Sermons 2024

Attaques contre le Saint Prophète (sa)

Dans son sermon du 19 janvier 2024, Sa Sainteté le Calife a évoqué les attaques subies par le Saint Prophète et sa réaction lors de la bataille d'Ouhoud.

Sermon du vendredi 19 janvier 2024, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Tashahoud, le Ta’awudh et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

J’évoquais la bataille d’Ouhoud. Je vais présenter des détails supplémentaires à ce propos. Comme je l’avais évoqué, l’ennemi avait annoncé que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était tombé en martyr. Quel était l’état des musulmans quand ils ont entendu cette rumeur à propos du martyre de l’Envoyé d’Allah (s.a.w) ?

Selon les récits à ce propos, Ibn Qamî’ah a cru avoir tué l’Envoyé d’Allah (s.a.w) et avait annoncé : « Muhammad (s.a.w.) est mort ! » On dit aussi que c’était Satan, qui s’était personnifié sous la forme de Jou’âl Ibn Sourâqah qui avait fait cette annonce. Jou’âl était parmi les premiers musulmans pieux et était un des [compagnons] d’Al-Souffah. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’avait renommé ‘Oumar (ou ‘Amr) lors de la bataille du Fossé. En entendant cela, les compagnons ont sauté sur Jou’âl dans le but de le tuer. Mais il a plaidé qu’il n’avait fait aucune annonce. Khawwât Ibn Joubayr et Abou Bardah ont témoigné que lorsqu’on avait fait cette annonce, Jou’âl était en train de se battre à ses côtés, tout près de lui. Khawwât a annoncé qu’il était en train de se battre à ses côtés contre l’ennemi. On rapporte aussi que ce fut Azb Al-‘Aqabah qui aurait annoncé à trois reprises : « Muhammad (s.a.w.) est tombé en martyr. »

En tout cas, différents récits présentent plusieurs individus ayant fait cette annonce. Plusieurs personnes ont probablement vu [cette scène] et auraient fait cette annonce. Ibn Qamî’ah, Iblîs et Azb Al-‘Aqabah ont pu faire cette annonce. N’importe quel individu de tempérament satanique aurait pu faire cette annonce. Dès que la rumeur s’est répandue certains musulmans ont déclaré : « Vu que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est tombé en martyr, retournez auprès de vos tribus qui vous accorderont protection. » D’autres ont déclaré : « Vu que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est tombé en martyr, n’allez-vous pas vous battre pour la religion et le message de votre Prophète (s.a.w.) jusqu’à ce que vous tombiez en martyrs et soyez présentés à votre Seigneur ? »

Thâbit Ibn Al-Dahdah a dit aux Ansâr : « Ô frères Ansâr ! Si Muhammad (s.a.w.) est tombé en martyr, Allah, quant à Lui, est bien vivant. Il ne connaitra pas la mort. Battez-vous pour votre religion ! Allah vous accordera le triomphe et le succès. »

En entendant cela, un groupe d’Ansâr s’est apprêté à attaquer, en compagnie de Thâbit, ce groupe de polythéistes parmi lesquels se trouvaient Khâlid Ibn Al-Walîd, ‘Ikramah Ibn Abi Jahl, ‘Amr Ibn Al-‘Âs et Dirâr Ibn Al-Khattâb.

Khâlid Ibn Al-Walîd a riposté violemment face à l’attaque de ce petit groupe de musulmans, tuant Thâbit Ibn Al-Dahdah et ses compagnons Ansâr.

Dans son ouvrage Sîrat Khâtam-un-Nabiyyîn, Hazrat Mirza Bashir Ahmad décrit en ces termes la confusion régnant en ces instants :

« Les musulmans étaient divisés en trois groupes lors de cette phase [de la bataille]. Un groupe était composé de ceux qui avaient fui le champ de bataille en apprenant que le Saint Prophète avait été tué : ce groupe était le plus petit de tous. […] Ce groupe comprenait ‘Outhmân Ibn ‘Affân. Cependant, comme l’évoque le Saint Coran, en tenant compte des circonstances particulières, ainsi que de la foi et de la sincérité de ces compagnons, Allah l’Exalté leur a pardonné cette action de leur part. Certains des leurs avaient même atteint Médine, et de cette manière, la nouvelle du martyre imaginaire du Saint Prophète et la défaite de l’armée musulmane parvinrent également à Médine. Un état de lamentation éclata dans la ville : les musulmans, hommes et femmes, enfants et vieux, sortirent tous de la ville dans un état d’accablement intense et se mirent en route vers Ouhoud. Certains se sont précipités sur le champ de bataille et ont plongé dans les rangs ennemis au nom d’Allah. »

C’est-à-dire qu’ils se sont battus contre l’ennemi.

« Le deuxième groupe comprenait ceux qui n’avaient pas fui, mais qui, après avoir entendu la nouvelle du martyre du Saint Prophète, avaient sombré dans le découragement ou avaient senti qu’il était désormais inutile de se battre. Par conséquent, ils s’étaient déplacés d’un côté du champ de bataille et se sont assis, la tête baissée. Le troisième groupe comprenait ceux qui ont continué à se battre avec constance. Parmi eux, certains s’étaient rassemblés autour du Saint Prophète, faisant preuve de bravoure sans précédent, tandis que la plupart combattaient sur le champ de bataille, dispersés çà et là. Ces derniers, et ceux du deuxième groupe, découvraient à tour de rôle que le Saint Prophète était [en fait] vivant : ils se battaient et se rapprochaient du Saint Prophète à l’image de gens possédés par la folie.

La bataille était telle que l’armée des Qouraychites poussait en avant sur les quatre fronts, telles des vagues océaniques féroces. Une pluie de flèches et de pierres pleuvait sur le champ de bataille de toutes parts. En voyant ce danger, ces fidèles ont entouré le périmètre du Saint Prophète et ont caché son corps béni avec le leur. Cependant, et malgré cela, chaque fois que la force de l’attaque prenait de l’ampleur, cette poignée de combattants était bousculée ici et là, et parfois le Saint Prophète se retrouvait presque seul. »

C’était en ces instants qu’une pierre jetée par ‘Outbah Ibn Abi Waqqâs, le frère idolâtre de Sa’d Ibn Abi Waqqâs, atteignit le visage béni du Saint Prophète (s.a.w.), lui cassant une dent et blessant également sa lèvre. Peu de temps après, une autre pierre lancée par ‘Abdoullâh Ibn Chihâb blessa le front du Saint Prophète (s.a.w.). Ensuite, une troisième pierre lancée par Ibn Qamî’ah atteignit sa joue bénie et y implanta deux anneaux du Mighfar (ou casque) du Saint Prophète (s.a.w.).

