Sermon du vendredi 13 juillet 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Aujourd’hui j’évoquerai deux compagnons [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)]. Le premier est Abou Usaid Malik Bin Rabia al-Sa’adi. Malik Bin Rabia était plus connu sous son nom d’emprunt Abou Usaid. Selon certains il s’appelait Bilal Bin Rabia. Il appartenait au clan des Banou Sa’ada de la tribu des Khazraj. Abou Usaid Malik Bin Rabia était de petite taille et sa barbe était blanche et ses cheveux épais. Il avait perdu la vue durant sa vieillesse. Il est décédé à l’âge de soixante-quinze ans en l’an soixante de l’hégire lors du règne de Mu’awiya. Il était le dernier compagnon Ansar ayant participé à Badr à mourir. Abou Usaid avait participé à toutes les batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) – de Badr, et ensuite les batailles d’Ouhoud et du fossé. Il portait l’étendard du clan des Banou Sa’ada lors de la conquête de La Mecque.

Sahal Bin Sa’ad relate qu’Abou Usaid avait invité le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pour son mariage. Ce jour-là, sa femme, la nouvelle mariée, servait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le mariage s’était fait dans la plus grande simplicité : la nouvelle mariée elle-même avait préparé le repas et elle servait les invités. Sahal a demandé : « Savez-vous ce qu’il a offert comme boisson au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ? » La veille Abou Usaid avait fait tremper quelques dattes dans un récipient d’eau et avait offert cette boisson au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) après son repas.

On avait confié au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) quelques prisonniers parmi lesquels se trouvait une femme qui pleurait. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui en a demandé la raison. Elle a expliqué que son maître l’avait séparée de son fils, en le vendant à la tribu des Banou Ubais. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a fait venir son maître, qui n’était autre qu’Abou Usaid Sa’adi, et lui a demandé si c’était vrai. Il a répondu que son fils ne pouvait pas marcher et sa mère n’avait pas la force de le porter et c’est pour cette raison qu’il l’avait vendu au Banou Ubais. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a demandé de ramener son fils. Abou Usaid a obéi et a confié le fils à sa mère.

Selon le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) même si elle peut la porter ou pas, on ne doit pas la faire souffrir ainsi à cause de son enfant, qu’il s’agisse d’une prisonnière ou d’une esclave.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait organisé une course de chevaux et de chameaux. Bilal montait la chamelle du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et celle-ci a remporté la course. Abou Usaid montait le cheval du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et celui-ci a remporté la sienne. Sahal relate qu’Abou Usaid a présenté son fils au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) après sa naissance. L’Envoyé de Dieu l’a placé sur sa cuisse en présence d’Abou Usaid. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est occupé d’autre chose et on a enlevé le nourrisson de sa cuisse. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé où était son fils quand il s’est libéré : Abou Usaid l’a informé qu’il l’avait envoyé à la maison. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé le nom qu’il lui avait donné. Abou Usaid en a informé l’Envoyé de Dieu, qui a commenté qu’il s’appellera dorénavant Mounzir.

Les commentateurs présentent la raison derrière ce changement de nom. Le cousin d’Abou Usaid s’appelait Mounzir bin Amar et il était tombé en martyr à Bi’r Ma’ouna. [Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] lui a donné ce nom en mémoire du défunt et d’ailleurs l’enfant en a été à la hauteur.

Souleymane Bin Yasar relate qu’Abou Usaid a perdu la vue avant le martyr du Calife Outhmane. Abou Usaid disait : « Je remercie Dieu qui m’a accordé la vue tant que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était en vie et j’ai profité de [ses] bénédictions. Ensuite quand Allah a voulu éprouver les gens Il m’a fait perdre la vue afin que je ne vois pas ces scènes déplorables.

Ousmane Bin ‘Oubeidullah était l’esclave affranchi de Sa’d bin Abi Waqqas. Il relate : « J’ai eu l’occasion de voir Ibn ‘Oumar, Abou Hourairah, Abou Qatadah et Abou Usaid al-Sa’adi. Ces illustres personnages passaient à côté de nous et exhalaient le parfum d’Abir, fait de safran et de divers produits.

Marwan Bin Al-Hakam avait confié à Abou Usaid la responsabilité de récolter l’aumône et de le distribuer. Abou Usaid descendait de son chameau et se présentait à Marwan Bin al-Hakam pour lui confier les biens qu’il avait collectés. La dernière chose qu’il lui donnait était le fouet en disant : « Cela fait partie de vos biens. »

Un jour Abou Usaid avait distribué toute la Zakat à sa disposition. Dans un songe, à la maison il a vu qu’un serpent lui avait entouré le cou. Tout effrayé, il s’est levé et a demandé à sa femme ou sa servante, s’il restait quelque chose des biens qu’il devait offrir. Ayant répondu négativement, Abou Usaid a commenté : « Pourquoi donc ai-je vu que j’avais un serpent autour du cou ? Peut-être qu’il reste quelque chose. » La femme a cherché et a dit : « Oui ! Il y a la corde du chameau qu’on avait utilisé pour fermer un panier. Abou Usaid a retourné à Marwan Bin al-Hakam cette corde.

