Sermon du vendredi 14 septembre 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à Bruxelles en Belgique. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Par la grâce d’Allah débute aujourd’hui la Jalsa Salana de la Jama’at de Belgique. J’y participe après un long intervalle. Lors de cette période, le nombre d’ahmadis a augmenté ici comme dans d’autres Jama’at ailleurs dans le monde. En effet, de nouveaux émigrants sont venus du Pakistan. En sus de cela, la Jama’at de Belgique a accompli d’autres progrès. Le nombre de mission houses a augmenté ainsi que les centres de prières et les mosquées. La mosquée de Bruxelles est en construction et elle est presque complète : c’est d’ailleurs un bel édifice. Avant-hier j’ai fait l’ouverture d’une mosquée à Alken. Allah a offert à la Jama’at un grand site et un bâtiment spacieux.

En apparence, nous constatons que la Jama’at a reçu de nombreuses faveurs. Cependant, ces faveurs divines doivent faire réaliser aux membres de la Jama’at, qu’il nous incombe de comprendre les préceptes de Dieu, de les accepter et de les traduire dans la pratique. Nous ne devons pas nous contenter de le faire en apparence, mais devon nous améliorer dans ce domaine. L’amélioration ou la stagnation ne suffisent pas : chaque jour, chaque pas doit être meilleur que le précédent, eu égard à notre progrès dans la vertu, la Taqwa et à notre avancement dans la mission du Messie Promis (a.s.). Nous devons laisser derrière nos manquements et parcourir de nouvelles étapes dans le domaine de la vertu. Si les membres de la Jama’at appliquent ces conseils, nous pourrons annoncer que nous avons effectivement atteint l’objectif de l’avènement du Messie Promis (a.s.) ou du moins que nous tentons de le faire. Et que nous tentons de respecter les exigences du serment d’allégeance prêté sur ses mains.

Il nous échoit de comprendre ce point et d’accomplir constamment notre analyse de conscience. Cela est d’autant plus important dans ces pays dits développés où règne la liberté, où les gens se sont affranchis des préceptes religieux et des commandements divins. En effet, une plus grande vigilance est de mise dans ces pays. Sinon, en venant ici au nom de la religion, pour ensuite négliger les commandements divins et se livrer corps et âme à ce monde, sont autant d’actions qui attireront la colère divine. La majorité des ahmadis résidant en Belgique sont venus ici au nom de la religion, parce qu’ils n’avaient pas la liberté de pratiquer leur foi dans leur pays.

L’homme est faible, cependant, et c’est pourquoi il s’incline parfois vers ce monde. Cela dit, il n’est pas interdit, dans une certaine mesure, de se tourner vers le monde et d’acquérir les biens d’ici-bas. Cependant, se vouer corps et âme à ce monde, à l’instar des gens d’ici-bas, est interdit par Dieu. Le Messie Promis (a.s.) nous a expliqué cela en détail.

Il déclare que Dieu a rendu licite l’acquisition des biens terrestres, sinon cela pourrait être cause d’épreuve, transformant l’homme en voleur, en féru des jeux du hasard et en brigand, le poussant à adopter maintes mauvaises habitudes. Cependant, toute chose à ses limites. Vos occupations mondaines doivent vous aider dans la voie de la religion. Le but est l’acquisition des biens célestes. Je ne vous interdis pas l’acquisition des biens terrestres. Toutefois, l’objectif principal est la foi. C’est là un principe fondamental pour une personne imbue de foi, qui affirme suivre la religion de Dieu. C’est-à-dire, l’homme doit acquérir les biens terrestres pour combler les besoins de sa femme et ses enfants — autant de responsabilités qui lui incombent. Pour cela, il doit faire du commerce, travailler, trouver un emploi. Or ces tâches ne doivent pas l’occuper au point où il ne se soucie guère de la religion et qu’il s’inquiète uniquement à propos de ce monde.

L’on doit acquérir les biens terrestres parce qu’on doit s’acquitter de ses devoirs au foyer, servir la création de Dieu et sa religion. Si tel est l’objectif, l’on arrivera à récolter les biens d’ici-bas tout en profitant des biens spirituels.