Sa’d Ibn Abi Waqqâs était tellement bouillonnant de rage à la suite de l’action de son frère ‘Outbah, qu’il affirma n’avoir jamais ressenti le désir de tuer un ennemi tel que celui qu’il éprouva envers ‘Outbah le jour d’Ouhoud.

Tout en abordant le sujet de la philosophie de l’acceptation de la prière, Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) expliqua également longuement cet incident de la bataille d’Ouhoud. [Dans son discours], il explique que :

« J’ai déclaré que si, en suivant sincèrement le monothéisme, le peuple britannique me demande de prier [pour lui], il connaîtra la victoire. »

[Ces propos] datent de 1940 à l’époque de la Seconde Guerre mondiale.

Il continue : « Je soutiens qu’ils obtiendraient la victoire s’ils me demandaient de prier pour eux. Cette affirmation est en parfait accord avec les prédictions de Dieu, Sa Parole et les visions que j’ai eues.

Le Messie Promis (a.s.) a beaucoup prié pour cette nation. Or ces nations ont placé un homme sur le trône de Dieu. En conséquence, Dieu les soumet à des épreuves. »

En d’autres termes, ils considèrent Jésus comme le fils de Dieu d’où les épreuves qu’ils subissent et ce [en dépit] des supplications faites en leur faveur.

Ensuite, le Mouslih Maw’oud (r.a.) a mentionné les Paighamis (Lahoris) en disant : « Les Paighamis peuvent nier ces faits s’ils le souhaitent. » Autrement dit, le point de vue des Paighamis différait des explications du Mouslih Maw’oud (r.a.). « Or, ajoute-t-il, l’unique élément empêchant l’acceptation des prières du Messie Promis (a.s.) en faveur [des Britanniques] est leur Chirk (idolâtrie). Si cette entrave est partiellement ou complètement supprimée, ces prières seront immédiatement acceptées.

J’ai fait de nombreux rêves selon lesquels leurs problèmes peuvent disparaître grâce à mes prières, mais cela ne signifie pas que toutes mes supplications sont définitivement acceptées. Si c’était en mon pouvoir, pourquoi n’aurais-je pas repoussé les souffrances qui nous accablent ? Le Saint Coran affirme que les mécréants demandaient au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « Si Dieu t’aime autant pourquoi certaines de tes aspirations ne se concrétisent-elles pas ? » Allah demande au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de leur répondre : « Si cela dépendait de mon autorité, j’aurais certainement réuni toutes les bonnes choses pour moi. »

Donc, si le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’était pas assuré que chacune de ses prières serait exaucée, comment pourrait-il en être autrement pour moi ? Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était soumis à la même règle selon laquelle Dieu acceptait certaines de ses prières et établissait son honneur par un signe quand Il le souhaitait. Si cela était valable pour lui, pourquoi ne serait-ce pas le cas pour moi ou pour quiconque d’autre ?

Je reconnais que les Anglais ont le pouvoir de nous exécuter ou de nous emprisonner à leur guise, bien qu’ils soient actuellement affaiblis face à l’ennemi. (En effet leur situation était assez critique durant la Guerre mondiale). Cependant, malgré cela, j’annonce que mes prières peuvent résoudre leurs problèmes, car leur autorité sur notre vie est régie par une loi [distincte], et l’exaucement de mes prières est soumis à une autre loi à cet égard.

Le roi persan avait l’intention de capturer le Saint Prophète (s.a.w.). Ceux chargés de l’arrestation n’étaient pas encore arrivés et n’avaient fait qu’envoyer un messager au gouverneur du Yémen. [Or quand le messager est arrivé] le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a dit de rentrer et de dire à son maître qu’il ne viendra pas. « Notre Dieu a tué ton dieu, » a-t-il ajouté.

Allah a inspiré le fils de ce roi à se rebeller, et il a tué son père. Cependant, lors de la bataille d’Ouhoud, les ennemis ont attaqué l’Envoyé d’Allah (s.a.w.) à coup de pierres, brisant ses dents et le blessant à la tête. Les clous de son casque s’étaient implantés dans sa tête. Inconscient, il est tombé ainsi que d’autres compagnons et certains d’entre eux ont cru qu’il était martyrisé.

D’aucuns pourront demander : « Si Allah accordait un tel honneur au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) au point de tuer, pour sa cause, le roi d’Iran sur une terre lointaine, pourquoi Dieu a-t-Il permis aux mécréants de l’attaquer avec des pierres durant la bataille d’Ouhoud ? Ces objections ne sont pas fondées. Ces décisions d’Allah sont basées sur Ses intérêts et Sa sagesse. Cela relève de Ses secrets. Parfois, Il prend des mesures sévères pour des actions mineures, et parfois, Il accorde des concessions pour des intérêts supérieurs, manifestant ainsi la vulnérabilité et la détresse humaines. »

Bien, je poursuis les récits.

Après les rumeurs de sa mort, les compagnons virent soudainement le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Selon les rapports, Abou ‘Oubaydah fut le premier à découvrir que l’Envoyé d’Allah (s.a.w.) était vivant et sain et sauf. Il affirme qu’il l’avait identifié grâce à ses yeux, qui étaient lumineux et éclairés, émettant une lueur sous son casque.

