Traduction du sermon du vendredi 17 octobre 2014, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh, à Londres.

Tout ahmadi, qu’il soit homme ou femme, jeune ou vieux, connaît la phrase « je placerai ma foi au-dessus des considérations mondaines ». D’ailleurs le Messie Promis (a.s.) a attiré notre attention à cet égard et la plupart de nos orateurs ainsi que les Califes y font aussi référence dans leurs discours et écrits. « Faire primer la foi sur le monde » est aussi la quintessence du serment d’allégeance ainsi que des différents serments que l’on prête au sein des organisations auxiliaires de notre djama’at.

En somme cette devise est une promesse solennelle d’un ahmadi, devise sur laquelle repose sa bai’ah, ainsi que sa relation avec le Califat et la Nizam-i-djama’at. S’il ne la respecte pas ce sera vaine déclaration de sa part que d’affirmer qu’il a prêté allégeance [au Messie Promis (a.s.)], qu’il est lié au Califat et à la Nizam-i-djama’at ou qu’il s’évertue à chercher le plaisir de Dieu.

D’ailleurs le Messie Promis (a.s.) affirme que Dieu ne se soucie guère de celui qui, par ses actions et sa fidélité, ne prouve pas qu’il respecte la promesse qu’il a faite de préférer la foi à ce monde. C’est là un point que chacun d’être nous doit avoir constamment à l’esprit. Cette formule stipule clairement qu’aucun intérêt bassement matériel et temporel ne doit entraver l’avancement de la foi. Cette dernière signifie respecter les commandements divins et plaire à Dieu par ses paroles et ses actions. Par la grâce d’Allah nous sommes nombreux à enlever toute chose qui fait obstacle à notre foi. Or, il est aussi vrai que les efforts entrepris par tout le monde ne sont pas du même niveau, étant donné que les aptitudes intellectuelles et autres facultés diffèrent d’un individu à un autre. Il est aussi vrai qu’Allah traite chaque individu selon ses intentions, étant donné qu’Il en est pleinement au courant. Ainsi ce sont les bonnes intentions qui nous permettront de respecter cet engagement : pour se faire il ne faut point chercher des prétextes ou des excuses.

Chacun possède des facultés qui lui sont propres. Les efforts entrepris par un individu sont limités par son savoir et ses facultés. Des fois, il a d’autres priorités qui l’empêchent d’accomplir son œuvre et qui limitent son champ d’action.

Seul celui qui fournit des efforts importants et adéquats pourra atteindre son objectif. Hazrat Mousley Ma’oud (r.a.), le Réformateur Promis et deuxième Calife de la Communauté Ahmadiyya, a lui aussi commenté sur ce sujet et je compte aujourd’hui profiter de ses conseils [pour vous éclairer à ce sujet].

Il nous présente une analogie générale afin d’illustrer ce concept d’efforts restreints et des objectifs. Il nous explique que d’aucuns sont un tantinet trop conscient de leur apparence même quand ils doivent sortir pour accomplir une tâche importante : ils redoutent que leurs pantalons aient des faux plis ou que leur veste soit chiffonnée. Même quand ils sont pressés, ils vérifient à tout instant leur vêtement, avec pour résultat qu’ils sont toujours en retard. Ce genre d’exemples ne date pas d’hier ; nous en voyons de similaires à notre époque, en particulier au sein de la société issue du sous-continent indien, où hommes et femmes sont parfois préoccupés à l’extrême par leur tenue vestimentaire. Il en est d’autres, par contre, qui sont peut-être très au faite de la mode, mais qui n’hésitent pas à sacrifier élégance et tenue vestimentaire quand ils ont un objectif précis. Ils sont prêts, au détriment de leur élégance, à courir s’il le faut pour atteindre leur but ; ils sont prêts à s’asseoir n’importe où, à marcher dans la poussière s’il le faut. Ils ont à cœur que leurs objectifs et rien d’autre.

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Hazrat Mousley Ma’oud cite un exemple tiré de l’histoire de l’Angleterre pour illustrer les sacrifices que d’aucuns sont prêts à consentir pour atteindre leur but.

