Sermon du vendredi 17 août 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Pour le sermon d’aujourd’hui j’évoquerai quelques compagnons [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] ayant participé à la bataille de Badr. Le premier s’appelle ‘Amir Bin Rabi’ah. Sa famille était l’alliée de Khattab, le père d’Oumar. Amir était son fils adoptif – et c’est pour cette raison qu’il portait dans un premier temps le nom d’Amir Bin al-Khattab. Le Coran, par la suite, a ordonné que les musulmans soient appelés par le nom de leur père biologique. Sur ce, ‘Amir a porté le nom de son père Rabi’ah, au lieu de celui de Khattab. C’est ainsi qu’il a désormais été connu comme ‘Amir Bin Rabi’ah.

Ceci sert d’éclaircissement à ceux qui adoptent les enfants de leurs proches. Ces enfants, même arrivés à l’âge adulte, ignorent qui sont leurs pères biologiques. Sur leurs cartes d’identité et leurs papiers officiels, l’on trouve mention de leurs pères adoptifs et pas de leurs pères biologiques. Cela engendre des problèmes par la suite et on [m’écrit] pour présenter telle ou telle solution. C’est pour cette raison qu’il faudra toujours respecter les injonctions coraniques, sauf dans le cas d’enfants adoptés à travers différentes institutions qui préservent l’anonymat des parents biologiques.

En raison de cette alliance, ‘Oumar et ‘Amir Bin Rabi’ah sont restés de bons amis jusqu’au dernier moment. ‘Amir Bin Rabi’ah avait embrassé l’islam au tout début à une époque où le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’avait pas encore choisi Dar al-Arqam comme lieu de refuge.

‘Amir Bin Rabi’ah et son épouse, Layla Bint Abi Hathma, s’étaient exilés en Abyssinie. Par la suite, ils sont retournés à La Mecque avant de se rendre à Médine. L’épouse d’Amir Bin Rabi’ah était la toute première musulmane à émigrer à Médine. ‘Amir Bin Rabi’ah a participé à la bataille de Badr et à toutes les campagnes menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il est décédé en l’an 32 de l’hégire et appartenait au clan Ans.

‘Amir Bin Rabi’ah relate qu’il avait entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclaré : « Lorsque vous voyez un convoi mortuaire que vous ne souhaitez pas accompagner, vous devez quand même vous mettre debout, jusqu’à ce que la dépouille traverse et vous laisse derrière ou qu’elle soit déposée. »

‘Abdullah Bin ‘Amir relate que son père, ‘Amir, s’était mis à prier une nuit, à l’époque où régnaient des dissensions au sujet du Calife ‘Outhman. Les conflits avaient commencé à l’époque et les gens se moquaient du Calife. ‘Amir Bin Rabi’ah s’est couché après la Salat et dans un songe on lui a dit de se lever et d’implorer Dieu afin qu’Allah le protège de ce conflit contre lequel Il a préservé Ses serviteurs choisis. ‘Amir Bin Rabi’ah s’est levé et a prié. Par la suite, il est tombé malade et il n’a pas pu sortir de chez lui : c’est sa dépouille mortuaire qui en est sortie.

Voilà comment Allah l’a préservé de ces troubles.

‘Amir Bin Rabi’ah relate : « J’avais accompagné le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors d’une circumambulation de la Ka’aba. Le lacet d’une chaussure du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est cassé. Je lui ai demandé de me l’offrir afin de le réparer. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « En ce cas je vais préférer ma personne à autrui. C’est là quelque chose qui me déplaît. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était très particulier et il préférait accomplir de ses mains toutes les tâches qui lui revenaient.