Il s’agissait d’un casque que les soldats portaient pour protéger leurs yeux et leur visage. Quoi qu’il en soit, Abou ‘Oubaydah relate : « Je percevais la brillance intense dans ses yeux et j’ai compris que le Saint Prophète (s.a.w.) était en vie. Dans l’excitation, dès que je l’ai reconnu, j’ai crié de toutes mes forces : « Musulmans ! Réjouissez-vous ! L’Envoyé d’Allah (s.a.w.) est là ! » Sur ce, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) m’a fait signe de me taire. »

Selon un autre récit, un autre compagnon fut le premier à reconnaître l’Envoyé d’Allah (s.a.w.). Ainsi, un auteur relate qu’après la chute dans le fossé, le corps entier de l’Envoyé d’Allah (s.a.w.) était recouvert de son sang béni. Lorsqu’il sortit, Ka’b Ibn Mâlik le reconnut grâce à ses yeux derrière son casque. Éclatant de joie Ka’b s’écria : « Ô groupe de musulmans, réjouissez-vous ! C’est le Messager d’Allah (s.a.w.) ! »

Le Messager d’Allah (s.a.w.) lui fit signe de rester silencieux, mais à mesure que l’information se propageait, tous les musulmans se précipitaient vers lui. Parmi eux, il y avait Abou Bakr Al-Siddîq, ‘Oumar Ibn Al-Khattâb, ‘Ali Ibn Abi Tâlib, Talhah Ibn ‘Oubaydoullâh, Al-Zoubayr Ibn Al-‘Awwâm, Al-Hârith Ibn Sîma, et d’autres compagnons. Le Prophète (s.a.w.) se réfugia avec eux dans un défilé de la montagne d’Ouhoud. En chemin, face aux attaques ennemies, les compagnons du Prophète (s.a.w.) firent preuve d’une résistance farouche.

Certains livres mentionnent que la situation était devenue délicate et tendue en raison du revirement de la situation pendant la bataille. Soudain, l’Envoyé d’Allah (s.a.w.) émergea entre Sa’d Ibn Mu’adh et Sa’d Ibn Ubadah. « Nous le reconnûmes à sa démarche. Notre joie était sans bornes. Il nous semblait n’avoir subi ni défaite ni pertes. » Lorsque tous les musulmans virent l’Envoyé d’Allah (s.a.w.) et le reconnurent, ils se rassemblèrent autour de lui comme des papillons de nuit [autour d’une lampe], et il les emmena tous vers une passe montagneuse. Abou Bakr, ‘Oumar, ‘Ali, Al-Zoubayr et Al-Hârith Ibn Sîma étaient avec lui en ces moments.

Hazrat Khalifatul Masih II (r.a.) déclare : « Cette attaque [des polythéistes] était, pour les musulmans, totalement inattendue : ils en furent profondément perturbés et ne purent faire face à l’ennemi en raison de leur désorganisation. Les mécréants prirent le contrôle du champ de bataille, et la plupart des compagnons, dans un état de confusion et de panique, fuirent vers Médine, au point que seuls douze compagnons restaient autour du Saint Prophète (s.a.w.). Il y eut même un moment où seulement trois personnes demeuraient autour du Saint Prophète (s.a.w.). Les mécréants ciblaient en particulier le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de leurs flèches. Malgré cette situation précaire, il demeura ferme face à l’ennemi et ne bougea pas de sa position. En fin de compte, l’ennemi chargea subitement et ces quelques individus furent eux aussi repoussés. L’Envoyé d’Allah (s.a.w.) fut blessé et tomba dans un fossé. Certains compagnons qui veillaient sur sa sécurité tombèrent en martyrs. Ainsi, pendant un court laps de temps, le Saint Prophète (s.a.w.) demeura hors de la vue des compagnons ; et la rumeur se répandit dans l’armée qu’il était tombé en martyr.

Cette nouvelle s’avéra encore plus préoccupante pour les compagnons et leur maigre détermination s’amenuisa. Les compagnons en vie présents autour de l’Envoyé d’Allah (s.a.w.) à ce moment-là écartèrent les cadavres et le sortirent du fossé ; et ils se mirent autour de lui pour assurer sa protection.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) sortit du fossé des polythéistes et se dirigea vers le défilé de la montagne avec ses compagnons : [en ces instants] ‘Outhmân Ibn ‘Abdillâh Ibn Moughîrah avança vers lui sur un cheval noir et blanc. ‘Outhmân était en armure de la tête aux pieds et se dirigeait vers le col où le Saint Prophète se rendait et disait : « Soit lui soit moi en reviendra vivant ! »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) entendit sa voix et s’arrêta. À ce moment-là, le cheval d’Outhmân trébucha dans une des tranchées que les polythéistes avaient creusées, et il tomba dedans. Sur ce, Al-Hârith se jeta sur lui. En quelques instants, des coups d’épée furent échangés entre eux. Soudain, Al-Hârith Ibn Sîma frappa son pied de son épée. ‘Outhmân s’effondra instantanément suite à cette blessure. Al-Hârith lui donna le coup de grâce ; puis il prit son armure et son casque.

En voyant cela, l’Envoyé d’Allah (s.a.w.) déclara : « Loué soit Dieu Qui l’a détruit ! » Au même moment, ‘Oubaydoullâh Ibn Jâbir Al-‘Amri attaqua Al-Hârith et le blessa à la tête avec son épée. Les compagnons d’Al-Hârith l’emmenèrent de là. En même temps, Abou Dajanah, avec agilité, assaillit ‘Oubaydoullah. L’ayant tué avec son épée, il revint auprès du Saint Prophète (s.a.w.).

Selon les récits Oubay Ibn Khalaf, un chef de La Mecque, tenta d’attaquer l’Envoyé d’Allah (s.a.w.). Oubayy Ibn Khalaf apparut quand l’Envoyé d’Allah (s.a.w.) se dirigeait vers le défilé. Oubayy Ibn Khalaf avait versé une rançon pour être libéré comme prisonnier après la bataille de Badr. Il a dit qu’il avait un cheval, Al-‘Iwad, qu’il nourrissait quotidiennement d’un Farq soit 7 kilos et demi de maïs. Il était puissant et en excellente santé. Il déclara qu’il monterait ce cheval pour tuer Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Lorsque cette intention lui a été communiquée, le Saint Prophète répondit : « Non ! C’est moi qui le tuerai. » Il est rapporté qu’il avait exprimé cette intention avant l’Hégire à La Mecque. Lors de la bataille d’Ouhoud, le Saint Prophète a informé ses compagnons qu’il craignait une attaque d’Oubay Ibn Khalaf par l’arrière. Il instruisit ses compagnons de l’informer s’ils le voyaient.

