Salat

  • Epreuves et adversité dans la vie du croyant

    Mirza Ghulam Ahmad, le Messie Promis et Imam Al Mahdi, décrit ici-bas les étapes cruciales traversées par le Croyant, qui doit combattre le doute, placer sa foi en Dieu et s’évertuer dans la voie de Son Seigneur avant d’atteindre le stade de la certitude.

    Comme au tout début de son développement spirituel, le juste ne sait pas ce que sont les rêves et visions (prophétiques), puisqu’il n’en a pas fait l’expérience, ne reçoit pas des révélations divines et ne voit pas les manifestations de Dieu, il doit forcément croire et avoir foi en quelque chose qu’il ne peut voir. Cette foi-là requiert de sa part qu’il fasse des efforts, car elle est fondée sur quelque chose de probable. Certaines personnes n’atteignent même pas cette étape préliminaire de la foi. Elles sont enclines à l’athéisme. Elles observent dans la nature les preuves et les signes qui attestent l’existence de Dieu, mais cela ne les convainc nullement.

    Le juste toutefois croit en Dieu. Comme l’a souligné Allah le Très-Haut, « Ils croient en Dieu, Celui Qu’on ne peut voir ». Ne considérez pas cette étape comme étant située à un niveau inférieur ; ceux qui s’aventurent au-delà des limites circonscrites par la raison, sont au nombre de ceux qui font de gros efforts, et ils jouissent d’un rang très élevé. La première étape de la droiture a, aux yeux d’Allah, une très grande valeur.

    « splendide est la foi de ceux qui viendront des siècles après moi ; ils ne verront pas les signes que vous voyez, mais ils croiront quand même. » Le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.)

    Un jour, le Saint Prophète (sur lui la paix !) demanda à ses compagnons : « La foi de qui, selon vous, est la plus grande ? » Ils répondirent : « La vôtre ». Le Saint Prophète (sur lui la paix !) répliqua : « Comment cela peut-il l’être, car je vois (l’archange) Gabriel tous les jours, et à chaque instant j’observe les signes d’Allah ». Ils dirent : « Alors, c’est la nôtre ! » Le Saint Prophète (sur lui la paix !) leur répondit : « Vous également, vous voyez sans cesse les signes de Dieu », et ajouta, « splendide est la foi de ceux qui viendront des siècles après moi ; ils ne verront pas les signes que vous voyez, mais ils croiront quand même. »

    S’il arrive qu’un juste meure au cours de cette étape de la foi, Allah, par Sa grâce, l’admettra quand même parmi ceux qui ont été les récipiendaires de révélations divines, et le considérera comme faisant partie de leur groupe ; même s’il n’a jamais goûté à ce délice. Malgré cela, il a fait preuve de tant de fermeté que, non seulement a-t-il eu la foi en Dieu, mais il l’a prouvé par sa conduite. Il s’était toujours efforcé de « relever et redresser » la Salat.

    Au cours de cette étape, lorsque le juste observe la Salat, une foule de pensées et de faits imaginaires l’assaillent pour détourner son attention, mais il n’abandonne pas pour autant la Salat, et il ne s’en lasse point ni ne se décourage pas. D’aucuns y renoncent après un court laps de temps. Le juste, cependant, ne s’avoue jamais vaincu, et il n’y renonce pas. A chaque fois que la Salat « tombe », il va la « relever et la redresser ».

    Le juste passe par deux étapes : l’une où il doit subir des épreuves et affronter l’adversité, et l’autre où il est récompensé (et devient un élu de Dieu). L’étape où il doit subir des épreuves est conçue de façon à rendre l’adorateur conscient de sa propre valeur et de sa capacité, ainsi qu’à mettre en évidence lesquels des prétendants croient sincèrement en Dieu. Parfois des imaginations étranges distraient l’adorateur ; il peut même avoir des doutes quant à l’existence de Dieu. Toutefois, un croyant fidèle et sincère ne doit jamais se laisser décourager, et il doit toujours avancer.

    Satan n’est jamais satisfait tant qu’il n’a pas poussé quelqu’un, d’une part, à nier l’existence d’Allah, le Très-Haut, et d’autre part, à rejeter le Saint Prophète (sur lui la paix !). Il ne cesse de susciter chez l’homme des doutes de toutes sortes. Des milliers de gens succombent à ces doutes en disant, « Cela ne fait rien si je cède cette fois-ci ; on verra la prochaine fois », s’invitant par là leur ruine... Satan en suscitant, chez l’homme de fausses espérances, l’attire sur un terrain où il succombera. Voilà la première chose à savoir concernant Satan.

    Le juste, cependant, fait montre de courage, et la force requise pour déjouer les plans de Satan lui est octroyée. Voilà pourquoi on dit que les justes « relèvent et redressent » la Salat ; c’est-à-dire, qu’ils ne sont point découragés par leur manque de zèle initial, et ils « relèvent et redressent » la Salat à chaque fois qu’elle « tombe », jusqu’à ce que toutes distractions et chimères disparaissent. Dès lors, Satan est mis en déroute, et l’effort du juste est couronné de réussite. Cette étape n’est pas celle où le juste doit être apathique, mais elle est celle où il s’évertuer et lutter. Avec persévérance et courage, comme le ferait un brave, il doit combattre ces distractions. (Al Hakam, volume 5, numéro 6, février 1901, pages 1 à 2)

  • L'importance de la Salat - la prière quotidienne

    Qu’est-ce que la Salat ?

    La philosophie des cinq prières quotidiennes

    La Salat : moyen sûr de se rapprocher de Dieu

    Suppliez Dieu au cours de la Salat

    Suppliez Dieu dans votre propre langue

    Qu’est-ce que la Salat ?

