une belle manière et maintenant vous vous séparez d’eux dans un tel état qu’ils sont satisfaits de vous. » Le Calife ‘Oumar (r.a.) a répondu : « Tu as mentionné la compagnie de l’Envoyé d’Allah (s.a.w) et sa satisfaction : tout cela n’est qu’une faveur qu’Allah m’a accordée. Tu as mentionné la compagnie du Calife Abou Bakr et sa satisfaction : cela n’est que la grâce d’Allah qu’Il m’a accordée. Mes soucis que vous constatez sont à cause de vous et de vos compagnons. Je ne m’inquiète pas de ma personne : je m’inquiète pour vous et pour vos amis. Par Allah, même si j’avais autant d’or que la terre entière, je l’aurai offert en rançon pour me racheter du tourment avant de voir ce tourment. »

En interprétant le verset : « Il leur donnera assurément en échange, après leur crainte, sécurité et paix. », Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) déclare : « Les Califes n’ont fait face à aucune calamité qu’ils craignaient. Même quand c’était le cas, Allah l’a remplacée par la paix. Cela ne fait aucun doute que le Calife ‘Oumar est tombé en martyr, mais lorsqu’on examine les événements, il devient clair qu’il n’avait pas peur de ce martyre ; il avait [en fait] prié à maintes reprises qu’Allah lui accordât le martyre à Médine. Comment pouvons-nous dire que celui qui a passé toute sa vie à prier pour qu’Allah fasse de lui un martyr à Médine, soit frappé de terreur au moment du martyre et qu’Allah n’ait pas transformé sa crainte en paix ? »

Si le Calife ‘Oumar (r.a.) avait peur de tomber en martyr pour ensuite être martyrisé, on aurait pu dire que Dieu n’avait pas transformé son état de peur en paix. Or, le Calife ‘Oumar (r.a.) priait : « Ô Allah ! Accorde-moi le martyre à Médine. » Ainsi, à la lumière de l’incident de son martyre, comment pourrait-on prétendre qu’il craignait de tomber en martyre ? En fait, puisqu’il ne craignait pas de mourir en martyr et qu’il priait pour cela, et que Dieu Tout-Puissant a accepté sa prière, il est évident que, selon ce verset, il n’a jamais éprouvé aucune sorte de peur. Et, comme je l’ai mentionné plus tôt, ce verset déclare que tout ce dont les Califes ont peur ne peut jamais se produire. De plus, Allah promet qu’Il leur donnera en échange de leur peur la paix et la sécurité. Or si quelqu’un ne craint même pas quelque chose et le considère comme une source d’honneur et d’élévation de son rang, il sera vain de prétendre qu’il a éprouvé la peur ; et il sera vain de se demander pourquoi cela ne s’est pas transformé en un état de paix. »

C’est un point qu’il faut en effet comprendre.

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) déclare en outre : « Quand j’ai lu cette prière du Calife ‘Oumar (r.a.), je me suis dit que cela signifie, en d’autres termes, que l’ennemi devrait attaquer Médine et que l’assaut serait si intense que tous les musulmans seraient détruits. Par la suite, l’ennemi atteindrait le Calife de l’époque et le tuerait également. Or, Allah a accepté la prière de Calife ‘Oumar (r.a.) tout en créant les moyens pour préserver l’honneur de l’islam. Ainsi, au lieu d’une attaque extérieure lancée contre Médine, un infâme individu de l’intérieur de la ville l’a tué avec un poignard. »

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) cite le martyre du Calife ‘Oumar (r.a.) et les facteurs qui y ont conduit en expliquant les préceptes islamiques concernant la libération des esclaves. Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) déclare : « La première injonction est que l’on doit libérer les esclaves sans rien demander en retour d’eux et le faire simplement comme un acte de bonté. Si l’on en est incapable, on doit leur accorder la liberté en prenant quelque chose en contrepartie. S’il y a un esclave qui n’a pas les moyens d’acquérir sa liberté et que son gouvernement ne montre aucun intérêt à son sujet et que sa famille également ne se soucie pas de lui, il peut alors donner un avis à son maître et racheter sa liberté en faisant des paiements par tranches. »

(Le prisonnier qui a été fait esclave peut fixer ses propres versements).