Allah l’Exalté souhaitait que ces illustres compagnons respectent les moindres aspects de la Taqwa dans l’acquittement de leurs responsabilités. C’est pour cette raison qu’Il les guidait à travers des rêves. 

Le père d’Ammara Bin Radiya relate que des jeunes demandèrent à Abou Usaid d’évoquer la grande estime qu’avait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pour les Ansars. Celui-ci avait déclaré : « Les Banou Najjar sont le meilleur clan des Ansar. Viennent ensuite les Banou Ash’al, les Banou Harid Bin Khazraj et les Banou Sa’ada. Tous les clans des Ansar sont sources de bien. »

Abou Usaid ajoute : « Si je n’acceptais rien d’autre que la vérité, j’aurai placé en tête de liste une des familles des Banou Sa’ada. »

Le Mouslih Maw’oud (r.a.) relate : « Après la conquête de l’Arabie et l’expansion de l’islam, un certain Louqman – dont la sœur s’appelait Asma ou Oumayma Junaiya ou la fille d’Al-Joun – se présenta au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en tant que représentant de son peuple. Il souhaitait que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se marie avec sa sœur – qu’on disait très belle et douée – qui était veuve. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) souhaitait unir les différentes tribus arabes : il accepta la requête et fixa la dote pour 1250 pièces d’argent. Louqman commenta que sa famille était illustre et que la dot n’était pas suffisante. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit qu’il n’avait pas fixé de dot plus élevée pour aucune de ses épouses ou ses filles. Après l’annonce du Nikah, Louqman demanda au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) d’envoyer quelqu’un pour faire venir la mariée. L’Envoyé d’Allah choisit Abou Usaid qui se rendit chez Junaiya. Abou Usaid l’informa que les épouses du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) sont enjointes de porter le voile et lui transmit d’autres directives avant de la transporter à dos de chameau jusqu’à Médine pour la loger dans une maison entourée de dattiers. En accord avec le souhait de la famille, la sage-femme de Junaiya l’accompagna pour le voyage. Cette pratique était naguère en vogue dans les grandes familles indiennes également : leurs femmes se faisaient accompagner d’une domestique personnelle afin de les aider en cas de difficulté. Junaiya, la nouvelle mariée, était une femme fort belle. Les femmes des quartiers de Médine partirent à sa rencontre étant donné leur engouement à voir une nouvelle mariée. Une femme la conseilla qu’elle devait s’imposer au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dès le premier jour. « Dès qu’il viendra à ta rencontre dis-lui « Je demande la protection d’Allah contre vous ! » et il sera encore plus amoureux de toi ! », conseilla-t-on à Junaiya.

Le Mouslih Ma’woud commente : « Si cette femme n’a pas inventé cette histoire, il n’est pas étonnant qu’un hypocrite ait envoyé sa femme ou une proche pour semer ainsi la zizanie [entre la nouvelle mariée et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)]. Celui-ci partit à sa rencontre dans sa demeure selon les hadiths. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui dit : « Offre ton âme en cadeau ! » Elle répondit : « Une reine peut-elle s’offrir à un homme ordinaire ? » Abou Usaid commente que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) la rassura pensant peut-être qu’elle était anxieuse, étant donné qu’elle était en terre étrangère. À peine le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait-il posé la main sur elle, qu’elle énonça des propos vulgaires et fort déplaisants en ajoutant : « Je cherche la protection d’Allah contre vous ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait pour Dieu un grand respect. Il commenta : « Tu as pris la protection d’un Grand Être. J’accepte ta requête », et il sortit sur-le-champ et dit à Abou Usaid : « Offre-lui deux manteaux et renvoie-la chez ses parents. » En sus de sa dot le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ordonna qu’on lui offrit ces deux manteaux selon l’injonction du Coran en faveur des femmes que l’on divorce sans les avoir touchées : « Et n’oubliez pas d’être généreux les uns envers les autres. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) la congédia et Abou Usaid la ramena chez elle. Son comportement avait fort déplu aux membres de sa tribu et ils le condamnèrent. Elle répondit que c’était sa malchance ajoutant qu’on l’avait poussée à s’écarter du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et à faire montre de dégoût : c’est ainsi qu’elle pourrait s’imposer à lui. Quelles qu’en soient les raisons, elle exprima son déplaisir et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se sépara d’elle.

On accuse le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), à tort, d’avoir pris de nombreuses épouses et d’apprécier de belles femmes, qu’Allah nous protège [d’une telle idée]. Or, ce récit dément toutes ces viles accusations. Abou Usaid relate que jamais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne refusait une requête qu’on lui faisait.