Le Messie Promis (a.s.) a aussi déclaré qu’il ne faut pas s’empêtrer dans les choses de ce monde au point de remplacer Dieu par ce monde. C’est-à-dire d’offrir au monde les droits revenant à Dieu. Si quelqu’un agit de la sorte, il connaîtra le dénuement et il se contentera de faire de simples déclarations.

Si l’on se voue corps et âme à ce monde, l’on sera privé de foi. Affirmer que l’on est croyant, que l’on a prêté allégeance [au Messie Promis (a.s.)] et que l’on croit en Dieu ne sera que de vaines déclarations dénuées de toute réalité. Nous allons nous proclamer ahmadis tandis que nos actions ressembleront à celles des autres.

Le Messie Promis (a.s.) explique que les biens de ce monde servent à [progresser] dans la foi. Il déclare : « L’Islam interdit le monachisme. Seuls les poltrons s’y adonnent. » En effet, seuls ceux qui manquent le courage [d’affronter le monde] se coupent du monde. « Autant le croyant étendra sa relation avec le monde autant il grandira en statut, car la spiritualité est son objectif. Les biens et l’apparat de ce monde sont les serviteurs de sa foi. »

C’est-à-dire, l’honneur, le statut et les richesses que reçoit le croyant ne sont pas du tout indicateurs de matérialisme en lui. En réalité, tout cela est mis au service de la religion. Son statut, ses atouts et ses richesses sont au service de la foi. La richesse ressemble à une monture permettant à l’homme de parcourir les étapes éminentes de la foi. Il s’agit de la provision l’aidant à accomplir aisément son voyage. Il se munit d’une bonne monture et de provisions afin d’atteindre, sans peine, sa destination. Les biens de ce monde doivent être acquis avec cette intention et être asservis à la foi : l’on ne doit pas s’asservir au monde et abandonner la foi. Le Messie Promis (a.s.) explique qu’Allah l’Exalté nous enseigne la prière suivante :

رَبَّنَا آَتِنَا فِي الدُّنْيَا حَسَنَةً وَفِي الْآَخِرَةِ حَسَنَةً وَقِنَا عَذَابَ النَّار

« (Seigneur, accorde-nous le bien dans ce monde et dans l’Au-delà, et sauve-nous de la tourmente du feu)

Quels sont les biens terrestres mentionnés en premier dans cette supplication ? Ce sont les bienfaits de ce monde, qui seront source de bienfaits dans l’Au-delà. »

Cette prière nous explique que le croyant cherche les biens terrestres en se souciant des bienfaits de l’Au-delà. Une belle part dans les biens de ce monde signifie que le croyant musulman doit adopter les meilleurs moyens pour l’acquisition de ces biens. Dieu lui recommande d’acquérir les biens terrestres par des moyens qui seront sources de bonheur et de bienfait. Il lui proscrit tout moyen nuisible à autrui et susceptible de lui causer de la peine et de l’embarras. Pareils biens terrestres engendreront les biens de l’Au-delà. »

Chacun d’entre nous doit tenter d’acquérir ces biens terrestres qui nous feront mériter les biens de l’Au-delà, au lieu de se noyer dans les plaisirs d’ici-bas et d’oublier son objectif, pour attirer la colère divine. Le faste et les plaisirs de ce monde font naître en l’homme plus d’angoisse, quand il croit y trouver la sérénité. En fait il récolte l’anxiété. Le Messie Promis (a.s.) décrit cela en ces termes : « Ne croyez pas que l’opulence et le pouvoir, les richesses et l’honneur ou une multitude d’enfants sont source de quiétude et de sérénité et qu’ils transformeront la vie d’ici-bas en paradis. Certainement pas : cette sérénité et cette quiétude qui font partie des faveurs du paradis ne pourront être acquises par ces moyens. C’est en vivant et en mourant pour Dieu que l’on pourra découvrir cette vraie sérénité. Les prophètes, en particulier, Abraham et Jacob, avaient prodigué des conseils à cet effet en affirmant :

وَلَا تَمُوتُنَّ إِلَّا وَأَنْتُمْ مُسْلِمُونَ

« Ne mourrez qu’en état de fidélité ». 