    Qu’est-ce que la Salat ? Tout simplement, la présentation de ses requêtes et ses faiblesses en toute humilité devant Dieu et de chercher l’accomplissement de ses besoins de Lui Seul. C’est tantôt se tenir les bras croisés devant Dieu étant ébloui devant Sa Splendeur et voulant agir selon Ses commandements, tantôt tomber en prosternation devant Lui afin de manifester une humilité et une dévotion parfaites. Présenter ses demandes et requêtes à Lui Seul : c’est cela la Salat. C’est aussi louer l’Interpellé, à l’instar du mendiant, en reconnaissant verbalement Ses excellences, et en proclamant Sa Splendeur et Sa Gloire ; cela, afin d’activer Sa miséricorde avant de lui faire ses demandes. Une religion qui ne possède rien de tout cela n’est pas digne d’être appelée religion. Ce cœur qui reste plongé dans l’amour, la crainte et le souvenir de Dieu le Très-Haut, c’est cela la Salat, et c’est cela la religion (véritable). Par conséquent, celui qui cherche à fuir la Salat se montre-t-il meilleur qu’une bête ? Manger, boire et dormir sans aucun contrôle, comme un animal, ne constituent certainement pas une religion ; ce sont les traits distinctifs des incroyants…Quiconque désire rencontrer Dieu et veut être admis dans Sa Cour, pour lui la Salat est un moyen de transport grâce auquel il pourra y parvenir rapidement. Quant à celui qui abandonne la Salat, pourra-t-il jamais y arriver ?

    En fait, depuis que les musulmans ont abandonné la Salat ou, étant indifférents à sa réalité, ont cessé de l’observer avec sérénité, tranquillité et amour, l’état de l’Islam a commencé à se détériorer. Réfléchissez sur l’époque où la Salat était correctement observée et sur l’effet positif que cela a eu sur l’état de l’Islam : il dominait alors le monde entier. Depuis que les musulmans ont abandonné la Salat ils ont été eux-mêmes abandonnés. C’est la Salat observée avec la douleur d’un cœur sincère qui arrache l’homme de toutes les difficultés. Maintes fois, j’ai fait l’expérience de ceci : souvent, à un moment de difficulté, l’on prie ; et l’on est encore en pleine Salat lorsque Dieu résout le problème et enlève la difficulté.

    Que se passe-t-il dans la Salat ? L’un fait une requête, et tend les mains en guise de supplication ; l’Autre l’écoute attentivement. Puis, il advient que Celui Qui écoutait Se met à parler, et à répondre à celui qui L’interpelle. Voilà ce qui se passe durant la Salat. L’adorateur tombe en prosternation devant Dieu et Lui fait le récit de ses malheurs et besoins. Le résultat de la vraie Salat est que le moment vient vite où Dieu le Très-Haut commence à lui répondre et à le réconforter par Sa réponse. Eh bien ! Cela est-il possible sans la Salat véritable ? Certes pas. (Malfuzat, vol. V, pp. 253 à 256)

    Qu’est-ce que la Salat ? C’est en fait la supplication adressée au Seigneur de l’Honneur sans laquelle l’homme ne peut ni rester en vie ni se procurer les moyens d’obtenir le bien-être ou le bonheur. Lorsque Dieu le Très-Haut répand Sa grâce sur lui, c’est à ce moment-là qu’il obtient l’allégresse et la tranquillité réelles. Dès lors, sa Salat lui procurera plaisir et délice. Tout comme il obtient du plaisir de mets succulents, il ressentira un plaisir de ses pleurs et sanglots. Cet état – une condition de la Salat – naîtra. Au préalable, il lui faudra persévérer dans une Salat sans goût – tout comme il doit avaler un médicament amer afin de retrouver sa santé – et il devra continuer à prier. Dans cet état d’insipidité, il lui faudra s’acharner à y faire naître du plaisir et de la saveur, en priant : « O Allah, Tu vois à quel point je suis aveugle, et que je suis comme mort. Je sais que bientôt je serai appelé à me présenter devant Toi, et que rien ne pourra m’en retenir. Or, mon cœur est aveugle et ignorant. Fais donc descendre sur mon cœur une flamme lumineuse qui lui inspirera Ton amour et Ta dévotion. Fais-moi une telle grâce que je ne sois pas ressuscité sans vue et mis parmi les aveugles. »

    Lorsqu’il supplie de cette façon avec assiduité, le moment viendra où, durant sa prière insipide, il verra une chose descendre sur lui du ciel qui fera fondre son cœur. (Malfuzat, vol. IV, pp. 321 et 322)

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    La philosophie des cinq prières quotidiennes

    Que représentent les cinq offices quotidiens de la Salat? Ils sont les reflets des conditions changeantes qui vous affectent. Au moment de l’adversité, l’homme passe forcément par cinq états, comme l’exige sa nature.

    Il fait l’expérience du premier état lorsqu’il apprend qu’une calamité va bientôt s’abattre sur lui. Imaginez, par exemple, qu’il apprend qu’un mandat de comparution devant une instance judiciaire a été émis à son intention. C’est la première chose qui trouble sa sérénité et sa tranquillité. Un parallèle peut être tiré entre son état actuel et l’heure du jour où le soleil commence à décliner dans le firmament. Ainsi, cet homme qui jouit de la prospérité constate le début de sa déchéance sous la menace du danger. Allant de pair avec cette situation, la Salat de Dhuhr a été prescrite, c’est-à-dire, cette Prière qu’on observe peu de temps après que le soleil ait commencé à décliner du zénith. Il vit le deuxième état lorsque la calamité se rapproche de lui. Par exemple, après son arrestation, on lui fait comparaître devant le juge. A cet instant une frayeur bleue l’envahit, et la lumière de son bien-être est sur le point de s’éteindre. Un parallèle peut maintenant être tiré entre son nouvel état et l’heure du jour où le soleil a décliné au loin vers l’ouest, et où sa lumière est si faible qu’on peut la fixer à l’œil nu, et qu’il est évident que le soleil va bientôt se coucher. Pour répondre à cette condition spirituelle, la Salat de ‘Asr a été prescrite, c’est-à-dire, celle que l’on observe tard dans l’après-midi.

