Sermon du vendredi 08 juin 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a cité le verset 157 du chapitre 7 du Coran ainsi que sa traduction avant d'entamer son sermon.

« Et décrète du bien pour nous ici-bas, ainsi que dans l’au-delà ; nous nous sommes tournés vers Toi avec repentir. »

Allāh répondit : « Je ferai subir Mon châtiment à ceux que Je veux ; mais Ma miséricorde se répand sur toutes choses et Je la prescrirai donc à ceux qui agissent avec droiture et paient la Zakāt et à ceux qui croient à Nos Signes. »

Comme le démontre ce verset, Allah accorde à Ses serviteurs des faveurs merveilleuses. Il affirme que Sa miséricorde a prééminence sur toute chose : Il l’accordera nécessairement à toute personne adoptant la Taqwa, payant la Zakat et croyant en Ses signes.

Allah octroie des faveurs merveilleuses à Ses serviteurs. Sa miséricorde, affirme-t-Il, a prééminence sur toute chose. La miséricorde signifie la compassion, la bienveillance et la pitié. C'est-à-dire la bonté, la clémence et la pitié de Dieu sont sans limites à l’égard de Ses serviteurs et elles surpassent toute autre qualité. Sa miséricorde comprend Sa Rahmaniyyah ainsi que Sa Rahimiyyah. Par l’entremise de Sa Rahmaniyyah, Il a créé pour l’homme d'innombrables faveurs sans qu’il n’en fasse la requête. Il exprime Sa Rahimiyyah à l’égard de ceux qui s’acquittent de leurs devoirs à l’endroit de Sa personne, ceux qui respectent Ses injonctions, ceux qui se prosternent devant Lui et qui L’implorent. Allah affirme que punir les hommes n’est pas Son objectif.

D’aucuns se trompent en se demandant pourquoi avoir créé l’homme si c’est pour le punir. Or, Allah affirme que ce n’est pas là Son objectif. Certes ceux qui outrepassent les limites dans la transgression méritent Son châtiment. Or, cette punition est temporaire : elle vise la réforme et l’éveil de la conscience, tant et si bien que viendra un temps où même les habitants de l’enfer profiteront de la grande miséricorde divine et leur punition prendra fin. Ils mériteront le châtiment de l’enfer uniquement en raison de leur transgression : cette punition est aussi une réforme et une forme de miséricorde. Or Allah est également le Maître du jour de la rétribution. Il peut conférer Sa miséricorde et Sa clémence à ceux qui sont à nos yeux apparemment pécheurs. Afin de nous inciter à marcher sur la voie de la vertu, Il annonce que Sa miséricorde embrasse toute chose et qu’Il sera certainement clément envers ceux qui marchent sur la voie de la Taqwa, ceux qui paient la Zakat, ceux qui croient en Ses signes, ceux qui respectent Ses injonctions et les appliquent avec conviction.

Dans un autre verset il déclare :

إِنَّ رَحْمَةَ اللَّهِ قَرِيبٌ مِنَ الْمُحْسِنِينَ

C’est-à-dire, que la miséricorde divine est certainement proche des Mouhsinîn. Le Mouhsin est celui qui accomplit Ses œuvres en respectant toutes leurs conditions. Allah accorde Sa miséricorde à ceux qui respectent les conditions de la Taqwa ainsi que les commandements d’Allah, ceux qui croient avec certitude dans Ses signes et ceux qui se prosternent devant Lui. Le croyant doit s’évertuer à appliquer tous les commandements divins, à marcher sur la voie de la Taqwa et à parfaire sa foi. C’est au prix de ces efforts que l’on méritera le titre de croyant. Il doit aussi tenter de profiter de l’annonce faite par Dieu, notamment que Sa miséricorde est proche de ceux qui s’acquittent de Ses commandements en respectant toutes les exigences y relatives. Allah S’est imposé l’obligation suivante : si nous respectons ces exigences nous allons profiter de Sa miséricorde. Voyez à quel point notre Dieu est gracieux et bienveillant : comment le serviteur peut-il réclamer des droits à son maître ? Or, le Créateur des cieux et de la terre affirme que si nous marchons sur la voie de la Taqwa, si nous respectons Ses commandements et si nous croyons en Ses signes nous allons certainement mériter Sa grâce. La Taqwa est le premier élément qu’évoque Dieu, car c’est en saisissant la quintessence de la Taqwa que l’on pourra accomplir d’autres bonnes œuvres et que la foi sera parfaite.