Oubay Ibn Khalaf s’approchait en faisant caracoler son cheval revêtu d’armure. L’Envoyé d’Allah (s.a.w.) le remarqua également. Oubayy demanda : « Où est Muhammad (s.a.w.) ? S’il s’échappe, je ne survivrai pas ! » Mous’ab Ibn ‘Oumayr apparut devant lui pour défendre le Saint Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Oubay Ibn Khalaf tua Mous’ab Ibn ‘Oumayr. Les compagnons informèrent le Saint Prophète qu’Oubay venait dans sa direction et que s’il le souhaitait, l’un d’entre eux pourrait le tuer.

Selon un autre récit, les compagnons se placèrent devant lui. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) donna l’ordre : « Laissez-le et écartez de vous de son chemin ! » Quand Oubay s’approcha, l’Envoyé d’Allah (s.a.w.) déclara : « Ô menteur ! Où vas-tu ? » Le Prophète prit une lance de la main d’Al-Harith Ibn Sîma – ou d’Al-Zoubayr Ibn Al-‘Awwâm, selon un autre récit. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) fit un mouvement et les compagnons s’écartèrent de lui comme les mouches s’écartant des flancs d’un chameau. L’Envoyé d’Allah (s.a.w.) s’approcha d’Oubayy et lui donna un coup de lance au cou ou près de l’endroit visible entre le casque et l’armure, ce qui le fit tomber de son cheval plusieurs fois. Il se mit à beugler comme un taureau. Il eut une légère égratignure sur le cou, et le sang arrêta de couler – ou [selon certains] peut-être l’une de ses côtes se brisa. Il retourna parmi son peuple et dit : « Par Dieu, Muhammad (s.a.w.) l’Arabe m’a tué ! »

Son peuple lui répondit : « Tu t’en fais trop ! Par Dieu ! Tu n’as rien. Ce n’est qu’une égratignure. Si quelqu’un parmi nous avait reçu une blessure aussi légère à l’œil, cela n’aurait rien été pour lui. » Il répondit en disant : « Par Lât et Ouzzâ ! Si les tribus d’Ahl Zoul Majaz, Rabia et Moudar avaient reçu une telle blessure, elles auraient toutes péri. À La Mecque, il (le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)) m’avait dit qu’il me tuerait. » Par Dieu, s’il m’avait craché dessus, je serais mort. » Pendant que les polythéistes rentraient, Oubayy a rejoint l’enfer à Sarif.

Sarif est une grande vallée connue aujourd’hui sous le nom de Nawwâriyyah. C’était la septième station lors du pèlerinage d’adieu [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)], située à Tanîm à environ neuf ou dix milles de La Mecque.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb relate : « Quand Les Qouraychites eurent reculé partiellement, les musulmans présents sur le champ de bataille se rassemblèrent autour du Saint Prophète (s.a.w.) dès qu’ils l’aperçurent. Accompagné de ce groupe de compagnons, le Saint Prophète (s.a.w.) entama lentement l’ascension jusqu’au sommet de la montagne pour atteindre un col sécurisé. En cours de route, Oubayy Ibn Khalaf, un chef de La Mecque, remarqua la présence du Saint Prophète (s.a.w.). Aveuglé par son hostilité et sa malveillance, il se précipita vers le Saint Prophète (s.a.w.), criant ces mots : « Si Muhammad (s.a.w.) s’échappe vivant, je ne survirai pas ! »

Bien que les Compagnons aient essayé de le retenir, le Saint Prophète (s.a.w.) de déclarer : « Laissez-le ! Laissez-le venir à moi. » Lorsqu’il s’approcha du Saint Prophète (s.a.w.) dans l’intention de l’attaquer, ce dernier prit une lance et lui asséna un coup unique, le faisant pivoter et chuter au sol.

Ensuite, se relevant, il retourna en courant et en hurlant. Bien que la blessure ne fût pas trop grave, il fut enterré avant d’atteindre La Mecque. »

Le Saint Prophète (s.a.w.) atteignit le col de la montagne avec ses compagnons. Ibn Ishâq relate à ce propos : « Après l’annonce du martyre du Messager d’Allah (s.a.w.) et la dispersion de certains, Ka’b Ibn Mâlik fut le premier à voir le Prophète (s.a.w.). Il rapporte : « Lorsque j’ai vu les yeux brillants du Prophète à travers son casque, j’ai crié à haute voix : « Ô Musulmans ! Réjouissez-vous ! Voici le Messager d’Allah (s.a.w.) ! »

En entendant cela, l’Envoyé d’Allah (s.a.w.) fit un signe de la main pour lui demander de se taire. Quand les musulmans le reconnurent, ils se dirigèrent avec lui vers un défilé. En sa compagnie se trouvaient Abou Bakr, ‘Oumar, ‘Ali, Talhah Ibn ‘Oubaydillâh, Al-Zoubayr, Al-Hârith Ibn Sîma et d’autres compagnons. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ses compagnons se trouvaient sur la colline, un groupe de Qouraychites atteignit le sommet soudainement. Khâlid Ibn Al-Walîd était également présent dans ce groupe.

En voyant l’ennemi en haut le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pria en ces termes : « Ô Allah ! Il ne leur sied pas [de la surmonter c.-à-d.] d’être victorieux sur nous. Ô Allah, nous n’avons pas de force, de pouvoir, sauf à travers Toi. » En ces instants-là, ‘Oumar Al-Fârouq, accompagné d’un groupe de Mouhâjirîn, confronta ces ennemis et les obligea à redescendre de la montagne. »

Voici le récit du Sîrat Khâtam-un-Nabiyyîn à ce propos : « Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) atteignit le défilé, un contingent de Qouraych dirigé par Khâlid Ibn Al-Walîd tenta de gravir la montagne pour lancer une attaque. Cependant, sur l’ordre du Saint Prophète (s.a.w.), ‘Oumar les affronta avec quelques Mouhâjirîn et les chassa. »

Selon un récit de cet événement de la bataille, Al-Zoubayr rapporte qu’au jour de la bataille de Ouhoud, l’Envoyé d’Allah (s.a.w.) portait deux cottes de mailles. Il essaya d’escalader la montagne, mais se sentait affaibli en raison du poids de son armure et des blessures sur sa tête et son visage bénis qui saignaient. Le voyant incapable de grimper, Talhah s’est accroupi [devant lui] et l’Envoyé d’Allah (s.a.w.) se mit à califourchon sur [son dos] pour gravir la montagne.

