Sermons 2021

La conquête de Jérusalem

Dans son sermon du 24 septembre 2021, Sa Sainteté le Calife a évoqué le devoir du musulman de couvrir les défauts de son frère et de se consacrer au repentir.

Sermon du vendredi 24 septembre 2021, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Tashahoud, le Ta’awudh et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

J’évoquais l’époque du Calife ‘Oumar (r.a.). Dans cette série, je mentionnerai aujourd’hui la conquête de Jérusalem en l’an quinze de l’Hégire. L’armée musulmane, sous le commandement d’Amr Ibn Al-‘Âs avait assiégé Jérusalem. L’armée d’Abou ‘Oubaydah est venue à sa rencontre. Les chrétiens, lassés par le siège, ont entamé des pourparlers pour une trêve mais en fixant comme condition que le Calife ‘Oumar (r.a.) devait venir en personne le signer. Abou ‘Oubaydah en a informé le Calife ‘Oumar (r.a.). Celui-ci a demandé conseil à ses compagnons. ‘Ali lui a conseillé de s’y rendre. Le Calife ‘Oumar (r.a.) a apprécié son opinion ; et il a nommé ‘Ali comme Emir suppléant. Selon un autre récit, il avait choisi ‘Outhman comme son Emir. Ensuite, il est parti pour Jérusalem. Ce voyage du Calife ‘Oumar (r.a.) n’en n’était pas un d’ordinaire. Son but était d’inspirer la crainte de l’islam dans le cœur de l’ennemi et de l’impressionner. Mais contrairement aux rois du monde, lorsque le Calife ‘Oumar (r.a.) est parti il n’y avait pas de procession extravagante qui l’accompagnait, ni de battement de tambour. Il n’apportait même pas une simple tente. Le Calife ‘Oumar (r.a.) était tout simplement à cheval, accompagné de quelques compagnons parmi les Mouhajirin et Ansar. Selon un autre récit, le Calife ‘Oumar (r.a.) voyageait à dos de chameau et n’était accompagné que d’un simple serviteur qui portait des grains desséchés et un bol en bois. Mais en dépit de cela, la terre tremblait là où les gens entendaient que le Calife ‘Oumar (r.a.) avait décidé de se rendre à Jérusalem. Il existe un bref récit sur ce voyage : il ne présente pas de détails. Iliya (Aelia Capitolina) était une ancienne ville où se trouve [à présent] Jérusalem. Qui avait assiégé cette ville et qui avait invité le Calife ‘Oumar (r.a.) à se rendre à Jérusalem ? Selon Al-Tabari, ‘Amr Ibn Al-‘Âs a envoyé une lettre au Calife ‘Oumar (r.a.) lui demandant des renforts. ‘Amr Ibn Al-‘Âs y a déclaré : « Je crains une bataille féroce. Nous devons mener des combats contre d’autres villes. J’attends vos directives. »

Quand le Calife ‘Oumar (r.a.) a reçu cette missive d’Amr Ibn Al-‘Âs il en a déduit que celui-ci avait présenté ces faits après s’être bien renseigné. Sur ce, le Calife ‘Oumar (r.a.) a annoncé son départ et s’est apprêté à partir.

Les chroniques d’Al-Tabari présentent les raisons de la visite du Calife ‘Oumar (r.a.) en Syrie. Quand Abou ‘Oubaydah est arrivé à Jérusalem, ses habitants ont voulu conclure une trêve sur les mêmes conditions que celles des autres villes du Levant. Ils souhaitaient aussi que le Calife ‘Oumar (r.a.) en personne, en tant que chef suprême des musulmans, participât à la conclusion de ce pacte. Suite à la requête d’Abou ‘Oubaydah à ce propos, le Calife ‘Oumar (r.a.) a quitté Médine. Or certains historiens ont des doutes sur le récit à propos d’Abou ‘Oubaydah. Muhammad Hussain Haikal écrit à ce propos. « Les récits d’Al-Tabari, d’Ibn Al-Athir et d’Ibn Kathir affirmant qu’Abou ‘Oubaydah ou Khalid Ibn Al-Walid, tout seul ou de concert, auraient assiégé Jérusalem ne sont pas authentiques. Selon le récit d’Al-Tabari, le Calife ‘Oumar (r.a.) se serait rendu en Syrie suite au siège de Jérusalem par Abou ‘Oubaydah. Les habitants de la ville lui auraient demandé de conclure un traité sur les mêmes conditions fixées pour les autres villes en ajoutant la condition supplémentaire, notamment que le Calife ‘Oumar (r.a.) devait venir conclure cette trêve en personne. Abou ‘Oubaydah a envoyé cette requête au Calife ‘Oumar (r.a.) et celui-ci a quitté Médine. »

[Muhammad Hussain Haikal] déclare que ce récit est contraire à la réalité, notamment celui disant qu’Abou ‘Oubaydah et Khalid étaient présents lors du siège de Jérusalem. Ils menaient, à l’époque, des campagnes de conquêtes à Homs, Alep et Antioche. Héraclius se trouvait, quant à lui, à Roha et il amassait là-bas ses troupes dans le but de repousser les musulmans.

À l’instar du siège de Jérusalem, tous ces événements ont eu lieu en l’an 15 de l’Hégire ou 636 de l’ère chrétienne. Il est plus probable que le siège de Jérusalem ait duré plusieurs mois au cours de la même année où ces deux généraux avançaient jusqu’aux contrées les plus reculées de la Syrie poussant Héraclius à se réfugier dans sa capitale. Étant donné que ces deux généraux étaient occupés sur ces fronts, affirmer qu’un d’entre eux ou tous deux auraient assiégé Jérusalem n’est pas plausible. C’est pour cette raison que ce récit est inacceptable.

Il demeure le récit affirmant qu’Amr Ibn Al-‘Âs aurait tenu le siège de Jérusalem qui a duré longtemps. Al-Tabari avait aussi commenté à ce propos. Les habitants de Jérusalem avaient férocement et passionnément combattu les musulmans. Selon moi, il s’agit du récit le plus authentique, car il est en accord avec la résistance [des habitants de Jérusalem.] C’est-à-dire que la confrontation était similaire à la réaction [des habitants de] Jérusalem contre tout envahisseur à des moments différents de l’histoire.