La Reine Elizabeth 1re monta sur le trône de l’Angleterre en 1558 et régna pendant 45 ans, période pendant laquelle fut fondé la grandeur et le pouvoir de l’Angleterre. On disait de la Reine qu’elle aimait s’entourer de courtisans élégants et distingués. Ceux qui ne portaient pas de vêtements onéreux et beaux n’avaient pas droit d’entrer dans sa cour. Un jour, lors d’une marche avec ses courtisans, elle se vit face à une flaque de boue. Aujourd’hui [au Royaume-Uni] il y a partout des rues asphaltées, mais ce ne fut pas toujours le cas et les voies en terre battue abondaient. Le commandant en chef de la marine anglaise, Sir Walter Raleigh, qui était parmi les courtisans, enleva sa précieuse tunique, qu’il ne portait qu’en des occasions solennelles, pour la placer sur la flaque de boue, qui n’était d’ailleurs pas grande. La Reine, fort étonnée, en demanda la raison à Sir Walter Raleigh, qui répondit : « Je préfère abîmer ma tunique que de voir souillé le pied ou la chaussure de Sa Majesté. » Ce geste plut à cette dernière, qui conféra d’autres faveurs à Sir Walter, qui atteignit le faîte de la gloire. Mais en dépit des grands services qu’il avait rendus à la couronne et à son pays il fut accuser de trahison et condamner à mort au cours du règne de James 1er, le successeur d’Elizabeth 1re.

Ainsi, Sir Walter Raleigh, toujours bien vêtu, sacrifia son élégance et sa tunique, auxquels il tenait beaucoup, lorsqu’il fut question [de l’honneur] de la Reine. Si un homme de ce monde peut accomplir pareil geste afin de plaire à la Reine, imaginez ce qu’il nous incombe de faire pour l’avancement de la foi, la diffusion du message de l’Islam, son établissement et afin de plaire à notre Créateur. Ces objectifs ne doivent-ils pas être plus chers que la satisfaction de la Reine, que Raleigh désirait tant ? Il connut un destin funeste en dépit de ses services et d’avoir plu aux monarques d’ici bas. Quant à celui qui acquiert le plaisir de Dieu ici-bas, il devient le récipiendaire des faveurs divines et mérite une fin des plus excellentes.

Cependant avoir des objectifs nobles et sublimes ne suffit point, tant qu’ils ne sont pas accompagnés d’un esprit de sacrifice et de fidélité. Nous mériterons le plaisir de Dieu quand le monde n’aura pas préséance sur notre foi mais quand le contraire sera vrai.

Certes Dieu nous permet d’acquérir tout ce qu’Il a rendu licite : à titre d’exemple il ne nous est point interdit de porter de beaux vêtements, de consommer de bons mets, de vivre dans de belles demeures ou de décorer celles-ci. Cependant tout ceci nous seront interdits s’ils font obstacles au progrès de l’Islam.

Dans le cadre du mariage, à titre d’exemple, la loi islamique n’exige pas que nous nous mariions avec des femmes laides. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous recommande cependant de ne point accorder préséance au monde, mais de prendre aussi en considération l’état spirituel de la femme qu’on désire épouser. La shariah stipule que l’épouse du croyant ne doit point entraver ses actes d’adorations, elle ne doit point le pousser à négliger ses Salat.

Si nos jeunes hommes et jeunes filles, ainsi que leurs parents, sont attentifs à ce propos, nous pourrons, en faisant primer la foi sur le monde, résoudre nombre de mésententes conjugales. Et nous pourrons mériter par la même occasion le plaisir de Dieu, qui est l’objectif premier du croyant.

De même il nous est permis de porter de beaux vêtements. Mais se vouer corps et âme à la mode au point de négliger les exigences de la foi est une pratique interdite. L’on ne doit pas, à tout instant se dire « mes vêtements seront sales si je pars dans tel ou tel endroit ».

L’on ne doit, à aucun moment, négliger ses obligations envers la foi. L’on ne doit pas, au lieu de se concentrer dans la salat, se soucier des plis de l’habit bien repassé que l’on porte.

L’Islam nous recommande de respecter tous nos devoirs religieux afin de faire primer la foi sur le monde et d’honorer aussi toutes les exigences y afférentes. Tant que cela n’entrave pas le chemin de la foi la religion ne nous interdit pas de consommer de bon repas. Dans ce cadre, une vigilance sans faille est requise de notre part : il nous faut éloigner toute chose qui fait obstacle à la foi.

Le Messie Promis (a.s.) dit : « Il existe deux catégories d’individus : il y a ceux qui, ayant accepter l’Islam, se vouent corps et âmes aux commerces et aux affaires de ce monde. Les rênes de leurs vies se trouvent entre les mains de Satan. Je ne vous interdis point le commerce : les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en faisaient, mais ils préféraient aussi la foi au monde. Ayant embrassés l’Islam, ils en ont acquis le savoir véritable qui a emplis leur cœur de certitude. C’est ainsi qu’ils n’ont point chancelé face à Satan dans quelque domaine que ce soit. Rien ne les a empêché de révéler la vérité. Ceux qui se font serviteurs et esclaves du monde, au point d’en être les adorateurs, se retrouvent sous l’emprise de Satan.

