Sermon du vendredi 08 décembre 2017, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a cité le verset 15 du chapitre 3 du Coran avant d'entamer son sermon.

زُيِّنَ لِلنَّاسِ حُبُّ الشَّهَوَاتِ مِنَ النِّسَاءِ وَالْبَنِينَ وَالْقَنَاطِيرِ الْمُقَنْطَرَةِ مِنَ الذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ وَالْخَيْلِ الْمُسَوَّمَةِ وَالْأَنْعَامِ وَالْحَرْثِ ذَلِكَ مَتَاعُ الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَاللَّهُ عِنْدَهُ حُسْنُ الْمَآَبِ

La traduction de ce verset est comme suit : « L’amour des choses désirées est embelli pour les gens — femmes, enfants, trésors amassés d’or et d’argent, chevaux marqués, bestiaux et récoltes. Telle est la provision de la vie d’ici-bas ; mais c’est auprès d’Allah qu’il y a un excellent endroit de retour. »  (Le Saint Coran, chapitre 3, verset 15)

Allah évoque ici la condition de ceux qui L’oublient et dont l’unique objectif est l’acquisition des biens de ce bas monde. L’homme tombe dans les filets de Satan lorsqu’il oublie Allah. Certainement, c’est Allah qui a créé tous ces biens qui font partie de Ses faveurs : il faudra aussi en profiter. D’ailleurs le Messie Promis (a.s.) nous explique que se couper entièrement de ce monde est un acte condamnable. Il faut aussi se marier, car c’est là une sounnah (tradition) du Saint Prophète (s.a.w.). Il en est de même des autres œuvres [de ce monde] que les compagnons accomplissaient. Certains possédaient d’ailleurs d’immenses richesses ; néanmoins, ils ne s’étaient pas voués corps et âme à ce bas monde.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Sachez que Dieu ne désire pas que vous délaissiez entièrement le monde. Il souhaite que vous vous purifiiez l’âme tout comme Il l’affirme :

قَدْ أَفْلَحَ مَنْ زَكَّاهَا

C'est-à-dire, celui qui réforme son âme aura du succès.

 Faites du commerce, cultivez la terre, trouvez un emploi ou un métier, mais prémunissez votre âme contre toute désobéissance à Dieu. […] Accomplissez cette purification qui empêchera vos occupations terrestres de vous rendre négligents envers Dieu. » 

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Accorder à l’âme ce qui lui revient de droit est permis. Les excès de l’âme sont, quant à eux, interdits. »

Le croyant doit se souvenir de ce conseil : l’attrait des biens terrestres ne doit pas le rendre oublieux à l’égard de Dieu. L’amour des choses désirées a été embelli.

Ensuite [Dieu] évoque ces objets et ceux qui les convoitent constamment : ils en sont avides et ne se soucient que de leur acquisition.

Le [verbe] شهو signifie ressentir un désir immodéré pour un objet, en être avide et s’en soucier de manière constante. Il signifie aussi éprouver de la concupiscence, de vils penchants ou des désirs sexuels immodérés. Allah stipule qu’Il n’est pas celui qui implante pareille envie dans les cœurs des hommes. Ce n’est pas cela [que l’on appelle] profiter des faveurs divines : pareille avidité vient en fait de la part de Satan. Ce n’est pas un souhait, un attrait ou une attirance ordinaire. C’est une convoitise si forte que l’on vit dans une fièvre et fébrilité constantes. On éprouve ici une passion immodérée pour les choses terrestres. Une fois ce seuil atteint, ces objets ne sont plus des faveurs divines : on est pris par un désir satanique. L’on est prêt à user de tout moyen illicite afin d’acquérir ces objets-là. Nous voyons cela chez les gens de ce bas monde. Ils outrepassent toutes les limites pour acquérir richesses et statut ou pour satisfaire leurs appétences sexuelles illégitimes avec des femmes. Certains se marient à des femmes riches afin d’amasser des fortunes. Le monde est leur seul objectif dans tout ce qu’ils accomplissent. Allah a accordé aux musulmans des préceptes beaux et purs et Il les a avertis à ce propos,  c'est-à-dire qu’il ne faut pas faire de ces biens terrestres l’unique objectif de sa vie, car ils sont éphémères. Il faut, au contraire, se soucier de son âme, car c’est vers Allah que sera le retour. C’est à Lui que l’on devra rendre compte. Malheureusement, en dépit de [tous ces conseils] les musulmans courent après les choses matérielles et ont oublié le but de leur existence. Les oulémas, les leaders du peuple – en somme, chaque homme qui en a l’occasion – restent occupés dans l’effort d’acquérir des choses mondaines par n’importe quel moyen. Lorsque de tels désirs naissent chez les dirigeants des peuples, les pays et les nations commencent à connaître des dégâts.