Muhammad Hussain Haikal ajoute : « En outre, il est surprenant que le Calife ‘Oumar voyage avec l’armée uniquement pour conclure la paix et la ratification du traité. De même, il est surprenant que les habitants de Jérusalem demandent que le Calife ‘Oumar (r.a.) vienne de Médine en personne pour ratifier le traité de paix. Ils savent aussi qu’une caravane prendra trois semaines complètes si elle devait voyager de Médine à Jérusalem et ce sans s’arrêter. »

Par conséquent, il affirme : « Selon moi, la durée du siège et les lettres d’Amr ibn Al-‘Âs dans lesquelles il demandait de l’aide en mentionnant la force de l’ennemi, avaient mis à mal la patience du Calife ‘Oumar (r.a.). Quand ‘Amr lui a demandé des renforts, le Calife ‘Oumar (r.a.) l’a accompagné et il est resté à Jabiyyah, qui est située entre le désert syrien et la Jordanie. Pendant ce temps, Abou ‘Oubaydah et Khalid avaient déjà conquis la Syrie. Le Calife ‘Oumar (r.a.) a ordonné à tous deux de venir le rencontrer à Jabiyyah afin qu’Oumar, après les avoir consultés et d’autres chefs de l’armée, puisse trouver un moyen pour mener à bien l’expédition à Jérusalem.

Atraboun et Sophroneyus ont appris la visite du Calife ‘Oumar (r.a.). Il y a des divergences sur les noms. Les livres arabes présentent les noms d’Artaboun mais selon Hayqal ceci n’est pas correct. D’après ses recherches, le nom est Atraboun (Tribunus). Sophroneyus selon les livres arabes se lit en fait Sophronius. Quand ils ont eu la nouvelle de la victoire d’Abou ‘Oubaydah et de Khalid en Syrie, ils ont compris [la situation]. Le Calife ‘Oumar (r.a.) avait réuni les généraux pour trouver la stratégie appropriée à mettre en place.

Les deux chefs de l’ennemi ont compris, après les victoires d’Abou ‘Oubaydah et de Khalid, que la résistance de Jérusalem ne pouvait pas durer longtemps et que la lutte serait difficile. Atraboun est parti secrètement vers l’Egypte avec une partie de son armée. Le vieux patriarche a entamé des pourparlers de paix avec les musulmans lorsqu’il a compris qu’il sera en sécurité. Quand il a su que l’Emir des croyants était venu à Jabiyyah, il a posé comme condition qu’il se présente en personne pour rédiger un traité de paix. La distance entre Jabiya et Jérusalem n’était pas si importante que l’on pourrait rejeter cette demande de Sophronius. Ce sont là, selon cet historien, les événements réels conformes au contexte historique des événements entourant l’invasion de la Syrie et de la Palestine.

Quelle était la consultation entreprise par ‘Oumar après avoir reçu ces lettres ?

Après la réception de ces lettres, le Calife ‘Oumar (r.a.) a rassemblé tous les compagnons estimés et les a consultés. ‘Outhman (r.a.) était d’avis que les chrétiens étaient terrifiés et désespérés. Le Calife devait rejeter leur requête et ils seraient humiliés davantage. Ils sauraient que les musulmans les méprisaient entièrement. Sur ce, ils déposeraient leurs armes sans exiger de conditions.

Mais ‘Ali a présenté un avis contraire. Il a conseillé au Calife ‘Oumar (r.a.) de se rendre à Iliya. Il a déclaré : « Les musulmans ont enduré les épreuves extraordinaires du froid, de la guerre et d’un long séjour. Si vous partez là-bas, ce sera source de bien-être, de prospérité et d’amélioration pour vous et les musulmans. Mais si vous suscitez en eux le désespoir [par votre refus de partir] en personne et [à propos du] traité, cela ne sera pas bon pour vous. L’ennemi s’est retranché dans ses fortifications et recevra l’aide du pays et de l’empereur romain ; d’autant plus que Jérusalem est très important pour eux et leur sanctuaire. » Le Calife ‘Oumar (r.a.) a apprécié et a accepté l’opinion d’Ali.

Lors de ce voyage le Calife ‘Oumar (r.a.) était accompagné d’autres Mouhajirin et des Ansar en sus d’Abbas Ibn ‘Abdil-Mouttalib. Abou Sa’id Al-Maqburi relate à propos de ce voyage qu’après les prières du matin, le Calife ‘Oumar (r.a.) s’asseyait parmi ses compagnons et il se tournait vers eux et disait ceci : « Toutes les louanges appartiennent à Allah le Tout-Puissant, qui nous a honorés à travers l’islam et la foi et nous a honorés à travers Muhammad (la paix soit sur lui) et à travers le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous a fait sortir de l’égarement pour nous mener vers la direction. Il nous a unis contre la division et a créé l’amour dans nos cœurs. Dieu nous a aidés contre nos ennemis. Il nous a fait prospérer dans différentes villes et nous a fait des frères aimants à travers le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Donc glorifiez Allah pour ces bénédictions, et demandez-Lui plus d’aide, et demandez à Allah la capacité de le remercier pour ces faveurs, et demandez à Allah de les bénir et qu’Il les complète pour vous, car Allah souhaite que l’on se tourne vers Lui et qu’Il parachève Ses faveurs sur ceux qui Lui sont reconnaissants. »

