Sermon du vendredi 09 mars 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Le Messie Promis (a.s.) décrit en ces termes les sacrifices des compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), leur statut ainsi que les faveurs qu’Allah leur a octroyées : « Abu Bakr avait sacrifié tous ses biens dans la voie d’Allah [tant et si bien] qu’il s’est vêtu d’une simple couverture. Or, voyez les faveurs qu’Allah lui a conférées en retour. Il a fait de lui le roi de toute l’Arabie et, par son entremise, a auguré la renaissance de l’islam ; et les Arabes moribonds ont remporté la victoire et Il leur a accordé des choses inimaginables. En somme, leurs véridicité et sincérité, leur fidélité et leur amour, sont autant d’exemples pour les musulmans. L’exemple de la vie des compagnons est inégalé chez les [compagnons des] autres prophètes. Tant que l’homme ne se présente pas à Dieu en ayant abandonné ses désirs et ambitions personnels il ne pourra rien obtenir : au contraire il sera en perte. Mais lorsqu’il se présentera sur le seuil de Dieu en mettant de côté tous ses désirs et ambitions personnels, les mains vides, et un cœur pur, alors Dieu lui octroiera ce qu’il souhaite, et lui accordera Son soutien, mais à condition que l’homme soit prêt à mourir sur ce chemin, et à accueillir, à bras ouverts, l’humiliation et la mort dans Sa voie. »

Ensuite le Messie Promis (a.s.) déclare : « Voyez, le monde est éphémère ; or, ceux qui l’abandonnent pour Dieu profitent de ses plaisirs. Lorsque Dieu aime une personne, Il fait sa renommée dans le monde. Les gens de ce monde se tuent à la tâche pour obtenir cette même popularité : ils tentent d’avoir un titre ou de siéger dans une assemblée ou dans une cour très respectée, et que leurs noms apparaissent parmi ceux qui y siègent. Or, tout le respect mondain est accordé à ceux qui sont prêts à tout abandonner et à tout perdre pour Dieu. Tous les cœurs finissent par reconnaître leur grandeur et le monde les accepte. Ils ne sont pas seulement prêts à tout abandonner : ils abandonnent vraiment tout. Ceux qui sont prêts à tout perdre pour Dieu, reçoivent tout. »

Lors de la même rencontre le Messie Promis (a.s.) a déclaré : « Ceux qui perdent quoi que ce soit pour les États de ce monde sont récompensés. Croyez-vous que ceux qui [se] perdent dans la voie de Dieu ne seront pas récompensés ? Ils ne meurent pas avant d’avoir reçu bien plus que ce qu’ils avaient offert dans la voie de Dieu, car Dieu ne garde aucune dette. Malheureusement très peu de personnes reconnaissent cette vérité ou en sont convaincues. »

Nous voyons des exemples glorieux de cette fidélité, de cette sincérité et de cet égard, qui nous laissent bouche bée. Le pouvoir sanctifiant du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a changé la direction de leur amour d’antan : [les ayant détournés] du monde, il les a tournés vers Dieu. Voire, il a exalté cet amour, laissant à cet égard des exemples inouïs dans l’histoire du monde. Le Messie Promis (a.s.) a brillamment décrit ces exemples exaltés : le niveau de leur amour et de leurs sacrifices est sans égal dans la vie des autres prophètes. Les compagnons de ces prophètes-là, quant à eux, se trouvaient à un niveau bien inférieur à ceux des compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ses compagnons s’étaient entièrement débarrassés de leurs désirs égoïstes. Ils ont mené une vie consacrée uniquement à la quête du plaisir divin avec le cœur pur. Quand on agit de la sorte, l’on reçoit, de la part de Dieu, d’innombrables faveurs, et d’ailleurs la vie des compagnons en est témoin. Je vais à présent puiser dans les récits y relatifs démontrant à quel point ils s’étaient asservis à Dieu et leurs exemples à cet égard.