‘Abdullah Bin ‘Abd Al-Asad est le deuxième compagnon que j’évoquerai aujourd’hui. Son nom d’emprunt était Abou Salamah, sa mère s’appelait Bara Bint ‘Abdil Muttalib et il était le cousin du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), ainsi que le frère de lait de l’Envoyé d’Allah et de Hamza. Sobia, la femme-esclave d’Abou Lahab, l’avait allaité. Il était le premier mari d’Oumm Salamah, qui devint plus tard l’épouse du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Mirza Bashir Ahmad Saheb explique dans son ouvrage Sirat-Khataman-Nabiyyine : « Abou Salamah était le frère de lait du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et appartenait à la tribu des Banou Makhzoum. Après son décès le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) épousa sa veuve. ‘Abdullah Bin ‘Abdil Asad était parmi les premiers musulmans. Selon Ibn Ishaq, il était la onzième personne à avoir embrassé l’islam. Selon un récit, Abou ‘Oubayda Bin al-Harith, Abou Salamah, Arqam bin Abou Arqam et Outhman Bin Maz’oun se sont présentés au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Celui-ci les a invités vers l’islam et leur a récité le Coran. Ils ont embrassé l’islam témoignant que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est bien-guidé. Abou Salamah, accompagné de sa femme Oumm Salamah, étaient parmi les premiers à émigrer en Abyssinie. Ils sont ensuite retournés à La Mecque avant de s’établir à Médine.

L’ouvrage Sirat-Khataman-Nabiyyine évoque en ces termes cet exil en Abyssinie. « Quand la souffrance des musulmans a atteint son comble et que les Qurayshites n’ont cessé de les persécuter, le Saint Prophète leur a ordonné d’émigrer en Abyssinie en commentant : « Le roi d’Abyssinie est juste. Personne n’est opprimé sous son règne. »

Le pays de Habshah, connu comme l’Éthiopie ou l’Abyssinie, est situé au nord-est du continent africain : l’Arabie méridionale se trouve exactement à l’opposé et les deux pays sont séparés par la mer Rouge. Il existait en ce temps-là en Abyssinie un état chrétien fort puissant dont le roi portait le titre de Négus. Ce titre est d’ailleurs en usage jusqu’à présent. L’Arabie entretenait des relations commerciales avec l’Abyssinie dont la capitale, à l’époque, était Aksoum situé dans les environs de l’actuelle ville d’Adoua. Jusqu’à ce jour Aksoum jouit du statut de ville sacrée. En ces jours, Aksoum était le chef-lieu d’une royauté puissante. Le nom propre du Négus de l’époque était Ashamah, un roi réputé pour son équité, son intelligence et sa puissance.

Quand les malheurs des musulmans se sont aggravés, le Saint Prophète a demandé à ceux qui avaient les moyens de migrer en Abyssinie. Au cours du mois de Rajab en la cinquième année de son prophétat, onze hommes et quatre femmes ont émigré en Abyssinie sous les directives de l’Envoyé divin. Ils étaient : ‘Uthman bin Affan et son épouse Ruqayyah, la fille du Saint Prophète, Abdur-Rahmān bin’ Auf, Zubair bin Al-‘Awwām, Abou Hudhaifah bin ‘Utah, Uthmān bin Maz’oun, Musab bin ‘Umair, Abou Salamah bin Abdil-Asad et sa femme Oumm Salamah. Il est fort étrange que la majorité de ces premiers immigrants appartenaient à de puissantes tribus des Qurayshites : rares étaient ceux issus des tribus les plus faibles. Ceci démontre deux choses : premièrement, même ceux qui appartenaient aux puissantes tribus de La Mecque n’étaient pas à l’abri des cruautés des Qurayshites. Deuxièmement, les faibles à l’instar d’esclaves, étaient dans un tel dénuement qu’ils ne pouvaient même pas s’exiler. Les immigrants ont mis le cap vers le sud pour atteindre Sha’ibah, un port d’Arabie à cette époque. Par la grâce d’Allah, ils y ont trouvé un navire de commerce en partance pour l’Abyssinie et s’y sont embarqués en toute sécurité. Les Qurayshites fulminaient de rage quand ils ont appris que cette « proie » s’était extirpée de leurs griffes. Ils ont envoyé leurs agents à leur poursuite, mais quand ils sont arrivés à la côte, le bateau avait déjà pris la mer et ils sont retournés déconfits. Une fois en Abyssinie, les musulmans ont vécu dans une grande sérénité ayant prié tout au long de leur voyage pour être à l’abri des cruautés des Qurayshites.