Or, il s’agit là de la raison d’être du désordre actuel au sein des pays islamiques. L’état des gens éloignés de la religion et des matérialistes, tel que Dieu l’a décrit, est celui dans lequel se trouvent les musulmans. Quand ils sont leaders, afin d’accumuler des richesses, ils lancent des slogans proclamant qu’ils sont au service du peuple et accèdent ainsi au pouvoir ; et ensuite ils se mettent à piller les biens avidement, de façons inimaginables. Les oulémas, quant à eux, s’inquiètent peu de l’amélioration de la condition religieuse du peuple. Leur effort principal est de faire en sorte que le peuple les suive, et de saisir le pouvoir d’une façon ou d’une autre, ou de profiter des pouvoirs en place, et ainsi d’accumuler des richesses pour se créer une fortune. Ils prennent certes le Nom d’Allah, mais leurs actions ne révèlent aucun signe de la crainte d’Allah ; notamment au Pakistan, où nous voyons bien cette situation.

Les dirigeants musulmans tuent leurs citoyens de foi islamique comme des mouches ; pour eux la vie humaine n’a aucune valeur. Or, ils refusent de lâcher les rênes du pouvoir. Nous voyons cette situation dans plusieurs pays. Ils font tout pour conserver à vie le pouvoir. Ils font sentir leur puissance et continuent de s’approprier de richesses. Ils ne sont jamais rassasiés.

Pourquoi les pays islamiques, dont plusieurs sont riches et dotés de ressources naturelles, sont-ils en si mauvais état, les pauvres s’y appauvrissant de plus en plus, n’arrivant qu’à grand-peine à s’offrir un repas par jour ? On dit de l’Arabie Saoudite qu’elle est un pays très riche. Mais là-bas aussi, la pauvreté ne cesse de croître. Les pauvres y étaient démunis dans le passé, et à présent ils continuent de s’appauvrir. En dépit de leur fortune pétrolière, l’indigence y a atteint son comble. Ce ne sont que les princes, les nantis et les dirigeants qui y jouissent d’une condition financière excellente ; ils dépensent des millions par jour. Ces gens gagnent leur argent par des moyens illicites, en s’appropriant ce qui revient de droit aux pauvres, et le dépensent de façons délictueuses.

Qu’Allah le Très-Haut octroie à ces gens, à ces leaders, à ces monarques, à ces égoïstes, l’intelligence de comprendre qu’au lieu d’accumuler ces fortunes, ils devraient les utiliser et les dépenser correctement. Ils arriveront alors à s’attirer le plaisir d’Allah, mais de plus, du point de vue séculier, ils deviendront une puissance unifiée. Les puissances non-musulmanes, au lieu de les forcer à les suivre, et au lieu de les regarder d’un œil réprobateur, se mettront à accepter ce qu’ils disent.