‘Amir Bin Rabi’ah avait réservé un très bon accueil à un invité et avait intercédé auprès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à son sujet. L’invité est retourné chez ‘Amir Bin Rabi’ah et lui a dit : « J’ai demandé au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de m’offrir la meilleure vallée de l’Arabie toute entière. Il me l’a offerte. Je souhaite à présent vous en offrir une partie, afin qu’elle vous appartienne et que vous la léguiez à vos enfants. » ‘Amir Bin Rabi’ah a répondu : « Je n’ai point besoin de ce bout de terrain. Car aujourd’hui, la sourate qui a été révélée nous a fait oublier le monde. Elle se lit ainsi :

اقْتَرَبَ لِلنَّاسِ حِسَابُهُمْ وَهُمْ فِي غَفْلَةٍ مُعْرِضُونَ

« Le règlement de leur compte s’est rapproché pour les hommes, et malgré cela ils s’en détournent avec insouciance. »

Telle était la crainte que ressentaient ces étoiles étincelantes [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)]. D’ailleurs c’étaient ces gens-là qui préféraient la foi à ce monde.

‘Amir Bin Rabi’ah relate que Zayd Bin ‘Amr a déclaré : « Je me suis opposé à ma nation ; j’ai suivi la religion d’Abraham et j’attendais l’avènement d’un prophète parmi les descendants d’Ismaël, dont le nom sera Ahmad. Mais on dirait que je ne le verrai pas. Je crois en lui et je témoigne qu’il est un prophète. Si vous vivez à son époque, transmettez-lui mes salutations. Je vous mentionne ses signes qui ne vous seront pas cachés. Il ne sera ni grand, ni petit, ses cheveux seront abondants, ses yeux seront rouges en permanence, entre les épaules se trouvera le sceau du prophétat. Son nom sera Ahmad. La Mecque sera le lieu de sa naissance et de son allégeance. Ensuite son peuple l’en chassera et détestera son message. Il partira vers Yathrab. Ne vous trompez pas à son sujet. J’ai voyagé partout à la recherche de la religion d’Abraham. J’ai questionné juifs, chrétiens et adorateurs du feu. Ils m’ont dit que cette religion est loin derrière moi. Ils m’ont indiqué les mêmes signes que j’ai évoqués. Ils m’ont dit qu’il n’y aura pas d’autres prophètes après lui. »

‘Amir Bin Rabi’ah a relaté les propos de Zayd au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lorsqu’il a été suscité. L’Envoyé de Dieu a commenté : « Je l’ai vu au paradis où il tirait son manteau. »

Affirmer qu’il « n’y aura pas d’autre prophète » ne signifie pas que la prophétie sur un prophète Oummati faite par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est fausse. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est le dernier prophète de loi ; personne n’apportera une nouvelle Shariah. Un prophète subordonné au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) sera quant à lui suscité : c’est ce que nous enseignent les hadiths et le Saint Coran.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a établi un lien de fraternité entre ‘Amir Bin Rabi’ah et Zayd Bin Moundhir. ‘Amir Bin Rabi’ah est décédé quelque temps avant le martyre du Calife ‘Outhman.

Haram Bin Milhan est le deuxième compagnon que je souhaite évoquer. Il était un Ansari appartenant à la tribu Banou Adi Bin Najjar. Son père s’appelait Milhan Bin Malik Bin Khalid et sa mère Moulaika Bint Malik. Oumm Soulaim, sa sœur, était mariée à Abou Talha al-Ansari et elle était la mère d’Anas Bin Malik. Oumm Haram était sa deuxième sœur et celle-ci était la femme d’Oubadah Bin Samit. Haram Bin Milhan était l’oncle maternel d’Anas Bin Malik : il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud et il est tombé en martyr lors de l’incident de Bir Ma’ouna. Anas Bin Malik relate que certains individus avaient demandé au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de leur envoyer des formateurs pour leur enseigner le Coran et la Sounnah. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) leur envoya soixante-dix compagnons de parmi les Ansar : ils étaient tous des Qaris et parmi se trouvait Haram Bin Milhan. Ils récitaient le Coran et s’enseignaient mutuellement pendant la nuit. Durant la journée, ils transportaient de l’eau à la mosquée et ramassaient des fagots pour les vendre afin d’acheter des céréales pour les Ahl as-Souffa et les pauvres.

J’ai déjà relaté dans mes précédents sermons ce récit concernant Haram Bin Milhan et celui de Bir Ma’ouna à quelques reprises. Je présente ici quelques récits de Boukhari que je n’avais pas cités auparavant.