    Le troisième état se manifeste lorsqu’il perd tout espoir d’échapper à la calamité. Imaginez maintenant, par exemple, qu’après l’étude des chefs d’accusation portés contre lui par les plaignants qui veulent sa perte, il est formellement inculpé, et des poursuites sont engagées contre lui. L’étau se resserre contre lui. Il est maintenant complètement désemparé, épouvanté, frisant la démence, et il se voit déjà incarcéré. Son état peut désormais être opposé à l’heure où le soleil se couche, et où tout espoir de voir le jour disparaît. Correspondant à cette situation, la Salat de Maghriba été prescrite, c’est-à-dire, celle qu’on observe juste après le coucher du soleil.

    Il fait l’expérience du quatrième état lorsqu’il se trouve au cœur de la calamité, et que l’obscurité totale et profonde l’enveloppe de toute part. Par exemple, à l’annonce du verdict, il est trouvé coupable et jeté en prison. Dans ce cas-ci, le parallèle peut être tiré entre sa condition et la nuit qui s’étend pour tout faire sombrer dans l’obscurité. En rapport avec cet état, la Salat de ‘Icha été prescrite.

    Ensuite, lorsque écrasé par le malheur, il demeure de longues heures dans l’obscurité, la miséricorde de Dieu est enfin excitée en sa faveur, et le délivre de ces ténèbres. Enfin, le matin succède à ces longues heures de la nuit, et la lumière du jour apparaît dans tout son éclat. Pour répondre à cet état, la Salat de Fajr observée à l’aube a été prescrite.

    Il est évident que c’est en considérant ces cinq changements qui s’opèrent dans les états naturels de l’homme, que Dieu a prescrit les cinq prières canoniques. Elles sont donc à votre avantage. Si vous voulez que les malheurs qui vous guettent soient éloignés, n’abandonnez pas ces cinq prières, car elles sont les reflets de vos diverses conditions tant externes qu’internes. La Salat est un remède contre les malheurs auxquels vous aurez à faire face. Vous ne savez pas ce qui vous attend demain. Suppliez donc Dieu avant que le nouveau jour se lève pour qu’Il vous apporte la munificence et les bénédictions divines. (Kishti-Nuh, p. 88-89)

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    La Salat : moyen sûr de se rapprocher de Dieu

    La Salat est la prière à un niveau très élevé. Pourtant, les gens ne l’apprécient pas à sa juste valeur. A cette époque, bon nombre de musulmans se vouent à la répétition fréquente de pieuses formules ; parmi eux, les Naushahis, les Naqshbandis, etc. Malheureusement, toutes ces choses sont des innovations. Ces gens-là ignorent la réalité de la Salat, ce qui fait qu’ils bafouent les commandements de Dieu. Pour le chercheur, aucune de ces innovations n’est d’un quelconque bénéfice comparées à la Salat.

    La pratique du Saint Prophète, que la paix soit avec lui, était qu’à un moment de difficulté il faisait ses ablutions et se mettait debout pour la Salat, dans laquelle il faisait ses supplications. Selon l’expérience que j’ai eue, rien ne peut vous rapprocher de Dieu autant que la Salat. Les différentes postures de la Salat démontrent le respect, l’humilité et une impuissance absolue. Dans le Qiyam (la posture debout), l’adorateur se tient les bras croisés tel l’esclave qui se tient respectueusement devant son maître et roi. Dans le Ruk’u (la posture courbée), il se courbe avec humilité. L’apogée de l’humilité est atteinte dans la Sijdah (la prosternation), une posture qui indique l’incapacité absolue. (Discours prononcé lors de la Conférence Annuelle de 1906, pp. 6 à 8)

    Observez les services de prière régulièrement. D’aucuns se contentent d’une seule prière par jour, mais ils devraient se souvenir que nul n’en est exempté, pas même les prophètes. Il est rapporté dans un Hadith qu’une compagnie d’hommes qui venaient d’embrasser l’Islam demanda au Prophète (que la paix soit avec lui) d’être dispensé de faire la Salat. Celui-ci fit la remarque suivante : ‘Une religion qui ne requiert pas l’action n’est pas une religion du tout.’ (Malfuzat, vol. I, p.254)

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    Suppliez Dieu au cours de la Salat

    C’est durant la Salat que les supplications devraient être faites. La Salat est le critère principal de la piété d’un être humain. Celui qui pleure constamment devant Dieu restera en sécurité. Tout comme l’enfant qui pleure sur les genoux de sa mère est réconforté par l’amour et la compassion maternels, celui qui pleure devant Dieu avec humilité et un cœur fondant durant sa Salat se place, lui-même, dans le giron de la providence et la compassion divines. Souvenez-vous bien : quiconque n’a trouvé aucun plaisir dans sa Salat, n’a pas goûté à la douceur de la foi. La Salat n’est pas qu’une série de postures. Il y a de ces gens qui accomplissent rapidement leur Salat ; ils ressemblent à des poules qui becquètent. Ensuite, ils se mettent à faire de longues supplications. Or, l’occasion de présenter les demandes devant Dieu est la Salat, mais ces gens-là la prennent pour une formalité qu’ils ont hâte d’accomplir. Dès qu’ils sont en-dehors de la présence divine, ils font leurs supplications. Suppliez Dieu durant la Salat. Comprenez que la Salat sert d’intermédiaire : c’est le moyen de faire parvenir vos supplications. (Malfuzat, vol. II, p.145)

    L’on ne doit pas faire la Salat dans sa propre langue. Il ne faut pas se départir de la langue dans laquelle Dieu, le Très-Haut, a révélé le Coran. Par contre, l’on peut détailler ses nécessités devant Dieu en sa propre langue après les prières et les louanges faites selon la sainte tradition. Néanmoins, la langue originelle ne doit pas être délaissée. Quel est le fruit qu’ont obtenu les chrétiens pour avoir abandonné la langue originelle ? Il ne leur resta plus rien. (Malfuzat, vol. III, p.288)

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    Suppliez Dieu dans votre propre langue