Le Messie Promis (a.s.) évoque en ces termes ce sujet : « La beauté spirituelle de l’homme exige de suivre toutes les voies subtiles de la Taqwa. Ces dernières sont les ornements et les fioritures de cet éclat spirituel. [Il est évident qu’il faut] respecter de son mieux les charges confiées par Dieu et ses engagements spirituels et utiliser à bon escient – de la tête jusqu’aux pieds – toutes ses aptitudes externes et ses membres physiques, à l’instar des yeux, des oreilles, des mains, des pieds, et des autres membres de son corps, ainsi que ses aptitudes internes à l’instar de son cœur et de ses bonnes mœurs. [Cela signifie aussi] éviter de les utiliser à mauvais escient et être vigilant quant aux assauts furtifs [du vice]. Et il faut aussi respecter ses devoirs envers autrui. Toute la beauté spirituelle de l’homme est liée à [l’observance de] cette prescription […]

Libas-ut-Taqwa est une expression du Saint Coran ; cela indique que la beauté spirituelle est tributaire de la Taqwa. La Taqwa indique que l’homme doit s’évertuer à respecter toutes ses charges et tous ses engagements spirituels qui le lient à Dieu ; et il doit en faire de même concernant les charges et engagements qui le lient à la création de Dieu. Il doit s’appliquer à honorer les exigences les plus subtiles de ces engagements. »

Quand le croyant atteindra ce stade il méritera certainement la miséricorde qu’Allah S’est imposé de lui conférer. Comme je l’ai mentionné, l’homme ne peut réclamer aucun droit à Allah.

Nous sommes en train de vivre la dernière semaine du mois de Ramadan. Selon le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), lorsque vient le Ramadan, les portes du Paradis sont grandes ouvertes et celles de l’enfer sont fermées et Satan est enchaîné. Seuls ceux qui possèdent la vraie foi et qui respectent les commandements divins pourront en tirer profit. Les suppôts de Satan ne cessent pas durant ces jours à commettre leurs méfaits. Ces obscénités et indécences qui foisonnent au quotidien ne cessent pas durant le Ramadan. Les croyants, ceux qui marchent sur les voies de la Taqwa et ceux qui profitent de la miséricorde d’Allah, reçoivent la bonne nouvelle que la grâce divine s'accroît davantage durant ces jours. Ils doivent en profiter, tenter de respecter les droits d’Allah et appliquer Ses commandements.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) évoque ce droit en ces termes : « Celui qui prie la nuit durant le Ramadan avec foi et en espérant la récompense, aura ses péchés précédents pardonnés ».

L’absolution complète des transgressions passées est une autre manifestation de la grandeur de la miséricorde divine. Allah nous demande de faire des efforts et [disant] qu’alors Il multipliera nos récompenses. Ce sont là autant de manières pour Lui d’exprimer Sa Rahmaniyyah, Sa Rahimiyyah ainsi que Sa miséricorde. Chanceux sont ceux qui profitent de ces jours. D’ailleurs Il nous encourage à chercher la Laylat-ul-Qadr durant les derniers jours du Ramadan afin que nos prières soient davantage exaucées. Ceci n’est pas un droit qui nous revient : c’est une autre faveur incitant Ses serviteurs à se rapprocher de Lui et c’est là une autre manifestation de Sa grâce. Selon un autre hadith, c’est un mois dont le début est une miséricorde, le milieu un pardon et la fin un affranchissement de l’enfer.