On ignore quand frappera la mort. Attention que vous mourriez en état de désobéissance. »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Les plaisirs de ce monde génèrent une avidité immonde et accroissent la soif [de l’individu]. À l’instar de celui frappé par la maladie de la soif, la sienne ne s’étanche jamais. » Pareille malade ne cesse de boire jusqu’à sa mort.

« Le feu de ces désirs immodérés et de cette avidité ressemble au feu de l’enfer : il n’accorde au cœur de l’homme aucune sérénité ou paix et le maintient dans un cercle d’agitation et d’anxiété. […] Que mes amis (c’est-à-dire les ahmadis) sachent que leur amour des biens, des richesses, des femmes et des enfants ne doit pas les passionner et les enivrer au point où un voile se crée entre eux et Dieu. »

C’est-à-dire, si l’on se consacre à la quête des choses de ce monde à outrance, l’on érigera un voile et un obstacle entre soi et Dieu. L’on ne pourra pas avancer vers Dieu et Celui-ci ne viendra pas dans notre direction. Allah déclare : Lorsque le serviteur viendra vers Moi en premier, Je marcherai dans sa direction. Il est dit dans un hadith que Dieu fait deux pas dans la direction de celui qui fait un pas vers Lui. Il court vers celui qui marche vers Lui. Si l’on souhaite enlever ce voile, il faudra asservir le monde à la foi.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Les biens et les enfants sont appelés Fitna car ils placent un voile entre le serviteur et Dieu. […] Les biens et les enfants sont source de tourment car l’enfer est créé par ces choses également ; la séparation d’avec elles peut engendrer anxiété et angoisse. »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « En frictionnant deux objets, les mains ou deux pierres l’on génère de la chaleur. L’amour de l’homme se frottant à l’amour de ce monde brûle l’amour pour Dieu et le cœur s’assombrit pour ensuite s’éloigner du Créateur. L’on sombre par la suite dans toute sorte de transgression. Or, lorsqu’on se lie aux choses de ce monde pour la cause de Dieu, cet amour des biens terrestres devient tributaire de l’amour pour Dieu. »

L’on aime les choses de ce monde, car Allah a permis, dans une certaine mesure, ces objets terrestres.

« En frottant ces deux amours [l’un contre l’autre], dit le Messie Promis (a.s.), l’on brûlera l’amour éprouvé pour toute autre personne que Dieu. Cet amour illégitime pour tout autre que Dieu est remplacé par une lumière. Le plaisir de Dieu devient le plaisir du croyant et vice-versa. » Le croyant se satisfait du décret de Dieu et conforme ses souhaits à ceux de Dieu.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Contrairement à cela, tout ce qui appartient à l’homme est source de tourment infernal. En somme, mener une vie loin de Dieu est la source de l’enfer. Allah souhaite que vous deveniez musulmans de la tête jusqu’au pied. Le terme « musulman » signifie se couper entièrement [de ce monde] ou se prosterner entièrement devant Dieu. Il ne faut pas se tourner vers Dieu pour ensuite se vouer au monde quand ses intérêts sont en jeu. Allah confère au musulman des faveurs sans fin à condition qu’il médite et qu’il use de son entendement. »

Comme je l’ai dit, l’homme est faible. Le monde l’attire à tel point dans certains cas, qu’il se détourne entièrement de Dieu et néglige la religion. Il faiblit dans sa conduite et ne respecte pas tous les commandements divins. Il lèse les droits de sa femme et de ses enfants, créant ainsi des difficultés ou se dispute au sein de son foyer. Ou des fois, il n’est pas honnête dans ses transactions ou il est coupable d’autres méfaits. Certains abandonnent la Salat en raison de leurs commerces. Dieu présente des moyens pour sortir l’homme de ses faiblesses. Nous les ahmadis sommes chanceux que Dieu nous ait permis d’accepter le Messie Promis (a.s.) qui, à maintes reprises, nous a préservés de l’égarement et nous a guidés sur le droit chemin.