La deuxième catégorie concerne ceux qui ne se soucient que du progrès de la foi : ils sont qualifiés de Hizbullah (la partie de Dieu) et ils triomphent de Satan et de son armée. »

J’avais cité auparavant le Messie Promis (a.s.) qui disait que faire primer la foi sur le monde est un moyen pour atteindre le but du serment d’allégeance. Afin d’en saisir la portée il faudra, tout en se consacrant à ses occupations temporelles, acquérir le savoir religieux pour ensuite le mettre en pratique. Sans cette connaissance l’on ne pourra comprendre ce qu’est cette foi que l’on doit faire primer sur le monde.

La Salat (les cinq prières quotidiennes) est un des piliers fondamentaux de l’Islam. Or, nombre de musulmans, voire peut être quatre-vingt pour cent d’entre eux, ne prient pas. Même s’ils accomplissent une ou deux salat, ils le font à la va-vite comme s’il s’agissait d’une tâche répugnante et imposée de force.

Le deuxième Calife dit que nombre de personnes qui vivent dans l’aisance sont paresseuses dans leurs prières. Il relate que d’aucuns parmi les grands de ce monde accomplissent la prière en congrégation avec le même dégoût que ressent un musulman ordinaire à l’égard du porc. Ce comportement n’est point chose du passé : la situation est la même aujourd’hui encore. La majorité des riches, voire même ceux qui vivent dans un confort relatif, négligent la Salat. D’ailleurs quand ils prient, ils méprisent les conditions de la Salat.

Ceux qui prient réellement protègent les valeurs humaines et d’ailleurs Allah affirme que la Salat doit engendrer dans les musulmans des changements purs.

On dit que les mosquées du Pakistan sont aujourd’hui bondées de fidèles. Mais quelle révolution leurs prières ont-elles apportées en leurs personnes ? Que leur prêchent les mollahs et les prédicateurs derrière lesquels ils prient, si ce n’est que la haine ? Voilà pourquoi, en dépit du nombre grandissant de ces fidèles, les feux de la haine ne cessent de s’enflammer. Certes ils nous persécutent, mais les exactions que ces musulmans commettent les uns contre les autres ne sont pas des moindres non plus. La situation est ainsi parce qu’ils ne prient pas afin de faire primer la foi sur le monde. En apparence ils vont à la mosquée pour une noble cause mais en fait ils y vont pour des buts bassement matériels.

Si l’on désire atteindre de nobles objectifs il est important de nourrir des pensées élevées et de consentir à des sacrifices non pour des avantages personnels mais pour le plaisir de Dieu.

Venir en masse à la mosquée ne sera d’aucun avantage si l’on méprise ces éminents objectifs que sont le respect des droits de Dieu et des hommes et le fait de diffuser le message de la foi et d’œuvrer pour l’établissement de l’Islam.

Face à la situation pénible des musulmans d’aujourd’hui, il incombe à nous ahmadis, de saisir la portée réelle de cette promesse de préférer la foi au monde. Nous devons nous acquitter de nos devoirs envers Dieu et envers les hommes. Nous devons aussi œuvrer diligemment en faveur de l’établissement de l’Islam et de la diffusion de son message. Il nous sera permis, par la suite, de profiter tant que nous le désirons des faveurs de ce monde. Nous avons pour responsabilité de transmettre aux autres le beau message de l’Islam : c’est là un devoir que nous devons assumer. Nous avons pour responsabilité de diffuser la traduction du Coran en différentes langues : c’est là aussi un devoir que nous devons assumer.

Nous allons devoir bâtir des mosquées partout afin que nous soyons de véritables adorateurs de Dieu. Il nous incombe d’assumer cette responsabilité et de lancer des projets dans tous les pays du monde. Nous allons devoir respecter les valeurs humaines et servir de références à cet effet. Si nous accomplissons toutes ces œuvres tout en acquérant les biens de ce monde, ces derniers seront pour nous [une manière de respecter nos devoirs envers] la foi. Sinon, seront illicites aux yeux de Dieu nos occupations que nous considérons licites. Si pour s’acheter le dernier Iphone qui vient de sortir, une voiture ou un complet vestimentaire on remet à plus tard ses contributions financières, ces achats, quoiqu’ils nous soient licites [en temps ordinaires] ne le seront pas [dans ce cas]. Si l’on est en train de construire une mosquée dans sa région et qu’au lieu d’y apporter ses contributions financières l’on accorde préférence à des priorités [personnelles], ces dernières ne seront point légitimes quoiqu’elles puissent l’être en des temps ordinaires et pour un homme ordinaire.