    Qu’est-ce la Salat ? C’est une supplication qu’on adresse à Dieu avec humilité, tout en proclamant Sa gloire, en chantant Ses louanges, en exaltant Sa sainteté, en implorant Son pardon et en Lui demandant d’envoyer Ses bénédictions et Sa grâce sur le Saint Prophète Muh-ammad (sur lui bénédictions et paix !). Au cours de la Salat, ne vous limitez pas aux prières prescrites en arabe seulement, comme le font les gens non avisés. Leurs Salats et leurs demandes de pardon ne sont que routinières, loin de la réalité qui y est inhérente. Mis à part la récitation des versets coraniques qui sont les Paroles de Dieu, et les prières transmises par la Tradition qui sont les paroles du Messager de Dieu (sur lui bénédictions et paix !), il y a aussi dans la Salat vos propres supplications; adressez celles-ci à Dieu dans votre propre langue vernaculaire avec humilité et soumission, afin que cette impuissance et ces requêtes puissent attendrir et y faire participer vos cœurs. (Kishti-Nuh, p. 87)

    Ne faites pas votre Salat comme une poule qui becquète du grain ; observez-la avec un cœur qui s’embrase et qui fond, et faites-y des supplications nombreuses. La Salat est la clef de la résolution de toutes les difficultés. En sus des prières et des formules de glorification prescrites, suppliez beaucoup dans votre propre langue afin que votre cœur puisse fondre, et tant que cet état n’a pas été atteint n’abandonnez point vos efforts ; car la purification de l’âme, et, en fait, tout, vient de cela. Il faudrait que le cœur suive les postures physiques de la Salat. Si l’on se tient physiquement debout, le cœur devra lui aussi se tenir droit dans l’obéissance de Dieu. Si l’on se courbe, le cœur devra également se courber. Si l’on se prosterne, le cœur devra se prosterner pareillement. La prosternation du cœur signifie ne pas abandonner Dieu quelle que soit la situation. Lorsqu’on atteint ce niveau, l’on commence à être débarrassé de ses péchés. (Malfuzat, vol. VI, pp. 367 à 368)

    La Salat est également un outil de la délivrance du péché. Il est un attribut de la Salat que d’éloigner l’être humain du péché et du vice. Recherchez donc une Salat de ce genre, et faites en sorte que votre Salat soit ainsi. La Salat est l’âme des faveurs divines. La grâce d’Allah, le Très-Haut, est accordée par le biais de la Salat. Observez-la donc avec grand soin, afin que vous deveniez les héritiers des faveurs d’Allah, le Très-Haut. (Malfuzat, vol. V, p.126)

  • La droiture (taqwa) : un élément indispensable pour la Salat

    Mirza Ghulam Ahmad de Qadian, Messie Promis et Imam Mahdi (que la paix soit sur lui) explique :« À son début même, le Saint Coran annonce, « qu’il est une Direction pour les justes. » Cela sous-entend que quiconque voudrait comprendre la signification du Saint Coran, devrait forcément posséder la droiture (Taqwa). »

    priere en congregation

    Ailleurs, le Saint Coran affirme « seuls ceux qui sont purs peuvent pénétrer sa signification » (56 : 80). Aucune autre sphère du savoir n’est soumise à une telle condition.

    Un étudiant en mathématiques ou en astronomie, ou quelqu’un qui suit une formation d’ingénieur, n’a pas besoin d’être pieux ou juste pour réussir dans ses études ; il peut être aussi corrompu et vicieux qu’il le souhaite, cela ne l’empêchera pas pour autant de devenir compétent dans ce qu’il fait. A l’encontre de cela, un simple logicien ou un psychologue impie ne pourra jamais saisir l’essence du Saint Coran, et se familiariser avec les vérités que ce livre renferme. Celui qui est corrompu et chez qui la droiture fait défaut, ment lorsqu’il affirme pouvoir exposer des vérités spirituelles. Une telle personne ne peut comprendre ces vérités, car avant de pouvoir le faire, l’une des conditions à satisfaire est de posséder la droiture. Elle pourra tout au plus, comme un imposteur, avoir recours à quelque subterfuge.

    Cependant, celui qui parle sous l’influence du Saint-esprit, peut exposer les vérités spirituelles du Saint Coran, car lui, il possède la droiture.

    L’élément clé qui donne accès à la connaissance divine est la droiture ; sans elle, on ne peut espérer progresser dans ce domaine. Comme Allah l’a affirmé dans les versets suivants : « Voici le livre ! Il ne renferme aucun doute. Il est une Direction pour les justes, qui croient en Dieu, Celui qu’on ne peut voir, qui « relèvent et redressent » la Salat avec effort et résolution même s’ils n’en tirent aucun plaisir, dépensent les biens que nous leur avons octroyés, et qui croient en ce qui t’a été révélé, et ce qui a été révélé avant toi. » Comme on peut le constater, ces versets traitent des étapes préliminaires de la droiture.

    Ici, l’on peut se poser une question : vu que ces justes croient déjà en Dieu, observent déjà la Salat, font déjà la charité et croient déjà à la véridicité des Ecritures Saintes, alors, qu’espèrent-ils de plus ? La réponse est que ce ne sont pas là les points culminants de la droiture et de la réalisation de ce qu’est Dieu. Effectivement, simplement croire en Dieu, l’Etre qu’on ne peut voir, ne suffit pas pour satisfaire quelqu’un. Celui qui suit la Direction indiquée par le Saint Coran, c’est-à-dire, celui qui obéit aux commandements de ce livre, verra s’éclaircir grandement sa compréhension de ce qu’est Dieu. Il quittera l’étape où il ne peut percevoir Dieu pour passer à celle où Dieu lui manifestera Son existence, et par conséquent, il aura la certitude que Dieu est.

    La Salat « tombe » et l’adorateur va la « relever et la redresser », malgré le fait qu’il n’en tire aucun plaisir et qu’il doit lutter contre les distractions.

    De même, pour ce qui est de la pratique de la Salat, la première étape est celle où l’on doit fournir de gros efforts. A ce stade, la Salat est pratiquée comme si l’on avait à s’acquitter d’une obligation. La Salat « tombe » et l’adorateur va la « relever et la redresser », malgré le fait qu’il n’en tire aucun plaisir et qu’il doit lutter contre les distractions. Cependant, sous l’impulsion des directives du Saint Coran, il attend impatiemment la prochaine occasion où il pratiquera la Salat, tout comme un affamé attendrait impatiemment l’heure du repas. Au bout d’un certain temps, l’inattention qui l’accablait est supplantée par un sentiment de plaisir et de satisfaction.