Ayant obtenu à cet effet la permission divine, le Messie Promis (a.s.) a organisé la Jalsa, nous permettant de nous réunir une fois par an pour améliorer notre condition spirituelle. Les participants de la Jalsa ne doivent pas oublier ces objectifs : se rapprocher de Dieu, préférer la foi à ce monde, asservir celui-ci à notre foi. Nous devons aussi insuffler cet esprit en nos enfants et pas uniquement en nous, [en disant] : que souhaite Dieu de notre part et quel est le but de notre vie ? De génération en génération nous devons insuffler ces valeurs en nos descendants, notamment le fait de respecter les commandements de Dieu afin de pouvoir asservir le monde à notre foi. Allah nous a conféré une faveur en suscitant le Messie Promis (a.s.) durant ces derniers temps afin d’effectuer notre réforme. Lui ayant prêté allégeance, nous devons désormais suivre ses conseils ; en cela réside notre salut et celui de nos descendants.

Le Messie Promis (a.s.) évoque cet objectif en ces termes : « Tous mes adeptes sincères qui m’ont prêté allégeance doivent comprendre que le but de la Bai’ah est de refroidir leur amour pour ce monde tout en accordant prééminence à l’amour pour Dieu et pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ils doivent développer ce détachement du monde afin de rendre leur voyage vers l’Au-delà facile. »

Tant que l’on n’éprouvera pas de l’amour pour Allah l’Exalté et Son Envoyé, l’attrait pour ce monde ne faiblira pas et l’on ne rendra pas l’âme en toute sérénité non plus. C’est là le but de la création de cette Jama’at par l’entremise du Messie Promis (a.s.), à laquelle Dieu nous a permis de nous joindre. Le Messie Promis (a.s.) a demandé à ses disciples de lui prêter allégeance à cet effet et il leur a expliqué le but de ce serment. Si nous ne nous évertuons pas à atteindre ce but, notre allégeance sera de pure forme : en réalité nous n’aurons pas reconnu le Messie Promis (a.s.) ni ne l’aurons-nous accepté ni n’aurons-nous respecté les exigences du serment d’allégeance.

Après le lancement de la Jalsa, le Messie Promis (a.s.) s’était mis en colère quand il a su que les membres n’atteignaient pas ses objectifs. Il avait annulé pour une année la tenue de la Jalsa en évoquant des raisons qui doivent aujourd’hui inquiéter tout ahmadi sincère. Selon lui, la Jalsa vise à la réforme des membres grâce à ces rencontres répétées, de sorte que leurs cœurs se tournent entièrement vers l’Au-delà, afin de susciter la crainte divine, la vertu, la Taqwa, la pureté, la compassion, l’amour mutuel et la fraternité en eux pour qu’ils servent d’exemples à autrui dans ces domaines. La Jalsa vise aussi à faire naitre en eux l’humilité, la droiture et une passion pour la cause religieuse.

Il annonce que la Jalsa n’est guère une foire mondaine. « Sa tenue repose sur de bonnes intentions et le souhait de récolter de bons fruits. Au cas échéant, l’on n’atteindra pas le but fixé pour cette rencontre et celle-ci ne servira à rien. »

Quelles sont ces rencontres répétées qui engendrent la réforme ? Il s’agit des rencontres avec le Messie Promis (a.s.). Certains, à son époque, se sont attirés sa colère en raison de leurs faiblesses : Allah sait le mieux aujourd’hui combien des nôtres tombent dans cette catégorie. Il incombe de ce fait à chacun d’entre nous d’accomplir son introspection. Si nous n’avons pas atteint la norme fixée par le Messie Promis (a.s.) nous n’avons pas le droit de participer à la Jalsa. Demandons-nous si nous le méritons réellement ou que nous y participons parce que nous sommes ahmadis de naissance ou depuis plusieurs années ou que nous sommes les enfants des aînés de la communauté. En ce cas, nous n’aurons pas atteint l’objectif que le Messie Promis (a.s.) nous a fixé. Ou nous ne sommes pas venus avec l’intention d’user de toutes nos aptitudes pour atteindre cet objectif. Si tel est le cas, notre présence à la Jalsa n’est que participation à une foire mondaine. Ces conclusions doivent inquiéter tous les ahmadis sincères.