Le Calife ‘Oumar (r.a.) avait l’habitude de répéter ces conseils tous les matins du début de son voyage jusqu’à son retour. Il n’a pas cessé d’offrir le même message tous les jours. Les chefs musulmans avaient été informés qu’ils devaient se réunir à Jabiyyah. Selon certaines informations, Yazid Ibn Abi Soufyan et Khalid Ibn Al-Walid ont accueilli le Calife à Jabiyyah. En vivant en Syrie, ces officiers n’ont pas conservé la simplicité des Arabes. Par conséquent, lorsqu’ils se sont présentés devant Calife ‘Oumar (r.a.), ils portaient des [vêtements] de soie aux broderies très élaborés. Ils ressemblaient à des non-Arabes avec leurs vêtements d’apparat et leur splendeur extérieure. Le Calife ‘Oumar (r.a.) était furieux de voir cela. Il est descendu de cheval et a ramassé des cailloux et les a lancées sur eux en disant : « Avez-vous adopté des habitudes non arabes aussi rapidement ? »  Ils ont répondu qu’ils portaient des armes sous les manteaux. C’est-à-dire qu’ils n’avaient pas abandonné l’essence des guerriers. Alors, le Calife ‘Oumar (r.a.) a répondu : « Il n’y a pas de mal, si cela est le cas. Vous avez adapté votre aspect extérieur pour les habitants de ce pays et de l’intérieur votre apparence est similaire à celle des Arabes. » Selon un récit, Yazid ibn Abi Soufyan a déclaré : « Ô Emir des Croyants ! Nous disposons de beaucoup de vêtements et de montures. Nous avons une très bonne vie et les marchandises sont très bon marché. Les musulmans sont dans une condition que vous appréciez. Si vous portez ces robes blanches et montez sur ces excellentes montures et offrez aux musulmans à manger de ces féculents et ces céréales, cela sera une cause de renommée pour vous et améliorera votre gestion des affaires de l’Etat et vous aurez une plus grande importance aux yeux des étrangers. »

Sur ce, le Calife ‘Oumar (r.a.) a déclaré : « Non ! Yazid ! Par Allah, je n’abandonnerai pas la forme et la condition sous lesquelles j’ai laissé mes deux compagnons. » C’est-à-dire que je serai dans la même condition que j’ai laissé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et Abou Bakr (r.a.).

« Je ne porterai pas des parures pour [plaire] aux gens car je crains que cela ne me rende coupable aux yeux de mon Seigneur. Je ne souhaite pas être grand aux yeux du peuple et très petit aux yeux d’Allah. »

Ainsi, jusqu’à sa mort, le Calife ‘Oumar (r.a.) est demeuré dans la même condition qu’il avait connue durant la vie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et d’Abou Bakr.

Comment est né le traité entre musulmans et chrétiens ? Où ce traité a-t-il été conclu avec les habitants d’Iliya ? La plupart des historiens affirment que le traité a été conclu entre chrétiens et musulmans à Jabiyyah.

On rapporte que lors de son séjour à Jabiyyah, le Calife ‘Oumar (r.a.) était assis dans le cercle de l’armée quand soudain des cavaliers se sont approchés à cheval, les épées brillant. Les musulmans ont immédiatement pris leurs armes. Le Calife ‘Oumar (r.a.) a demandé ce qui se passait. Lorsque les soldats ont indiqué les cavaliers, il a déclaré : « Ne vous inquiétez pas, ces gens sont venus conclure un traité de paix. » Ces gens étaient les résidents d’Iliya ; il leur a consigné le traité.

Selon le ‘Allamah Al-Baladhouri et Muhammad Hussain Haikal, le traité de paix a été conclu à Iliya au lieu de Jabiyyah. Cependant, Muhammad Hussain Haykal a également écrit dans un autre endroit de son livre que ce traité a été conclu à Jabiyyah.

Les chroniques d’Al-Tabari citent en ces termes le texte du traité entre les musulmans et le peuple d’Iliya.

« Au nom de Dieu, le gracieux, le miséricordieux. Ceci est le pacte conclu entre ‘Oumar le serviteur d’Allah et l’Emir des Croyants avec le peuple d’Iliya. Leurs vies, leurs biens, leurs églises, leurs croix, les malades et les bien-portants parmi eux et tout leur peuple seront protégés. Personne n’habitera dans leurs églises ou leurs maisons : elles ne seront pas démolies et la superficie de leurs églises ne sera pas réduite. Ni leurs croix, ni leurs biens ne seront endommagés. Et ils ne seront pas contraints en matière de religion. Aucun d’entre eux ne sera blessé et aucun Juif n’habitera avec eux à Iliya. Il incombe au peuple d’Iliya de payer la Jizyah à l’instar des habitants des autres villes. Ils doivent chasser les Romains et les émeutiers d’Ilyia. Aussi, la vie et les biens de quiconque en sort sont en sécurité jusqu’à ce qu’il atteigne son lieu sûr. Et quiconque d’entre eux habitera à Iliya, sera en paix et devra payer la Jizyah comme le peuple d’Iliya. Quant à ceux parmi les habitants d’Iliya qui souhaitent se joindre aux Romains avec leurs vies et leurs biens en laissant derrière eux leurs lieux de culte et leurs croix : leurs vies, leurs lieux de culte et leurs croix seront en sécurité. »

C.-à-d., même s’ils partent on ne touchera pas à ces choses jusqu’à ce qu’ils atteignent leur lieu sûr. Si les agriculteurs qui étaient à Iliya avant la guerre souhaitent rester sur leurs terres, ils devront payer Jizyah à l’instar du peuple d’Iliya. Ceux qui souhaitent se joindre aux Romains pourront le faire et ceux qui souhaitent retourner pourront le faire : on ne leur prendra pas la Jizyah jusqu’à ce qu’ils fassent leurs récoltes. C’est-à-dire la Jizyah leur sera prélevée lorsqu’ils auront des revenus. La promesse d’Allah et la responsabilité de Son Messager, des Califes et des croyants accompagnent tout ce qui est dans cette alliance tant qu’ils payent la Jizyah qui est leur devoir. Khalid Ibn Al-Walid, ‘Amr Ibn Al-‘Âs, Abdour Rahman Ibn ‘Awf et Mou’awiyah Ibn Abi Soufyan ont servi de témoins de cet accord.

L’historien Ibn Khaldoun affirme que cet accord prouve plusieurs points. Premièrement, que les musulmans n’ont pas répandu leur religion par l’épée. Deuxièmement, que sous leur règne, les suivants des autres religions jouissaient d’une grande liberté religieuse. Troisièmement, la Jizyah n’était pas prélevée de force aux non-musulmans : ils avaient le choix de demeurer sur ces terres et de payer la Jizyah. Dans les deux cas, ils jouissaient de la protection des musulmans.