    On raconte qu'une personne, ayant perdu quelque chose avait dit : « Cela ne fait rien. Je me souviendrai de l’endroit où je l’ai perdu lorsque j’observerai la Salat » Une telle Salat n’a rien à voir avec la vraie Salat. Celui qui accomplit la Salat, en se conformant aux directives du Saint Coran, se trouve dans un état permanent de Salat, et rien ne peut détourner son attention, que ce soit commerce, affaires, occupations mondaines ou privées.

    Toutes les œuvres évoluent d’une phase où elles sont pratiquées par acquiescement pur et simple à celle, où l’expérience spirituelle qui y est rattachée, est vécue ; en d’autres termes, ce qui était imperceptible au début, deviendra perceptible et palpable par la suite. Ce ne sont pas là des paroles destinées à satisfaire votre intellect. Ce sont des trésors, à portée de main, que vous pouvez découvrir en faisant un peu d’effort et en faisant preuve d’un peu d’assiduité.

    (Al Hakam, volume 11, numéro 3, le 24 janvier 1907, page 2)

     

  • La puissance de la Salat

    Mirza Ghulam Ahmad, le Messie Promis et Imam Al-Mahdi explique ici-bas l’importance de l’office quotidien de la Salat, une obligation qui incombe à tout musulman et musulmane.

    Le Messie Promis (a.s.) explique : « La Salat est tellement puissante qu’à travers elle les cieux s’inclinent vers l’homme. Celui qui rend pleinement justice à la Prière sent comme s’il était mort ; son âme, fondant et tombant devant le seuil d’Allah… Une maison où la Prière est offerte de cette façon ne sera jamais détruite. Il est rapporté dans un hadith que si la Prière avait été prescrite au peuple de Noé, il n’aurait pas été détruit. Le Hajj est obligatoire mais avec certains préalables, tout comme le jeûne et la Zakat. Cependant l’ordre d’offrir la Prière est inconditionnel. Toutes les autres obligations doivent être respectées une fois l’an mais la Prière est prescrite cinq fois par jour. Tant que la Prière n’est pas observée en accord avec toutes ses conditions, elle ne portera pas les bénédictions qui lui sont attachées. Une telle allégeance [sans respecter ces conditions] est futile. »

    (Malfuzat, nouvelle édition, vol. 3, p. 627)


    Le Messie Promis (a.s.) dit : « La Salat est obligatoire pour chaque musulman. Il est rapporté dans les ahadith que certaines personnes, après avoir accepté l’Islam, ont fait la demande suivante : « O Prophète d’Allah donne-nous la permission de ne pas faire la Prière car nous sommes des commerçants. De par le fait que nous nous occupons du bétail, quelques fois nous ne sommes pas certains que nos vêtements soient propres. De plus, nous n’avons pas le temps de faire la Prière. » Le Saint Prophète (s.a.w.) répliqua : « Faites attention ; s’il n’y a pas de Prière, il ne reste rien du tout. La foi sans adoration ne vaut rien. »

    Qu’est-ce que la Salat ? C’est de soumettre ses faiblesses devant Dieu et de rechercher les solutions à celles-ci de Lui et parfois, c’est de se mettre debout devant Lui, impressionné par Sa Grandeur – prêt à suivre Ses ordres. D’autres fois, c’est de se prosterner devant Lui avec soumission complète ; Le supplier de vous accorder ce dont vous avez besoin. C’est cela la Prière. Le louer comme un mendiant, attirer Sa miséricorde en interpellant Sa Haute Station et Sa Grandeur et ensuite faire sa requête. Une foi qui n’a pas cela [cette forme de Prière] est sans fondement. L’homme a toujours besoin de rechercher le plaisir d’Allah et de Le supplier pour Sa grâce. C’est uniquement à travers Sa grâce que nous pourrons aboutir à quelque chose. O Allah, accorde-nous la capacité d’appartenir uniquement à Toi, de rester fermement établis sur le chemin de Ton plaisir et ainsi gagner Ton plaisir.

    La Prière signifie l’amour d’Allah, la crainte d’Allah, se souvenir de Lui à tout moment – et c’est cela l’essence même de la foi. Par conséquent, toute personne qui désire être libérée de la Prière ne peut rien accomplir de plus que les animaux – manger, boire et dormir. Cela ne relève certainement pas de la foi. C’est là la pratique des incroyants. Le proverbe disant : « Le moment de la négligence est le moment de l’incroyance » est assurément vrai et correct. »

    (Al-Hakam, vol. 7, 31 mars, 1903, p. 8)


    Comment réussir à se concentrer dans la Prière ? Le Messie Promisas dit que celui qui ne ressent pas de plaisir dans la Prière doit supplier Allah de la manière suivante :

    « Ô Allah! Tu sais à quel point je suis aveugle, et qu’en ce moment même, je suis tel un mort. Je sais que très bientôt, Tu me convoqueras, et alors je me présenterai devant Toi, et nul ne pourra m’arrêter. Cependant, mon cœur est aveugle et il n’est point illuminé. Ô Allah, fais descendre sur mon cœur une telle lumière que, par son biais, mon cœur puisse être inspiré par Ton Amour et se dévouer à Ton service. Ô Allah, accorde-moi cette grâce qui m’épargnera le malheur d’être ressuscité parmi les aveugles et de faire partie de leur groupe. » Lorsqu’il aura prié ainsi, avec insistance, pendant un certain temps, l’heure viendra où quelque chose descendra sur lui, pour lui attendrir le cœur. (Malfuzat,nouvelle édition, vol. 2, p. 616)

  • La Salat : une obligation pour tout musulman

    Dans son sermon du 20 janvier 2017, Sa Sainteté le Calife s’est appesanti sur l'importance de la Salat, l'office des cinq prières quotidiennes, en Islam.