Anas Bin Malik relate que lorsque Haram Bin Milhan a été frappé d’une lance à Bir Ma’ouna, il a pris son sang dans ses mains et l’a passé sur son visage et sa tête en déclarant : « J’ai réussi ! Par le Dieu de la Ka’aba ! »

Les clans Ril, Zakwan, Usaya et Banou Lihyan ont envoyé leurs émissaires au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’informer qu’elles avaient embrassé l’islam et lui demander de l’aide contre leurs nations. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) leur a envoyé soixante-dix Ansari. Anas relate qu’ils étaient connus comme les Qaris : ils ramassaient du bois pendant la journée et priaient pendant la nuit. Les membres de ces clans les ont emmenés à Bir Ma’ouna où ils les ont trompés pour ensuite les tuer. Pendant un mois tout entier, ou pour quarante jours selon certains récits, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a voué aux malheurs les tribus Ril, Zakwan, et Banou Lihyan dans ses Salats.

Selon un autre récit de Boukhari, Anas relate qu’il n’avait jamais vu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) aussi triste qu’il l’était après cet incident. Anas raconte dans un autre récit que pendant tout un mois lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se redressait du Ruku’ pendant la Salat, il a appelé la colère divine sur quelques clans de la tribu des Banou Soulaim. Il avait envoyé aux polythéistes environs 40 ou 70 Qaris qu’ils ont tués alors que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait signé un traité avec ces différentes tribus.

Selon Ibn Hisham, Jabbar Bin Salmah était présent avec ‘Amir Bin Tufail à Bir Ma’ouna : il a embrassé l’islam par la suite et relate en ces termes sa conversion. « J’ai frappé une personne entre les deux épaules d’une lance qui est ressortie par sa poitrine. [En mourant] il a déclaré : « J’ai réussi ! Par le Dieu de la Ka’aba ! » Je me suis demandé, comment a-t-il triomphé ? Ne l’avais-je pas tué ? Quand j’ai questionné des gens à ce sujet on m’a dit qu’il était content de tomber en martyr. Sur ce j’ai déduit qu’aux yeux de Dieu, il avait certainement réussi. »

Il existe des récits aux propos similaires sur deux ou trois compagnons : mériter le plaisir de Dieu était leur unique objectif. Le succès matériel ne l’était pas : c’était pour cette raison qu’Allah a annoncé qu’Il était content d’eux.

Lors du martyre de ces compagnons à Bir Ma’ouna, ils priaient en ces termes : « Ô Allah ! Informe le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) que nous partons à Ta rencontre. Nous sommes satisfaits de Toi et Tu es satisfait de nous. »

Anas relate que l’ange Gabriel en a informé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Mirza Bashir Ahmad Saheb relate que les incidents de Bir Ma’ouna et de Raji démontrent l’inimitié extrême que nourrissaient les tribus arabes à l’endroit de l’islam et de ses suivants. Ils n’avaient aucuns scrupules à recourir aux plus vils mensonges et tromperies. Les musulmans, en dépit de leur grande vigilance, mais en raison de leur honnêteté de croyants, étaient parfois victimes de leurs pièges. Ces compagnons avaient mémorisé le Coran, ils passaient leur temps à prier dans un coin de la mosquée et au souvenir de Dieu. Ils vivaient dans le dénuement. Des infâmes les avaient invités pour leur enseigner les préceptes de la religion. Or, quand ces nobles compagnons se sont présentés en tant qu’invités sur leur terre, ils les ont tués sans aucune pitié. Cet incident avait fort attristé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : or il n’a pas pris les armes contre les tribus coupables des exactions à Raji et Bir Ma’ouna. Pendant trente jours, tous les matins, lors de la prière, en larmes, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a appelé sur les clans Ril, Zakwan, Usaya et Banou Lihyan la colère divine en ces termes : « Ô Notre Seigneur ! Aie-pitié de nous et arrête les mains des ennemis de l’islam qui veulent effacer le nom de Ta religion et qui font couler le sang des musulmans de manière impitoyable. »

Aujourd’hui encore, il est essentiel d’implorer l’aide de Dieu à travers la prière afin d’arrêter la main de l’ennemi. C’est Allah lui-même qui arrêtera ces gens et qui nous faciliteront la tâche.