Abad Bin Bashar était un compagnon Ansari. Il tomba en martyr dans la fleur de l’âge, alors qu’il n’avait que trente-cinq ans. ‘Aisha (r.a.) relate la manière dont il rendait culte à Dieu et récitait le Saint Coran. « Une nuit, raconte-t-elle, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se réveilla à l’heure de la prière de Tahajjud. Il entendit une récitation du Coran qui venait de la mosquée. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se réveillait d’ailleurs très tôt pour la prière de Tahajjud. Il demanda : « Est-ce la voix d’Abad ? » Aisha (r.a.) répondit : « On dirait bien. » Sur ce, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pria en ces termes : « O Allah ! Accorde Ta miséricorde à Abad ! » Chanceuses étaient ces personnes qui passaient leurs nuits en adoration et dans la récitation du Coran et qui profitèrent directement des prières du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ils se réveillaient la nuit dans le seul but de chercher le plaisir d’Allah et de mériter sa grâce. Abad était convaincu qu’il allait tomber en martyr en raison d’un rêve qu’il avait d’ailleurs relaté à Abu Saïd al-Khudri. « J’ai vu en songe, relate-t-il, que le ciel s’était fendu, que j’y suis monté et le ciel s’est alors recollé. Ce rêve m’a convaincu que je mériterai le statut de martyr. » Ce songe s’est accompli lors de la bataille de Yamama durant laquelle Abad s’était bravement battu. Son détachement, qui comprenait uniquement des Ansar, a vaincu l’ennemi. Abu Saïd Khudri relate qu’on ne pouvait pas reconnaître Abad à cause du nombre de blessures d’épée qu’il avait reçues au visage. On put [en fin de compte] le reconnaître grâce à une marque qu’il avait sur le corps.

Haram Bin Malhan était un autre compagnon. Il était parmi les premiers à enseigner le Coran aux jeunes et aux moins jeunes et à servir les pauvres et les As-hab al-Suffah. Une délégation de la tribu des Banou Amar demanda au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) d’envoyer quelques musulmans pour leur prêcher le message de l’islam afin que leur peuple l’accepte. Quoique leur intention n’était pas bonne, ils firent cette requête au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Comme ils n’étaient pas dignes de confiance le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) leur dit : « J’ai peur que vous ne tentiez de nuire à ceux que j’enverrai. » Le chef de la délégation, qui n’était pas encore musulman, déclara : « Je me porte garant de leur sécurité et ils seront sous ma protection. »

C’est ainsi que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) leur envoya une délégation avec Haram Bin Malhan à leur tête. Arrivé sur les lieux il ressentit de loin qu’ils étaient en danger, que le comportement de leurs hôtes était douteux, et qu’ils n’avaient pas de bonnes intentions. Il demanda à ses compagnons de prendre des précautions et qu’ils ne devaient pas partir tous ensemble, de peur de tomber tous [ensemble] dans un piège. Il dit à ses compagnons : « Restez ici. Je vais me rendre auprès de la tribu avec l’un d’entre vous. S’ils nous ont bien traités, vous pourrez venir. S’ils nous attaquent, prenez la décision appropriée : retourner, prendre les armes ou rester sur place. » Quand Haram Bin Malhan et son compagnon se rendirent auprès du chef des Banou Amar, celui-ci fit un signe à un individu qui donna un coup de lance à Haram Bin Malhan par derrière. Le sang gicla de son cou. Il en prit dans sa main et déclara : « Par le Seigneur de la Ka’aba ! J’ai triomphé ! » Son compagnon tomba lui aussi en martyr. L’ennemi s’attaqua aux dix-sept restants, qui tombèrent aussi en martyrs, sauf un ou deux. Quand les assaillants étaient en train de les tuer impitoyablement, en les ayant leurrés, les musulmans prièrent : « ô Allah accepte notre sacrifice et informe le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de notre condition. » En effet, il n’y avait personne pour le faire et ce fut l’ange Gabriel qui transmit au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) les salutations de ces compagnons et l’informa de leur martyre. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en fut grandement attristé et pendant trente jours il pria pour qu’Allah châtie ceux coupables de cette abomination. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) attribua à ces martyres un éminent statut.