Lorsque les habitants de Ramallah ont appris la nouvelle de ce traité de paix, ils sont également devenus impatients de conclure un accord similaire avec l’Emir des Croyants. Il en était de même pour les autres Palestiniens.

Le Calife ‘Oumar a écrit une lettre aux habitants de Loud qui s’appliquait aussi aux autres villes qui par la suite se sont soumis aux musulmans. Dans cette lettre, le Calife ‘Oumar (r.a.) a accordé la protection à la vie et aux biens des habitants de Loud, à leurs Églises, à leurs croix, à leurs malades et ceux qui sont bien portants parmi eux, aux adeptes de toutes les religions et a déclaré que s’ils payaient la Jizyah à l’instar [des habitants] des villes syriennes, ils ne seraient pas opprimés en raison de leur religion ou nuis en raison de leurs divergences de doctrine.

Après avoir terminé toutes ces tâches, l’Emir des Croyant a nommé deux dirigeants sur la Palestine et a divisé le pays en deux. Ainsi, le centre d’Alqamah ibn Hakim était Ramallah et Iliya était le centre d’Alqamah ibn Moujazziz.

Le Calife ‘Oumar (r.a.) a visité Jérusalem. Ayant offert sa promesse de paix et de sécurité au peuple d’Iliya et y ayant posté l’armée, il a entamé son voyage de Jabiyyah vers Jérusalem. Lorsqu’il est monté sur son cheval, il remarqué qur celui-ci ne marchait pas droit en raison d’une douleur au sabot. On lui a apporté un cheval de race turque : lorsqu’il est monté dessus, le cheval refusait d’avancer. Il en est descendu. Quelques jours plus tard le Calife ‘Oumar (r.a.) a demandé qu’on lui ramène le cheval qu’il avait laissé et qu’on soignait. Il a voyagé dessus jusqu’à ce qu’il atteigne Jérusalem.

Quand il s’en est approché, Abou ‘Oubaydah et les chefs de l’armée sont venus l’accueillir. Le Calife ‘Oumar (r.a.) portait des vêtements et des effets très simples.

Se souciant de ce que diront les chrétiens, les musulmans lui ont offert des vêtements précieux. Mais il a refusé d’en porter en disant : « L’honneur que Dieu nous a offert est celui de l’islam et cela nous suffit. » Le clergé chrétien en personne a remis les clés de la ville au Calife ‘Oumar (r.a.).

Le Calife ‘Oumar (r.a.) s’est rendu en premier à la mosquée Al-Aqsa, ensuite il a visité l’église chrétienne et l’a contemplée. Il en faisait le tour quand est venue l’heure de la prière. Les chrétiens l’ont autorisé à prier dans l’église, mais le Calife ‘Oumar (r.a.) est sorti et a prié à l’extérieur de peur que les générations futures n’interfèrent dans les églises chrétiennes en utilisant cet incident comme argument. Pendant leur séjour à Iliya, les chefs de l’armée musulmane ont invité le Calife ‘Oumar (r.a.) pour des repas. Ils préparaient la nourriture et demandaient au Calife ‘Oumar (r.a.) de visiter leurs tentes pour les repas. Le Calife ‘Oumar (r.a.) les honorait et acceptait leur invitation. Or Abou ‘Oubaydah n’a pas convié le Calife ‘Oumar (r.a.). Celui-ci a dit à Abou ‘Oubaydah : « Tous les commandants de l’armée m’ont invité, sauf toi. » Sur ce, Abou ‘Oubaydah a répondu : « Ô Emir des Croyants ! J’ai peur que vous ne pourrez contrôler vos yeux si je vous invite. » C’est-à-dire que vous deviendrez trop émotif. Le Calife ‘Oumar (r.a.) a visité sa tente. Il n’y a trouvé rien dedans sauf le tapis de la selle de son cheval, qui servait de lit à Abou ‘Oubaydah et sa selle qu’il utilisait comme oreiller – la selle lui servait d’oreiller et le tapis sous la selle lui servait de lit. Il y avait du pain sec dans un coin de sa tente. Abou ‘Oubaydah l’a apportée et l’a placée sur le sol devant Calife ‘Oumar (r.a.). Puis il a apporté du sel et une coupe d’eau. Quand le Calife ‘Oumar (r.a.) a vu cette scène, il a pleuré. Le Calife ‘Oumar serré contre lui Abou ‘Oubaydah et a déclaré : « Tu es mon frère et aucun de mes compagnons, sauf toi, n’a gagné quelque chose du monde tout en offrant quelque chose au monde. » Abou ‘Oubaydah a déclaré : « Ne vous avais-je pas dit que vous ne pourriez pas contrôler vos yeux ? » Le Calife ‘Oumar (r.a.) s’est tenu parmi les musulmans après être sorti. Il a loué Allah comme il le méritait et après avoir envoyé des bénédictions sur le Saint Prophète (sws) il a déclaré : « Ô peuple de l’islam !  Allah a certainement accompli Sa promesse envers vous et vous a aidés contre les ennemis et fait de vous les héritiers de ces terres et vous a octroyé la puissance dans le pays. Vous devrez donc être reconnaissants pour les bénédictions de votre Seigneur. Éloignez-vous des actes de désobéissance, car ceci est de l’ingratitude à l’égard des bénédictions divines. Il est très rare qu’Allah ne déshonore pas un peuple – qu’Il avait naguère favorisé – qui ne s’est pas repenti rapidement après son ingratitude. C’est-à-dire que s’ils ne se repentent pas après avoir été ingrats, ils perdent leurs honneurs. Ils perdent leurs faveurs et leurs ennemis leur sont imposés. Étant donné que la plupart des officiers et des soldats de l’armée s’étaient rassemblés à Iliya, le Calife ‘Oumar (r.a.) y est resté plusieurs jours et a donné les ordres nécessaires.

Un jour, Bilal est venu se plaindre : « Ô Emir des Croyants ! Nos officiers mangent de la viande d’oiseau et du pain de farine, mais les musulmans ordinaires ne reçoivent même pas une quantité infime de nourriture ! »

Quand le Calife ‘Oumar (r.a.) s’est renseigné à ce sujet auprès des officiers, ils ont expliqué que toutes ces denrées sont très bon marché. La viande d’oiseau et la farine sont disponibles ici au même pris que le pain et les dattes au Hijaz.

