Sermon du vendredi 21 juillet 2017, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

La Jalsa Salana (réunion annuelle des ahmadis) du Royaume-Uni débute la semaine prochaine, Insha Allah. Par la grâce d’Allah, des invités de l’étranger commencent à venir. Quand la Jalsa va se rapprocher le nombre d’invités des pays proches et lointains augmentera. Les invités des autres villes du Royaume-Uni feront aussi le déplacement.

En sus des ahmadis qui viennent profiter des bénédictions de la Jalsa, il y a aussi des invités non-ahmadis et non-musulmans du Royaume-Uni et d’ailleurs qui sont présents, dont des représentants d’États, des hauts fonctionnaires ou des intellectuels qui ont de l’influence. De même, le nombre de journalistes présents ne cesse d’augmenter. Ces invités étrangers scrutent de très près tout ce que nous faisons et ils en sont généralement impressionnés, notamment par le fait que tout est organisé par des bénévoles : ceci ouvre davantage la voie pour le Tabligh (la diffusion de notre message) et ces invités tentent de connaître davantage à propos de l’Ahmadiyya. Ainsi, durant les jours de la Jalsa, nos bénévoles, hommes, femmes, garçons et filles, réalisent un Tabligh silencieux.

Grâce aux médias, la Jama’at se fait une grande renommée dans le monde entier. Les médias se tournent vers la Jama’at durant les jours ordinaires en raison de certains évènements. À titre d’exemple, après des attentats terroristes, les membres de la Jama’at – hommes et femmes – tentent de présenter le message de l’islam véritable ; et notre département de la presse joue aussi un grand rôle à cet égard. Nos missionnaires participent à de nombreuses interviews. Les médias offrent une grande couverture à la Jama’at en référence aux préceptes de paix de l’Islam. Avec une recrudescence de ces incidents, la renommée de la Jama’at ne cesse de prendre de l’ampleur. En tout cas, grâce à la Jalsa, Allah l’Exalté fait connaître l’islam sur une grande échelle.

D’une part, les ahmadis tentent de progresser dans leur spiritualité et augmentent leur savoir grâce aux programmes et aux discours de la Jalsa. Ceci permet aussi aux invités non-ahmadis et aux journalistes de connaître nos enseignements : grâce à l’atmosphère de la Jalsa, le bénévolat des femmes et des hommes ahmadis et leur sens de l’hospitalité, ces invités voient dans la pratique l’application de ces beaux préceptes de l’Islam. Comme je l’ai dit, c’est un très grand moyen pour accomplir le Tabligh. Ainsi, les bénévoles jouent un très grand rôle. Chaque bénévole a une importance particulière, quel que soit son rôle. Chacun parmi eux, d’un simple aide à l’officier doit se souvenir de cette importance. Un simple aide, qu’il s’agisse d’un tout petit enfant qui sert de l’eau, s’attire d’une part le plaisir d’Allah grâce à son dévouement, son zèle et son abnégation et d’autre part, il laisse aussi de bonnes impressions sur les invités étrangers, qui d’ailleurs en font mention.

De même, les officiers ne doivent pas se contenter de prendre le service de leurs subalternes et de leurs aides : ils doivent en toute humilité travailler comme un simple aide et bénévole. Ils doivent être courtois à l’égard de leurs subalternes ainsi que les invités et coopérer avec eux. Leur visage doit resplendir d’humilité et de courtoisie. Dans leurs propos, ils doivent faire montre de la plus grande politesse et amabilité. L’hospitalité est un département très important. L’hospitalité ne se limite pas à fournir de la nourriture ou à s’occuper, tout au plus, du logement des invités. Chaque département de la Jalsa concerne l’hospitalité, quel qu’en soit le nom. Tous ceux qui viennent à la Jalsa sont des invités. Il incombe à tous ceux qui servent durant la Jalsa de combler leurs besoins selon leurs moyens.

Le Messie Promis (a.s.) a exprimé à cet égard ses sentiments, et c’est pour nous un principe à suivre. Il déclare : « Je ne souhaite jamais qu’un invité souffre pour quelque raison que ce soit. J’insiste sur la nécessité de fournir aux invités tout le confort dont ils ont besoin. Le cœur de l’invité est aussi fragile que du cristal : il peut se briser à la moindre secousse. » L’on doit, si la situation l’exige, se forcer afin d’offrir à l’invité le confort dont il a besoin.