Al-Zoubayr relate : « En ces instants, j’ai entendu l’Envoyé d’Allah (s.a.w.) dire que Talhah a mérité le Paradis. » Selon un autre récit, l’Envoyé d’Allah (s.a.w.) avait l’intention de gravir la montagne qui était sur la gorge, mais lorsqu’il a commencé à grimper, le sang a commencé à couler des blessures sur sa tête, affaiblissant sa force. D’ailleurs, il était alourdi par le poids des deux cottes de mailles qu’il portait. En voyant cela, Talhah Ibn Oubaydillah s’est rapidement accroupi devant l’Envoyé d’Allah (s.a.w.) et a gravi la montagne en le portant sur ses épaules.

Alors, l’Envoyé d’Allah (s.a.w.) déclara que le Paradis était assuré pour Talha en raison de cette action vertueuse de sa part. Comme mentionné précédemment, une dent bénie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) fut également perdue lors de cette même bataille.

Abou Bakr (r.a.) a brossé un tableau de ces événements. À ce sujet, ‘Aïcha (r.a.) dit que lorsqu’Abou Bakr (r.a.) racontait l’incident du jour d’Ouhoud, il disait que le jour appartenait à Talhah. Racontant les détails, Abou Bakr (r.a.) disait : « Je faisais partie de ceux qui sont retournés vers le Saint Prophète (s.a.w.). Quand je suis revenu, j’ai vu qu’il y avait un individu qui protégeait le Saint Prophète (s.a.w.) et combattait à ses côtés. » Le narrateur dit : « Je crois qu’Abou Bakr a déclaré qu’il le protégeait. » Abou Bakr (r.a.) ajoute : « Je me suis dit : je souhaite que cette personne soit Talhah. J’ai raté l’occasion, mais au fond de moi, je souhaitais que cette personne appartienne à ma tribu, car cela me plairait davantage. » Voilà ce que pensait Abou Bakr (r.a.) en ces instants.

Il ajoute : « Il y avait une personne entre moi et le Saint Prophète (s.a.w.) que je ne pouvais pas reconnaître, même si j’étais plus proche de cet individu que le Saint Prophète (s.a.w.). Il marchait si vite que je ne pouvais pas le suivre. Quand j’ai observé de près, j’ai réalisé que c’était Abou ‘Oubaydah Ibn Al-Jarrâh (r.a.). (Il y avait deux individus avec le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : Talhah et ‘Oubaydah Ibn Al-Jarrâh.)

J’ai atteint le Saint Prophète (s.a.w.). Son incisive latérale (c’est-à-dire la dent entre les deux incisives centrales et les canines) a été cassée et son visage a été blessé. Les anneaux du casque s’étaient logés dans la joue du Saint Prophète (s.a.w.). Il nous a demandé d’aller voir notre compagnon (c’est à dire Talhah) car celui-ci avait perdu beaucoup de sang. (Talhah fut grièvement blessé en protégeant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).)

Ainsi, au lieu de leur demander de s’occuper de ses blessures, le Saint Prophète (s.a.w.) leur ordonna de s’occuper de Talhah. Abou Bakr (r.a.) déclare : « Nous avons laissé Talhah (c’est-à-dire qu’ils n’ont pas fait attention à Talhah, et ont préféré se concentrer sur le Prophète). Je me suis avancé pour retirer les chaînes du casque de la joue du Saint Prophète (s.a.w.).

Sur ce, Abou ‘Oubaydah (r.a.) a dit : « Je vous conjure par le droit que j’ai sur vous : s’il vous plaît, laissez-moi cette tâche ! » J’ai donc laissé la tâche à Abou ‘Oubaydah (qui souhaitait retirer les anneaux). Abou ‘Oubaydah ne souhaitait pas retirer les anneaux avec sa main, de peur de faire souffrir le Saint Prophète (s.a.w.). Il a tenté d’arracher les anneaux avec ses dents. Lorsqu’il a retiré un anneau, sa dent de devant s’est également cassée. J’ai fait un pas en avant pour retirer le deuxième anneau de la même manière. Abou Bakr (r.a.) dit : « Je tenterai de retirer l’autre anneau, mais Abou Oubayda (r.a.) a répété : « Je vous conjure par le droit que j’ai sur vous : veuillez me laisser cette tâche ! » (C’est-à-dire qu’il souhaitait retirer lui-même le deuxième anneau).

Abou Bakr (r.a.) s’est écarté, et Abou ‘Oubaydah (r.a.) a répété son action. Quand il a retiré le deuxième anneau, l’autre incisive d’Abou Oubayda s’est cassée. Abou ‘Oubaydah (r.a.) était le plus beau de tous ceux dont les deux dents de devant étaient cassées, disait Abou Bakr (r.a.). Après avoir soigné les blessures du Saint Prophète (s.a.w.), nous sommes allés voir Talhah : il était (assis) dans un fossé. Nous avons vu qu’il avait reçu près de 70 blessures par épée, lance et flèche et qu’un de ses doigts avait été sectionné. Nous avons soigné ses blessures. »

En sus de la mention d’Abou ‘Oubaydah, il existe également des narrations évoquant ‘Ouqbah Ibn Wahb et Abou Bakr, leur attribuant également l’extraction des maillons ; mais la première narration est plus authentique.

Abou Sa’îd Al-Khoudri raconte que lorsqu’on a retiré les deux maillons du visage béni du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) le sang s’en écoula comme de l’eau d’une outre. Mâlik Ibn Sinân a commencé à aspirer le sang avec sa bouche. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé : « Bois-tu le sang ? » Il a répondu : « Oui. » L’Envoyé d’Allah (s.a.w.) a déclaré : « Le Feu de l’Enfer ne touchera pas celui dont le sang se mêle au mien. »

Cette narration se trouve dans Souboul Al-Houda wa’l-Rachâd. Cependant, il semble que ce récit nécessite un examen attentif, car d’autres récits sont en contradiction avec celui-ci. En tout cas, Allah sait le mieux où se situe la vérité, car cette méthode pourrait entraîner davantage de saignements et une faiblesse accrue. Néanmoins, des réponses supplémentaires sont fournies dans les récits et il semblerait que cette narration ne soit peut-être pas très fiable.