Selon Ibn Ishaq quand Abou Salamah est retourné à La Mecque, il a demandé la protection d’Abou Talib. Quelques membres du clan des Banou Makhzoum ont dit à Abou Talib : « Soit ! Tu as accordé ta protection à ton neveu Mohammad. Mais pourquoi protéger notre frère Abou Salamah ? » Abou Talib répondit : « Il me l’a demandé et d’ailleurs il est aussi mon neveu. Si je n’avais pas accordé ma protection au premier neveu, je ne l’aurais pas accordé au deuxième. »

Abou Lahab dit aux Banou Makhzoum : « Pourquoi tourmenter sans cesse notre aîné, Abou Talib ? Si vous ne cessez pas, nous [les membres de son clan] le soutiendrons dans tout ce qu’ils font, l’aidant ainsi à atteindre son objectif. » Les Banou Makhzoum déclarèrent : « Abou Lahab ! Nous éviterons dorénavant la chose qui te déplait ! »

Abou Lahab était l’allié des Banou Makhzoum dans leur persécution du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : c’est pour cette raison qu’ils n’ont pas insisté pour qu’il persécute Abou Salamah. Ayant constaté qu’Abou Lahab le soutenait dans sa démarche et qu’il avait retenu le clan des Banou Makhzoum, Abou Talib a fait ses éloges dans des vers, l’encourageant à aider le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Or, cela n’a pas eu d’effet sur lui et il n’a cessé de commettre ses exactions.

Selon Ibn Ishaq, Oumm Salamah la Mère des Croyants, a relaté : « Mon [défunt] mari, Abou Salamah avait décidé de s’établir à Médine. Il a préparé le chameau et nous y a placés moi et notre fils qui se trouvait dans mes bras. À quelque distance, quelques gens des Banou Makhzoum nous ont entourés disant que je suis leur fille et qu’ils ne me laisseraient pas partir. Ainsi ils m’ont séparée de mon mari. Les membres de son clan, les Banou Asad étaient furieux et ont dit que Salamah était le fils de mon mari Abou Salamah et qu’ils ne le laisseront pas avec moi. Ainsi ils m’ont arraché mon fils. »

Le clan de la femme l’a prise et celui du mari a pris son enfant.

« C’est ainsi que je me suis retrouvée seule relate Oumm Salamah. J’ai ainsi souffert pendant un an et je partais pleurer tous les jours au lieu nommé Abta. Un jour un de mes cousins m’y a vue et a eu pitié de moi. Il s’en est allé dire à mon clan, les Banou Moughirah, pourquoi ils étaient en train de me tourmenter ainsi et de m’avoir séparé de mon mari et de mon enfant. Il a plaidé auprès d’eux pour me laisser partir. Les membres de mon clan m’ont autorisée à partir. Les Banou Asad m’ont retourné mon enfant. J’ai préparé mon chameau et je suis monté dessus pour entreprendre le voyage vers Médine. Or, personne n’a voulu me venir en aide. En cours de route, au lieu dit Tan’im j’ai rencontré Outhman Bin Abi Talha. Il n’était pas encore musulman : il a embrassé l’islam en l’an 6 de l’hégire. Il m’a demandée où je partais et je lui ai dit que je me rendais auprès de mon mari à Médine. Il m’a demandée si quelqu’un m’accompagnait. Je lui ai dit que seul Dieu et mon fils étaient avec moi. Outhman Bin Abi Talha s’est exclamé : « Jamais je ne te laisserai partir seule. Je vais t’accompagner. » C’est ainsi qu’il a pris les rennes de mon chameau. Je jure par Allah qu’il n’y pas de plus noble que lui parmi les Arabes. Quand nous arrivions à une étape, il faisait s’assoir le chameau et se mettait dans un coin. Ensuite, il enlevait la selle et attachait le chameau et partait dormir à l’ombre d’un arbre. Au moment de partir, il préparait la monture, je montais dessus et il prenait les rennes de nouveau. Il en fut ainsi jusqu’à ce que nous arrivions à Médine. Quand nous sommes arrivés au village des Banou Amr Bin Awf à Quba, il m’a dit : « Ô Oumm Salamah ! Ton mari Abou Salamah habite ici. Entre en ces lieux avec les bénédictions d’Allah. » Il est ensuite retourné à La Mecque.

Lors de la deuxième année de l’hégire, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) mena la bataille d’Oushaira et il choisit Abou Salamah comme Emir de Médine. Mirza Bashir Ahmad relate à ce propos : « Au cours du mois Jamadiyul-Oula, ayant reçu d’autres informations à propos des Qurayshites de La Mecque, le Saint Prophète est parti de Médine avec une unité composée de ses Compagnons et a nommé son frère de lait, Abou Salama bin ‘Abdil-Asad comme l’Emir en son absence. Lors de cette campagne, après avoir accompli de nombreux tours, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a finalement atteint Oushairah, situé à proximité  de la côte dans la région de Yanbou. Bien qu’il n’y ait pas eu de bataille avec les Qurayshites le Saint Prophète a signé un traité avec le Banou Moudlij avec les mêmes conditions convenues avec les Banou Zamrah avant de rentrer.

Le pacte avec les Banou Zamrah stipulait qu’ils établiraient des liens d’amitié avec les musulmans et qu’ils n’aideraient pas les ennemis de ces derniers. D’ailleurs ils porteront secours aux musulmans sur-le-champ quand ces derniers réclameront leur aide. Les musulmans leur ont promis leur amitié et leur soutien immédiat en cas de besoin. Ce pacte a été consigné en écrit et signé par les deux parties concernées.