Ces jours-ci, il y a un grand tollé autour de Jérusalem, depuis que le président américain a annoncé qu’il a décidé d’y transférer son ambassade et de le reconnaître en tant que capitale – alors qu’en réalité Israël y a déjà tous ses bureaux, bien que le reste du monde ne lui concèdent pas ce statut. Cette annonce a provoqué tout un tumulte dans le monde. Mais malgré ce tapage et les protestations venant de différents gouvernements, il faut admettre que tout cela est en train de se produire à cause de la faiblesse des musulmans. Les guerres entre musulmans et les malaises à l’intérieur des pays islamiques ont en effet donné l’occasion aux non-musulmans de créer de telles situations et de faire de telles annonces. Le président américain veut qu’il n’y ait jamais la paix entre les nations musulmanes, et qu’il puisse continuer à se faire obéir. L’Arabie saoudite vient de déclarer que cette décision récente du président américain n’est pas du tout acceptable, alors que seulement quelques jours de cela les Saoudiens acceptaient sans broncher tout ce qu’il disait. Ils ont accepté l’annonce américaine contre l’Iran. Ils auraient dû l’arrêter à ce moment-là, en disant : « Nous nous tenons aux côtés de chaque pays musulman. Nous ne pourrons donc supporter aucune action contre une nation musulmane quelle qu’elle soit. » Ensuite, venons-en à leurs actions contre le Yémen. Dans ce cadre, ils prennent l’aide de grandes puissances. Là-bas, ils font parler leur puissance, pour renforcer leur hégémonie dans la région ; et pour profiter des intérêts américains, ils acquiescent aux désirs des États-Unis. Dans l’acquisition des biens éphémères de ce monde, ils se sont éloignés des commandements de Dieu. Le résultat qui devait découler de la désobéissance aux commandements de Dieu s’est donc produit ; et les non-musulmans ont continué de s’imposer à eux.

Le Messie Promis (a.s.) compare ceux qui sont avides des biens terrestres et qui se soucient uniquement de l’assouvissement de leurs désirs matériels à celui souffrant de démangeaison et prenant plaisir à se gratter. Croyant qu’il s’accorde du soulagement il se mutile en réalité. Il se soulage temporairement en se grattant, tandis qu’il est en train de s’enlever la peau et de se saigner à blanc. Ces objectifs matériels suscitant l’avidité engendrent en fin de compte de l’angoisse. Ces gens-là se croient de plus en plus puissants ou de plus en plus nombreux. Or, ils se saignent en réalité : ils ne récolteront rien de plus que la colère divine. Allah le Très Haut en fait mention dans le Coran en ces termes :

اعْلَمُوا أَنَّمَا الْحَيَاةُ الدُّنْيَا لَعِبٌ وَلَهْوٌ وَزِينَةٌ وَتَفَاخُرٌ بَيْنَكُمْ وَتَكَاثُرٌ فِي الْأَمْوَالِ وَالْأَوْلَادِ كَمَثَلِ غَيْثٍ أَعْجَبَ الْكُفَّارَ نَبَاتُهُ ثُمَّ يَهِيجُ فَتَرَاهُ مُصْفَرًّا ثُمَّ يَكُونُ حُطَامًا وَفِي الْآَخِرَةِ عَذَابٌ شَدِيدٌ وَمَغْفِرَةٌ مِنَ اللَّهِ وَرِضْوَانٌ وَمَا الْحَيَاةُ الدُّنْيَا إِلَّا مَتَاعُ الْغُرُورِ

« Sachez donc que la vie de ce monde n’est qu’un jeu et un amusement, et un ornement, et une source de vantardise entre vous-mêmes, et de rivalité à multiplier richesses et enfants. Cette vie est pareille à de la pluie qui produit de la végétation qui fait réjouir les cultivateurs. Ensuite elle se dessèche, et tu la vois jaunir ; puis elle devient des particules de paille brisée. Et dans l’au-delà il y a un châtiment rigoureux, et aussi le pardon de la part d’Allah, et Son plaisir. Et la vie de ce monde n’est qu’une jouissance temporaire trompeuse. » (Le Saint Coran, chapitre 57, verset 20)

Au lieu de se vouer corps et âme à l’acquisition des biens matériels et de s’en enorgueillir, le croyant doit chercher le pardon et le plaisir divin. À l’instar de celui qui souffre de démangeaison, il ne doit pas mettre en péril sa vie ici-bas et dans l’au-delà.