  • N'abandonnez pas la Salat

    Jabir r.a. rapporte que le Saint Prophète a dit : « Etre négligent dans l’observation de la Salat rapproche un homme de l’apostasie et de l’incroyance. »

    (Sahih Muslim, Kitab-ul-Iman, Babu Bayani it-laq-ismil-Kufri ‘Ala man Tarakas-Salah)


    Le Saint Prophète (s.a.w.) a dit : « La fraîcheur de mes yeux se trouve dans le Prière. »

    (Sunan Al-Nasa’i, Kitabu ‘Ishratin-Nisa’i, Babu Hubbin-Nisa’i)


    Abū Hurairah (r.a.) rapporte que le Saint Prophète (s.a.w.) a dit : « La première chose dont l’homme devra des comptes est la prière. S’il passe l’épreuve, il réussira et atteindra le salut. S’il y échoue, il sera alors humilié et sera du nombre des perdants. S’il y a des manquements dans ses prières obligatoires, Allah le compensera par ses nawafil. De même toutes ses autres actions seront-elles jugées. »

    (Sunan-ut-Tirmidhi, Kitab-us-Salati, Babu Inna Awwala ma Yuhasabu bihil ‘Abdu…)


    Abū Hurairah (r.a.) rapporte qu’il a entendu le Saint Prophète (s.a.w.) dire : « Dites-moi, si l’un d’entre vous avait un ruisseau qui passait devant chez lui et qu’il y prenait un bain cinq fois par jour, alors est-ce qu’il resterait de la crasse sur cette personne ? » On lui répondit, « Il n’y aurait aucune crasse sur elle. » Le Saint Prophète (s.a.w.) dit alors, « C’est le cas concernant les cinq prières. Allah efface toutes les fautes en conséquence des prières. »

    (Sahih Al-Bukhari, Kitabu Mawaqitis-Salati, Babus-Salatil-Khamsi Kaffaratun Lil Khata'i)


  • Règles régissant la Salat

    Dans son sermon du 27 janvier 2017, Sa Sainteté le Calife a présenté certaines règles régissant l'accomplissement de la Salat.

  • Salat - la prière islamique : tout sur les cinq prières quotidiennes

    Ce livre sur la prière islamique comporte plusieurs aspects notables : le texte arabe ; la référence des sources ; la translittération ; la traduction française ; l’illustration des postures par des dessins ; et des explications de la philosophie de la prière.

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    La Salat: les cinq prières en Islam

    L’objet de la création de l’homme, selon l’Islam, est qu’il adore Allah. Allah dit dans le Saint Coran : « Et Je n’ai créé les Djinns et les hommes, que pour qu’ils m’ adorent. » (51:57)

    L’adoration signifie une obéissance totale à la volonté d’Allah. Le Saint Prophète Muhammad, la paix et les bénédictions d’Allah soient avec lui, apporta le message d’Allah et expliqua tous les commandements concernant la religion de l’Islam….

    La Salat, ou la prière prescrite, est mentionnée dans le Saint Coran comme une caractéristique essentielle du croyant.

    D’après le Saint Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient avec lui, la Salatest l’apogée de la vie spirituelle du fidèle.

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    Table des Matières

    • Obligation d’observer la prière
    • Importance de la prière
    • Les heures de la prière
    • Les conditions à respecter
    • Les ablutions
    • Les facteurs qui annulent les ablutions
    • Quelques différences d’opinion notables entre les diverses écoles de jurisprudence
    • Le bain ou la douche
    • Autres situations où un bain est essentiel
    • L’eau
    • Les habits
    • Se couvrir la tête
    • L’Adhan
    • L’Iqamah
    • La Niyyah
    • Combiner les prières
    • Modalités de la prière
    • Le Darud ou As-Salatu-’alan-nabiyy
    • La prière individuelle
    • La prière en congrégation
    • D’autres points importants sur la prière
    • Méditer sur Allah après la prière
    • Types de prières et nombres de Rak’at
    • Les prières Fard
    • Les prières Wajib
    • Les prières Sunnah
    • Les prières Nawafil
    • Salat-ul-Witr
    • La prière de Jumu’ah (Vendredi)
    • Les fêtes de l’Aïd-ul-Fitr et de l’Aïd-ul-Ad-ha
    • Les parties constituantes de la prière
    • La partie Fard (obligatoire) de la prière
    • Les Wajibat (parties essentielles) de la Salat
    • Les Sunan (pluriel de Sunnah) de la Salat
    • Les Mustahab-bat de la Salat
    • Makruhat de la Salat (actes indésirables durant la prière)
    • Les actions qui annulent la prière Sujud-us-Sahw, les prosternations de l’oubli
    • La prière dans des situations exceptionnelles
    • La Salat durant la convalescence
    • La Salat durant un voyage Salat-ul-Khauf (la Salat par un moment de danger)
    • Les prières Qada (manquées)
    • Les prières Tahaj-jud
    • Les prières Tarawih
    • La prière durant les éclipses lunaires ou solaires
    • La prière pour invoquer la pluie
    • La prière Istikhara Salat-ul-Hajah (la prière faite dans le besoin)
    • La prière Ishraq
    • Prières funéraires
    • Prière pour un garçon décédé
    • Prière pour une fille décédée
  • Tant qu’il y a lutte, il y a récompense

    Mirza Ghulam Ahmad, le Messie Promis et Imam Al Mahdi, évoque dans cet écrit les distractions qui assaillent le croyant lors de la Salat et ainsi que la lutte qu’il doit mener afin de maintenir sa concentration.

    La phase au cours de laquelle l’adepte est appelé un Muttaquiou juste, exige de lui qu’il fasse des efforts. C’est pour cela qu’il est dit à l’égard de ces justes : « Ils croient en ce qu’ils ne peuvent voir ». Reconnaître quelque chose après l’avoir observé, ne demande pas un effort particulier.

    Par contre, il est difficile de croire en quelque chose qu’on ne peut voir. Lorsque le juste passe de cette étape à celle où il est appelé un Salih (une personne vertueuse), ce qui lui était imperceptible auparavant, lui apparaît désormais. Quelque chose lie maintenant son cœur à Dieu. Et alors, par le truchement de sa vision spirituelle nouvellement acquise, il perçoit Dieu et il vit l’amour qu’il éprouve pour Lui.

