Parfois, les gens l'arrêtaient en chemin et engageaient la conversation avec lui, lui exposant leurs problèmes et lui adressant leurs requêtes. Il les écoutait toujours patiemment, attendant qu'ils aient fini avant de reprendre son chemin. Quelque­fois, en lui serrant la main, ils lui tenaient la main pendant longtemps et — bien qu'il trouvât cela incommode et une perte de temps précieux — il n'était jamais le premier à retirer la sienne. Les gens allaient librement à lui et lui rapportaient leurs difficultés et leurs problèmes, lui demandant aide et conseil. S'il pouvait les aider, il ne le refusait jamais. Parfois, il était harcelé par des requêtes plus ou moins raisonnables, mais il continuait à les entendre autant qu'il pouvait. À l'occasion, après avoir accédé à une demande, il exhortait le solliciteur à avoir une plus grande confiance en Dieu et à éviter d'attendre après l'assistance d'autrui.

Un jour, un pieux musulman lui demanda de l'argent plusieurs fois de suite, et il répondit à sa requête à chaque fois, mais à la fin il lui dit : « Il est mieux pour l'homme de mettre sa confiance en Dieu et d'éviter de faire des requêtes. » La personne concernée était un homme sincère. Par respect pour les sentiments du Saint Prophète, il n'offrit pas de lui rendre l'argent qu'il avait déjà reçu, mais il déclara qu'à l'avenir il ne demanderait plus rien à personne dans n'importe quelles circonstances. Des années plus tard, il prenait part à une bataille, monté sur un cheval. Au plus fort du combat, au milieu de la confusion et de la mêlée d'armes, entouré d'ennemis, son fouet lui échappa des mains. Un soldat musulman qui combattait à pied, voyant sa mauvaise posture, se baissa pour ramasser le fouet, mais il le pria de n'en rien faire et, sautant de son cheval, il ramassa lui-même son fouet, expliquant au soldat que, longtemps auparavant, il avait promis au Saint Prophète qu'il ne demanderait plus jamais rien à personne et que s'il l'avait laissé ramasser son fouet, c'eut été une requête indirecte de sa part ; ainsi, il se serait rendu coupable de ne pas avoir tenu sa promesse.

(Source : Introduction à l'étude du Saint Coran par Hadrat Mirza Bashir Ud Din Mahmud Ahmad (r.a.) - Khalifatul Masih II)