Je donne le conseil suivant à tous les officiers de tous les départements : s’ils sont courtois, aimables et patients, et ont la capacité d’écouter des paroles déplaisantes (sans être perturbés), leurs aides et subalternes feront montre du même comportement à l’égard des invités. Ils laisseront un très bon exemple de l’hospitalité. Si le visage de l’officier est sévère, s’il est dur dans ses propos, s’il n’écoute pas les paroles d’autrui avec attention et s’il est intolérant, ses adjoints et ses aides feront montre du même comportement.

Ainsi, tous les officiers doivent s’analyser afin de faire montre du plus grand sens de l’hospitalité et ils doivent pousser à leur apogée leur humilité.

Comme je l’ai dit, l’hospitalité ne concerne pas uniquement un ou deux départements : tous les départements de la Jalsa Salana sont concernés par l’hospitalité, que cela concerne le logement, la cuisine, le service des repas, le transport, celui du nettoyage et des toilettes, celui des médecins, des services de secours, ou des khuddams qui sont là pour guider les autres, ou du département de la sécurité. Chacun dans son cercle respectif est un hôte.

Ceux qui s’occupent du logement doivent être particulièrement attentifs concernant les couchages des femmes et des enfants, dans les tentes collectives et individuelles. Certes, il fait chaud ces jours-ci, mais la nuit il peut soudainement faire froid : cette possibilité existe. La température à Hadiqatul Mahdi – où se tiendra Insha Allah la Jalsa – est plus basse que celle de Londres de 4 à 5 degrés. Ceux qui logent dans leurs tentes personnelles doivent prendre des précautions concernant leurs couchages pour la nuit.

L’année dernière les parents accompagnés d’enfants ont été perturbés pendant la nuit à cause du froid. De même, ceux qui servent les repas sont en contact direct avec les invités ; je leur rappelle toujours qu’ils doivent prendre en considération le choix des invités lorsqu’ils leur servent le repas, même si cela peut être difficile. En tout cas, il faudra faire l’effort nécessaire : si l’on a une contrainte légitime, il faudra répondre avec la plus grande courtoisie, au lieu de blesser autrui, par ses propos.

Cette année-ci, on a changé les assiettes dans lesquelles l’on servira le repas. Il est dit que passé une certaine température, l’on ne peut servir de repas dans les assiettes qu’on utilisait auparavant, car elles libèrent des produits chimiques nocifs ; et justement nos repas sont assez chauds.

L’officier de la Jalsa Salana, m’a montré les assiettes que l’on utilisera cette année-ci : elles sont faites d’un papier spécial. Ceux qui servent les repas doivent prendre des précautions : si elles sont trop minces on devra joindre deux assiettes. Le département concerné de la Jalsa doit à cet égard fournir les directives nécessaires.

Le département de transport est aussi très important. En raison du fait que le parc de stationnement sera éloigné on a mis en place plus de navettes : les responsables de la Jalsa Salana doivent rendre ce département plus actif afin que les gens puissent arriver à l’heure pour la Jalsa. Les invités qui viennent en voiture doivent prendre en considération le fait qu’ils devront garer leur voiture loin de la Jalsa Gah (le chapiteau principal) et doivent à cet égard commencer leur voyage plus tôt. Il en est de même pour les autres départements : [les responsables] doivent réfléchir sur leurs méthodes, sur la formation de leurs effectifs et le fait de fournir toutes les facilités nécessaires aux invités.

Ceux qui travaillent dans le département Khidmat-e-Khalq (bureau d’assistance et de service public) et la sécurité doivent être encore plus vigilants, en raison de la situation du monde aujourd’hui. Ils doivent accomplir leur mission dans le respect de la dignité et des sentiments des invités.

Ceux qui sont responsables de contrôler les cartes d’identité et arrivants devront, dès le premier jour et ce jusqu’au dernier, accomplir leur mission avec la plus grande vigilance. Chaque fois qu’une personne sort de l’enceinte et qu’elle entre de nouveau, elle doit être contrôlée sans qu’on donne l’impression qu’on est en train de la viser en particulier ou qu’elle est l’objet de quelque mauvais traitement.