Quand, au cours du Ramadan, tout en jeûnant le croyant s'évertuera à accomplir de bonnes œuvres, à accroître ses actes d’adoration et à progresser dans la Taqwa, il profitera davantage de la miséricorde d’Allah. Car lorsque Son serviteur jeûne et abandonne pour Sa cause ce qui lui est permis, Dieu Lui-même devient la récompense du jeûneur ; ce faisant il méritera le pardon d’Allah et Celui-ci acceptera son repentir : ce faisant il sera à l’abri du feu de l’enfer, du feu d’ici-bas et dans l'au-delà. Or, la condition est qu’il jeûne en toute sincérité pour la cause d’Allah. Ainsi, l’on profitera en permanence de la miséricorde divine. Celle-ci ne se limite pas aux premiers dix jours du Ramadan. Cette miséricorde coule de la première décade dans la deuxième et ensuite dans la troisième. Elle accompagne par la suite le croyant en permanence tant qu’il respectera la Taqwa dans l’accomplissement de bonnes œuvres tout en étant ferme dans sa foi.

De même, la clémence divine ne se limite pas aux dix jours du milieu du Ramadan : elle perdure jusqu’à la fin du mois et accompagne l’homme tant qu’il est en vie, même au-delà, et le protégera du châtiment divin. De même, la protection contre le feu ne se limite pas à ces dix jours. Celui qui profite de la miséricorde d’Allah et implore Sa clémence au cours du Ramadan, sera aussi protégé du feu après le mois sacré. Mais le matérialisme a de nouveau le dessus ; si l’on s’éloigne de la Taqwa, si l’on néglige les commandements d’Allah, si l’on s’affaiblit dans sa foi, et l’on ne se soucie pas des signes d’Allah après le Ramadan, cela équivaudra à détruire de ses mains la forteresse que l’on s’est bâtie.

Le Ramadan est un moyen créé par Dieu afin que nous puissions profiter davantage de la miséricorde divine et afin que nous puissions nous rapprocher de Lui. Sinon, la miséricorde d’Allah, Son pardon, l’acceptation du repentir ou la protection qu’Il accorde contre le feu ne sont pas limités à quelques jours ou à quelque temps.

Ainsi nous devons méditer constamment là-dessus. À notre époque à chaque pas le Messie Promis (a.s.) nous a indiqué comment nous rapprocher d’Allah et profiter de Sa miséricorde. Il nous a expliqué comment Allah nous embrasse dans Sa miséricorde, la manière dont Il nous récompense pour nos œuvres et les efforts que nous devons accomplir pour mériter Sa clémence, afin que méritions Sa grâce en permanence. Je présenterai certains extraits des dires du Messie Promis (a.s.) à ce propos. Il donne les précisions suivantes sur le verset que j’ai cité au début du sermon : « Allah affirme qu’Il punira la personne de Son choix et que Sa miséricorde recouvre tout, [disant] : Ceux qui éviteront le polythéisme, l’incroyance et l’indécence et ceux qui paieront la Zakat et qui croiront en Mes signes mériteront Ma miséricorde. »

Le Messie Promis (a.s.) a expliqué la quintessence de la Taqwa en trois phrases : éviter le polythéisme, l’incroyance et la dépravation. Aujourd’hui à chaque pas nous sommes confrontés à l'obscénité et à la vulgarité, que ce soit à la télé, sur internet ou dans les médias. L’on doit éviter de suivre des émissions où s'étalent obscénité et vulgarité : c’est là un autre moyen pour s’attirer la miséricorde divine. Durant les jours du Ramadan l’on doit se réveiller tôt et l’on est occupé pendant la nuit : c’est pour cette raison que les gens évitent ces trivialités. Or, il faudra faire des efforts pour les éviter en permanence. L’on reçoit beaucoup de doléances à propos des jeunes voire des adultes à ce propos. Cela est en train d’empoisonner leurs esprits et de pervertir leur moralité. Ils sont en train de s’éloigner de la foi. Ainsi, les ahmadis doivent être très vigilants à ce propos : tout en s’évertuant en ce sens, ils doivent user à bon escient et avec précaution [ces nouvelles technologies].

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « L’on comprend, grâce à ce verset, que la miséricorde divine est générale et que la colère ou l’attribut de justice est dépendante de certaines conditions. C’est-à-dire que cet attribut entre en action après qu’on ait transgressé certaines lois divines. »

Comme mentionné plus haut, le châtiment a pour but la réforme et dans l'au-delà l’attribut de miséricorde divine a le dessus. Selon le Messie Promis (a.s.) le châtiment divin frappe celui qui a outrepassé les limites de la loi d’Allah : en dépit du fait que la miséricorde divine ait prééminence sur toute chose, il est frappé de punition divine.