Sa’ad bin Khawla est un autre compagnon : selon certains il était l’esclave affranchi d’Abi Rouham ‘Abd al ‘Uzza Amiri. Il était parmi les premiers musulmans et s’était exilé en Abyssinie à deux reprises. Il avait logé chez Koulthoum Bin Hadam quand il est parti à Médine.

Selon Ibn Ishaq, Moussa et ‘Ouqbah, Sa’ad bin Khawla faisait partie des compagnons de Badr. Il avait 25 ans quand il y avait participé. Il était aussi présent lors des batailles d’Ouhoud et du Fossé et lors du traité de Houdaybiyya.

Sa’ad bin Khawla était le mari de Soubayya Aslamiyya et il est décédé lors du pèlerinage d’adieu du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Son enfant est né quelque temps après son décès. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a conseillé à sa veuve : « Tu peux te marier avec la personne de ton choix après la naissance de l’enfant. »

Tous les biographes, hormis Tabari, affirment que Sa’ad bin Khawla est décédé lors du pèlerinage d’adieu. Selon Tabari, il serait décédé avant cet événement.

Aboul Haitham Bin Al-Tihan al-Ansari est un autre compagnon. Son nom d’emprunt était Aboul Haitham. Sa mère s’appelait Layla Bint ‘Atiq et appartenait à la tribu des Baliy. La majorité des historiens pensent qu’Aboul Haitham appartenait au clan Baliy de la tribu Aws, qui était d’ailleurs l’allié de la tribu Banou Abdal Ashal.

Selon Mohammad Bin Umar, Aboul Haitham honnissait l’adoration des idoles avant l’avènement même de l’islam. Asad Bin Dararah et Aboul Haitham croyaient en l’unicité de Dieu et ils étaient parmi les tout premiers Ansaris ayant embrassé l’islam à La Mecque. Selon certains, avant le premier serment d’Aqabah, Asad Bin Dararah et six autres personnes sont retournés à Médine après leur conversion à La Mecque. Ils ont invité Aboul Haitham à l’islam : étant donné qu’il était en quête de la vraie religion, il a embrassé l’islam sur le champ. Il était dans la délégation présente lors du premier serment à Aqabah. Une fois à La Mecque il a prêté le serment d’allégeance sur les mains du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Mirza Bashir Ahmad, dans sa Sirat Khataman-Nabiyine relate ce qui suit à ce propos. « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a rencontré quelques individus dans une vallée de La Mecque. Ils ont informé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à propos de la situation à Yathrab et ils lui ont prêté allégeance. Leur serment a été la première brique de la fondation de l’islam à Médine. Étant donné que le Jihad par l’épée n’était pas encore obligatoire, les conditions de ce serment d’allégeance étaient similaires à celles des femmes après la promulgation du Jihad. C’est-à-dire que les nouveaux musulmans promettaient de croire en l’unicité de Dieu, de bannir le polythéisme, le vol, l’adultère, le meurtre, la calomnie et d’obéir au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en toute bonne chose.

Après le serment d’allégeance le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) leur a conseillé : « Si vous respectez ce serment vous mériterez le paradis. Si vous flanchez votre cas sera entre les mains d’Allah, Qui vous traitera comme bon Lui semble. »

Ce serment d’allégeance est connu comme le premier serment d’Aqabah, en raison du lieu où il s’était tenu, situé entre La Mecque et Mina. ‘Aqabah signifie littéralement une montagne élevée.

Aboul Haitham était présent avec les six premiers individus à se rendre à La Mecque pour embrasser l’islam.  De retour à Médine, ils ont propagé la nouvelle religion. Selon un récit, Aboul Haitham était le premier Ansari à se rendre à La Mecque pour rencontrer le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Les historiens affirment unanimement qu’il était présent lors du deuxième serment d’allégeance à ‘Aqabah en compagnie de 70 Ansaris et qu’il était l’un des douze leaders choisis par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pour leur connaissance et leur aptitude.  