En tout cas, toute l’organisation de la Jalsa est temporaire : et je suis parfaitement au courant que pareils arrangements comportent des lacunes. Même les arrangements permanents comportent des lacunes. Nous devrons, quant à nous, user de tous les moyens à notre disposition afin de fournir tout le confort nécessaire aux invités. Tous ceux qui participent à la Jalsa sont les invités du Messie Promis (a.s.) : à cet égard nous devons considérer chacun d’entre eux comme un invité spécial et lui réserver le meilleur accueil.

Il existe le département du contrôle et de l’inspection au sein de la Jalsa : ses responsables ont pour rôle de noter les lacunes et les manquements au niveau des différents départements et d’en informer les officiers concernés. Or, il incombe aux responsables de tous les départements d’assigner à quelques personnes la responsabilité de noter les manquements et lacunes de leurs départements et de lui présenter le rapport dans la soirée. Cela permettra d’apporter des améliorations au cours de la Jalsa et à l’avenir.

En attirant notre attention à cet égard, le Messie Promis (a.s.) déclare : « Le responsable de la cuisine doit prendre note des besoins des invités. Étant donné qu’il est seul, il oublie de temps à autre et omet certains faits. C’est la raison pour laquelle les autres doivent lui faire des rappels. »

La meilleure méthode est que l’officier doit nommer quelqu’un pour lui faire des rappels après avoir noté les lacunes. Riches et pauvres doivent recevoir le même accueil.

Le Messie Promis (a.s.) a attiré notre attention sur des points mineurs afin de nous guider : il nous a expliqué en détail l’accueil que nous devons offrir à nos invités.

Il explique qu’il y a de nouveaux invités que l’on ne connaît pas, à l’instar de ceux qui viennent à la Jalsa [pour la première] d’autres pays.

Le Messie Promis (a.s.) explique qu’il nous incombe de combler tous leurs besoins. Certains ne savent pas, parfois, où se trouvent les toilettes et ils en souffrent énormément. D’où l’importance d’être vigilant quant aux besoins des invités. Ceux à qui on a confié ces responsabilités ne doivent laisser place à aucunes doléances, car les gens parcourent des milliers de kilomètres pour chercher la vérité en toute sincérité. »

Le Messie Promis (a.s.) a présenté ici le cas de ceux qui ne sont pas ahmadis. Or, il a aussi donné des directives concernant l’hospitalité offerte aux ahmadis et il en a souligné l’importance. Comme je l’ai dit les invités non-ahmadis et les journalistes qui sont présents lors de la Jalsa analysent de près le comportement général [des Ahmadis]. Il incombe ainsi aux bénévoles de tous les départements de faire montre d’une grande amabilité.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Selon mes principes, l’on doit être prêt à écouter les insultes des invités. » Ainsi l’on doit tolérer sans broncher le comportement déplaisant d’un invité, qu’il appartienne à la communauté ou pas.

On a évoqué en ces termes hospitalité du Messie Promis (a.s.) : « L’hospitalité du Messie Promis (a.s.) était des plus excellents à l’instar de celle du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et elle était un exemple vivant. Ceux qui ont partagé la compagnie du Messie Promis (a.s.) pendant longtemps savent très bien que le moindre inconfort d’un invité – qu’il soit ahmadi ou pas – tourmentait beaucoup le Messie Promis (a.s.). Il avait une plus grande affection et compassion à l’égard des invités ahmadis. » Ainsi, nous devons faire montre de cette affection et de cette compassion à l’égard des invités de la Jalsa.

Voici les directives du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) concernant l’importance des invités et du respect que nous leur devons.

Il est dit dans un récit que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Celui qui croit en Allah et au jour dernier doit accomplir trois actions. Dire une parole bienveillante ou bien garder le silence. Respecter ses voisins.  Et honorer ses invités. »

Le respect des invités fait partie de l’une des conditions de la croyance en Dieu et au Jour du Jugement. Il y a également de nombreuses autres conditions. Nous pouvons dire que le respect de l’hospitalité est une condition importante afin qu’un croyant puisse atteindre un haut degré dans sa foi.