Le Messie Promis (a.s.) explique davantage : « Les avertissements ne sont point sujets à des promesses. Or, la Sainteté d’Allah exige que le coupable soit puni […] Cependant lorsque le coupable se repent, implore la clémence divine et s’humilie face à Dieu, la miséricorde de Celui-ci l’emporte sur Sa colère et occulte cette dernière. Voilà le sens du verset : « Je ferai subir Mon châtiment à ceux que Je veux ; mais Ma miséricorde se répand sur toutes choses ».

Quand l’on se repent, l’on accomplit l’Istighfar et l’on implore Dieu en toute humilité tout en respectant toutes les exigences nécessaires, Dieu accorde Sa grâce car Il a imposé Sa miséricorde à l’endroit des hommes et non Sa colère.

Sa miséricorde l’emporte sur Sa colère et cette dernière s’évanouit. La Tawbah (la pénitence) et l’Istighfar (le repentir) sont deux moyens pour attirer la miséricorde d’Allah. Le Messie Promis (a.s.) explique : « Le sens premier de l’Istighfar est de demander à Dieu de couvrir toutes ses faiblesses humaines et d’implorer Son soutien. »

L’Istighfar vise à empêcher les faiblesses humaines de se manifester et [son but est] qu’Allah soutienne la nature de l’homme afin qu’il évite les péchés et les erreurs de conduite.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Istighfar est dérivé de ghafara qui signifie « couvrir ». Grâce à l’Istighfar, le pénitent demande à Dieu de couvrir ses faiblesses naturelles afin qu’il ne transgresse pas en raison de ces faiblesses. […] Or, le sens a été élargi davantage pour les gens ordinaires. L’Istighfar signifie aussi qu’on demande à Dieu de couvrir les transgressions qui ont déjà été commisses (pour qu’on soit à l’abri de leurs conséquences néfastes et du châtiment qui s’ensuivra). Par l’Istighfar, le pénitent demande à Dieu de couvrir ses faiblesses naturelles, de lui faire profiter de Sa puissance, de Son savoir, de Sa lumière. Allah n’a pas abandonné l’homme après sa création. Il l’a certes créé et l’a doté d’aptitudes internes et externes. Or, Allah est aussi le Qayyoum (soutien) de l’homme : Il protège Sa création grâce à Son appui particulier. Il incombe à l’homme d’en profiter afin de préserver, de toute perversion, l’empreinte de sa création.”

Allah n’a pas abandonné l’homme après sa création. Il est aussi Al-Qayyoum. Dieu est le créateur de l’homme : mais il est également sujet aux lois divines. Il incombe à l’homme de respecter les commandements divins et il doit pareillement profiter de l’attribut Al-Qayyoum. Pour se faire il doit se consacrer aux prières et à l’Istighfar afin qu’Allah, par l’entremise de l’attribut Al-Qayyoum accorde la force à l’homme de suivre ses commandements.

Le Messie Promis (a.s.) explique davantage : « L’homme avait besoin, tout naturellement de l’Istighfar, afin qu’il puisse se prémunir de toute corruption. Le Coran en fait mention en ces termes :

اللَّهُ لَا إِلَهَ إِلَّا هُوَ الْحَيُّ الْقَيُّومُ

Ainsi Dieu est à la fois Créateur et Al-Qayyoum. L’attribut de Créateur cesse ses fonctions après la création de l’homme, mais la tâche de l’attribut Al-Qayyoum est éternelle (tant que l’homme vit). D’où la nécessité de l’Istighfar en permanence (afin que l’on profite constamment de l’attribut Al-Qayyoum.) Ainsi l’Istighfar permet de profiter de l’attribut Al-Qayyoum (afin que l’on use à bon escient des aptitudes octroyées par Allah.) »

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Le verset « c’est Toi seul que Nous adorons et c’est de Toi seul que nous implorons le secours » de la Sourate Al-Fatihah en est une indication. C'est-à-dire nous T’adorons et nous demandons Ton aide par l’entremise de Ta Qayyoumiyyah et de Ta Rouboubiyyah et de nous protéger de l’égarement, de peur que nous soyons victimes de nos faiblesses et que nous n’arrivions pas à Te rendre culte. »

C’est là un point fondamental que nous devons constamment avoir en tête. Se dire qu’on peut tout faire parce qu’Allah annonce que Sa miséricorde embrasse tout et que donc on n’a qu’à implorer le pardon divin n’est pas une attitude appropriée. Allah S’est imposé la miséricorde à l’endroit de ceux qui respectent Ses commandements et de ceux qui implorent Son pardon.