[Mirza Bashir Ahmad] explique dans son ouvrage Sirat-Khataman Nabiyyine : « La défaite subie lors de la bataille d’Ouhud par les musulmans avait enhardi les tribus de l’Arabie qui se sont soulevées contre ces derniers. Peu de temps après la bataille d’Ouhud, alors même que les Compagnons ne s’étaient pas complètement rétablis de leurs blessures, au cours du mois de Muharram en l’an 4 de l’Hégire, le Saint Prophète est a reçu soudainement des nouvelles à Médine que Tulaihah bin Khuwailid, chef de la tribu Asad et son frère Salamah bin Khuwailid incitaient les gens de leur région à faire la guerre contre le Saint Prophète. Dès qu’il a reçu cette nouvelle, le Saint Prophète – très conscient des dangers que cela représentait au vu des mœurs de son pays – a immédiatement rassemblé un détachement de cavaliers comprenant 150 Compagnons et a nommé Abou Salamah bin Abdil-Asad comme leur chef. Le Saint Prophète a clairement insisté sur le fait qu’ils devraient marcher vers l’ennemi et les disperser avant que les Banou Asad soient en mesure d’exécuter leurs vils desseins.

Abou Salamah a avancé rapidement et furtivement et attrapé les Banou Asad au lieu dit Qutn, situé en Arabie centrale. Mais aucun combat n’a eu lieu. Les Banou Asad se sont dispersés dès qu’ils ont aperçu les musulmans. Après une absence de quelques jours, Abou Salamah est retourné à Médine. En raison de ce difficile voyage, la blessure qu’il avait subie à Ouhud – qui apparemment avait guéri – a commencé à se détériorer. Malgré les soins, la blessure s’est aggravée et, finalement, ce compagnon fidèle et ancien du Saint Prophète, qui était aussi le frère de lait est décédé. Sa dépouille a été lavée avec l’eau du puits d’Al-Yasirah, située au lieu dit Aliya et qui appartenait aux Banou Oummaya Bin Zayd. À l’époque de l’ignorance ce puits était nommé Al-Abir : le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) changea son nom en Al-Yasirah. Abou Salamah a été enterré à Médine. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a fermé ses yeux après son décès et il a prié pour lui en ces termes : « Ô Allah ! Accorde Ton pardon à Abou Salamah. Exalte son statut parmi ceux qui ont été guidés. Sois Toi-même le soutien de sa famille. Ô Seigneur de tous les mondes ! Accorde à lui, comme à nous, Ton pardon ! »

Selon un récit, lorsqu’Abou Salamah a senti que sa mort était proche, il a prié en ces termes : « Ô Allah ! Choisi le meilleur d’entre nous pour me remplacer auprès de ma famille. » Sa prière a été exaucée et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a épousé Oumm Salamah.

Le fils d’Oumm Salamah raconte qu’Abou Salamah relata à son épouse : « J’ai entendu un conseil du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui m’est très cher. Il avait conseillé de réciter la prière suivante lorsqu’on est frappé d’un malheur : « C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Ô Allah ! Je t’implore de me récompenser suite à ce malheur qui m’a affligé. Ô Allah ! Accorde-moi sa compensation en retour ! » Cette prière sera exaucée, a commenté le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Oumm Salamah relate : « Après le décès d’Abou Salamah, j’ai récité cette prière quoique je ne souhaitais pas de mari après Abou Salamah. D’ailleurs qui peut-être meilleur qu’Abou Salamah ? Ne possédait-il pas telle ou telle qualité ? Or en dépit de ces sentiments, j’ai récité quand même cette prière. Quand ma période d’attente a pris fin, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé ma main en mariage. » Par la suite Oumm Salamah s’est mariée au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Mirza Bashir Ahmad évoque ce mariage dans son ouvrage Sirat-Khataman-Nabiyyine. « En l’an 4 de l’hégire, au cours du mois de Shawwal, le Saint Prophète s’est marié à Oumm Salamah. Elle appartenait à une famille noble des Qurayshites et était l’épouse d’Abou Salamah bin ‘Abdil-Asad, un ancien et fidèle compagnon, décédé en cette année.
Une veuve selon la Shariah doit respecter une période d’attente avant de se marier. Quand celle d’Oumm Salamah était passée, étant donné qu’elle était une femme intelligente, cultivée et capable, Abou Bakr a demandé sa main en mariage, mais elle a refusé. Le Saint Prophète a émis le souhait de l’épouser, car en sus de ses qualités personnelles qui la rendaient digne d’être l’épouse d’un prophète législateur, elle était la veuve d’un compagnon très éminent et ancien. Étant donné qu’elle avait des enfants, elle méritait des soins particuliers. D’ailleurs, Abou Salamah bin ‘Abdillah était aussi le frère de lait du Saint Prophète, d’où le souci de celui-ci à l’égard de la famille endeuillée. Le Saint Prophète a envoyé une proposition de mariage à Oumm Salamah. Elle a hésité dans un premier temps en raison de diverses difficultés et s’est excusée en disant : « Je suis vieille et je ne suis plus capable d’avoir des enfants. » Or puisque le but du Saint Prophète était différent, elle a finalement accepté. Son fils a agi comme son référent légal et a offert sa main au Saint Prophète.