Selon un hadith, Aboul Haitham a informé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors du serment d’allégeance que les Médinois avaient conclu des pactes avec certaines tribus. Après leur acceptation de l’islam et leur allégeance aux mains du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ils suivront son verdict concernant ces traités. Aboul Haitham dit au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « Ô Envoyé d’Allah ! Nous sommes à présent liés avec vous. Quand Allah vous accordera Son soutien et la victoire sur votre peuple, ne nous abandonnez pas pour retourner chez eux et ne vous séparez-vous pas de nous. »

Tout souriant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a répondu : « Ton sang est le mien. Je suis un des vôtres et vous êtes miens. Celui qui mènera la guerre contre vous, se battra contre moi. Celui qui se réconciliera avec vous, le fera avec moi. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre ‘Outhman Bin Mathoun et Aboul Haitham après son émigration.

Jabir Bin ‘Abdillah relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et un de ses compagnons sont partis à la rencontre d’un Ansari. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a demandé : « Offre-nous de l’eau préservée la veille dans une outre, sinon nous allons boire directement d’ici. » En effet, l’eau coulait là-bas et cet Ansari était en train d’arroser son jardin. Il a répondu : « Ô Envoyé d’Allah ! J’ai de l’eau de la veille. Veuillez s’il vous plaît vous rendre à la hutte. » Aboul Haitham, l’Ansari, a accompagné le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et son compagnon et leur a offert de l’eau. Ensuite il est parti traire une de ses chèvres. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ainsi que son compagnon en ont bu. 

Ce récit est tiré du recueil de Boukhari. Jabir Bin ‘Abdillah relate qu’Aboul Haitham a préparé un repas et a convié le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ses compagnons. Après le repas, l’Envoyé d’Allah a conseillé à ses compagnons : « À présent, récompensez votre frère ! » Ses compagnons ont répondu : « Ô Prophète d’Allah ! Comment le faire ? » Il a répondu : « Quand vous mangez et buvez de chez quelqu’un vous devez prier pour lui. Voilà comment le récompenser pour le repas. »

Ce sont-là de nobles qualités que doivent adopter tous les musulmans.

Abou Houraira relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) sortait de chez lui quand généralement tout le monde était à la maison et quand on ne rendait pas visite à autrui. Abou Bakr est venu chez lui. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a demandé : « Qu’est-ce qui t’a poussé à sortir ? » Abou Bakr a répondu : « Afin de rencontrer l’Envoyé de Dieu, de voir son visage béni et de lui présenter la salutation de paix. » Après quelque temps Omar s’est présenté. L’Envoyé d’Allah lui a posé la même question. ‘Oumar a répondu : « C’est la faim qui m’a contraint de sortir. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a commenté : « J’ai aussi un peu faim. » Ils sont tous partis chez Aboul Haitham al-Ansari qui possédait beaucoup de chèvres et des dattiers. Ne l’ayant pas trouvé chez lui, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé à son épouse où il était. Elle lui a expliqué qu’il était parti chercher de l’eau fraîche : en effet Aboul Haitham est retourné après quelques instants avec une outre, qu’il a placée dans un coin pour serrer le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), affirmant qu’il était prêt à sacrifier ses biens et ses parents pour l’Envoyé de Dieu.

Aboul Haitham a mené ses trois invités dans leur jardin et il a placé à même le sol un tapis. Il a rapporté toute une grappe de dattes mûres et vertes. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a demandé : « Pourquoi n’as-tu pas choisi des dattes mûres au lieu d’apporter toute une grappe ? » Aboul Haitham a répondu : « J’ai voulu que vous en choisissiez vous-même. » L’Envoyé d’Allah, Abou Bakr et ‘Oumar en ont mangé et ont bu de cette eau. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Par Allah ! Le jour de la Résurrection vous serez questionnés à propos de ces faveurs que sont l’ombre, l’eau et les dattes fraîches. » Aboul Haitham s’est levé pour aller faire préparer le repas. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a conseillé de ne pas égorger une chèvre laitière. Sur ce, il a égorgé un chevreau et l’a présenté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Tout le monde en a mangé.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a demandé s’il avait un domestique. Aboul Haitham ayant répondu négativement, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a demandé de venir le voir quand il aura des prisonniers de guerre. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en a reçu deux, Aboul Haitham est venu le voir et l’Envoyé d’Allah lui a demandé de faire son choix. Aboul Haitham lui a demandé de choisir lui-même. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Celui à qui l’on demande conseil est un dépositaire. » C’est un point important. Celui à qui l’on demande conseil doit toujours donner de bons avis.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a dit : « Prend ce serviteur, car je l’ai vu se consacrer à la prière et au souvenir d’Allah. » Il était en somme vertueux. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a conseillé de bien le traiter.