Quand la rumeur du martyre du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se répandait au cours de la bataille d’Uhud, il y avait un compagnon qui, après avoir vu la victoire initiale des musulmans, s’était éloigné des combats pour manger quelques dates sèches car il n’avait pas consommé grand-chose depuis plusieurs jours. Dès qu’il entendit la nouvelle du décès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) il jeta ses maigres victuailles, se rua vers la bataille et tomba en martyr. Il ne s’était point soucier ni de sa faim ni de son ventre : manger ces dattes serait, selon lui en cette occasion, un péché car la religion le lui interdisait. Ainsi toute tâche, aussi belle soit-elle, qui fait obstacle à la foi, devient transgression. Celle qui n’entrave pas le chemin de la foi, même si elle est source de grand plaisir, ne sera point une transgression, au contraire elle sera permise. Il nous incombe de ce fait de nourrir en nous ces sentiments qui pousseront nos cœurs à chercher le plaisir de Dieu.

Il est un récit qui a trait à l’omniscience d’Allah quant aux intentions des hommes. On raconte que trois visiteurs se présentèrent un jour à la mosquée alors le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’y trouvait entouré de ses compagnons. L’un des visiteurs, voyant un espace libre tout près du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), s’avança rapidement afin de l’occuper. Le deuxième s’assit derrière d’autres membres de l’assistance. Quant au troisième, croyant qu’il n’y avait pas de place et qu’il n’allait rien entendre des propos du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), tourna le dos et partit. Après avoir terminé ce qu’il avait à dire le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) demanda : « Désirez-vous que je vous informe de l’état de ces trois visiteurs ? Le premier trouva protection auprès de Dieu et Celui-ci lui accorda refuge : c’est celui qui est assis tout près de moi. Le deuxième s’est senti embarrassé et s’est assis là où il a trouvé de la place : Dieu a ressenti le même sentiment à son égard, c'est-à-dire lui a pardonné ses péchés. Le troisième a tourné son dos et Dieu s’est détourné de lui. »

Apparemment il s’agit là d’un incident insignifiant : deux personnes se sont assises dans une assemblée et une troisième est partie. Mais les actions dépendaient des intentions du cœur et en étaient les expressions. Dieu regarde les intentions et la rétribution qu’Il accorde en dépend. D’où l’importance des intentions : c’est là quelque chose de très important qu’il faut garder à l’esprit. Allah a traité ces personnes selon leurs motivations et leurs actes. Les deux premiers ont été récompensés selon leur rang et le troisième a été privé [de récompense], voire il s’est attiré la colère de Dieu.

Le croyant doit se demander jusqu’à quel point il est prêt à consentir à des sacrifices afin d’atteindre son objectif. Si ses sacrifices sont à la mesure des exigences, en ce cas il méritera le soutien divin. Les sacrifices sont soit à la mesure de ses aptitudes ou soit à la mesure des nécessités. Il n’est point nécessaire que l’on consente, à tout moment, à des sacrifices qui sont à la mesure de ses capacités. Dans certains cas la shariah n’exige que des sacrifices qui sont dans la mesure de ce qui est nécessaire. En voici une analogie : si par exemple quelques individus, selon leurs moyens, offrent 90 euros à un voyageur qui a besoin de 100 euros, il manquera à ce dernier 10 euros. Un autre individu, qui a peut-être les moyens de lui offrir tous les 100 euros dont il avait besoin, n’aura qu’à lui offrir les 10 euros qu’il lui manquaient. Dans ce cas précis quoique que le dernier donateur à plus de moyens, on n’exige de lui que le sacrifice de 10 euros. C’est là un exemple d’un sacrifice qui est à la hauteur des exigences ; si cet individu y consente avec de bonnes intentions il méritera sa récompense.

Si d’aucuns, qui ont les moyens, sont en train de contribuer des milliers d’euros dans un fond quelconque, un pauvre pourrait, selon ses moyens, y contribuer que 10 euros : Dieu, qui connaît les intentions, le récompensera pour son acte et il atteindra son but.

Dans le premier exemple, le riche a atteint son but parce qu’il a contribué la modique somme de 10 euros qui était requise de sa part. L’indigent du deuxième exemple a, lui aussi, atteint son objectif car il a contribué selon ses moyens, voire même plus, afin de mériter le plaisir de Dieu.

Il est dit dans un hadith que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit un jour qu’un dirham a plus de valeur que cent mille dirham, car celui qui n’en possédait que deux a contribué un, alors que celui qui en possédait des centaines de milliers n’a contribué que cent mille, ce qui était bien en deçà de ses moyens.