Oumm Salamah était une femme d’un statut éminent : en sus d’être extrêmement intelligente, elle était très sincère et ferme dans sa foi. Elle était parmi ceux qui avaient émigré en Abyssinie suite aux instructions du Saint Prophète durant les premières années de l’islam. D’ailleurs elle était une des premières musulmanes à s’établir à Médine. Oumm Salamah savait lire et jouait un rôle important dans l’éducation et la formation des femmes musulmanes. Elle a relaté nombre de récits et de hadiths et à cet égard elle est la deuxième parmi les épouses du Saint Prophète, et douzième parmi tous les Compagnons y compris les hommes et les femmes. »

C’était là un compte-rendu de la vie de compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Qu’Allah exalte leur statut et qu’Il nous permette de suivre leurs exemples dans l’accomplissement de bonnes œuvres.

J’évoquerai quelques personnes décédées récemment et je dirigerai leur prière funéraire. Le premier est Raja Nasir Ahmad Naasir : il était un Waqif-e-Zindagi et un missionnaire. Il était l’ancien Nazir de l’Islah-o-Irshad central. Il a rendu l’âme à la Tahir Heart Institute le 6 juillet dernier à l’âge de 80 ans : c’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Le défunt était malade depuis plusieurs années. Sa condition s’est détériorée depuis 2012 et il était alité depuis les trois derniers mois en raison d’une hémorragie cérébrale. Raja Nasir Ahmad est né le 7 mai 1938 à Behra dans le district de Sargodha. Après y avoir complété ses études élémentaires, il a servi comme employé dans le département de l’irrigation. Il a dédié sa vie en 1958 et il a étudié à la Jamia.

Le défunt a reçu son diplôme de Shahed en 1965. Son père, Raja Ghulam Haider était le premier Ahmadi de sa famille. Il avait prêté le serment d’allégeance sur les mains du deuxième Calife : par la suite il a encouragé ses parents et ses frères et sœurs à en faire de même. Le père du défunt souhaitait qu’un de ses fils dédie sa vie. Afin de réaliser son désir, Raja Nasir Ahmad a rempli le formulaire de Waqf-e-Zindagi en 1958 et il a demandé à son frère ainé, Raja Nazir Ahmad Zafar, de le signer. Celui-ci lui a demandé de réfléchir étant donné que c’est une vocation difficile et exigeante qui impose de lourdes responsabilités. Le défunt a expliqué à son frère que sa décision était longuement mûrie et lui a demandé de le signer étant donné que leur père était déjà décédé.

Après ses études à la Jamia, il a été affecté sur le terrain. Il a servi la Jama’at pendant 47 ans. Il a servi comme missionnaire dans différents endroits au Pakistan. Avant la partition du Bangladesh et du Pakistan, il a servi au Pakistan de l’Est. Il a aussi travaillé en Ouganda, au Zaïre et en Indonésie. Le défunt a aussi enseigné à la Jamia Ahmadiyya pendant deux ans. Il a servi au Sadr Anjuman Ahmadiyya en tant qu’adjoint du Nazir. Pendant dix ans il a servi au poste de Nazir de l’Islah-o-Irshad central, Nazir adjoint des affaires matrimoniales pendant deux ans, et deux ans en tant que Nazir des publications, avant de prendre sa retraite en 2012. Son épouse était aussi sa cousine : elle était décédée avant le défunt.

Le défunt laisse derrière lui trois fils : Raja Mohammad Ahmad, qui réside ici à Londres, Raja Ata-ul-Mannan, missionnaire qui travaille à la Wakalat-Tasnif à Rabwah et Raja Mohammad Akbar qui habite au Royaume-Uni.

Le défunt avait en Dieu une grande confiance et se consacrait aux prières. Son fils relate qu’un incendie avait éclaté là où servait le défunt au Bangladesh. Le feu s’était rapproché des maisons des ahmadis. Raja Nasir Saheb a prié : « Ô Allah ! Ton Messie a déclaré que le feu est son serviteur, voire le serviteur de ses serviteurs. Protège-nous de ce feu. » Le feu s’est arrêté avant les maisons des ahmadis, qui sont donc restés saufs.