« En pareil cas, hormis le montant des acomptes, le reste de ses gains lui appartiendra et il sera considéré homme libre. »

En d’autres termes, il paiera ses acomptes par ses versements fixés pour racheter sa liberté et le reste de ses gains lui appartiendra et ce sera une forme de liberté pour lui.

« Le Calife ‘Oumar (r.a.) a été tué par un esclave de cette catégorie : il avait conclu un accord pour racheter sa liberté. L’esclave avait dit au musulman chez qui il résidait qu’il avait les moyens de racheter sa liberté et qu’il pouvait fixer la somme de la rançon. Il le paierait mensuellement en fonction de ses moyens et acquerrait ainsi sa liberté. Par la suite, le maître lui a fixé une somme modique qu’il a commencé à payer mensuellement. Un jour, l’esclave s’est plaint au Calife ‘Oumar (r.a.) que son propriétaire lui avait fixé un montant trop important et lui a demandé qu’il le réduise. Le Calife ‘Oumar (r.a.) a évalué son revenu et a constaté que ses gains réels étaient bien supérieurs au montant du revenu sur lequel les versements étaient basés. Le Calife ‘Oumar (r.a.) a donc déclaré que ces versements étaient très faibles comparés à ses revenus réels et [par conséquent] ne pouvaient être réduits. L’esclave a été extrêmement vexé par cette décision et a estimé que la décision était contre lui parce qu’il était un Persan et qu’elle avait été prise en faveur de son propriétaire qui était quant à lui un Arabe. Et ainsi, par colère, il a attaqué le Calife ‘Oumar (r.a.) le lendemain avec un poignard provoquant des blessures mortelles. »

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) déclare en outre : « Deux choses éloignent du droit chemin : soit une animosité extrême, soit un amour extrême. Parfois, on nourrit une hostilité extrême suite à un problème très mineur. Voyez l’époque du Calife ‘Oumar (r.a.) : un si petit incident a conduit à engendrer une si grande animosité qu’il a finalement causé un grand tort à l’islam. Je pense que les répercussions de cet incident se font encore sentir à ce jour.

Une fois, une affaire a été portée au Calife ‘Oumar (r.a.) : l’esclave de quelqu’un gagnait bien plus que ce qu’il payait à son propriétaire pour racheter sa liberté. Le Calife ‘Oumar (r.a.) a appelé cet esclave et lui a dit qu’il devrait payer plus à son propriétaire. À cette époque, très peu de gens possédaient un savoir-faire spécialisé : les forgerons et les charpentiers étaient très appréciés. Cet esclave construisait des moulins à farine et avait un bon revenu. Le Calife ‘Oumar (r.a.) avait fixé une somme équivalente à 3,5 annas (une unité monétaire autrefois utilisée dans le sous-continent) à payer à son propriétaire. Cette somme est modique : mais il a estimé que le Calife ‘Oumar (r.a.) avait pris une mauvaise décision et a commencé à nourrir de l’animosité dans son cœur contre le Calife. Le Calife ‘Oumar (r.a.) lui a demandé de fabriquer une meule pour lui : celui-ci de répondre : « Je vais construire une meule qui fonctionnera très bien. » En entendant cette réponse, quelqu’un a dit au Calife ‘Oumar (r.a.) qu’il le menaçait. »

Ceci ressemble à l’incident relaté plus tôt ou c’est peut-être le même. Néanmoins il fait référence au même esclave.

« Le Calife ‘Oumar (r.a.) a déclaré que ses paroles n’insinuent pas cela (une quelconque menace)… »

Dans la narration précédente, c’est le Calife ‘Oumar (r.a.) lui-même qui a déclaré que [l’homme] avait proféré une menace.

« Le compagnon a déclaré que son ton était menaçant. Un jour, tandis que le Calife ‘Oumar (r.a.) faisait sa prière, l’esclave l’a attaqué avec un poignard et l’a tué. »

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) écrit : « Ce même Calife ‘Oumar (r.a.), qui était le roi de millions de gens et le souverain d’un vaste empire et qui était parmi les meilleurs guides des musulmans, a été tué pour quelques sous. En fait celui qui nourrit inimitié et rancune ne s’inquiétera pas de savoir s’il est question de trois sous et de demi ou de deux sous. Il souhaite uniquement étancher la soif (de sa vengeance) : toutes ses pensées sont dédiées à leur haine. En pareil état, ils ne se soucient pas de la conséquence de leurs actes pour eux-mêmes et les autres. Lorsqu’on a demandé à l’assassin du Calife ‘Oumar pourquoi il avait commis un acte aussi odieux, il a répondu qu’un verdict avait été rendu contre lui et qu’il s’était donc vengé. »

Ce détail particulier n’a pas été mentionné précédemment. Peut-être que lorsqu’ils le capturaient il avait pu expliquer, en un court instant, ses motifs de meurtre et après cela il s’était suicidé.