Il convient de se rappeler que l’objectif principal du croyant est de changer l’état de son cœur afin que ce dernier soit en quête du plaisir de Dieu : c’est ainsi qu’il méritera le salut et c’est par ce moyen qu’il réussira. Voilà le sens de la formule « faire primer la foi sur le monde. » Nous avons reçu de très lourdes responsabilités à porter et d’ailleurs nous promettons aussi de sacrifier notre vie, nos biens, notre temps et notre honneur. Nous devons, à tout moment réfléchir sérieusement sur les actions à entreprendre afin de respecter ces promesses. Aujourd’hui (le 17 octobre) va se tenir l’Ijtema de la Majlis Ansarullah du Royaume-Uni ainsi que la Shoura. Les Ansar devront, durant ces jours, réfléchir sur les mesures à prendre afin de mieux faire prévaloir la foi sur le monde. Les Ansar doivent de toute manière servir d’exemple pour les autres.

Sachez qu’Allah n’a besoin de rien de notre part. Voyez cette faveur qu’Il nous confère : Il nous demande de préférer la foi à ce monde afin qu’Il nous récompense. Sinon Allah n’a besoin ni de notre argent ni de nos personnes. C’est Lui qui a créé tous ces trésors dont regorge la terre, tout cet or, tout cet argent. S’Il le désirait Il aurait pu les offrir tous à ceux qui travaillent pour Sa cause. Cependant, Il nous informe de notre objectif pour ensuite nous inviter à consentir à des sacrifices afin de les atteindre, afin que nous puissions, par ce faire, mériter aussi Son plaisir.

Il nous a aussi donné des enfants : Il aurait pu trouver d’autres moyens pour faire leur éducation, mais Il a confié cette tâche aux parents. Il demande à ces derniers d’encourir les frais, selon leurs moyens, afin que ces enfants puissent atteindre ces nobles objectifs et qu’ils puissent servir la foi.

Ainsi les parents ahmadis doivent bien élever leurs enfants, afin qu’ils puissent servir la religion : et c’est là que l’on pourra respecter ce serment. Ce sont des sentiments que l’on doit impartir en ces enfants dès leur tendre enfance.

En nous confiant ces responsabilités Dieu nous éprouve d’une part et Il nous confère aussi des récompenses. Je m’adresse à tous les responsables de la djama’at dans leur ensemble et je leur dit qu’ils doivent, plus que les autres, comprendre les responsabilités qui leur incombe afin de respecter la promesse de préférer la foi à ce monde.

On leur a confié des charges afin atteindre un but particulier. Pour ce faire, ils vont devoir rehausser le niveau de leur sacrifice. Tous les responsables, de celui qui se trouve au bas de l’échelle, au niveau local jusqu’au niveau central doivent tous se faire une idée exacte de leur importance et s’évertuer à respecter leur engagement.

Souvenez-vous qu’Allah regarde les cœurs : et Il bénit la sincérité de ceux qui travaille avec engouement et leur accorde sa proximité. Un titulaire de poste au sein de la communauté doit faire de son mieux afin d’atteindre ce but. Qu’Allah fasse que tous les responsables, tous les ahmadis, vous et moi, que nous puissions tous comprendre la portée réelle de cette promesse de préférer la foi à ce monde et que nous puissions agir en ce sens.

A la fin de son sermon Sa Sainteté le Calife a annoncé le martyre de Latif Alam Butt Sahib assassiné à Kamra, dans district d'Okara, au Pakistan le 15 octobre dernier tout près de son domicile. Il retournait chez lui dans la soirée quand deux inconnus à moto l’ont interpellé dans la rue. Quand il s’est retourné ils lui ont tiré dessus et il a été touché de quatre à cinq balles à la poitrine. Le martyr a rendu l’âme lors de son transfert à l’hôpital. Inna lillahi wa inna ilaihi rajioune.

Le défunt était âgé de 62 ans et occupait le poste de Nazim Isha’at au sein de la Majlis Ansarullah. Il avait également servi Jama'at dans d'autres capacités. Sa maison servait de centre de prière et de lieu de rencontre pour les membres de la djama’at.

Le martyr était un homme très courageux et avait repoussé, en 2007, un agresseur qui voulait le tuer. Les procédures pour l'acceptation de son Wasiyyah étaient en cours. Sa Sainteté le Calife a gracieusement accepté sa demande de Wasiyyah. Le défunt laisse derrière lui son épouse, une fille et 4 fils. Qu’Allah exalte le statut du martyre et qu’Il accorde patience et persévérance aux membres de la famille endeuillée. Qu’Il accorde aussi Sa protection à tous les ahmadis du Pakistan.


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