Le Calife ‘Oumar (r.a.) n’a pas non plus forcé les officiers à ne pas en manger mais a ordonné qu’en plus du butin et du salaire, la nourriture de chaque soldat soit fixée. Les soldats devaient recevoir de la nourriture en plus de leur salaire. Un autre récit présente des détails supplémentaires à ce propos. Yazid Ibn Abi Soufyan a déclaré : « Les prix dans nos villes sont très bas. Ces denrées évoquées par Bilal nous sont disponibles à un [bas] prix pendant un certain temps. Le Calife ‘Oumar Farouq (r.a.) a déclaré : « Si cela est le cas, alors mangez-en à votre guise. Je ne partirai pas d’ici jusqu’à ce que vous me présentiez une liste de ces denrées et des prix. Je prépare un budget pour les musulmans aux revenus faibles vivant dans les villes et les villages. À partir de ce budget, je fournirai aux foyers musulmans, selon leur besoin, du blé, de l’orge, du miel et des olives. Puis il s’est adressé à ces musulmans aux revenus faibles et leur a dit : « Vos chefs vous fourniront tout ce qui est sur cette liste. Tout cela s’ajoutera à ce que je vous ai envoyé du trésor. Si un chef ne vous offre pas ces denrées, faites-le-moi savoir et je le démettrai de ses fonctions immédiatement. »

Une fois, pendant son séjour à Iliya, au moment de la prière, les gens ont insisté auprès du Calife ‘Oumar pour qu’il ordonne à Bilal de lancer l’appel à la prière. Bilal a déclaré : « J’ai décidé que je ne lancerai l’appel à la prière pour personne après le Messager d’Allah (s.a.w.) ; cependant, je suivrai vos instructions. »

Suite à l’ordre du Calife ‘Oumar quand Bilal a lancé l’appel à la prière : tous les compagnons se sont souvenus de l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ils en ont été si émus qu’ils ont pleuré à chaudes larmes. Le Calife ‘Oumar (r.a.) en a été également si affligé qu’il a eu le hoquet ; et l’effet [des émotions] a duré longtemps. À son retour de Jérusalem, le Calife ‘Oumar (r.a.) a visité l’ensemble du pays, inspecté les frontières et organisé la sécurité du pays. Le but de la visite du Calife ‘Oumar (r.a.) à Jérusalem avait été atteint. Il est donc rentré à Médine par le même itinéraire qu’il avait pris. Le Calife ‘Oumar (r.a.) a logé quelque temps à Jabiyyah avant de prendre la route sur son cheval. ‘Ali et les autres musulmans avaient été informés des accomplissements de l’Emir des Croyants en Palestine ; ils l’ont accueilli chaleureusement à l’extérieur de Médine. Le Calife ‘Oumar (r.a.) est entré dans la mosquée du Prophète et a accompli deux rak’ât près de la chaire. Ensuite, il est monté sur la chaire et les gens se sont rassemblés autour de lui. Il s’est levé et a loué Allah et, après avoir envoyé des bénédictions sur le Saint Prophète (s.a.w.), il a déclaré : « Ô gens ! Allah a en effet accordé des faveurs à cette Oummah afin que ses membres puissent Le louer et Le remercier. Allah a honoré le message de cette Oummah et a uni ses membres. Il a montré leur victoire et les a aidés contre leurs ennemis. Il les a honorés et leur a donné le pouvoir dans le pays et leur a donné le pouvoir sur les terres des polythéistes. Il a fait d’eux les héritiers de leurs maisons et de leurs propriétés. Remerciez Allah de tout temps et Il vous accordera davantage. Louez Allah pour les faveurs qu’Il vous a accordées et Il vous les préservera pour toujours. Qu’Allah fasse que nous soyons tous reconnaissants. » Après avoir prononcé ces paroles le Calife ‘Oumar (r.a.) est descendu de la chaire.

Hadrat Khalifatoul Masih I (r.a.) déclare ; « Pendant le siège de Jérusalem, les prêtres ont dit : « Si votre Calife vient en personne, nous le laisserons entrer [dans la ville]. »

Le Calife ‘Oumar (r.a.) est parti dans sa simplicité habituelle. Lui et son domestique utilisaient le même chameau à tour de rôle. Abou ‘Oubaydah lui a demandé de se changer et de monter à cheval. Il a accepté cette requête. Mais après avoir avancé, il est descendu du cheval et a déclaré : « Apportez-moi les vêtements que je portais et mon chameau. » Quand il est arrivé à Jérusalem, les patriarches, tout intimidés, lui ont jeté les clés [de la ville] en déclarant : « Nous ne pouvons rivaliser avec pareil commandant. » »

Le premier Calife a décrit en ces termes cet incident.

Hadrat Mouslih Maw’oud déclare : « Il existe une mosquée à Jérusalem qui est aussi bénie pour les Juifs que la Ka’bah l’est pour nous. Quand Jérusalem a été conquise par les musulmans, les chrétiens voulaient que le Calife ‘Oumar (r.a.) vienne prier à l’intérieur de ce lieu sacré, mais il a déclaré : « J’ai peur que si je prie à l’intérieur de cette église, les musulmans fassent de cet endroit leur lieu de culte. Et il a accompli sa prière à l’extérieur. »

Ensuite le Mouslih Maw’oud (r.a.) écrit : « La Palestine a été conquise à l’époque du Calife ‘Oumar (r.a.) et quand il s’est rendu à Jérusalem, les prêtres de Jérusalem sont sortis et lui ont remis les clés de la ville et ont dit : « Vous êtes à présent notre roi ! Venez accomplir deux unités de prières surérogatoires afin que vous soyez satisfait d’avoir prié dans notre lieu saint qui est aussi le vôtre. » Le Calife ‘Oumar (r.a.) de dire : « Je ne peux prier dans votre église parce que je suis le Calife [des musulmans]. Demain, si un musulman prend cette église, il dira que c’est notre lieu saint. C’est pour cette raison que je prierai à l’extérieur afin que personne ne vous dépossède de votre église. »