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) déclare : « Ayant mentionné cet incident douloureux, j’ai déjà déclaré que cet épisode a eu un effet sur l’islam qui perdure jusqu’à ce jour. Bien que la mort soit toujours attachée à l’homme, on ne s’attend généralement pas à ce que la mort frappe quand on est fort et en bonne santé. Lorsqu’une personne s’affaiblit et sa santé se détériore, ceux de son alentour réfléchissent tout naturellement sur les démarches à faire. Ils ne parlent pas de cette question entre eux, mais une force motrice se crée qui stimule les gens à méditer sur l’avenir. Pour cette raison, lorsqu’un leader décède, le peuple est vigilant et préparé. Étant donné que le Calife ‘Oumar (r.a.) était fort et en bonne santé, malgré ses 63 ans, les compagnons ne pouvaient pas s’imaginer qu’il allait bientôt les quitter. Ignorant totalement comment préparer l’avenir, tout à coup, la mort de Calife ‘Oumar (r.a.) les a frappés par surprise. À cette époque, la communauté n’était pas prête à accepter un nouveau chef. En raison de ce manque de préparation, les gens n’ont pas développé cette relation avec le Calife ‘Outhman (r.a.) comme ils auraient dû l’avoir. Pour cette raison, l’islam était désormais dans un état fragile qui est devenu de plus en plus précaire à l’époque du Calife ‘Ali (r.a.).

Selon Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.), cela pourrait également être une autre raison de la discorde qui a surgi plus tard.

En période de discorde et de conflit, il est nécessaire que quelques personnes montent la garde lors de la Salat. Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) a mentionné cela en relation avec le martyre du Calife ‘Oumar (r.a.).

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) déclare : « Un commandement clair du Saint Coran stipule que la moitié des fidèles doivent assurer la sécurité [lors de la Salat]. Bien que cela ait été mentionné dans une situation de guerre lorsqu’un groupe doit être protégé, on peut cependant en déduire que quelques individus peuvent monter la garde lors des prières en période de crise mineure : pareille disposition n’est pas répréhensible ; au contraire elle sera une nécessité. »

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) déclare : « Si en temps de guerre, 500 personnes sur 1000 peuvent monter la garde, quand le danger est moindre, cinq ou dix personnes sur 1000 ne peuvent-elles pas monter la garde ? Dire qu’il n’y a pas de danger actif est un argument futile. Que s’est-il passé avec le Calife ‘Oumar (r.a.) ? Il dirigeait les prières et tandis que les autres musulmans étaient également occupés à prier, un être infâme s’est dit que c’était là l’occasion propice pour l’attaquer. Il s’est avancé et l’a frappé de son poignard.

Si, même après cet incident, la personne qui proclame qu’un dispositif de sécurité au cours de la prière va à l’encontre de son principe et de sa dignité ne fait que manifester sa stupidité. Elle ressemble à celui qui participe à une bataille et qui est touché par une flèche qui la fait saigner, et qui ensuite s’enfuit en essuyant son sang et en disant : « Ô Allah, j’espère que le fait que j’ai été touchée par une flèche est un rêve et non une réalité ! »