Tous les ans, la Jalsa est organisée dans différentes parties du monde : je participe dans certaines directement et dans d’autres par le biais de la MTA. Bon nombre d’entre vous participent aux Jalsas de divers pays européens. Nombre d’entre vous qui êtes présents devant moi ont participé aux Jalsas du Royaume-Uni et d’Allemagne. Lors de chaque Jalsa, l’on mentionne ses buts ainsi que l’acquisition de la connaissance religieuse et le progrès spirituel. L’on y présente différents discours. Beaucoup m’informent qu’ils y ont vécu des moments éminemment spirituels, respirant la fraternité et l’amour. Ils m’informent par ailleurs que leurs invités ont été eux aussi fort impressionnés par l’atmosphère qui y régnait. Nous devons apporter en nous une révolution en raison de ces conditions et du fait que nous participions à plusieurs Jalsas au cours de l’année.

À une époque, le Messie Promis (a.s.) nous conseillait de participer à une Jalsa par an afin de nous réformer pour rendre notre voyage vers l’Au-delà facile, afin que nous respections les droits d’Allah et de Ses créatures. Or à présent l’on participe à plus d’une Jalsa au cours de l’année. Je vous laisse imaginer la révolution que nous devons apporter en nous en ces conditions. Certes une rencontre avec le Messie Promis (a.s.) vaut plusieurs participations à différentes Jalsas et suffisait pour augurer une révolution en notre personne, en raison du statut dont jouit un prophète. Or, la participation à plusieurs Jalsas doit tout au moins apporter une révolution saine en notre personne. L’on présente aujourd’hui encore les paroles du Messie Promis (a.s.) qu’il a énoncées lors de différents discours, ainsi que l’exégèse de la parole d’Allah et les conseils du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Si l’on est déterminé et animé de bonnes intentions, l’on pourra aujourd’hui encore se réformer. Le Calife de l’époque vous prodigue des conseils en tant que représentant du Messie Promis (a.s.).

D’ailleurs le Messie Promis (a.s.) avait prophétisé la continuité du Califat et celle des bénédictions liées à sa personne si l’on s’attachait au Califat. Voire ce fut le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui donna cette bonne nouvelle. D’ailleurs le Messie Promis (a.s.) déclare que cette promesse de la continuité des bénédictions grâce au Califat concerne les membres de sa communauté. Je vous conseille à cet égard de suivre la MTA. L’on ne peut organiser de Jalsa au Pakistan en raison des restrictions. Les ahmadis qui y résident vivent ainsi dans la privation. L’on doit tout au moins suivre régulièrement le sermon sur la MTA, ainsi que les Jalsas, et tenter de traduire dans la pratique les conseils qui y sont prodigués. C’est là un moyen créé par Allah pour pallier, un tant soit peu, cette privation. Il faudra tenter de suivre les programmes de la Jalsa sur la MTA. Ce faisant l’on pourra apaiser soixante ou soixante-dix pour cent de sa soif [spirituelle]. Si on le souhaite l’on pourra néanmoins se réformer à cent pour cent.

Vous qui vivez en Europe, vous participez à la Jalsa – voire à plusieurs – au cours de l’année. Les ahmadis d’ici devront, comme je l’ai dit, apporter une révolution en leur personne. C’est là un camp d’entraînement qu’Allah a mis à notre disposition. Notre participation sera avantageuse lorsqu’en accord avec les désirs du Messie Promis (a.s.) nous asservirons le monde et apporterons en nous la réforme. Écoutez les discours de la Jalsa attentivement et avec l’intention de traduire dans la pratique les conseils [y prodigués] afin de pouvoir vous réformer.