En l’an 17 de l’Hégire, les Byzantins ont entrepris leur dernière tentative ; et grâce à cet effort, les musulmans ont remporté une victoire complète sur la Syrie. Les conquêtes islamiques s’élargissaient de jour en jour et les frontières de l’Etat islamique s’étendaient, les empires voisins craignant qu’un jour leur tour allait venir. Les habitants d’Al-Jazirah, qui vivaient entre l’Irak et la Syrie, étaient déçus de la fuite de Yazdgerd (roi des Perses). Ils ont écrit à Héraclius que s’il envoyait des armées par mer pour combattre les musulmans et les faire sortir de leur contrôle, ils viendraient à son aide. Héraclius a examiné la question et a conclu qu’il n’y avait aucun mal à se battre contre les musulmans. Les habitants d’Al-Jazirah ont écrit de nouveau à Héraclius, d’où il a compris qu’il n’y avait aucun changement dans leurs intentions. Il a constaté que la plupart de ces Arabes chrétiens s’en tenaient fermement à leur religion et préféraient mourir en se battant pour elle. Héraclius était maintenant resté absent du champ de bataille syrien depuis plus d’un an. Sa peur initiale avait disparu de son cœur. De plus, il a constaté que de nombreuses zones frontalières étaient encore assez fortes pour résister aux assauts des musulmans. Sa flotte navale était toujours en sécurité et il savait que les musulmans avaient peur de la mer et de tout ce qui venait de la mer. Cela a renforcé sa détermination ; et il était enclin à répondre à la demande des habitants d’Al-Jazira. Dans sa lettre, il encourageait les tribus à faire preuve de courage et a écrit que des navires avaient reçu l’ordre d’arriver à Antioche en provenance d’Alexandrie avec des troupes et des fournitures. Après avoir reçu la lettre d’Héraclius, les tribus ont marché d’Al-Jazirah vers Homs avec une armée de 30 000 hommes. Abou ‘Oubaydah en a reçu les informations. Il a convoqué Khalid Ibn Al-Walid de Qinnasrine pour obtenir des conseils ; et les deux généraux ont décidé que toutes les armées islamiques devaient se rassembler dans le nord de la Syrie pour combattre l’ennemi. Ainsi, les armées d’Antioche, de Hama, d’Alep et toutes les bases militaires voisines étaient concentrées à Homs. La nouvelle s’est répandue dans tout le pays que les armées d’Héraclius arrivaient par mer et que les tribus d’Al-Jazirah étaient parties pour attaquer Homs. Les gens se sont assemblés, et, les uns s’étirant pour voir au-dessus de la tête des autres, se sont demandé ce qui pourrait bien arrêter cette nouvelle attaque. Quand les navires d’Héraclius arriveront à Antioche, les portes de la ville seront ouvertes à l’armée.

Le peuple s’est rebellé contre les musulmans et les flammes de la révolte ont commencé à se  lever dans tout le nord de la Syrie. Abou ‘Oubaydah s’est retrouvé encerclé de toutes parts par les rebelles à Homs et a constaté que l’ennemi avançait vers lui depuis la mer et le désert. Il a rassemblé ses compagnons et a déclaré qu’il avait envoyé une requête à l’Emir des Croyants demandant son aide en raison de l’état critique de la situation. Il leur a ensuite demandé si les musulmans devaient sortir combattre l’ennemi ou fermer le fort et attendre les renforts de Médine. Seul Khalid Ibn Al-Walid leur a conseillé de sortir sur le terrain pour combattre l’ennemi. Tous les autres officiers de l’armée étaient d’avis qu’ils devaient se retrancher dans le fort et qu’il fallait chercher les renforts dès que possible. Abou ‘Oubaydah a accepté l’opinion de ces derniers et n’était pas d’accord avec le conseil de Khalid qui lui demandait de sortir pour le combat. Ainsi donc, il a renforcé les fronts et a envoyé l’avis de ses amis au Calife. Le Calife ‘Oumar (r.a.) savait très bien que si jamais les armées islamiques de l’Irak et de la Syrie faisaient face à une telle menace, les conquêtes islamiques seraient entravées par les mêmes afflictions qu’elles avaient connues durant les premiers jours de son Califat. Par conséquent, le Calife ‘Oumar (r.a.) avait ordonné la colonisation de Bassora et de Koufa. Il avait fait de ces deux villes les bases militaires des musulmans où il n’y avait pas de population non-musulmane. De plus, dans chacune des sept autres villes, 4 000 cavaliers étaient stationnés qui étaient toujours équipés pour faire face aux besoins urgents. Quand la lettre d’Abou ‘Oubaydah est parvenue entre les mains du Calife ‘Oumar (r.a.), celui-ci a déclaré que ce grand commandant des musulmans était en grave danger. Il a immédiatement ordonné à Sa’d ibn Abi Waqqas d’envoyer promptement Al-Qa’qa’ Ibn ‘Amr avec l’armée de renfort à Homs le jour même où la lettre lui parviendra, car Abou ‘Oubaydah y est assiégé. Les secours devraient les atteindre dès que possible.

Sa’d a obéi à l’ordre de l’Emir des croyants le même jour et une armée de quatre mille cavaliers aguerris a marché de Koufa à Homs avec sous la direction d’Al-Qa’qa’.