Le Messie Promis (a.s.) a décrit, en ces termes, cet amour et ce sacrifice pour la cause de la foi en ces termes : « L’amour accomplit des miracles. L’amoureux est prêt à tout endurer pour son bien-aimé. Une femme tomba amoureuse d’un homme qui la maltraitait. Or, la femme disait qu’elle tirait plaisir de ces tourments. Les gens de ce monde tirent plaisir des souffrances qu’ils endurent pour un amour mensonger terni d’immoralité et de perversité. Imaginez alors le plaisir que tire celui qui endure mille et un tourments en se vouant corps et âme à Dieu et se sacrifiant sur Son seuil ! Regardez les supplices qu’endurèrent les pieux compagnons à La Mecque : d’aucuns furent torturés et subirent mille et un tourments. Même les femmes ne furent pas épargnées et leurs souffrances nous glacent le sang. S’ils s’étaient joints aux gens de La Mecque, ces derniers les auraient honorés, étant donné qu’ils étaient [tous] affiliés. Or, qu’est-ce qui avait maintenu ces compagnons sur la voie de la vérité en dépit des tempêtes de tourments et d'adversité ? C’était la même source de plaisir et de délice qui jaillissait de leurs cœurs en raison de leur amour pour la vérité. »

Le Messie Promis (a.s.) a cité l’incident ci-dessus, [en disant] que lorsqu’on tranchait la main d’un des compagnons, il dit qu’il accomplissait l’ablution. Lorsqu’on lui tranchait la gorge, il dit qu’il se prosternait et pria, avant de mourir : « ô Allah ! Informes-en Ton Prophète. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se trouvait à Médine : l’ange Gabriel se présenta à lui et le salua. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui répondit et prit connaissance du tragique évènement. Ayant goûté au délice de la rencontre avec Dieu l’Exalté, l’on est prêt à mourir écrasé comme un vil insecte. »

Cela, à l’instar du compagnon qui déclara qu’il avait rencontré le Dieu de la Ka’aba.  En somme, ils avaient atteint l’apogée de l’amour.

« Les pires tourments sont, pour le croyant, une chose facile à endurer. Son signe distinctif est qu’il est prêt à mourir. Si l’on demande à quelqu’un de se convertir au christianisme ou d’être prêt à mourir, il faudra écouter le cri de son âme : offre-t-il sa tête au sabre ou préfère-t-il embrasser la foi chrétienne ? S’il est prêt à mourir, il est un véritable croyant, sinon il est un mécréant. Ces adversités qui frappent le croyant recèlent des délices cachés. Si cela n’était pas le cas, pourquoi donc les prophètes ont-ils enduré toute une succession de malheurs ? »

Le pouvoir sanctifiant du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait insufflé en ses compagnons un tel esprit qu’ils disaient, en mourant, qu’ils avaient triomphé par le Seigneur de la Ka’aba, c’est-à-dire qu’ils avaient trouvé Dieu. Or, c’étaient des gens qui accomplissaient de bonnes œuvres. Ils étaient prêts à se sacrifier face aux exactions. Ils ne sont pas dans la catégorie de ceux qui, aujourd’hui, commettent des atrocités, pour annoncer qu’ils sont des martyrs et qu’ils iront au paradis. Ces compagnons ont combattu ces injustices et ils n’étaient pas de ceux qui les attisaient.

Abdullah Bin Amar était un Ansari qui, en partance pour la bataille d’Uhud, avait informé son fils qu’il serait le premier à tomber en martyr. Il l’avait peut-être vu dans un rêve ou Dieu l’en avait informé. Il conseilla son fils : « Prend soin de tes sœurs et rembourse l’emprunt que j’ai fait à un juif lorsque tu récolteras les fruits de mes dattiers. » Tels étaient son amour pour Allah, sa Taqwa, sa pureté et son respect des droits d’autrui. Se rendant sur le champ de bataille, il ne se souciait pas de sa vie : au contraire, il était content d’être le premier à tomber en martyr. Il ne s’inquiétait pas du fait qu’il laissait derrière lui des filles encore jeunes. Pour ce qui est de leurs droits, il plaça sa confiance en Allah et conseilla son fils de s’en acquitter, étant donné qu’il serait désormais le chef de famille. Il lui demanda de s’occuper de ses sœurs. Il l’informa qu’il n’aurait pas à rembourser la dette qu’il doit au juif de sa poche : il n’aura qu’a prélever la somme du revenu de son verger. Rembourser ses dettes est une obligation en islam ; [en somme, il lui disait :] tu pourras hériter de mes biens après l’avoir fait.