Le recueil d’Al-Boukhari relate ceci à propos de la blessure subie par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) au cours de la bataille d’Ouhoud :

On a questionné Sahl Ibn Sa’d à propos de la blessure du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il a répondu : « Vous m’interrogez à ce propos ? Par Allah ! Je sais même très bien qui était en train de laver la blessure du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). » C’est-à-dire qu’il pouvait encore voir la scène [toute entière]. « Je sais aussi qui était en train de verser l’eau [dessus] et quels étaient les médicaments qu’on utilisait. »

Sahl ajoute : « Fâtimah, la fille du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était en train de laver ses blessures. ‘Ali fournissait l’eau avec [son] bouclier. Quand Fâtimah a constaté que l’eau accentuait le saignement, elle a pris un morceau d’un sac et l’a brulé, pour l’apposer sur la blessure du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le saignement a cessé. Par ailleurs, ce jour-là, la dent avant du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’était aussi brisée. Il était blessé au visage ; son casque s’était brisé sur sa tête. »

On trouve mention ici [des efforts entrepris] pour arrêter le saignement et le lavage de la plaie : il n’y a pas mention ici d’aspiration de son sang. Ce récit d’Al-Boukhari est authentique.

Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est arrivé dans le ravin pendant la bataille d’Ouhoud, ‘Ali Ibn Abi Tâlib a rempli son bouclier avec de l’eau de Mirath. Mirath étaient les petits et grands trous qui recueillent l’eau de pluie sur le mont Ouhoud. Ceci est la définition du mot Mirath. C’est l’endroit près duquel Hamzah est tombé en martyr.

[‘Ali avait apporté cette eau] afin que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) puisse en boire. Cependant, en raison de l’odeur désagréable [qui en émanait], il a choisi de ne pas la boire ; il en a lavé le sang de son visage et l’a versée sur sa tête, puis a déclaré : « Subira la colère sévère d’Allah, quiconque blesse le visage de Son Prophète. »

Muhammad Ibn Maslamah est allé demander de l’eau aux femmes. Elles n’en avaient pas. Or le Prophète Muhammad (s.a.w.) avait une soif intense. Alors, Muhammad Ibn Maslamah s’est rendu auprès d’une source et en a apporté de l’eau douce. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a bu cette eau et a fait une prière en sa faveur. Selon Al-Tabarâni, Sahl Ibn Sa’d rapporte que le jour de la bataille d’Ouhoud, le visage du Prophète Muhammad (s.a.w.) a été blessé et ses dents bénies ont été brisées. Son casque a été fracturé sur sa tête.

Lorsque les polythéistes se sont retirés, les femmes sont venues vers les compagnons. Fâtimah était présente parmi elles. Quand elle a rencontré le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), elle l’a embrassé et a commencé à laver ses blessures. ‘Ali versait dessus de l’eau de son bouclier. Mais il y avait beaucoup de sang qui coulait. Alors, Fâtimah brûla une feuille de palmier, la transforma en cendres et l’utilisa pour compresser la plaie jusqu’à ce qu’elle fusionnât avec la blessure et que le saignement s’arrête. Le visage béni du Prophète Muhammad (s.a.w.) saignait, et il essuyait son propre sang, en disant : « Comment un peuple pourra-t-il prospérer quand il a blessé son Prophète et brisé son incisive, tandis qu’il les invite vers Allah ? »

Inchâ Allah, je présenterai le reste à l’avenir.

Je vous demande de prier pour la Palestine. Désormais, la situation des pays musulmans en est venue à un point où au lieu de s’unir pour sauver la Palestine, les musulmans ont commencé à se battre entre eux. On entend maintenant parler de tensions entre le Pakistan et l’Iran. Ils se sont même attaqués mutuellement. Cette situation dangereuse est en train de se développer. Qu’Allah accorde sagesse et compréhension aux dirigeants de ces pays musulmans ! Prions également qu’Allah leur donne la capacité de comprendre leur véritable objectif et de devenir une seule nation.

Après la prière, je dirigerai deux prières funéraires en l’absence des dépouilles. La première concerne feu Sayyid Maulood Ahmad, fils de feu Sayyid Dawood Mazhar Shah, qui est décédé ces derniers jours à l’âge de soixante-dix-sept ans. À Allah nous appartenons et à Lui nous retournons.

Il était le petit-fils maternel de Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) et de Sayyida Umm-e-Tahir Sahibah, et le fils de Sahibzadi Amatul Hakim Sahibah et de Sayyid Dawood Mazhar Shah Sahib. Par la grâce d’Allah, il était Moussi. Il était également mon cousin maternel et le frère aîné de mon épouse.

Sayyid Mahmood Allah Shah Sahib, le fils de Sayyid Abdus Sattar Shah Sahib, était le grand-père du défunt. Hazrat Dr. Sayyid Abdus Sattar Shah Sahib était une personne de grande piété et pureté. Il était caractérisé par sa modestie et son humilité, et il était très engagé dans le respect des devoirs envers Allah et des droits d’autrui.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Sahib a rapporté un récit à propos d’Abdus Sattar Shah Sahib. Hazrat Mirza Bashir Ahmad (r.a.) a raconté un incident concernant Abdus Sattar Shah Sahib. Il dit qu’il le lui a raconté lui-même (le docteur Syed Abdus Sattar Shah en a parlé à Hazrat Mirza Bashir Ahmad lui-même). Une fois, le premier Calife (r.a.) tomba gravement malade, et c’était à l’époque où il résidait chez le Messie Promis (a.s.). Le Messie Promis (a.s.) offrit des chèvres en aumône. Le docteur dit qu’il était lui aussi présent là-bas. Il passa la nuit auprès du premier Calife (r.a.) et lui offrit des médicaments. Le matin, lorsque le Messie Promis (as) vint pour sa visite, le premier Calife (r.a.) dit : « Votre Sainteté, l’honorable docteur est resté éveillé toute la nuit à mes côtés ; il m’a donné des médicaments et s’est occupé de moi. » Le Messie Promis (as) en fut satisfait et dit : « Nous aussi, nous l’envions. Cette famille est destinée au paradis. » Le Messie Promis (a.s.) répéta ces mots à plusieurs reprises. Il continua à dire cela à propos du Docteur Abdous Sattar Shah Sahib.