Or, la situation était si dangereuse que seul 4 000 hommes sous la direction d’Al-Qa’qa’ ne suffisaient pas, car trente mille hommes avaient quitté Al-Jazirah pour s’en prendre à Homs en sus de l’armée qu’Héraclius avait envoyé par bateau à Antioche. Le Calife ‘Oumar (r.a.) savait que ses hommes combattaient les habitants de chaque ville de la Syrie. S’ils quittaient ces villes et se rendaient à Homs, toute la situation en Syrie serait renversée sens dessus-dessous. Par conséquent, après avoir ordonné à Al-Qa’qa’ de quitter Koufa, il a émis d’autres ordres qui reflétaient sa prévoyance et sa clairvoyance. Les tribus d’Al-Jazirah ont osé se rendre à Homs parce qu’elles savaient que leurs villes étaient hors de portée des attaques islamiques. Donc, si ces villes étaient attaquées, ces tribus reculeraient et la pression qui augmentait sur Abou ‘Oubaydah et son armée serait atténuée. Par conséquent, le Calife ‘Oumar (r.a.) a écrit dans sa lettre envoyée à Sa’d ibn Abi Waqqas qu’il doit envoyer une armée sous la direction de Souhail ibn Adi dans la ville de Raqqa dans la région d’Al-Jazirah, car ce sont les habitants de cette région qui avaient encouragé les Byzantins à attaquer Homs. Et avant eux, les habitants de Qarqisiyyah (Circesium) en avaient fait de même. Ensuite, il lui a demandé d’envoyer une deuxième armée sous la direction d’Abdoullah Ibn ‘Itban pour attaquer Nasibayn, qui était le chef-lieu d’Al-Jazirah ; les citoyens de Qarqisiyyah en avaient incité les habitants à se battre eux aussi. Et ensuite, de partir à Haran, la capitale d’Al-Jazirah, et Rohan et d’en faire sortir l’ennemi.

Il lui a demandé d’envoyer une troisième armée sous le commandement de Walid ibn ‘Ouqbah contre les tribus arabes chrétiennes de Rabia et Tanoukh d’Al-Jazirah et d’envoyer Ayaz ibn Ghanam au même front d’Al-Jazirah. S’il y a une guerre, les autres commandants de l’armée seront sous Ayaz Ibn Ghanam.

Ainsi, lorsque tous ces commandants sont partis, les gens d’Al-Jazirah ont mis fin au siège de Homs et sont rentrés à Al-Jazirah. C’était la stratégie du Calife ‘Oumar (r.a.) qu’au lieu de rassembler toutes les forces à Homs, il a envoyé des troupes musulmanes vers ces différentes villes et zones d’où étaient sorties ces troupes ennemies. Quand ces dernières ont constaté que les musulmans venaient dans leur zone et leurs villes, ils ont quitté le siège de Homs et s’y sont rendus. Mais le Calife ‘Oumar (r.a.) ne s’était pas contenté de cela. Il avait déduit que Héraclius a envoyé des troupes par mer après des défaites répétées parce qu’il avait confiance en sa force et croyait que lui seul avait le pouvoir de rivaliser avec les musulmans. La plus grande preuve est qu’il avait nommé son fils Constantin commandant des armées venant d’Alexandrie. Selon le plan du Calife ‘Oumar, Al-Qa’qa’ Ibn ‘Amr est parti pour Homs avec quatre mille cavaliers. Souhail Ibn Adi, ‘Abdoullah Ibn ‘Itban, Walid ibn ‘Ouqbah et Ayaz ibn Ghanam se sont rendus dans les différentes villes du nord d’Al-Jazirah ; et le Calife ‘Oumar (r.a.) a quitté Médine avec l’intention de se rendre à Homs et s’est installé à Jabiyyah.

Les combattants d’Al-Jazirah se sont rangés du côté des Byzantins pour assiéger Homs. C’est là qu’ils ont reçu la nouvelle de l’arrivée de l’armée islamique de l’Irak, mais ils ignoraient si elle attaquerait leurs villes d’Al-Jazirah ou Homs. C’est pour cette raison qu’ils sont partis défendre leurs villes et leurs frères ; et ils ont abandonné les Romains. Un jour, quand Abou ‘Oubaydah s’est réveillé, il a découvert que les tribus d’Al-Jazirah étaient rentrées dans leurs pays, ne laissant derrière elles que l’armée d’Héraclius. Il a convoqué les chefs de son armée et leur a dit qu’il voulait aller sur le champ de bataille contre les Romains. Khalid Ibn Al-Walid a été très heureux d’entendre cela et a dit qu’ils devraient immédiatement les attaquer avant que les Byzantins puissent prendre des dispositions pour cette nouvelle situation.

Abou ‘Oubaydah s’est adressé aux soldats de l’armée avec entrain et a déclaré : « Les musulmans qui seront inébranlables aujourd’hui obtiendront le pays et la richesse s’ils survivent ; et s’ils sont tués, ils obtiendront la richesse du martyre. Je témoigne que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Quiconque meurt sans être polythéiste entrera sûrement au Paradis. »

L’armée était déjà impatiente d’attaquer. Le discours d’Abou ‘Oubaydah a augmenté leur passion et aussitôt tout le monde a pris les armes. Abou ‘Oubaydah commandait le centre de l’armée, Khalid Ibn Al-Walid était dans l’aile droite et ‘Abbas dans l’aile gauche.

Lorsque la guerre a éclaté entre les deux belligérants, les Romains ont perdu pied face aux musulmans en très peu de temps et ont été vaincus. Lorsque Al-Qa’qa’ Ibn ‘Amr est arrivé à Homs avec l’armée de Koufa, trois jours s’étaient écoulés depuis la fin de la bataille. D’autre part, ‘Oumar (r.a.) venait d’arriver à Jabiyyah par la route de la Syrie lorsqu’il a rencontré le messager d’Abou ‘Oubaydah (r.a.), qui l’a informé que trois jours avant l’arrivée d’Al-Qa’qa’ à Homs, Allah l’Exalté avait donné la victoire aux musulmans sur les Byzantins, et lui a demandé si Al-Qa’qa’ et son armée devaient recevoir ou non une part du butin. ‘Oumar (r.a.) était satisfait, et n’avait pas ressenti le besoin de continuer le voyage après cette nouvelle. De là-bas, il a écrit une lettre à Abou ‘Oubaydah, l’Amin al-Oummah, lui demandant d’inclure l’armée de Koufa dans la distribution du butin, car la nouvelle de leur arrivée avait terrifié l’ennemi et c’est ainsi qu’il a été vaincu. Il a ajouté : « Qu’Allah récompense les habitants de Koufa pour avoir protégé leur région et aidé les habitants des autres villes. » Ensuite, il s’est mis en route pour Médine. Après cette défaite, César a été si frustré qu’il ne s’est plus jamais tourné vers la Syrie. Lorsque les rebelles ont appris que les troupes romaines s’étaient enfuies à bord de navires, leur rébellion a aussitôt pris fin. Ces événements ont eu lieu en l’an 17 de l’Hégire. Héraclius est décédé trois ans plus tard en l’an 20 de l’Hégire ou 641 apr. J.-C. Je citerai d’autres récits à ce propos la prochaine fois.