Aboul Haitham est retourné chez sa femme avec le domestique et lui a confié la recommandation du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Celle-ci lui a dit : « Tu ne pourras pas respecter ce conseil de l’Envoyé d’Allah. »

En dépit d’être une femme et de n’avoir personne pour l’aider dans ses tâches, son épouse, imbue des qualités d’une croyante, lui a conseillé d’affranchir le domestique, car c’était, selon elle, l’unique manière de respecter ses droits. Aboul Haitham l’a libéré sur les conseils de sa femme. Telles étaient les qualités de ces nobles compagnons.

Aboul Haitham a participé à toutes les campagnes menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), de Badr en passant par Ouhoud et la bataille du Fossé.

Après le martyre d’Abdoullah Bin Rawaha lors de la bataille de Mouta, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a confié à Aboul Haitham la tâche d’évaluer la récolte des dattiers de Khaibar. Après le décès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), lorsque le Calife Abou Bakr a voulu confier la même mission à Aboul Haitham, celui-ci s’est excusé. Le Calife Abou Bakr lui a rappelé qu’il accomplissait cette mission à l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Aboul Haitham a répondu qu’il le faisait certainement et que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) priait pour lui de retour de sa mission. En cet instant, Aboul Haitham était nostalgique de cette époque et il en était ému. Abou Bakr n’a pas insisté.

Aboul Haitham avait certes refusé cette mission en raison de sa tristesse, sinon il était de ceux qui faisaient montre d’obéissance. Si Abou Bakr lui avait ordonné de mener cette mission, il l’aurait certainement accomplie. Le fait qu’Abou Bakr n’ait pas insisté prouve qu’il respectait ses sentiments.

Le Calife ‘Oumar a exilé les juifs de Khaibar et il leur avait envoyé Aboul Haitham, Farwah Bin ‘Amr et Zayd bin Thabit pour évaluer leurs terres. Après l’estimation, le Calife ‘Oumar leur en a offert la moitié du prix, qui était plus de 50 000 dirhams.

Aboul Haitham a, dans ce cas, exécuté cet ordre. Il n’était plus ému car le temps avait passé : rien ne l’a empêché d’accomplir la mission.

Aboul Haitham relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit : « Celui qui présente la salutation « Assalamou ‘Alaikum » reçoit dix récompenses. Celui qui dit « Assalamou ‘Alaikum Wa Rahmatullah » reçoit vingt et la personne qui dit « Assalamou ‘Alaikum Wa Rahmatullah Wa Barakatouhou » en reçoit trente.

Les avis divergent sur la date du décès d’Aboul Haitham. Certains disent qu’il est mort à l’époque du Califat d’Oumar, d’autres affirment qu’il est décédé le 20 ou le 21 de l’hégire. D’autres disent qu’il est tombé en martyr en l’an 27 de l’hégire en combattant aux côtés d’Ali lors de la bataille de Siffin.

Ce sont là des compagnons qui ont laissé pour nous leurs exemples et qui nous ont beaucoup enseignés. Qu’Allah exalte leurs statuts.

Après la prière de Jumu’ah et d’Asr, je dirigerai la prière funéraire de deux personnes en absence de leurs dépouilles. La première est celle de Sahibzada Mirza Majid Ahmad, fils de Mirza Bashir Ahmad. Il est décédé le 14 août dernier à l’âge de 94 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Il avait subi une opération cardiaque aux Etats-Unis en l’an 2000, où il fut atteint de paralysie et était alité depuis cet incident. Le défunt était né le 18 juillet 1924 à Qadian : il avait pour parents Mirza Bashir Ahmad Saheb et Sarwar Sultana Begum fille de Ghulam Hasan Sahib Peshawari.