Syed Maulood Shah a poursuivi ses études à Rabwah. Il a obtenu son certificat d’études secondaires, son diplôme d’études intermédiaires (FSc) ; ensuit il s’est inscrit au Lahore Engineering College où il a obtenu un diplôme en génie mécanique. Il a travaillé dans différentes entreprises au Pakistan. Ensuite, il a travaillé, toujours en tant qu’ingénieur, pour une entreprise au Nigéria. Par la grâce d’Allah, il a mené une vie prospère.

Le troisième Calife (r.h.) avait prononcé son Nikâh. Dans son sermon, le troisième Calife (r.h.) a déclaré que la relation dans un mariage est comme une greffe d’arbre, qui doit être très soigneusement entretenue dès le début. Parfois, je cite ces anciens sermons de Nikâh car les gens demandent comment ils peuvent entretenir correctement leur mariage, et ce sont des conseils que nous devrions garder à l’esprit. Ils sont brefs et c’est pourquoi, parfois, je mentionne les conseils des précédents Califes dans mes sermons.

En tout cas, Khalifatul Masih III (r.h.) a déclaré que ces relations doivent être soigneusement entretenues dès le début. Selon les conseils du Saint Coran, cette greffe doit être maintenue avec la corde d’Al-Qawl Al-Sadîd (la parole franche). En d’autres termes, elle doit être attachée avec la corde de la vérité absolue, et c’est ainsi que cette relation pourra être protégée. Cette responsabilité ne repose pas seulement sur le mari et la femme, mais aussi sur leurs familles, leur environnement, voire même leurs amis, sinon de nombreuses habitudes se développent à la suite de pensées négatives, de commérages, d’impatience ou de colère. La vérité franche est une corde très solide qui empêche cela.

Ensuite, le troisième Calife (r.h.) a dit : « Que Dieu fasse en sorte que le Nikâh que je m’apprête à annoncer soit une source de bénédictions pour les deux familles, pour la Communauté et pour l’humanité. Puisse leur progéniture devenir des serviteurs de la foi. » Il a ajouté : « L’union a été scellée entre Syed Maulood Shah, le fils de ma jeune sœur Amatul Hakeem et de Syed Daud Muzaffar Shah, et Lubna Shahbaz, fille du Docteur Syed Ghulam Mujtaba. À propos du docteur, il a dit : « L’honorable docteur fait partie de ces premiers médecins qui ont servi en tant que Wâqifîn-e-Zindagi en Afrique de l’Ouest. » Allah a mis la guérison entre ses mains et il a servi en tant que chirurgien accompli, d’abord au Ghana, après quoi il a été envoyé au Nigeria pendant un certain temps où il a également servi temporairement. Plus tard, il a souffert de complications cardiaques, ce qui l’a obligé à rentrer. Ensuite, le troisième Calife (r.h.) a prié pour lui : « Que Dieu le Très-Haut lui accorde la santé et lui permette de retourner en Afrique. » Allah a accepté cette prière et plus tard, il a pu retourner en Afrique et a eu l’occasion d’y servir pendant longtemps.

Ensuite, le troisième Calife a prié : « Que Dieu le Très-Haut permette à Syed Maulood Ahmad de servir la foi. » Par la suite, il offrait tous les services volontaires qu’il pouvait.

Son fils, Syed Saud Ahmad, relate : « Mon père a toujours été assidu dans l’accomplissement des prières ; il récitait le Saint Coran après la prière du Fajr. En fait, il était aussi assidu dans l’accomplissement du Tahajjoud (prière volontaire de la nuit). »

J’en suis moi-même au courant. Il avait une très belle récitation du Saint Coran.

Son fils ajoute : « Avant de dormir, il nous racontait des histoires et des incidents liés aux anciens. Il était régulier dans ses contributions financières et nous enjoignait également d’être assidus dans nos contributions financières. Même quand il nous donnait de l’argent de poche, il nous disait de d’abord offrir nos contributions financières. Si nous recevions de l’argent à l’occasion de l’Eid, il nous conseillait également d’offrir des contributions financières à partir de cela. Il avait créé un dossier séparé pour chacun de nous. De même, lorsqu’il a fait adhérer ses enfants à l’institution d’Al-Wasiyyah, il en a également tenu un compte dans des dossiers et s’est assuré lui-même que toutes les contributions financières étaient réglées. Outre le jeûne du Ramadan, il jeûnait également pendant le mois de Chawwâl. Il récitait le Saint Coran deux fois dans son intégralité et essayait de le terminer une troisième fois pendant le Ramadan. En outre, il écrit qu’il était une personne intègre, transparente et directe. Il était par ailleurs très amical. Qu’il soit bien familiarisé avec les autres ou pas, il maintenait le contact avec autrui et trouvait une excuse pour s’informer du bien-être des autres. Il traitait tout le monde avec gentillesse, qu’ils soient plus âgés ou plus jeunes. Il ne nourrissait jamais de la rancune envers quiconque et ne nourrissait aucun préjugé. Peu importe la malveillance d’autrui, il démontrait toujours de bonnes manières en réponse. Si quelqu’un était très malveillant, il allait lui-même vers cette personne pour combler l’écart. »

Ce n’est pas quelque chose que seul son fils a mentionné ; j’ai moi-même été témoin du fait qu’il possédait réellement ces excellentes qualités. J’ai vu cela, et beaucoup de ceux qui le connaissaient et qui ont présenté leurs condoléances ont également écrit et dit qu’il possédait ces qualités.

Son fils écrit aussi : « Une fois, Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) a voyagé à l’étranger et lui a ramené un jouet en cadeau. Le défunt l’a ouvert et l’a mis en pièces. Hazrat Mouslih Maw’oud (ra) lui a dit : « J’ai apporté un cadeau pour toi et voici que tu l’as cassé en morceaux. » En réponse, il a dit : « Je vais le réparer tout de suite », et il l’a effectivement réparé devant Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.). Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) dit alors à sa mère qu’elle devrait faire de lui un ingénieur. Les paroles du Mouslih Maw’oud (r.a.) se sont réalisées ; il est ensuite devenu ingénieur, et un ingénieur excellent en plus.