Je souhaite maintenant évoquer quelques personnes décédées récemment. La première est le respecté Chaudhry Saeed Ahmed Lakhan, chef de gare à la retraite, et qui résidait ces derniers jours au Canada. Il est décédé à l’âge de 86 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Il était le petit-fils de Hazrat Chaudhry Sikandar Ali et de Hazrat Gujjar Bibi, qui étaient des compagnons de Messie Promis (a.s.). Hazrat Chaudhry Sikandar ‘Ali (r.a.) avait prêté allégeance sur la main du Messie Promis (a.s.) le 30 mars 1902, et avait eu l’opportunité d’enseigner à la Madrasa Talim-ul-Islam de 1904 à 1928. Il faisait partie de ces enseignants pionniers que le Messie Promis (as) avait lui-même affectés à la Madrasa Talim-ul-Islam. Chaudhry Saeed était son petit-fils ; et dès qu’il en avait l’opportunité il servait dans la voie de la religion. Par la grâce d’Allah, il faisait partie du système de Al-Wassiyat. Il laisse dans le deuil son épouse, six fils et trois filles. Comme il a offert à ses enfants une bonne formation morale, ces derniers sont en train de servir la communauté d’une manière ou d’une autre la communauté. L’un de ses fils, Fahim Ahmed Lakhan, est missionnaire au Kenya : il est actuellement en train d’y servir, et pour cette raison il n’a pu se rendre aux funérailles de son père. Qu’Allah lui accorde la patience et le courage, et qu’Il fasse preuve de pardon et de miséricorde à l’égard du défunt. Le défunt possédait un grand sens de l’honneur à l’égard de la communauté. Lorsqu’il était étudiant, en 1953, il avait participé avec d’autres étudiants non-Ahmadis à une conférence organisée par le Majlis-e-Ahrar dans le lycée de la ville de Samundari. Lorsque Ataullah Shah Bukhari a lancé des accusations infondées et utilisé des propos vulgaires à l’encontre du Messie Promis (a.s.), le défunt s’est aussitôt levé et a défié ce Maulvi en s’adressant à lui pendant son discours, il lui a dit qu’il ne faisait que mentir ; et l’a fait taire. Sur ce, le Maulvi a dit : « Attrapez ce Mirzai et battez-le ! » Il a été sévèrement brutalisé, mais il y a eu une bousculade pendant cette conférence et le rassemblement a été dispersé. Il a toujours conseillé à ses enfants de ne jamais se taire ou avoir peur quand il s’agissait de l’Ahmadiyya.

La deuxième personne dont je ferai mention est le respecté Muhammad Shahabuddin, vice-Amir national du Bangladesh. Il est décédé le 12 juillet dernier. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Il avait accepté l’Ahmadiyya à l’âge de 18 ans, en 1964, suite à un rêve. Le défunt faisait partie du système d’Al-Wassiyat. Il faisait partie des serviteurs les plus anciens de notre mouvement. Il était orné de très nombreuses qualités. Il était dévoué au califat, il était honnête, digne de confiance, réservé, et comprenait très bien ce qui était ou non dans l’intérêt de la communauté. Avant son décès, il était à jour de toutes ses cotisations dont celle d’Al-Wassiyat. Son fils aîné Shamsuddin Ahmed Masoom, est missionnaire. En plus de ses quatre fils, le défunt avait trois filles. Il avait accepté l’Ahmadiyya grâce à la prédication de son oncle. Il a également dû faire face à une vive opposition au sein de son foyer en 1963. Il avait enduré cette opposition avec beaucoup de patience et de détermination pendant quelques mois. Par la suite, il a quitté son foyer pour Brahmanbariya et ensuite il s’est installé à Dhaka. Par la suite, il s’est marié dans une ancienne famille ahmadie. L’une de ses qualités était qu’il se contentait de ce qu’il avait. Il se contentait de peu, tout en faisant preuve de patience, et en étant reconnaissant. Les commerçants non-ahmadis le tenaient en haute estime en raison de son honnêteté, et tout le monde le considérait comme un commerçant très pieux et compétent. Qu’Allah l’Exalté fasse preuve de pardon et de miséricorde à l’égard du défunt.

Le prochain dont je ferai mention est le respecté Raúl Abdullah, originaire de l’Argentine. En effet, il était Argentin. Il est décédé le 6 septembre. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Le missionnaire de ce pays écrit : « Il faisait partie des premiers ahmadis de l’Argentine. La communauté Ahmadiyya de l’Argentine est très jeune. Elle a été établie il n’y a que quelques années de cela. Le défunt a découvert la communauté en 2018 lors d’un salon de livres. Lorsqu’il était en contact avec la communauté [Ahmadiyya], ses amis musulmans non-ahmadis ont essayé de l’en détourner, mais en dépit de cela il a continué de participer régulièrement aux événements de la communauté. En raison de l’influence de ses amis, il avait quelques doutes et il avait participé à la Jalsa Salana du Royaume-Uni afin de les éloigner. Il était venu à ses frais et m’avait également rencontré ; et suite à cette rencontre ses doutes avaient disparu. Il était entièrement convaincu [de la véracité de l’Ahmadiyya] et ainsi il a fait la Bai’ah. Il était déjà ahmadi avant de prêter le serment d’allégeance et invitait les gens vers l’Ahmadiyya : il avait fait la Bai’ah en venant ici. Il était le seul musulman de sa famille. Ses amis ont essayé jusqu’à la fin de l’éloigner de la communauté, mais il est resté fermement attaché à l’Ahmadiyya. Il était très fier d’être ahmadi et se présentait toujours fièrement comme ahmadi à ses proches et aux autres. Il participait aux événements de la communauté avec sincérité et un grand enthousiasme. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard, et qu’Il permette à ses proches et sa famille d’accepter l’Ahmadiyya. Après la prière je dirigerai leur prière funéraire.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)

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