Il a commencé ses études à Qadian et il a passé son baccalauréat au Lycée Ta’lim-ul-Islam de Qadian. En 1949, il a obtenu son diplôme de Master en histoire au Government College de Lahore, avec une excellente moyenne. Lorsqu’il a obtenu son diplôme, les gens ont félicité Hazrat Sahibzada Mirza Bashir Ahmad Saheb. Les remerciant en retour il leur a écrit : « Les évènements joyeux et tristes au sein d’une communauté reposent sur l’entraide entre les croyants. Cela permet ainsi à l’ensemble de la communauté de vivre dans une certaine sérénité, une tranquillité, et d’être plus solides. C’est le point central de l’esprit communautaire. En plus de partager ma joie, je demande à mes amis de prier que de même qu’Allah l’Exalté a permis à Majid Ahmad de compléter son éducation académique, qu’Il lui permette maintenant d’acquérir la véritable science et de conformer ses faits gestes à ces connaissances, car il s’agit là du véritable objectif de notre existence. »

Mirza Majid Ahmad a dédié sa vie le 7 mai 1944 pour servir la religion, et il a continué ses études en parallèle. En décembre 1949, il s’inscrivit à la Jamiat-ul-Mubashshirine, et en 1954 il y a complété ses études. Son Nikah eut lieu le 28 décembre 1950, lors de la troisième journée de la Jalsa Salana avec Sahibzadi Qudsia Begum Sahiba, fille de Nawaab Abdullah Khan Saheb et Amtoul Hafiz Begum Sahiba. Le Nikah a été prononcé par le deuxième Calife. Sa grande fille, Nusrat Jahan Saheba, est l’épouse de Mirza Nasir Ahmad Tariq qui est le petit-fils de Mirza Bashir Ahmad Saheb. Un de ses fils s’appelle Mirza Mahmood Ahmad et une de ses filles Dure Sameen : elle est la bru de Mir Muhammad Ahmad Saheb. Mirza Ghulam Qadir Saheb, le martyr était un autre de ses fils. Son épouse, Amtul Nasir, est la fille de Sayyed Mir Daoud Ahmad Saheb. Le défunt a une autre fille, Faiza Saheba, l’épouse de Sayyed Mudassar Ahmad Saheb, qui a également dédié sa vie.

En juillet 1954, Sahibzada Mirza Majid Ahmad Saheb obtint son diplôme de Shahid. Sa première affectation eut lieu le 20 septembre 1954, au lycée Ta’lim-ul-Islam à Rabwah. Le 4 novembre 1956, dans le cadre des projets du Tahrik-e-Jadid il fut envoyé à Kumasi, au Ghana, où il a servi en tant que proviseur de lycée. Le 24 décembre 1963, il revint au Pakistan. En avril 1964 il fut de nouveau affecté au Lycée Ta’lim-ul-Islam. Par la suite, lorsque le lycée Ta’lim-ul-Islam fut nationalisé, à l’époque de Bhutto Saheb, il démissionna en avril 1975, et il informa l’Anjuman qu’il avait dédié sa vie. Le 3 juillet 1975, il fut nommé vice-superviseur de l’éducation. En 1976, lorsque le troisième Calife visita les Etats-Unis et l’Europe, Mirza Majid Ahmad Saheb l’avait accompagné en tant que son secrétaire privé. En 1978, il fut nommé vice-superviseur général, et en 1984 il prit sa retraite.