En ce qui concerne l’hospitalité, je veux également ajouter que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se préoccupait également de l’amélioration de l’état spirituel de ses invités et de leur éducation.

Une anecdote est rapportée à ce sujet. Il est rapporté qu’après avoir servi à manger à ses invités, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) les a ensuite envoyés dormir dans la mosquée en accord avec leur souhait, il les a ensuite tous réveillés pour la prière de Fajr.

C’est pour cette raison que le département de la Tarbiyyah (éducation) a été créé dans le but d’attirer l’attention des invités vers la prière et afin de les réveiller pour la prière du Tahajjud et de Fajr, mais avec tendresse et amour. Voilà les quelques points que j’ai souhaité aborder au sujet des invités. Qu’Allah l’Exalté permette à tous les bénévoles de servir les invités du Messie Promis (as) de la meilleure manière possible.

Après la prière je vais diriger deux prières funéraires. La première est celle de Syed Mohammad Ahmed Saheb, fils du Docteur Mir Mohammad Ismail Saheb (ra), qui est décédé le 13 juillet à l’âge de 92 ans à Lahore. Innalilaahi wa Inna Ilaih Raajioun. C’était le fils aîné de Docteur Mir Mohammad Ismail Saheb, de ce fait Hazrat Ummul Momineen, Amma Jaan (l’épouse du Messie Promis), était sa tante paternelle. Il a épousé la fille cadette de Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb ; il était ainsi le plus jeune beau-fils de ce dernier. Docteur Mir Mohammad Ismail Saheb s’était marié à deux reprises. Il s’est marié une première fois avec Hazrat Shaukat Sultan Saheba en 1906, il n’a eu aucun enfant de cette union. Il s’est marié une deuxième fois avec Amatul Lateef Begum Saheba en 1917, qui était la fille de Mirza Mohammad Shafee Saheb Dehlvi, qui était le président de l’Anjuman Ahmadiyya. Par la grâce d’Allah, de cette union il a eu sept filles et trois fils.

En 1939, à Qadian, Mir Mohammad Ahmad Saheb a passé son BEPC, il a ensuite validé sa licence au Government College Lahore. En 1943 il a rejoint la Royal Indian Air Force, en tant qu’officier élève dans l’armée de l’air. Sa femme Amtul Latif Begum Saheba était la fille de Hazrat Mirza Bashir Ahmed Saheb : ils ont eu trois fils et une fille. L’un de ses fils Hashim Akbar Saheb, est le président de la Jama’at de Hartlepool. Sa fille, la Docteure Ayesha, est aux États-Unis.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il avait écrit une fois au sujet de son expérience. Il s’est enrôlé comme pilote élève en 1943, et lors de la Seconde Guerre mondiale il a été désigné par les Britanniques comme pilote de chasse. En 1945, au cours de la guerre, sur le front birman, il a dû faire un atterrissage d’urgence. L’avion a été détruit, mais il a été miraculeusement épargné.

En 1947, il a été transféré dans le département de l’aviation civile. Il a ensuite servi au sein de l’Indian National Airways. En 1947 la situation état assez critique. Hazrat Docteur Mir Mohammad Ismail Saheb décéda en 1947, mais il n’a pu participer aux funérailles en raison de la situation du pays qui était assez délicate ; il arriva à Qadian deux jours plus tard.

Il y a des anecdotes historiques montrant son attachement à la Jama’at. Lorsqu’il était dans l’Armée de l’Air, au moment de la partition, la Jama’at, sous l’égide du Mousleh Mau’oud, avait acheté deux petits avions. On avait besoin de pilotes. Il dit qu’un soir il reçut un message l’informant que Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb l’avait convoqué en urgence. Il se mit donc en route aussitôt pour Qadian. Arrivé là-bas, il fut décidé que Hazrat Mirza Nasir Ahmed Saheb, qui allait devenir le troisième Calife et qui était à l’époque le président des Khuddam (jeunes de l’Ahmadiyya), sera responsable des avions, et qu’il travaillera donc sous la responsabilité de ce dernier. Il a transporté beaucoup de matériel important au Pakistan. Il avait relaté une anecdote très intéressante, et historique à ce sujet.