    Une mise en garde nous est adressée : « Quiconque est aveugle en ce monde le sera dans l’autre. » (17 : 73)

    Cela signifie que celui qui ne développe pas sa vision spirituelle dans cette vie ne verra pas la face de Dieu dans l’autre. Par conséquent, le juste cherche ardemment les moyens par lesquels il pourrait affiner sa vision spirituelle. Au début, il est aveugle. Par l’effort qu’il fournit pour se purifier, il parvient à l’étape où il acquiert la vue, et dès cet instant, c’est-à-dire, dès qu’il devient un Salih (une personne vertueuse), l’étape de croire en ce qu’on ne pouvait voir prend fin. Le Saint Prophète (sur lui la paix !) eut la faveur de voir le paradis et l’enfer. Il vit dans toute sa réalité ce quelque chose en lequel un juste doit croire sans l’avoir vu. Si le juste entame aveugle sa marche vers le progrès, et qu’il est appelé à fournir des efforts, lorsqu’il devient un Salih, il trouvera la sécurité, et son âme, la tranquillité. Le trait distinctif du juste est que, croyant en ce qu’il ne peut voir, il persiste avec sincérité dans ses efforts pour avancer, et finalement ses efforts sont récompensés.

    Avec acharnement, [le croyant] lutte contre les distractions, et il prie : « Nous n’adorons que Toi et c’est à Toi Seul que nous demandons secours ». Mirza Ghulam Ahmad
    Imam Mahdi et Messie Promis

    Un autre trait distinctif du juste est qu’il « relève et redresse » la Salat. Cela également exige de la part du juste qu’il fasse des efforts. Lorsqu’il accomplit la Salat, une multitude de distractions et d’imaginations l’assaillent pour faire « tomber » sa Salat en quelque sorte. C’est son affaire à lui maintenant de la « relever » et la « redresser ». Dès qu’il prononce le premier Takbir (Allahou Akbar), la lutte commence. Il se bat pour se concentrer, et s’efforce de trouver quelque intérêt dans la Salat, mais la Salat ne cesse de « tomber ». Alors, avec acharnement, il lutte contre les distractions, et il prie : « Nous n’adorons que Toi et c’est à Toi Seul que nous demandons secours ». Dieu le guide alors dans le droit chemin et l’aide à « relever » et « redresser » la Salat. Il est comme un enfant impuissant qui pleure, appelant au secours, et se plaignant qu’il est en train de s’engouffrer dans l’abîme. Voilà la lutte du juste contre lui-même, contre son moi, pour laquelle il est récompensé.

    Certaines personnes sont inquiètes et veulent d’un seul coup se défaire de toutes les distractions qui les tourmentent, tandis que l’expression, « Ils relèvent et redressent la Salat », indique la mise en jeu d’un processus fort différent.

    Sheikh Abdoul Qadir Djilani (sur lui la miséricorde de Dieu!) a dit : « Il y a récompense aussi longtemps qu’il y a lutte. Lorsque la lutte prend fin, il n’y a plus de récompense. » Cela implique qu’aussi longtemps que persisteront les distractions contre lesquelles il faut lutter, la Salat, le jeûne, etc., possèdent la qualité dynamique de l’action, méritant d’être récompensés. Mais à l’étape suivante, lorsque le juste est devenu un Salih, la Salat, le jeûne, etc., acquièrent une qualité supérieure, et ils cessent d’être des actes qui méritent d’être récompensés.

    Cela soulève maintenant la question de savoir si l’on peut alors s’en dispenser. La réponse est non, parce qu’ils sont désormais des dons en eux-mêmes. A cette étape, la Salat est pour l’âme, sa nourriture et son délice. Elle est elle-même le paradis.

    Là où il y a lutte, il y a récompense ; lorsqu’ il n’y a plus de lutte, les récompenses ne sont plus dispensées ; le chercheur est parvenu à son but. A ce moment, le chercheur s’est réconcilié avec lui-même. Ce qu’il faisait avec effort auparavant lui est maintenant devenu naturel, sa nature même. La dualité a disparu. Auparavant, les deux mouvements opposés ne pouvaient être séparés ; l’un ne pouvait exister sans l’autre. La présente condition est le résultat de cette lutte ; le moyen s’est transformé en objet. On ne peut pas s’en dispenser, car sans lui tout est vain.

    (Compte Rendu de la Conférence Annuelle 1897, pages 44 à 47)

  • Une brillante caractéristique du Saint Coran

    Mirza Ghulam Ahmad de Qadian, Messie Promis et Imam Mahdi (que la paix soit sur lui) explique : Le Saint Coran affirme qu’il est une « direction » pour les justes. Or, les justes sont ces personnes qui croient déjà en l’existence de Dieu bien qu’elles ne peuvent Le voir, qui « relèvent et redressent » déjà la Salat, observent déjà le jeûne, dépensent déjà pour la cause de Dieu les biens qui leur ont été octroyés, et elles croient déjà à la véridicité du Saint Coran et des autres Écritures Saintes révélées avant le Coran (2 : 3 à 5). Si, comme on peut le constater, ces justes ont déjà emprunté la bonne voie, alors, que pourrait bien signifier cette affirmation du Saint Coran ? À quel niveau encore, le Saint Coran est-il capable de les élever ?

    Coran Beau

    La quête insatiable du croyant

    Avant de pouvoir saisir la réponse, il faudrait comprendre qu’en dépit de leur foi en Dieu et des bonnes œuvres qu’ils pratiquent, ces justes ne sont point satisfaits de leur état. Ils éprouvent l’ardent désir de faire preuve d’encore plus de rigueur, de parfaire leur fermeté dans la foi et d’avancer jusqu’à la pointe ultime du progrès spirituel. Pour parvenir à cela, l’effort humain, livré à lui-même, s’avère être totalement inefficace ; l’intervention de Dieu, Le Seul capable de les aider, est de toute nécessité.