Son beau-fils, Sayyed Mudassar Ahmad écrit : « Il a traduit une partie du livre Sirat-ul-Mahdi en langue anglaise. Le défunt écrivait régulièrement des articles pour Al-Fazal : en effet il était un fin intellectuel. Ses articles ont été publiés sous la forme d’un livre sous le titre de Nukta Nazar. Il adorait lire et passait la plus grande partie de son temps à la bibliothèque. (Je peux également en témoigner). Sa belle-fille Amtul Nasir, la veuve de son fils martyr Mirza Ghulam Qadir écrit : « Le défunt était très aimant, possédait de grandes qualités. Il faisait preuve d’un grand amour envers les enfants. Il était sincère et généreux. » L’une de ses grandes qualités était de pouvoir s’adapter à des personnes de tout âge, et il devenait tel un ami aussi bien pour les enfants, pour les adultes, que pour les jeunes.

Sa bru ajoute : « Il a fait preuve d’une grande patience lors du martyre de son fils Mirza Ghulam Qadir Shahid. Après le martyre, Mirza Majid Ahmad Saheb et sa femme ont pris grand soin des enfants de leur fils. »

En dépit de sa longue maladie, il était patient et courageux. Il n’était pas du tout colérique. Le défunt a toujours fait preuve de sincérité dans toutes ses relations. Il prenait aussi grand soin de ses employés. Son beau-fils Mirza Nasir Ahmad Saheb écrit : « Mirza Majid Ahmad Saheb avait un avis réfléchi sur tout. Ses opinions et points de vue étaient tranchés et ne suivaient pas les idées reçues en vigueur. Il faisait part de son avis en fonction de ce qui était juste. Qu’Allah fasse preuve de pardon et miséricorde à son égard, et qu’Il permette également à ses enfants de perpétuer ses actes de piétés, et qu’Il les garde toujours attachés au Califat.

La deuxième prière funéraire sera celle de Sayyeda Nasim Akhtar Sahiba, qui était l’épouse de Mohammad Youssef Saheb. Elle faisait partie de la région d’Amba Nouriya, Shekhūpura. Elle est décédée le 27 juillet 2018. Inna lillahi wa Inna Illaihi Raajioun. Elle était la petite-fille du compagnon du Messie Promisas, Hazrat Wali Mohammad Saheb, et la fille de Qazi Deen Mohammad Saheb. Après la partition de l’Inde, son père emmena sa famille de Qadian à Rabwah. Après son mariage elle a vécu dans le village Amba Nouriya, où elle eut l’opportunité de servir à différents postes dans la Jama’at. Elle servit pendant 18 ans en tant que présidente régionale des Lajnas. Elle était régulière dans ses prières et pratiques religieuses, elle faisait régulièrement la prière de Tahajjud, elle se souciait des pauvres, elle avait un comportement exemplaire avec les voisins, elle était simple de nature, et humble, c’était une femme très sincère.

Elle lisait régulièrement le Saint Coran avec sa traduction et avec grande attention, ensuite elle essayait d’y conformer ses faits et gestes. Elle enseignait la lecture du Saint Coran aux enfants. De très nombreux enfants ahmadis et non-ahmadis ont appris à réciter le Saint Coran avec elle. Son fils est missionnaire au Mali, en Afrique de l’est. Lorsqu’il y fut posté l’épidémie d’ebola y sévissait. Un non-ahmadi lui demanda de ne pas y envoyer son fils en ces circonstances. Elle répondit aussitôt : « J’ai dédié mes deux fils. Ils sont missionnaires. Je les ai dédiés dans la voie de Dieu après avoir fait une multitude de supplications. Ils appartiennent à Allah l’Exalté. Je ne me soucie plus d’où et de comment Allah les fera servir. Je suis très fière de voir qu’Allah a permis à mes enfants d’œuvrer dans Sa voie. Je disais également à mes enfants que si Allah l’Exalté leur permettait de servir dans Sa voie, ils devaient rester toujours fidèles à Allah l’Exalté et à leur Waqf. »

La défunte faisait partie du système de Wassiyyah. Son fils Nasir Saheb est missionnaire au Mali, et son fils Ansar Mahmood Saheb est missionnaire au Pakistan. Son fils qui est au Mali n’a pas pu participer aux funérailles de sa mère. Qu’Allah leur accorde la patience, et qu’Il exalte les rangs de la défunte, et qu’Il permette à sa descendance de perpétuer ses actes de piété.


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