Lors d’une rencontre, le Messie Promis (a.s.) a décrit cette vie et ces biens terrestres en ces termes : « Autant l’on évitera cette lutte pour l’assouvissement des désirs matériels, autant l’on atteindra ses objectifs dans la vie. Il est un feu qui consume le cœur de celui qui s’adonne à cette quête effrénée : il vit dans une tourmente permanente. C’est en se libérant de ces désirs que l’on pourra mener ici-bas une vie sereine. Evitez de vous vouer corps et âme à l’acquisition des biens d’ici-bas. Un cavalier en voyage croisa sur sa route un mendiant portant à peine de quoi se vêtir. « Comment vas-tu, l’ami ? », lui demanda-t-il. L’indigent de répondre : « Que dire de celui dont tous les souhaits ont été exaucés ? » Le cavalier, tout étonné, l'interrogea : « Comment cela ? Tous tes désirs ont-ils été assouvis ? » Le mendiant expliqua : « L’on obtient tout, une fois que l’on s’est délesté de tous ses désirs ! »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « En bref, l’on souffre quand on désire toute chose. Or, tout abandonner pour se contenter de ce que l’on a est une manière de tout posséder. L’allégresse, et non la souffrance, offrira salut et délivrance. Une vie de souffrance n’est pas souhaitable pour la vie d’ici-bas ou celle de l’au-delà. Cette vie terrestre prendra fin tôt ou tard : elle ressemble à un morceau de glace qui fondra coûte que coûte, même si on l’emballe ou on l’enveloppe sous des toiles avec maintes précautions. La vie, à l’instar de la glace, fond. L’on peut user de tous les moyens pour la préserver : elle connaîtra la fin. Elle change, jour après jour. Les médecins abondent en ce monde : or, personne n’a trouvé la formule garantissant la vie éternelle ou un âge spécifique. D’aucuns pour égayer un vieillard lui disent : « Tu es encore jeune ! Soixante ou soixante-dix ans ? Ce n’est rien ! » Pareilles plaisanteries sont passagères. En souhaitant vivre éternellement l’homme trompe son âme. Après soixante-ans on commence à perdre irrémédiablement sa vigueur [d’antan]. Forts chanceux sont ceux qui arrivent à préserver, un tant soit peu, leur vigueur jusqu’à 80 ou 82 ans. L’on sombre dans une légère démence et personne ne vient vous demander conseil : d’ailleurs les facultés mentales ne sont plus ce qu’elles étaient. Certaines femmes maltraitent parfois les hommes de cet âge, oubliant parfois de leur donner à manger. Certains membres de leur famille ne les traitent pas bien non plus, parfois. L’on vit dans l’allégresse quand on est jeune et l’on ne pense pas à la mort à cet âge. Le puissant croit lui aussi qu’il le sera pour toujours. Il entreprend de grandes œuvres mais en fin de compte il constate qu’il n’a rien accompli. Considérez la jeunesse comme une faveur. »

En conseillant un hindou du nom de Sharampat se trouvant dans l’assistance le Messie Promis (a.s.) déclara : « Vous avez atteint certains des objectifs que vous vous êtes fixés au cours de votre vie. Or, ils ressemblaient à des bulles qui ont disparu sur-le-champ : en fin de compte il ne vous reste rien entre les mains. Le plaisir passé ne vous a servi à rien : l’on souffre en y pensant. Plus on y réfléchit, plus l’on souffre. Le perspicace en tire cette leçon : l’homme est assujetti au temps : il doit lui obéir. Il ne lui reste que le temps qu’il est en train de vivre. Le passé est le passé : le ruminer est un vain exercice ! L’enfant, dans le giron de sa mère, est au comble de la joie ; tout le monde le prend et le cajole. Ce temps-là ressemble au paradis. Où est-il à présent ? Il n’est plus ; ce monde est éphémère. »