    Être « ferme et endurant dans la foi » décrit cet état du croyant où il est si épris de la foi en Dieu, qu’aucune épreuve ne peut le faire flancher ou succomber. Dans cet état, la droiture elle-même change d’aspect ; en effet, l’effort exercé, la répugnance ou le dégoût généralement éprouvés au moment où l’on doit faire des œuvres pieuses disparaissent complètement, et désormais, l’effort n’est plus nécessaire. Dès lors, comme des aliments, les œuvres pieuses vont nourrir l’âme, et sans elles, l’âme périrait en quelque sorte. Ce degré de fermeté dans la foi dépasse le cadre de l’effort humain, et ne peut être acquis par l’exercice de ce dernier. Comme l’âme, ce type de fermeté et d’endurance est un don, une grâce dont l’octroi ne relève que de Dieu.

    L’apogée du développement spirituel

    Le point culminant du développement spirituel est qu’au-delà de la foi en Dieu et des pratiques du culte, qui sont en définitive l’aboutissement ultime de l’effort humain, l’on parvienne à un état qui soit en soi un don de Dieu.

    Prenons le cas de la foi en Dieu ; dans ce domaine, tout ce qu’on peut attendre de l’exercice de la raison est qu’elle nous amène à croire en Dieu, malgré le fait qu’on ne puisse Le voir. En d’autres termes, la raison humaine exercée à son maximum pourra, tout au plus, nous amener à croire en Dieu, l’Être qu’on ne peut voir. On sait que Dieu n’exige de personne quelque chose qui soit au-delà de ses capacités. Dieu n’oblige personne à acquérir, par son propre effort, quelque chose de plus grand, de plus avancé que la foi en Dieu. Cependant, la phrase, « il (le Saint Coran) est une direction pour les justes », contient la promesse que, lorsque la croyance du juste dans la réalité du monde caché se serait solidement enracinée chez lui, alors, Allah le Très Haut le fera progresser de l’étape de la foi à celle de la réalisation et de la gnose ; et à ce moment, Allah le Tout-Puissant revêtira sa foi d’un nouvel attrait.

    Le progrès constant du croyant

    Cette caractéristique du Saint Coran, qui ne laisse pas stagner à l’étape de la foi ceux qui y sont parvenus par leur propre effort, mais qui les propulse à l’étape suivante, constitue elle-même une preuve irrécusable de sa véridicité (celle du Saint Coran). Si cela n’était pas le cas, c’est-à-dire, si ces justes stagnaient à l’étape de la foi, alors comment aurait-on pu comprendre que Dieu est ? En vérité, Dieu récompense l’effort humain d’une manière qui démontre clairement, sans laisser l’ombre d’un doute, qu’Il détient la puissance entre Ses Mains.

    Comme nous l’avons souligné plus haut, dans cette sphère de la foi en Dieu, l’homme de par lui-même, peut tout au plus acquérir la foi en un Être qu’il ne peut voir, Être dont l’existence est attestée par tous les atomes de l’univers. L’homme ne peut, par son propre effort, observer la brillante lumière divine ; en d’autres termes, il ne peut par son propre effort transmuer en gnose la foi qu’il a en Dieu.

    La Salat : les limites de l’effort humain

    Dans la pratique de la Salat aussi, ce que l’on pourra acquérir grâce à l’effort humain restera confiné à l’intérieur de limites bien précises. Ici, pour ce qui est du domaine de l’effort, l’adorateur, physiquement et moralement pur, et se mettant à l’abri de tout ce qui peut le distraire ou détourner son attention, va s’efforcer de pratiquer la Salat d’une manière dénuée de toute passivité, et ce afin que toutes les composantes de la Salat, notamment, implorer le pardon de Dieu, prier Dieu de bénir le Saint Prophète (sur lui la paix), le repentir, les éloges, la glorification ainsi que les supplications émanent du fond de son cœur.

    « Relever » la Salat

    Cela dépasse, cependant, son pouvoir d’acquérir cette concentration et attention soutenue et vivante dans la Salat, qui signeraient l’existence d’un état de pureté sublime, d’un amour et d’une marque de dévotion surhumain, et d’un effacement du moi, comme si l’adorateur voyait Dieu face à face. Il est évident qu’avant d’être cela, la Salat n’est pas parfaite. D’ailleurs, c’est à juste titre que le Saint Coran utilise à cet effet l’expression, « ceux qui relèvent et redressent la Salat », car on ne « relève et redresse » que ce qui tombe. Par conséquent, on appelle « juste » ce quelqu’un qui, mobilisant sa concentration et son attention, emploie toutes ses forces pour « relever et redresser » la Salat. Cependant, l’effort humain, sans le concours de la grâce de Dieu, ne suffit pas pour amener le résultat recherché.

    Par conséquent, Dieu, le Miséricordieux et le Munificent, leur a promis : « Ce livre est une Direction pour les justes ». Par cette phrase, Dieu rassure ainsi les justes : « Qu’ils s’efforcent au mieux de leur capacité par la droiture, de « relever et redresser » la Salat ; s’ils ont foi en Ma Parole, Je ne les abandonnerai pas à leur effort, mais Je les prendrai par la main, et Moi-Même, Je les guiderai (vers ce lieu où ils seront comblés). Dès lors, leur Salat changera d’aspect, et ils goûteront de quelque chose dont l’existence leur échappe en ce moment. Je les gratifierai de cette grâce parce qu’ils s’efforcent, au mieux de leurs possibilités, de mettre en pratique les préceptes et directives du Saint Coran. »

    Donc, ce quelque chose de plus que le Saint Coran promet au juste, concernant la Salat, est l’acquisition de ce degré d’amour, de zèle, de dévotion et de concentration, qui va affiner à ce point la vision spirituelle du juste, que cela lui permettra de percevoir la beauté éclatante et lumineuse de son bien aimé, l’Éternel. Dans ce nouvel état spirituel, saturé de béatitude et d’extase, l’adorateur éprouve tant de dégoût pour les impuretés mondaines, péchés ou manquements provenant de la parole, des œuvres, de la vue ou de l’ouïe, que sans le moindre effort et naturellement, il les rejette et s’en tient à l’écart. Comme Allah le Très Haut l’a affirmé, « Assurément, la Salat protège contre la turpitude et les actions blâmables. »

    (Haqiqatoul Wahi, pages 132 à 138)