Le Messie Promis (a.s.) explique davantage l’Istighfar en ces termes : « Certaines personnes sont conscientes du péché alors que d’autres ne le sont pas. (Ils sont insensibles ou transgressent inconsciemment.) Par conséquent, Allah a rendu l’Istighfar obligatoire pour toujours afin que l’on puisse rechercher la protection d’Allah de tout péché – manifeste ou caché, connu ou inconnu, qu’il soit commis par la main, les pieds, la langue, le nez, ou les yeux. Ces jours-ci, la prière d’Adam devrait être particulièrement récitée :

رَبَّنَا ظَلَمْنَا أَنْفُسَنَا وَإِنْ لَمْ تَغْفِرْ لَنَا وَتَرْحَمْنَا لَنَكُونَنَّ مِنَ الْخَاسِرِينَ

« Notre Seigneur, nous avons agi injustement envers nous-mêmes ; et si Tu ne nous pardonnes pas, et si Tu ne nous fais pas miséricorde, nous serons assurément du nombre des perdants. » (7 : 24)

Cette prière a déjà été acceptée. Ne menez pas une vie de négligence. Quiconque s’abstient d’une vie négligente ne sera probablement jamais affligé de grandes calamités, car de tels malheurs n’arrivent jamais sans la permission divine. À ce propos, il m’a été révélé la prière suivante :

رَبِّ کُلُّ شَیْءٍ خَا دِمُکَ رَبِّ فَا حْفَظْنِی وَانْصُرْنیِ وَارْحَمْنِی

Ainsi des efforts, l’Istighfar et les supplications sont essentiels si l’on veut jouir de la protection divine, de Son soutien et de Sa miséricorde.

Nous utilisons les deux termes Istighfar (imploration du pardon) et Tawbah (repentir). Le Messie Promis (a.s.) nous explique la différence entre les deux : « L’Istighfar et la Tawbah sont deux concepts différents. L’Istighfar a prééminence sur la Tawbah d’une manière. Car l’Istighfar est l’aide que l’on quémande à Dieu (afin que l’on soit à l’abri du péché). La Tawbah signifie se tenir sur ses pieds. »

C'est-à-dire, après s'être protégé des péchés par l’entremise de l’Istighfar, la Tawbah permet de se maintenir sur cette voie avec constance. Par l’entremise de la Tawbah on implore Dieu pour que l’on se préserve sur cette voie, pour que la protection contre le feu soit permanente, afin que nos actions n’attirent pas la colère divine pour ensuite retourner à la case de départ. D’où la nécessité de la Tawbah. On se tourne vers Dieu après l’Istighfar afin qu’Il nous maintienne sur cette voie, pour que nous puissions être constamment à l’abri du péché, mériter la clémence divine et être à l'abri du feu en constance.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Selon Sa pratique, lorsqu’on quémande la force de la part de Dieu, Il l’accorde. Ayant reçu cette force, l’homme arrive à se tenir sur ses pieds. Il recevra une force pour accomplir de bonnes œuvres : elle s’appelle Atoubou Ilaihi (je me tourne vers Lui.) L’on ne peut accomplir la Tawbah qu’après l’Istighfar. Sans l’Istighfar, la possibilité d’accomplir la Tawbah meurt. Si l’on accomplit ainsi l’Istighfar et ensuite la Tawbah, l’on recevra pour une durée déterminée les meilleurs des faveurs comme l’affirme le verset :

يُمَتِّعْكُمْ مَتَاعًا حَسَنًا إِلَى أَجَلٍ مُسَمًّى

Selon la pratique d’Allah, en accomplissant l’Istighfar et la Tawbah l’on atteindra le statut fixé [pour sa personne.] Chaque sens peut progresser selon une fourchette donnée. Tout le monde n’est pas à même de mériter le statut d’un envoyé, d’un prophète, d’un véridique ou d’un martyr. »