Les conseils du Messie Promis (a.s.) à cet effet méritent toute notre attention. Il déclare : « Écoutez ceci attentivement ! Il est question ici de foi. La paresse, la négligence et le manque d’attention auront des conséquences désastreuses. Ceux qui négligent l’état de leur foi n’écoutent pas attentivement les conseils qui leur sont prodigués ; même si l’orateur présente des recommandations très avantageuses et convaincantes, ils n’en tirent aucun avantage. On dit à leur propos qu’ils possèdent des oreilles mais n’entendent pas ; des cœurs, mais ils ne comprennent pas. Écoutez attentivement tout conseil qu’on vous donne. Celui qui n’est pas attentif ne profite guère de la compagnie d’une personne profitable même s’il partage sa compagnie pour une longue durée. »

Le Messie Promis (a.s.) avertit ici ceux qui ne profitent pas de la Jalsa en dépit de leur présence. Ils lancent à tue-tête de grands slogans ; or la grandeur de Dieu qu’ils proclament disparaît de leurs cœurs et leurs esprits après quelques instants. Chacun des nôtres doit accomplir son introspection : sommes-nous de ceux qui ne profitent pas de la Jalsa Salana tout en y participant, comme le disait le Messie Promis (a.s.) ? Tous les participants doivent écouter attentivement et patiemment les discours, accroître leur savoir et améliorer leur conduite.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Tout le monde doit écouter ceci avec attention : Je ne souhaite pas que les membres de ma Jama’at et moi-même nous nous contentions de simples discours, et d’avoir pour seul but de tirer du plaisir de l’éloquence et de la finesse des expressions des orateurs. Je ne souhaite guère cela. Je n’apprécie pas l’artifice. J’aime qu’on accomplisse une œuvre pour la cause d’Allah et que tout propos soit énoncé pour Sa cause. Il faut prendre la parole pour la cause de Dieu et afin de mériter Son plaisir. […] La raison principale de la décadence des musulmans est qu’ils ne venaient pas écouter avec ces intentions. Il y a tant de conférences, tant d’organisations et de rencontres où de grands orateurs prennent la parole, où des poètes déclament des vers, mais ceux-ci n’ont aucun effet sur l’auditoire. La nation, au lieu de progresser, ne cesse de régresser de jour en jour. La raison en est que ceux qui viennent y assister ne sont pas emplis de sincérité. »

L’auditoire n’est point sincère : il se contente de se délecter de l’éloquence des orateurs.

Tel était le souhait naturel du Messie Promis (a.s.) à l’égard de ses suivants : c’est-à-dire qu’ils ne devaient pas se laisser impressionner pendant quelques secondes par le contenu d’un discours ou l’enthousiasme d’un orateur : ils doivent comprendre l’essence du sujet et de l’appliquer dans leurs vies. Si les personnes écoutent ces discours et en oublient le contenu l’instant d’après, cela n’est guère un progrès : au contraire il s’agit d’une régression. L’état actuel d’humiliation et de décadence des musulmans s’explique du fait qu’ils écoutent certes les discours de grands orateurs, mais ne les mettent quasiment pas, voire pas du tout, en application. Un peuple qui ne met rien en application ne peut connaître le progrès. L’état actuel des musulmans prouve clairement qu’ils ne s’adonnent qu’à des bavardages inutiles, et qu’ils ne mettent rien en pratique. S’ils appliquaient ce qu’ils écoutaient, ils n’en seraient pas là. Nous avons accepté le Messie Promis (a.s.) afin de supprimer les faiblesses et manquements qui rongent les musulmans, sinon notre acceptation sera vaine. D’un côté les musulmans annoncent vouloir unir le monde sous l’étendard du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), et d’autre part nous voyons que le monde est en train de les vaincre.