Il raconte : « Un jour le Mousleh Maoud (ra) me convoqua dans le bureau situé dans la résidence du Calife et il me dit : « Aujourd’hui je vais te donner la chose qui m’est la plus précieuse, que tu dois transporter à Lahore, et que tu dois remettre à Sheikh Bashir Ahmed Saheb. Auprès de lui, tu dois insister sur la protection et l’attention qui doit être portée à celle-ci avec les mêmes termes que j’utilise. Tu dois également lui demander un bon de réception que tu dois ensuite me remettre à ton retour. »

Mir Saheb continue : « En raison de ma naïveté, je croyais que Huzoor allait me demander de transporter un trésor de la Jama’at, des bijoux, ou une boîte contenant des diamants, mais quelques instants plus tard je vis que le deuxième Calife se leva, et vint me remettre un petit sac de voyage recouvert de poussière. Le sac était en toile, et sa fermeture était cassée ; le sac était plein de documents. Il mit ce sac devant moi et me dit : « Une partie du commentaire du Saint Coran que j’ai écrit a été publiée, une autre partie a été écrite mais n’a pas encore été publiée. Mais il y a encore une grande partie du commentaire à écrire. Comme une partie importante de ma mission est de compléter ce commentaire, qu’il fasse nuit ou jour, en marchant, ou peu importe ce que je fais, dès qu’un nouveau sens d’un verset coranique me vient en tête je l’écris alors aussitôt sur un papier, et je le mets dans ce sac afin de le préserver, pour que le moment venu il puisse nous profiter. »

Ensuite il ajouta : « Il n’y a pas forcément un ordre, un fil conducteur qui lie tous ces écrits, mais pour moi c’est un grand trésor. » Mir Saheb écrit : « J’ai pris le sac des mains du Calife, je l’ai rangé dans l’avion et je l’ai emmené à Lahore. Une fois arrivé, j’ai appelé Sheikh Bashir Ahmad Saheb, et lui ayant remis ce sac, je pris le bon de réception. » Il s’agit d’une anecdote plutôt longue.

C’est une anecdote historique relatant le fait qu’il avait transporté les notes du deuxième Calife (ra), à sa demande et suivant ses directives. En 1950, le Mousleh Maoud l’avait autorisé à rejoindre l’armée de l’air, dans laquelle il servit jusqu’en 1965. Il arriva jusqu’au grade de commandant d’escadre. Au cours de cette période il avait également eu l’opportunité de suivre d’excellentes formations, notamment en Angleterre. De 1960 à 1963 il était instructeur de vol à Quetta au Army Command and Staff College. Il était également en charge du War Planning.

Lorsqu’il vint ici (en Grande-Bretagne) en 1953 pour suivre des formations de vol et pour s’entraîner, à cette époque Chauhdary  Zahoor Bajwa Saheb y était le missionnaire. Il dit : « Après avoir complété ma formation, j’avais quelques jours devant moi avant de repartir ; je logeai alors au centre des missionnaires, chez Bajwa Saheb. » Il ajoute : « Et j’ai eu l’opportunité de rencontrer le Colonel Douglas, par l’intermédiaire de Bajwa Saheb, qui m’introduisit auprès de lui. »

Il rapporte qu’ils sont partis voir le Colonel Douglas et lui ont parlé à propos du procès de meurtre prémédité qui avait été lancé contre le Messie Promis (as). Il rapporte que le colonel Douglas a dit qu’à l’époque il était le sous-commissaire de Gurdaspur, et dit en outre qu’il voudrait lui faire part d’une anecdote qui s’est déroulée bien avant cet incident et le procès de meurtre. Le Colonel Douglas rapporte : « À cette époque j’étais l’adjoint commissaire de Batala et un jour je revenais d’Amritsar à Batala en train… » C’est un incident historique. « Je voyageais en première classe dans le dernier wagon. Avant que je ne démarre d’Amritsar j’ai reçu un message de la part de l’adjoint commissaire de Gurdaspur disant qu’il avait besoin de me dire quelque chose de très important et que de ce fait il m’attendrait à la gare de Batala. Le colonel Douglas dit que lorsque le train est arrivé à la gare de Batala, l’adjoint commissaire de Gurdaspur n’y était pas présent. Je pensais donc qu’il est peut-être en train de me chercher dans le premier wagon du train, et je suis donc descendu du train aussitôt et j’ai commencé à marcher au long de la plateforme en direction du premier wagon. Le colonel Douglas rapporte que lorsque j’ai parcouru environ deux tiers de la plateforme je vis au loin un homme qui marchaitvers moi. Il avait les yeux baissés, un visage très illuminé et dégageait une attirance qui me troubla.