Or, chacun doit tenter d’atteindre le niveau qui a été fixé pour lui : il pourra le faire grâce à l’Istighfar et la Tawbah.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « La Tawbah dans la langue arabe signifie le « retour ». C’est pour cette raison que Dieu est nommé Tawwab dans le Coran, c'est-à-dire celui qui retourne sans cesse [vers le croyant]. Cela signifie que lorsque le pénitent se détourne du péché et qu’il retourne vers Dieu le cœur sincère, Celui-ci s’élance dans sa direction : ceci est conforme à la loi de la nature. Dieu a gravé dans la nature humaine que lorsqu’on se tourne sincèrement vers son prochain, le cœur de celui-ci s’attendrit. Comment peut-on concevoir qu’une personne se tourne avec un cœur sincère vers Dieu mais qu’Il ne se tourne pas vers elle en retour ? Au contraire, Dieu, Qui est par essence Généreux et Miséricordieux, S’incline encore plus vers celui qui se tourne vers Lui. C’est pour cette raison que l’un des attributs de Dieu mentionnés dans le Saint Coran est Tawwab, c’est-à-dire Celui qui revient souvent avec compassion.

L’homme s’incline vers Dieu, avec remords, humilité et modestie. Lorsque Dieu se tourne vers une personne Il le fait avec Miséricorde et étant Pardonnant. Si la Miséricorde ne faisait pas partie des attributs de Dieu, nul n’aurait d’issue de secours. Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Malheureusement ces personnes n’ont pas réfléchi sur les attributs de Dieu, et ont attribué toute réussite à leurs efforts et œuvres. » 

Certaines personnes considèrent qu’elles ont tout obtenu par leurs propres efforts.

« Mais Dieu, sans attendre aucun effort de la part de quiconque, a octroyé des milliers de faveurs à l’homme sur cette Terre. Est-il possible que Dieu ne se tourne pas avec Miséricorde vers celui qui, au comble de la faiblesse, abandonne sa négligence, se tourne vers Dieu, s’annihile sur Son seuil, se purifie, se débarrasse des guenilles sales qu’il portait et brûle de Son amour ? Est-ce ce qu’on appelle cela la loi divine ? »

Le Messie Promis (a.s.) est en train de répondre à ceux qui prétendent que Dieu ne se tourne pas avec miséricorde ; et ce même si une personne Le supplie, qu’il accomplit l’Istighfar, qu’il s’annihile sur Son seuil, comme s’il était mort, qu’il ôte de sa personne toute trace d’impureté, qu’il se purifie, et qu’il brûle d’amour pour Allah l’Exalté : est-il possible qu’après tous ces efforts Allah l’Exalté ne baisse pas l’aile de Sa miséricorde en faveur d’une telle personne ?

Le Messie Promis (a.s.) continue : « Ces gens-là mentent : que la malédiction d’Allah s’abatte sur les menteurs ! »

Il ajoute : « Il est impossible que l’homme qui remplit ses devoirs n’obtienne rien en retour de la part de Dieu. »

Cela va, en effet, à l’encontre de la grandeur divine et de cette proclamation que Sa miséricorde est très vaste. Cela est contraire à Sa loi. Comme je l’ai mentionné, cela est contraire à Sa proclamation que Sa miséricorde ne connaît pas de limites. L’homme en remplissant ses devoirs, doit faire des efforts qui l’amènent à s’annihiler devant Lui. Il doit se débarrasser des vêtements des péchés qu’il portait et brûler dans Son amour.  

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Dès lors, cette réaction se produira. »

Tous ces points méritent que l’on y réfléchisse. En retour Allah Se tourne vers l’homme d’une façon telle qu’il n’aurait pu l’imaginer.

Exprimer son souhait d’être pardonné avec une telle effervescence permet de mériter la miséricorde d’Allah l’Exalté, et Allah S’est imposé d’être miséricordieux en pareils cas. Le Messie Promis (a.s.) a également mentionné les conditions du véritable repentir, les efforts que doit faire l’homme et comment il doit les faire pour se repentir.