Raja Nasir Saheb a servi en Ouganda où la situation s’était détériorée en raison de la guerre. Il partait au lever du jour pour le Tabligh et rentrait la nuit tombée, parce qu’il n’y avait aucun endroit pour loger. Il devait simplement se cantonner aux villages avoisinants. Un membre de la Jamaat-e-Islami vint le voir, pensant qu’il était un prédicateur du Tablighi Jamaat. Il l’informa qu’il souhaitait vendre une voiture au prix de 1400 dollars. L’affaire fut conclue pour la somme de 1150 dollars, mais les conditions financières de la Jama’at ou encore celles Raja Saheb ne permettaient pas l’achat du véhicule. Mais en dépit de cela il avait conclu la vente et avait prié Allah d’envoyer la somme afin qu’il puisse l’acheter et l’utiliser pour faire le Tabligh en emportant son couchage et son foyer avec lui. Il raconte qu’il était très inquiet, car la vente était conclue et il n’avait que quelques jours pour remettre la somme. Le défunt relate qu’un jour il ouvrit sa boite à lettres et y trouva une lettre provenait de la part d’un de ses beaux-frères qui résidait au Canada et qui avait écrit : « J’ai rêvé cette nuit que vous aviez besoin de 1150 dollars, j’ignore la raison pour laquelle vous en avez besoin mais je vous envoie cette somme. » Le chèque accompagnait la lettre. Les anecdotes similaires sur l’acceptation de ses supplications abondent.

Le défunt prenait un grand plaisir à réciter le Saint Coran. Son fils relate : « Notre père avait comme souhait de finir la lecture du Saint Coran dans les airs et sur l’eau. À terre il a eu l’occasion d’en compléter la lecture à maintes reprises. Il a également eu l’opportunité de compléter la lecture du Saint Coran en bateau. Le trajet en avion ne durait pas longtemps, mais il a lu au mieux qu’il pouvait lire pendant ses voyages.

Son fils qui a dédié sa vie est missionnaire, il sert actuellement dans le Wakalat-Tasnif. Raja Ata-ul-Manan écrit : « Notre père nous a toujours prodigué deux grands conseils. Le premier était de ne jamais s’adonner au Shirk et le deuxième était de rester fermement attaché au Califat Ahmadiyya en toutes circonstances. Durant sa vie il s’est fermement cramponné à ces deux principes. » Le défunt était très respectueux envers ses parents et sa mère en particulier. À ce sujet sa sœur écrit : « Il était si obéissant envers notre mère que lorsqu’elle répétait maintes fois quelque chose, à chaque fois il l’écoutait comme si c’était la première fois qu’il l’entendait. Le défunt n’a jamais répondu qu’elle se répétait. »

Sa bru, qui est la femme du missionnaire, écrit : « En 18 années passées dans cette maison, je n’ai reçu que du respect de la part de mon beau-père et de ma belle-mère, de l’amour, de la considération. Mon beau-père disait à ma défunte mère : « Je vous envoie votre fille, car il est normal que la maison natale des filles leur manque. » Sur ce ma mère répondait que lorsqu’on s’occupe des filles dans leur belle-famille comme leurs filles biologiques elles oublient alors leur maison natale. » Il faisait preuve d’un grand amour envers ses brus. Elle ajoute : « Notre beau-père était imbibé de l’amour d’Allah, de Son Prophète, du Messie Promis, de ses Califes et du Saint Coran. Il avait un grand amour pour le Califat, il était obéissant en tout point. Il était très compréhensif, était un bon conseiller et très bienveillant. Il complétait la lecture du Saint Coran chaque mois. »

Les membres de sa famille ont écrit : « Nous avons vu de nos yeux comment Allah l’Exalté s’occupait de ses besoins, et de quelle manière Il acceptait ses prières. Il était un missionnaire et prédicateur accompli et était un bon administrateur. Sa relation avec le Califat était exemplaire. Ses faits et gestes étaient synchronisés avec le Califat, comme le sont le pouls et le cœur. »

Lorsqu’au Pakistan le quatrième Calife m’avait nommé Nazir-e-Ala, j’ai pu être témoin de sa grande obéissance. Il faisait preuve d’obéissance, car j’ai été nommé par le Calife du Messie et que j’étais son représentant. Il faisait preuve d’une obéissance exemplaire rarement vu en ce monde. Qu’Allah fasse preuve de miséricorde à son égard et qu’Il permette également à ses enfants de perpétuer ses actes de piété et ses qualités.

Le défunt possédait de nombreuses vertus : il prenait soin des pauvres et des missionnaires qui travaillaient avec lui, se préoccupait de leurs besoins, et essayait de les combler. De nombreux missionnaires m’en ont fait part.

Ensuite je dirigerai la prière funéraire de deux martyrs, qui n’ont pas été tués en raison de leur appartenance à la communauté, mais suite au cambriolage de leur magasin. Les cambrioleurs les ont assassinés sur place. L’un des deux était Mobin Ahmad Saheb, fils de Mahboub Ahmad Saheb et le deuxième était Mohammad Zafrullah Saheb, fils de Liaqat Ali Saheb.