Il y a un conseil très utile du Mouslih Maw’oud (r.a.) pour tout le monde que je vais vous présenter. Une fois, Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) visitait sa ferme dans le Sindh. Le défunt était présent [au pays] à cette époque. Il était avec son père dans l’entourage du Mouslih Maw’oud (r.a.), visitant et évaluant la terre. Il paraît qu’à ce moment-là, c’était la saison des mangues et il y avait des fruits. Les entrepreneurs des vergers avaient cueilli les mangues et en avaient fait une pile. On leur vendait les récoltes du verger ; de cette manière, les fruits leur appartiennent. Certaines pièces sont prélevées par le propriétaire. Néanmoins, l’entrepreneur avait cueilli les fruits et en avait fait une pile. À l’époque, Syed Maulud était encore un enfant et avait pris une mangue de la pile. Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) lui dit : « Va la remettre à sa place. Elle ne t’appartient plus, elle appartient à l’entrepreneur. » C’était la manière dont le Mouslih Maw’oud (r.a.) assurait la tarbiyyah (formation morale) des autres. Il aurait pu dire que la mangue serait prélevée sur la part qu’ils receveraient et qu’il n’y avait aucun problème. Mais c’est ainsi qu’il a formé son petit-fils.

Ensuite, Marya, la fille de Syed Maulood, relate : « Notre père récitait fréquemment le Saint Coran et lisait les ouvrages du recueil Rouhâni Khazâ’in et les Malfouzât. » Je sais également qu’il lisait le Tafsîr Kabîr et en possédait une connaissance très approfondie. Il n’étalait pas [habituellement] sa connaissance devant les autres ; cependant, si quelqu’un posait une question ou soulevait un problème, il donnait de bonnes réponses. » D’autres m’ont également écrit à ce sujet. « Que nous ayons posé une question religieuse ou séculière, dit sa fille, il fournissait une excellente réponse. Il inculquait toujours en nous l’habitude de la prière et disait : « Il suffit de prier et de laisser le reste à Allah. » Que Dieu le Très-Haut lui accorde Son pardon et lui fasse miséricorde. Qu’Il protège sa femme et ses enfants, et leur permette de perpétuer ses vertus. Son frère, Syed Sahib, m’a également écrit qu’une de ses plus grandes qualités était qu’il était toujours le premier à participer à une célébration ou à un moment de chagrin ; il félicitait lors d’un moment de bonheur, ou était le premier à rendre visite à quelqu’un s’il tombait malade.

Hanif Mahmood, un missionnaire, écrit : « J’ai fait sa connaissance à Islamabad. Il était très simple, élégamment habillé, calme, avait une disposition sainte et angélique. Il avait un grand respect pour les Wâqifîn-e-Zindagi et les missionnaires en particulier. Lorsqu’il venait à Rabwah, il entretenait la relation que nous avions établie à Islamabad. Il me cherchait souvent dans la mosquée pour me rencontrer. Chaque fois que nous lui demandions des prières, il nous en demandait les nouvelles de l’issue de la question. Comme je l’ai dit, que Dieu le Très-Haut permette à ses enfants de perpétuer ses vertus.

La deuxième prière funéraire sera celle du respecté Ikmid Ag Mohammad. Il était le président local de la Jama’at de Mahdi Abad dans la région de Dori, au Burkina Faso. Il est décédé il y a quelques jours à l’âge de 65 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Il laisse derrière lui deux veuves, 10 fils et cinq filles.

Le missionnaire en charge écrit : « Le défunt était très fort et en bonne santé. Récemment, je suis allé à Dori pour rendre visite aux familles des martyrs, et il installait lui-même les familles dans leurs maisons. » La Jama’at a construit de nouvelles maisons pour les familles des martyrs, et il les aidait à s’installer. « Après deux jours, il est rentré chez lui. C’est alors qu’il a perdu connaissance ; il a fait une grave crise cardiaque et est décédé. En 1999, il a eu l’honneur d’accepter l’Ahmadiyya. Après être devenu ahmadi, il a déménagé à Mahdi Abad pour vivre avec M. Al-Hajj Ibrahim Bidiga. Il accompagnait M. Al-Hajj Ibrahim Bidiga pour prêcher dans les villages voisins. Grâce à la prédication, il a établi de nombreuses nouvelles Jama’ats locales. Il était employé du gouvernement, travaillant en tant que garde forestier pour le ministère des eaux et des forêts. Il avait perdu son travail en raison du terrorisme qui sévissait là-bas.

Lorsque les récoltes étaient moissonnées, il séparait sa portion de la récolte dédiée à la Zakat du reste des membres. Il effectuait tous les calculs pour la Zakat, les soumettait au secrétaire des finances et obtenait les reçus.

Il a en outre servi en tant que président local à Mahdi Abad pendant cinq ans. Il était très doux et avait un tempérament calme. Il ne se mettait jamais en colère.

Lorsque les terroristes ont attaqué [les ahmadis] à Mahdi Abad le 11 janvier 2023, il était déjà rentré chez lui après avoir fait la prière du Maghrib. Suite à cet incident, une grande peur et terreur se sont installées parmi les membres de la Jama’at ; en raison des martyres, les gens étaient bouleversés. Il a rassuré et consolé les gens. Lorsque je lui ai demandé de déplacer les gens de Mahdi Abad à Dori, il a travaillé avec une grande diligence pour accomplir cela. Il a donné de la force aux gens et les a revigorés. Il a pris des dispositions pour que tous les membres soient déplacés à Dori sous sa supervision, et jusqu’à son décès, il s’est occupé des besoins de toutes les familles des martyrs. »

Rana Farooq, un missionnaire à Dori, écrit : « Chaque jour, après la prière du Fajr, il présentait ses salutations à toutes les familles des martyrs et s’enquérait de leur bien-être. Si jamais il y avait un problème, il tentait de le résoudre immédiatement. » Actuellement, il y a environ 800 membres réfugiés et issus de diverses Jama’ats locales à Dori ; il prenait soin de tous. Il était toujours prêt à les servir. Il était très assidu dans l’accomplissement des prières et offrait toujours sa pleine coopération à la Jama’at. Il encourageait également les autres à en faire de même. Que Dieu le Très-Haut lui accorde Son pardon et lui fasse miséricorde. Qu’Il accorde patience et force à ses enfants et à ceux qu’il a laissés derrière lui, et qu’Il leur permette également de perpétuer ses vertus.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)

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