Il déclare : « Sachez que la Tawbah est sujette à trois conditions. La première condition consiste à se débarrasser de ces pensées perverses qui attisent en l’homme [ses] mauvaises habitudes, et cela ne sera pas possible tant que l’on n’associera pas à ces péchés une idée de dégoût profond et d’horreur. »

Si votre attention reste tournée vers ces péchés, et que vous ne ressentez pas du dégoût à leur propos, il s’avérera difficile de s’en préserver. La première étape consiste à supprimer de telles pensées et d’exécrer ces péchés.

« La deuxième condition est que lorsque notre attention est tournée vers une mauvaise action il faut ressentir des remords. »

Dès qu’une telle pensée traverse l’esprit il faut en être embarrassé et éprouver des remords. Il faut que l’on ait à l’esprit que ces péchés et plaisirs tentants sont éphémères et vont détruire notre vie. Un jour tous ces plaisirs disparaîtront. Il s’agit de plaisirs éphémères. Il faut en somme écouter la voix de sa conscience. Notre conscience nous dit si une chose est mauvaise ou bonne. Lorsque nous réfléchirons de cette manière et que nous écouterons notre conscience, progressivement nous nous préserverons des péchés.

« La troisième condition est la volonté : c’est-à-dire de prendre la ferme résolution de ne pas retourner vers les péchés, et d’avoir une volonté solide de rester cramponné à cette décision, et de faire des supplications dans ce sens ; alors les péchés nous abandonneront, et seront remplacés par des vertus et des actes louables. »

Lorsque le Messie Promis (a.s.) déclare qu’il faut ôter l’habit de l’impureté, cela signifie qu’il faut entreprendre des efforts considérables, et de s’y tenir en ayant une volonté ferme afin d’être récipiendaire de la miséricorde divine.

En mentionnant le fait de se préserver du feu par l’Istighfar et la Tawbah, le Messie Promis (a.s.) déclare : « Pour l’homme, la Tawbah (pénitence) n’est point superflue ou inutile ; et son effet ne se fera pas sentir uniquement au jour de la Résurrection. La repentance sert à embellir la vie de l’homme ici-bas et dans l’au-delà ; et dans cette vie ainsi que dans l’au-delà, il obtient la sérénité et la joie véritables.  Le Saint Coran fait mention de la prière :

رَبَّنَا آَتِنَا فِي الدُّنْيَا حَسَنَةً وَفِي الْآَخِرَةِ حَسَنَةً وَقِنَا عَذَابَ النَّارِ

O notre Seigneur accorde-nous le confort et l’aisance ici-bas et dans l’au-delà et protège-nous du châtiment du feu. « Rabbana » est une indication subtile de la repentance ; cela signifie que l’on doit répudier tous faux dieux et se consacrer à l’Unique Rab. La formule « Rabbana » (Notre Seigneur !) ne peut sortir du cœur de l’homme que s’il est plongé dans une profonde affliction. »

Lorsque l’homme dit « Rabbana », il ne le prononce pas uniquement du bout des lèvres – cette prière émane de son cœur. Il ne dira « Rabbana » que lorsque cela sortira de son cœur. Certes certaines personnes le disent également de manière superficielle, mais la réalité de cette prière nécessite que cela provienne du cœur.

Le Messie Promis (a.s.) continue : « Rabb (Seigneur) signifie Celui Qui fait progresser graduellement jusqu’à la perfection, Celui Qui pourvoit aux besoins [des autres]. L’homme fabrique de toutes pièces de nombreux « Rabb ». S’il a une confiance totale en ses ruses et en ses subterfuges, ceux-là se transformeront en son Rabb. S’il fait étalage de son érudition ou de sa force, ceux-là seront ses Rabbs. Si sa beauté ou ses richesses le poussent à être orgueilleux, ceux-là seront ses Rabbs. Il existe donc mille et un artifices qui ne l’abandonnent point ; et tant qu’il ne s’en détourne pas et tant qu’il ne courbe pas l’échine devant le Dieu Unique et le Véritable Rabb et tant qu’il ne prononce pas la formule « Rabbana » le cœur empli de détresse et la voix tremblante d’émotions, et ne tombe pas sur Son seuil, il ne reconnaîtra point le Vrai Rabb. En grand désarroi, il devra se présenter le cœur contrit devant Son Seigneur, confessant ses péchés et s’adressant à Lui avec ces paroles : « Rabbana ! » ; c’est-à-dire, c’est Toi l’Unique et Vrai Rabb, mais je me suis fourvoyé et j’ai erré ici et là. Désormais, j’ai abandonné tous ces dieux fallacieux, et en toute sincérité je proclame ta « Rububiyyah » et je me présente à Ton seuil.