L’histoire témoigne également qu’une fois les compagnons n’avaient pas pris le soin de mettre en place un dispositif de sécurité, et ils ont dû subir grande perte. ‘Amr Ibn Al-‘Âs était parti pour la campagne en Egypte et il a conquis la région : lorsque les musulmans priaient, ils ne mettaient pas en place de dispositif de sécurité. Lorsque les ennemis ont constaté que durant (la prière) les musulmans sont totalement inconscients (de leurs alentours), ils ont un jour décidé d’envoyer quelques centaines d’hommes armés au moment où les musulmans étaient prosternés : dès qu’ils sont arrivés, ils ont commencé à décapiter les musulmans. Les faits historiques montrent que ce jour des centaines de compagnons ont été tués, ou blessés. L’un après l’autre ils tombaient sur le sol, et ils ne comprenaient pas ce qui leur arrivait, au point où la troupe a subi une énorme perte. Lorsque le Calife ‘Oumar (r.a.) en a été informé, il les a sévèrement réprimandés et a déclaré : « Ne savez-vous pas qu’il faut toujours mettre en place un dispositif de sécurité ? » Mais comment le Calife ‘Oumar pouvait-il savoir qu’à Médine il allait subir le même sort ? Après cet incident, à chaque fois que les compagnons priaient, ils mettaient en place un dispositif de sécurité.

J’avais déjà abordé le sujet de la dette du Calife ‘Oumar (r.a.). Il avait dit à son fils : « ‘Abdoullah Ibn ‘Oumar ! Evalue ma dette. » Elle s’élevait à 86 mille dirhams. Il a déclaré : « Ô ‘Abdoullah, si les biens des descendants d’Oumar ne sont pas suffisants, alors fais une demande au Banou Adi Ibn Ka’b. Si leurs biens ne suffisent pas non plus, demande alors aux Qouraychites mais à personne d’autre. » Les compagnons savaient que leur imam, qui avait mené une vie très sobre, n’avait pas dépensé une somme aussi importante sur sa personne ; ils savaient qu’il l’avait dépensée sur les nécessiteux et les pauvres, et c’est pour cela qu’il était aussi endetté. Pour cette raison, ‘Abdour Rahman Ibn ‘Awf (r.a.) a dit au Calife ‘Oumar (r.a.) : « Pourquoi ne remboursez-vous pas cette dette en empruntant du Bayt al-Mâl ? » Le Calife ‘Oumar (r.a.) de répondre : « Qu’Allah m’en protège ! Souhaites-tu que toi, ainsi que tes compagnons, disent après mon départ que vous avez laissé votre part à ‘Oumar ? Tu peux me rassurer maintenant, mais il est possible qu’après moi il y ait une situation difficile, et qu’il n’y ait pas de salut pour moi. » Ensuite, le Calife ‘Oumar (r.a.) a dit à son fils, ‘Abdoullah Ibn ‘Oumar (r.a.) : « Prends la responsabilité de rembourser ma dette. » Il a ainsi accepté cette responsabilité. Le Calife ‘Oumar (r.a.) n’avait pas encore été enterré que son fils avait pris quelques membres de la choura et des chrétiens comme témoins sur le fait qu’il prenait cette responsabilité. Avant même le prochain vendredi après l’enterrement du Calife ‘Oumar (r.a.), ‘Abdoullah Ibn ‘Oumar (r.a.) s’était présenté auprès du Calife ‘Outhman (r.a.) avec la somme correspondante au montant de la dette, et en présence de quelques témoins il s’est acquitté de sa responsabilité.

L’ouvrage Wafa Al-Wafa mentionne un autre récit au sujet de l’acquittement de cette dette. Ibn ‘Oumar (r.a.) a rapporté que le décès du Calife ‘Oumar (r.a.) était proche et qu’il était endetté. Il a fait appeler ‘Abdoullah (r.a.) et Hafsa (r.a.) et a déclaré : « Je suis endetté et je dois une somme à Allah, et je souhaite Le rencontrer dans un état où je n’ai aucune dette. Vendez donc cette maison (celle dans laquelle ils habitaient) afin de rembourser cette dette. S’il manque de l’argent, demandez alors aux Banou Adi, et s’il en manque toujours demandez aux Qouraychites, mais à personne d’autre. » Après le décès d’Oumar (r.a.), ‘Abdoullah Ibn ‘Oumar (r.a.) s’est rendu auprès de Mou’awiyah (r.a.), qui a acheté la maison du Calife ‘Oumar (r.a.), qu’on appelle le Dar Al-Qadâ’. Il avait vendu cette maison pour rembourser la dette du Calife ‘Oumar (r.a.), c’est pour cette raison que cette maison a été appelée Dar Qadâ’Dayn ‘Oumar, c’est-à-dire cette maison qui a permis de rembourser la dette d’Oumar (r.a.).

Je mentionnerai d’autres récits à ce sujet la prochaine fois Incha Allah.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)

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