Le confort est aussi temporaire : ainsi celui qui vit dans le confort et qui possède pouvoir et autorité doit réfléchir sur ces conseils.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Comment revivre ces moments ? On raconte qu’un roi commença à pleurer en voyant quelques garçons : il souffrait quand il se séparait d’eux. Il pleurait car ils jouaient, aux combes de l’insouciance. Il se rappelait lui aussi de son enfance, comparant son passé à son présent. »

Ainsi, même les monarques ne connaissent pas la sérénité en dépit de leurs conforts.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « La conscience doit primer. L’extrême vieillesse est une période très noire : arrivé à cette phase, même ses proches souhaitent que l’on meure. Or, avant de rendre l’âme on perd toutes ses dispositions. Certains sont si méchants qu’ils considèrent comme un fardeau leur proche malade ou sénile. L’on perd ses dents et sa vision, l’on devient un morceau de pierre, l’on est défiguré, certains sont frappés de maladies qui les poussent au suicide. »

Ce sont-là des faits que nous constatons en ce bas-monde. L’homme en soi n’a aucune importance : or, lorsqu’il est au faîte du pouvoir et de la jeunesse, quand il possède richesse et pouvoir, il oublie son devenir.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Parfois, il se trouve soudainement entouré des malheurs qu’il tentait d’éviter. Si ses enfants souffrent, il souffre davantage et prend conscience de ses fautes et de tant d’années perdues. Il comprend qu’il aurait mieux fait d’obéir aux commandements divins, d’y conformer sa vie au lieu de s’empêtrer en ce monde et d’oublier Allah l’Exalté. »

Nombre de pharaons et de Hamans ont foulé cette terre. Ils étaient forts puissants mais leur prestige n’a été d’aucune utilité. Il y avait des États plus puissants que ceux d’aujourd’hui en termes de la domination qu’ils exerçaient, mais ils ont disparu.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Intelligent est celui qui se tourne vers Dieu, Le considérant Unique et sans partenaire. J’en ai fait l’expérience : aucune déesse ou autre dieu n’est d’utilité. Tant que l’on ne se prosterne pas devant Dieu et uniquement devant Lui, l’on ne méritera aucune grâce. Si vous êtes frappé de malheurs [en pareille situation] personne ne se souciera de vous. Maints tourments affligent l’homme : sachez que Dieu est le Seul Pourvoyeur qui implante dans le cœur de la mère l’amour [pour son enfant]. S’Il ne l’avait pas doté d’un cœur pareil, elle n’aurait pas pris soin de lui. Il faut, en ce cas, ne pas lui associer un partenaire quelconque. »

C’était là des conseils que le Messie Promis (a.s.) prodiguait à un hindou.

Les adeptes de certaines religions fabriquent des idoles représentant leurs déesses et leurs dieux. D’autres érigent leurs biens et leurs enfants ou leur pouvoir et leur autorité en partenaires à Dieu. D’aucuns transforment en dieux leurs amitiés ou la protection accordée par des grandes puissances. Or, toutes ces choses connaîtront un jour une fin, et, comme l’affirme Allah l’Exalté, l’enfer sera le lieu de séjour de ces gens-là.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Sachez que Dieu appartient à celui qui se voue à Lui corps et âme. Personne ne peut Le tromper. Imbécile est celui qui croit duper Dieu par ses œuvres ostentatoires et ses ruses : il se trompe. L’attrait et l’amour de ce monde sont la racine des péchés. L’homme se consacre aveuglément à ce monde, il y perd tout de son humanité, ignorant les actions qu’il a accomplies et ce qu’il doit faire. On ne peut tromper une personne perspicace ; comment alors croire que l’on peut tromper Allah ? La racine de ces mauvaises actions est l’amour de ce monde : c’est le plus grand péché qui détruit aujourd’hui les musulmans. Dans leur sommeil et à l’état d’éveil, à tout instant cette vie terrestre est leur unique souci. Ils ne s’inquiètent guère du moment où ils seront placés dans la tombe. S’ils craignaient Dieu et s’ils se souciaient le moindrement de leur foi, ils auraient tiré de grands avantages. »