Sans une telle démarche l’on ne pourra faire de Dieu son « Rabb ».

Tant que l’homme vénèrera ses faux dieux, il n’aura pas reconnu le vrai Rabb. Certains ont fait du mensonge leur Rabb et leur survie dépend de leurs larcins. D’autres ont pris pour Rabb le vol et l’escroquerie et en ont fait leur métier et leur gagne-pain. Ceux qui ont une confiance aveugle en leurs subterfuges n’ont point besoin d’implorer Dieu. Celui qui prie est celui qui se trouve sans issue ; celui qui ne peut frapper qu’à une seule porte, celle de Dieu. La prière « Rabbanna atina… » est une formule réservée uniquement à ces personnes qui ont comme Rabb Dieu seul ; elles savent que tout autre dieu n’est que mirage devant leur Unique Rabb. »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Le feu évoqué ici ne concerne pas que l’Au-delà. Dans ce monde, une personne qui bénéficie d’une longue vie, constate qu’en ce monde existent également des milliers de formes de feu. » Les personnes qui en ont fait l’expérience savent qu’il y a différentes formes de feu dans ce monde, les calamités, la peur, le meurtre, la famine, les maladies, l’échec, l’humiliation : il y a des milliers de sources de tristesse, des peines causées par les enfants et les femmes, les déboires familiaux ; autant de feux qui consument l’homme ici même sur terre. Le croyant doit implorer la protection de Dieu afin de s’en protéger, et comme il s’est tourné entièrement vers Lui, de Lui demander Sa protection contre tous ces maux qui rendent la vie de l’homme amer, et qui peuvent consumer l’homme. »

Le Messie Promis (a.s.) avait attiré l’attention des membres de sa communauté vers la récitation abondante de cette prière :

رَبَّنَا آَتِنَا فِي الدُّنْيَا حَسَنَةً وَفِي الْآَخِرَةِ حَسَنَةً وَقِنَا عَذَابَ النَّارِ

Nous devons aussi la réciter afin qu’Allah l’Exalté puisse nous prendre sous l’aile de sa miséricorde et nous protéger ainsi de toutes sortes de feux ici-bas et dans l’Au-Delà.

Le Messie Promis (a.s.) dit : « De ce qu’Allah le Très-Haut a déclaré dans le Saint Coran, nous pouvons dresser ce résumé : ô mes serviteurs ! Ne désespérez pas de Moi. Je suis le Miséricordieux et Généreux, Je couvre les péchés et Je suis très pardonnant. Je suis celui qui fait le plus Miséricorde ; nul autre n’est aussi Miséricordieux que Moi. Aimez-Moi plus que vos pères, car je vous aime plus qu’ils ne vous aiment. Si vous venez vers Moi Je pardonnerai alors tous vos péchés, et si vous vous repentez, J’accepterai votre repentir ; même si vous avancez à petits pas vers Moi, Je courrai vers vous ; celui qui me cherchera, Me trouvera, et celui qui se tournera vers Moi, trouvera Ma porte grande ouverte. Je pardonne les péchés de ceux qui se repentent, même si le volume de leurs péchés est plus important que celui d’une montagne. Je suis très miséricordieux à votre égard et ma colère est moindre, car vous êtes Mes créatures ; Je vous ai créés, de ce fait Ma Miséricorde vous recouvre tous. »

Qu’Allah fasse que nous nous tournions vers Lui en toute sincérité, que nous respections le principe de la Taqwa, que nous consolidions notre foi et notre conviction afin que nous méritions toujours Sa miséricorde. Que ce moment ne vienne jamais où nous déméritions sa Miséricorde et qu’en raison de nos mauvaises actions nous subissions Son courroux. Que la Miséricorde d’Allah l’Exalté se répande toujours sur Nous.


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