Le Colonel Douglas rapporte : « L’on aurait dit qu’il n’avait aucun amour pour ce monde. Il marchait lentement ; il m’était impossible de détourner mon regard de ce visage illuminé. Par conséquent, j’ai continué à le regarder. Cet homme est passé devant moi mais je continuais à le regarder à un tel point que je me suis tourné vers lui et j’ai commencé à marcher à reculons. » Le Messie Promis (as) marchait vers lui alors que lui dans le sens inverse mais lorsque celui-ci est passé devant lui il a continué à le regarder tout en marchant à reculons. Il dit « Entre-temps, l’adjoint commissaire, qui était un Indien, est arrivé avec ses drapeaux. Mais il ne m’a pas vu comme je marchais à reculons et nous nous sommes heurtés et il est tombé. C’était de ma faute, mais il a commencé à présenter ses excuses car à l’époque les Anglais étaient au pouvoir mais je lui ai dit que ce n’était pas de sa faute et que j’étais fautif. Je lui ai demandé à propos de cet homme, il m’a dit : C’est Mirza Sahib de Qadian. » J’en étais encore ému. Je n’avais jamais vu un visage aussi resplendissant et je suis resté dans cet état pendant une longue période. Mais peu à peu, j’ai oublié cet incident. »

Il ajoute : « Lorsque j’ai été affecté en tant que juge et que ce procès m’est parvenu, j’ai remarqué que le dossier était assez complet sans aucun point négatif et que punir le coupable était indispensable. Mais, dit-il, lorsque j’ai lu que l’accusé était Mirza sahib de Qadian, j’en fus fort perturbé. Je me suis souvenu de l’incident et mon cœur ne voulait pas croire que le visage que j’avais vu à la gare de Batala pouvait commettre une telle chose ou même l’imaginer. Il dit : « J’étais fort inquiet et j’ai essayé maintes fois de chercher des lacunes dans le dossier, mais j’échouai à chaque fois. Dans ce même état inquiétude, j’ai appelé l'adjoint du surintendant de police, un Anglais, dans mon bureau afin de discuter du procès. Je lui ai demandé si Abdul Hamid, celui qui avait accusé le Messie Promis (a.s.) de l’avoir envoyé pour commettre le meurtre, était détenu par la police ou entre les mains de l’église. Cette question mit le chef de police anglais en état de choc, car il a compris que la police avait commis une grave erreur en ne pas détenant Abdul Hamid et en le laissant entre les mains de l’église. Aussitôt il s’est précipité et lui a dit qu’il reviendrait dans un instant.

Peu de temps après, lorsque le haut gradé de police est revenu et il a dit : « Nous avions commis une faute grave car nous avions laissé Abdul Hamid entre les mains de l’église. Mais à présent nous l’avons mis en détention et il a avoué que ce procès n’était qu’un mensonge et qu’il avait reçu une somme d’argent de la part de l’église pour fabriquer cette histoire. Le colonel Douglas dit que le procès a continué et j’ai écouté tous les témoignages ; et j’ai déclaré Mirza Sahib innocent. Après avoir annoncé ma décision j’ai dit à Mirza Sahib que s’il le voulait il pouvait intenter un procès contre le parti adverse et recevoir une compensation, mais Mirza Sahib a répondu : « Ce n’est pas la peine. Mon procès est entre les mains de Dieu. Je ne veux aucune compensation. »

Donc voilà ces deux incidents historiques qui se sont déroulés avec lui, le premier est celui du sac qu’il devait amener avant la partition et le deuxième celui du colonel Douglas, le reste de l’incident vous le savez tous, mais l’incident que je viens de mentionner n’est pas très connu.