Ainsi, au lieu de se soucier de ce monde, le croyant doit au contraire embellir sa vie dans l’au-delà et se soucier de l’acquisition de l’amour divin. Il doit faire naître en lui le contentement. Il doit certes profiter des biens de ce monde, en les considérant comme une faveur divine et non en les transformant en dieux pour ensuite courir derrière eux. Dieu est notre véritable objet d’adoration : le croyant doit éprouver le plus grand amour pour Dieu. Cet amour engendrera la Taqwa et le contentement.

Un des signes distinctifs du croyant est qu’il éprouve pour Dieu le plus grand amour, tout comme l’affirme le Coran :

وَالَّذِينَ آَمَنُوا أَشَدُّ حُبًّا لِلَّهِ

C'est-à-dire : « Mais les croyants portent l'amour le plus fort pour Allah. »

Le Messie Promis (a.s.) affirme à ce propos : « Le sens de l’honneur de Dieu eu égard à l’amour personnel qu’on doit Lui vouer interdit au croyant de Lui associer quiconque. Notre foi, ce trésor que nous chérissons le plus, sera à l’abri tant que nous ne Lui associerons personne dans cet amour. Un des signes du croyant, selon Allah l’Exalté, est qu’il éprouve pour Lui l’amour le plus fort :

وَالَّذِينَ آَمَنُوا أَشَدُّ حُبًّا لِلَّهِ

C’est-là un droit spécifique d’Allah : celui qui l’accorde à quelqu’un d’autre connaîtra la destruction. Croyez-vous que toutes les bénédictions divines dont profitent les hommes de Dieu et l’exaucement de leurs supplications sont tributaires d’incantations, de salats et de jeûnes ordinaires ? Certainement pas ! Ils les obtiennent en raison de leur amour pour le Tawhid (l’unicité d’Allah). »

Ils les obtiennent car ils s’annihilent dans l’amour d’Allah l’Exalté.

« Ils se donnent à Lui, et n’appartiennent qu’à Lui. Ils sacrifient les autres de leurs mains dans Son chemin. » Il ajoute : « Je comprends très bien la réalité de cette douleur ressentie par celui qui est séparé soudainement de l’être qui lui est le plus cher. Mais ma fierté consiste dans le fait qu’à part Notre Bien Aimé, nul autre ne mérite cela. Depuis toujours mon cœur a émis cette fatwa : vouer un amour éternel à autrui en excluant l’amour pour Dieu, même si c’est envers son fils, son ami ou tout autre, est de la mécréance et un grand péché. Sans les bénédictions et les grâces divines, pareil comportement peut mettre en péril la foi. »

Allah l’Exalté de par Sa grâce, de par Sa bénédiction vient à notre aide, sinon notre foi serait en danger.  

Un véritable croyant ne peut jamais imaginer être tenté un jour par l’amour des biens de ce monde. C’est pour cette raison qu’il est extrêmement important pour un croyant de progresser en Taqwa et de faire preuve de contentement. C’est pour cela que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit : « Ayez la Taqwa, car dès lors vous deviendrez le plus grand adorateur. »

En effet, si nos cœurs sont emplis d’amour pour Dieu et de Sa Taqwa, alors nous pourrons remplir nos devoirs vis-à-vis de l’adoration d’Allah le Très-Haut.