Le 7 juillet 2018, aux environs de 15h, dans le quartier Vita Chowk, Chowrangi, Industrial Area, les cambrioleurs ont blessé trois Khuddam ahmadis : Mobin Ahmad, fils de Mahboub Ahmad Saheb, Zafrullah Saheb et Mohammad Nasrullah Saheb. Mobin Ahmad et Zafrullah ont tous deux succombé à leurs blessures. Inna Lillahi wa Inna ilaihi Raajioun. Ils tenaient un magasin de produits électroniques. Les cambrioleurs ont tiré parce qu’ils avaient résisté et les ont tués.

Chaudhry Ala Daad Saheb l’arrière-grand-père du martyr Mobin Ahmad était le premier ahmadi de leur famille. Il avait embrassé l’Ahmadiyya par l’intermédiaire d’Abdoul Aziz Patwari son grand frère.

Après sa Bai’ah ses fils se sont opposés à lui et ont aménagé un espace séparé pour lui dans la maison. Ils ont également séparé sa literie et sa vaisselle. Mais il a fait face à cette situation armée de patience. Le grand-père du martyr, Ali Mohammad Saheb était un farouche adversaire de la communauté. Il était un disciple d’Ata-ullah Shah Bukhari l’opposant de la communauté. Lorsque lors de la partition, Ata-ullah Shah Boukhari avait utilisé des termes très insultants à l’égard du Qaid-e-Azam (le fondateur du Pakistan), le déclarant Kafir-e-Azam (le plus grand mécréant), et avait diffamé la Ligue Musulmane, son grand-père avait pris ses distances. Après la partition, lors de la création du Pakistan et de l’Inde, la communauté avait émigré à Lahore. Constatant que les prophéties du Messie Promis (a.s.) au sujet de l’émigration s’étaient accomplies, le grand-père du défunt s’était intéressé à la communauté. Suite à la création du Pakistan, sa famille s’est installée à Nawaab Shah. Lorsque le deuxième Calife était en visite dans la région de Sindh, le grand-père du martyr vint l’accueillir à la station ferroviaire. Lorsqu’il vit le visage du deuxième Calife il s’était dit que cela ne pouvait pas être celui d’un imposteur. Il fit ensuite la Bai’at et rejoignit ainsi la communauté.

Mobin Ahmad Saheb était étudiant en licence. Il avait vingt ans et était doué de grandes qualités morales, il avait un grand cœur et était quelqu’un de sérieux. Mobin Ahmad faisait régulièrement ses cinq prières, il s’adressait avec amour avec tous les membres de son foyer, participait activement dans les activités de la communauté. Sans hésiter il annulait ses tâches importantes pour les activités de la communauté. Le martyr avait soumis sa demande pour se joindre au système de Wassiyat : il avait d’ailleurs reçu son numéro d’adhésion. On espère Incha Allah que sa Wassiyat sera acceptée. Il avait des relations très amicales avec les gens de son quartier. Toutes les personnes petites et grandes ont vanté ses mérites. Mobin Ahmad Saheb était le fils de la tante paternelle du deuxième martyr Mohammad Zafrullah Saheb. Il laisse derrière lui son père Mahboob Ahmad Saheb, sa mère Amtul Hafeez Begum Saheba, sa sœur Mobina Mahboob âgée de 23 ans, Kenza Mahbood âgée de 16 ans et son frère Ameen Ahmad âgé de 13 ans.

Le deuxième martyr dont je dirigerai la prière funéraire est Mohammad Zafrullah Saheb, fils de Liaqat Ali Saheb. Il a reçu trois balles lors de cette tragédie : ses deux reins ont été gravement touchés. Il a subi une opération qui s’était bien déroulée, mais son état s’était dégradé par la suite. Les médecins pensaient lui faire subir une deuxième opération, mais le soir, c’est-à-dire un jour de cela, il est décédé. Inna Lillahi wa Inna Ilaihi Raajioun. Son grand-père Ghulam Din Saheb était le premier ahmadi de sa famille : il habitait dans la région de Gurdaspur et travaillait dans les champs d’Abdul Aziz Patwari, un compagnon du Messie Promis (a.s.). Un jour il l’accompagna à Qadian, il fit la Bai’at après avoir rencontré le Messie Promis (a.s.).

Mohammad Zafrullah naquit en octobre 1993 à Karachi. Il était très jovial et avait toujours le sourire aux lèvres. Le défunt participait activement dans les travaux de la Jama’at. Il servait de diverses façons, et par la grâce d’Allah était membre du système de Wassiyat. Il avait 25 ans lorsqu’il tomba en martyr et laisse derrière lui son père Liaqat Ali Saheb, sa mère Nasira Begum Saheba et cinq frères : Wajahat Ahmad, 33 ans, Mansoor Ahmad, 31 ans, Mustansar Ahmad, 28 ans, Shajah Ahmad, 27 ans, Hafiz Mohammad Nasrullah, 24 ans. Ce dernier a été blessé lors de cette tragédie. Il a été opéré et est actuellement sous traitement à l’hôpital. Qu’Allah lui accorde une guérison complète, et qu’Il exalte constamment les rangs de ces défunts et qu’Il accorde la patience aux membres de leurs familles.


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