De même, notre participation à la Jalsa ne doit pas être simplement motivée par l’envie de voir nos amis, et d’écouter un peu les discours. Vouloir rencontrer ses amis n’est pas condamnable : mais selon le Messie Promis (a.s.) tel n’est pas l’objectif premier de la Jalsa. D’ailleurs même ce but secondaire n’est pas sans raison. Il faut faire régner une atmosphère de fraternité, et d’amour et que les ahmadis remplissent les devoirs qu’ils ont envers les créatures d’Allah. Il faut que l’on voit les signes de la force et de l’union de la communauté. Il faut que nous mettions en avant l’objectif premier de notre participation à la Jalsa. Il faut que nous écoutions les discours de cette Jalsa et que nous les mettions en pratique. Qu’Allah nous permette à tous de remplir cet objectif de la Jalsa, qu’Il nous permette de profiter de ses bénédictions et d’être les héritiers des prières que le Messie Promis (a.s.) a faites pour les participants. Qu’Il nous permette de montrer par nos paroles et nos actes la véritable image de l’Islam au monde entier. Qu’Allah fasse que les objectifs mondains soient toujours secondaires pour tous les ahmadis et que leur but premier soit la foi et la satisfaction d’Allah le Très Haut. Celui qui comprend la réalité de la satisfaction d’Allah, s’acquitte de ses devoirs envers Lui et Ses créatures, ou du moins est en mesure de le faire, et peut contribuer à créer une ambiance de paix, d’amour et de fraternité, et c’est ce dont le monde a grand besoin aujourd’hui. C’est en invitant les gens à reconnaître leur Créateur et à remplir leurs devoirs envers Ses créatures que l’on pourra mettre un terme à l’instabilité du monde d’aujourd’hui.

C’est là une très grande responsabilité qui incombe à tous les ahmadis – ils doivent être vigilants à cet égard.

Je souhaite également aborder quelques points au sujet de l’organisation de la Jalsa. Tout d’abord, nous devons être très vigilants concernant notre environnement autour du site qui a été loué pour la Jalsa. Il ne faut pas créer de problèmes pour les organisateurs, ni pour les voisins lorsque nous sortons. Nous devons faire très attention à cela. Les non-musulmans pourront connaître à travers nous la véritable image de l’Islam si nous les ahmadis respectons nos devoirs envers les voisins, si nous respectons les lois en vigueur malgré le grand nombre de participants. Les organisateurs de la Jalsa doivent être très attentifs à ce propos, et prendre les mesures nécessaires. Certes le nombre de participants peut paraître faible comparé au nombre de participants à d’autres Jalsas ; dans certains pays où il se trouve de grandes Jama’ats, le nombre de participants à l’ijtema des Khuddam-ul-Ahmadiyya dépasse le nombre de participants à cette Jalsa. Mais pour ce pays, et par rapport au nombre d’ahmadis qui y résident, et pour le comité d’organisation, il s’agit d’un grand nombre de participants.

Il faut également que nous concentrions notre attention vers l’objectif réel : accomplir des supplications pendant ces jours de la Jalsa, et d’envoyer des salutations sur le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), de s’adonner au souvenir d’Allah, et de participer à l’heure aux Salat qui sont tenues ici et à la mission. J’ai remarqué depuis deux jours qu’à la mission les personnes viennent en retard aux prières : et cela fait tout un bruit lorsqu’on marche précipitamment sur le plancher en bois. Il faut donc venir en avance afin que cela ne dérange pas les prières des autres. Comme je l’ai déjà mentionné, il faut écouter les discours de la Jalsa avec grande attention, et vous organiser afin de participer à toutes les sessions, et d’écouter les orateurs. Ce n’est qu’en procédant ainsi que vous serez en mesure d’éduquer vos enfants et votre progéniture, et vous pourrez leur faire comprendre l’importance de la Jalsa et d’écouter les discours. Il faut aussi être vigilant à cet égard.

Parfois il y a des mésententes entre des individus lors de la Jalsa en raison des rancunes de longue date qui refont surface. Il faut en protéger l’atmosphère de la Jalsa. Ne causez aucun tort à quiconque et que personne n’ait une mauvaise image de la Jama’at en raison de ces disputes. J’ignore si le comité d’organisation a pris ou non en considération le nombre de participants pour la préparation des repas ; j’ose penser qu’ils l’ont fait. S’il y a des manquements à cet égard, faites preuve de patience. Incha Allah tout se passera bien ; laissez un peu de temps au comité d’organisation pour cela. Je pense que c’est après une longue période qu’ils ont de nouveau l’opportunité de s’occuper d’autant invités.  

Qu’Allah bénisse cette Jalsa à tous les niveaux. Comme je l’ai déjà mentionné, toutes les personnes présentes doivent prier pendant cette Jalsa. Soyez vigilants concernant la Salat. Qu’Allah vous permette de profiter des prières du Messie Promis (a.s.).


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)