Le devoir d’un véritable adorateur est de se contenter de ce qu’il possède. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Si vous vous contentez de ce que vous avez, vous serez alors également reconnaissant ; et un croyant doit être le plus reconnaissant envers Dieu. Cela doit être ainsi. » D’aucuns déclarent verbalement qu’ils sont reconnaissants envers Allah, mais continuent à courir derrière les biens et les prestiges de ce monde : en réalité ils sont épris des plaisirs de la chair : ceux-là ne peuvent pas être véritablement reconnaissants. Faisant référence aux gens de cette catégorie le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit : « Même si le fils d’Adam possède déjà une vallée remplie d’or, il souhaitera en avoir encore une. Rien hormis la poussière ne peut remplir sa bouche. »

Sa convoitise ne prendra fin que lorsqu’il sera enterré.

Il a ensuite déclaré : « Allah accepte le repentir de ceux qui se repentent. » Ainsi, nous devons nous repentir pour nos erreurs tant que nous en avons le temps. Mentionnant le degré de contentement dont doit faire preuve un croyant, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclare : « La personne qui se lève le matin avec sérénité intérieure et en bonne santé physique, et qui possède de quoi s’alimenter pendant la journée, a gagné le monde entier, et elle a obtenu tous les bienfaits de ce monde. » Voilà donc le degré de contentement que doit avoir un croyant.

Qu’Allah nous permette de nous contenter de ce que nous avons, et d’avoir la Taqwa ; qu’Il fasse qu’au lieu d’aimer les choses de ce monde, nous ayons l’objectif d’aimer Dieu le Très-Haut, et que nous puissions bénéficier du pardon et de la satisfaction d’Allah.

Ensuite je souhaite également attirer l’attention vers une prière. Comme je l’ai déjà brièvement mentionné, les dirigeants des pays musulmans courent derrière les bienfaits mondains, et ont, pour la majorité, substitué les grandes puissances à Dieu. Ils considèrent qu’être leurs amis est une marque de salut, une garantie du progrès. Mais si nous prenons le cas des États-Unis, un journal allemand a publié un article il y a quelques jours dans lequel un analyste a écrit, entre autres, que le monde considérait Washington comme son modèle, et se tournait vers lui. Il considérait que c’est un modèle que nous devions suivre. Mais Washington n’a dorénavant plus ce statut ; à sa place, c’est Beijin, la capitale de la Chine, qui est en train de devenir le modèle à suivre. Les États-Unis ont perdu leur domination, ainsi que leur statut. Les supériorités mondaines sont éphémères : aujourd’hui un État peut être dominant, mais demain il peut ne plus l’être. Les musulmans doivent à présent en tirer des leçons. Récemment, la décision de transférer l’ambassade à Jérusalem a été prise par les États-Unis dans le but d’améliorer, peut-être, sa relation avec Israël, pour que ces relations deviennent meilleures et plus solides, dans le but de retrouver leur suprématie. Mais dès lors qu’Allah l’Exalté enclenche le déclin d’un pays, les amitiés mondaines et les pactes ne sont plus d’aucune utilité. Il semblerait que ce déclin ait déjà commencé à affecter les grandes puissances, plus particulièrement les États-Unis, et Allah sait le mieux comment et quand tout cela va finir. Les tentatives de pousser les musulmans à s’entre-tuer vont maintenant s’intensifier ; c’est pour cette raison que nous devons prier pour le monde musulman. Qu’Allah leur accorde l’intelligence, qu’Il leur permette de s’unir, et que ce risque potentiel de guerres entre ces pays se dissipe. Prions que les conflits entre ces pays s’arrêtent : ils ont causé la mort de milliers de personnes, voire selon certains recensements des centaines de milliers de personnes. Qu’Allah leur accorde cette intelligence et qu’Il leur permette de devenir un peuple unifié, et de mettre fin à leurs conflits, afin que les ennemis de l’islam ne puissent plus en tirer aucun profit. Il faut surtout que l’on prie que les musulmans acceptent le Messie Promis et Mahdi qui a été envoyé par Allah. En s’attachant à lui, ils pourront établir la paix entre eux et établir la paix dans le monde.


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