Comme je l’ai déjà dit, le défunt était le fils aîné du Docteur Mir Muhammad Ismael. Comme il était le fils de l’un des Sahaba (Compagnons du Messie Promis), il faisait aussi partie du comité de l’élection de califat et il a donc participé à l’élection du troisième, quatrième et cinquième Califes. Le défunt rapporte que lors de ces élections, les émotions par lesquelles l’on est emporté prouvent que le Calife est bel et bien choisi par Dieu, car quelques fois l’homme a déjà pris une décision mais Dieu fait naître en lui un certain attachement envers celui que Lui veut choisir.

C’était quelqu’un de très pieux et qui priait beaucoup mais dans la discrétion. Il éprouvait un grand amour pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Sa fille écrit qu’il avait un grand amour pour Dieu et le Saint Prophète (saw) et il me conseillait régulièrement de ressentir la grandeur de Dieu en soi-même, et disait qu’adorer Dieu de façon machinale ne servait à rien. Elle rapporte que lorsqu’il étudiait la vie du Saint Prophète (saw), il avait les larmes aux yeux. Il mentionnait les diverses facettes de la vie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avec beaucoup de passion et amour.

Elle écrit que pendant qu’il nageait ou se promenait il passait son temps dans le souvenir de Dieu. Et en tant que père c’était quelqu’un de très affectueux, il prenait soin de chacun des enfants. Il avait une relation ferme avec le califat. Avec moi aussi il avait une relation forte et après que je sois devenu calife, cette relation n’a fait que grandir, et il était très sincère envers ma personne. Qu’Allah lui accorde un haut statut au paradis ; qu’Il lui pardonne et qu’Il accorde à ses enfants l’occasion de continuer ses bonnes œuvres.

La deuxième prière funéraire est celle de Mahmouda Begum Sahiba, épouse de Chaudhry Muhammad Sideeq Ahmad Bhatti, et mère de notre missionnaire du Niger, M. Asghar Ali Bhatti Sahib. Elle est décédée le 16 juillet, à l’âge de 73 ans. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun.

L’Ahmadiyya est arrivé dans sa famille en 1928, par la conversion de son grand-père, feu Chaudhry Sarwar Khan Sahib. Son fils rapporte que toute sa vie la défunte se contenta de ce qu’elle avait sans chercher plus, et qu’elle vivait avec dignité. Elle impressionnait les gens par sa personnalité. C’était quelqu’une de patiente et elle priait beaucoup. Elle éprouvait un amour sincère envers le califat.

Elle effectuait beaucoup de travail au sein de la Jama’at. Elle était très simple et aidait beaucoup les pauvres. Elle aimait la prière et le Saint Coran. Elle se réveillait à 3 heures du matin tous les jours pour la prière de Tahajjud. Elle a rapporté : « J’ai commencé à accomplir la prière de Tahajjud avant mon mariage et je ne me souviens pas d’avoir délaissé cette prière même une fois en raison de la paresse. »

Son fils écrit : « Elle essayait de se libérer des tâches ménagères au plus tôt après le petit-déjeuner afin de faire la prière d’Ishraq. Son mari est resté Sadr (président) pendant 28 ans ; elle prenait soin des invités de manière exemplaire et elle avait un grand sens de l’hospitalité. Son fils écrit qu’en dépit de sa situation financière modeste, elle aidait les pauvres. Lorsqu’elle ressentait de la difficulté elle se mettait à prier et même n’étant pas stable elle a aidé ses enfants à continuer leurs études. Pour l’éducation de ses enfants, elle a vendu ses bijoux ainsi que ses animaux.

Elle a subi la perte de ses frères et de ses parents avec beaucoup de patience sans jamais s’en plaindre, et elle a également perdu deux de ses petites-filles. C’était une Moussie. Elle laisse derrière elle, son mari, ses deux filles ainsi que ses six fils. Comme je l’ai dit, son fils Asghar Ali est un missionnaire de la Jama’at au Niger et comme il était occupé par le Tabligh il n’a pas été possible pour lui de participer à la prière funéraire de sa mère. Qu’Allah accorde à la défunte un haut rang au paradis et qu’Il accepte toutes les prières qu’elle a faites pour ses enfants et qu’Il leur accorde la possibilité de continuer ses bonnes œuvres.


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