Le récit suivant met en exergue les faveurs qu’Allah octroya à Abdullah suite à son martyre. En voyant la tristesse de son fils, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui présenta ses condoléances et déclara : « Je souhaite te donner une bonne nouvelle. Après le martyre de ton père, Allah le plaça devant Lui et lui dit qu’Il était prêt à exaucer tous ses vœux. » Abdullah de déclarer : « O Allah ! J’ai failli à mes devoirs. Comment puis-je Te demander quoi que ce soit ? »

Alors qu’il avait atteint les normes requises dans ses actes d’adoration et ses sacrifices, voici qu’il déclarait qu’il ne s’était pas acquitté de ses devoirs envers Dieu !

« Accorde-moi Ta miséricorde et Tes faveurs. Mon unique souhait est que Tu me retournes sur Terre, afin que je combatte l’ennemi au côté de Ton Envoyé et que je tombe de nouveau en martyr. »

Allah répondit : « J’ai décrété que celui qui traverse par la porte de la mort ne retourne pas sur Terre. Je ne peux exaucer ce désir. Néanmoins, tu mériteras de toute manière Ton statut de martyr. »

Amar Bin al-Jamuh souhaitait se sacrifier et tomber en martyr : il boitait en raison d’un mal et en souffrait beaucoup. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ses fils l’empêchèrent de participer à la bataille de Badr. Quand des ennemis se réunirent [à] Uhud pour lancer leur assaut contre les musulmans, Amar Bin al-Jamuh dit à ses fils : « Faites ce bon il vous semble ! Je ne vous écouterai pas et je participerai certainement à la bataille. Il expliqua au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) son cas et le refus de ses fils, exprimant son souhait de participer au Jihad. Il déclara : « Je jure par Allah qu’Il exaucera certainement mon souhait et qu’Il me conférera le titre de martyr. J’entrerai au paradis grâce à ma jambe boiteuse. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit : « Le Jihad ne t’est pas obligatoire en raison de ton handicap. Mais si tu le souhaites autant, tu pourras y prendre part. » Il demanda à ses fils de le laisser participer à la bataille. C’est ainsi qu’Amar y participa et il pria : « O Allah accorde moi le martyre et fasse que je ne retourne pas déconfit à la maison. » Son souhait fut exaucé et il tomba en martyr sur le champ de bataille.

Ainsi donc, tous ces compagnons débordaient de foi et de certitude. Ils étaient à tout instant prêt à offrir le sacrifice de leur vie à Dieu et à faire montre de sincérité et de fidélité.

Abu Talha était un compagnon Ansari et un archer émérite. Lors de la bataille de Badr, il fit preuve de son savoir-faire. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ordonna aux autres soldats musulmans de placer des flèches devant Talha, car il les lançait rapidement et avec une grande précision. Lors de la bataille d’Uhud, Talha se plaça en bouclier devant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : il tint sa main devant son visage béni afin de le protéger. C’est ainsi qu’il démontra sa bravoure et son courage. Sans aucune peur, il se trouvait toujours à l’endroit le plus périlleux sur le champ de bataille. Il y accordait priorité car il souhaitait détruire les ennemis de l’Islam. Il se battait afin d’établir la paix dans le monde. Ces compagnons n’étaient pas coupables d’exactions et ils n'avaient pas lancé leurs attaques en premier. Mais quant l’ennemi a lancé ses assauts, ils n’ont pas fait preuve de lâcheté ; bien au contraire, leur bravoure a brillé. Ils ont usé de toutes leurs aptitudes afin de mériter le plaisir divin.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Les augures venant d’Allah s’accomplissent toujours. Les moyens [matériels] n’ont aucune importance. Allah affirme que celui qui marchera sur Sa voie recevra d'innombrables faveurs. Celui qui la parcourt avec de nobles intentions sera accompagné d’Allah. Même si l’on est malade, l’on sera guéri. Voyez les exemples des compagnons : ils étaient les reflets des exemples des prophètes divins. Allah aime les œuvres : or, ils ont offert leur vie à l’instar de chèvres. Ils sont le reflet de la charpente de la vie des prophètes existant depuis le prophète Adam. Les compagnons l’ont présenté au monde en le faisant briller. »

En effet, ils ne se sont pas contentés d’en présenter un aspect théorique ; par leurs actions, ils l’ont fait briller.

« …et ils ont montré ce que sont que la sincérité et la fidélité. Voyez ce qu’a dû endurer Jésus. Personne ne vendit Moise mais les apôtres de Jésus vendirent ce dernier pour trente pièces. Selon le Coran, les apôtres avaient des doutes quant à la véridicité de Jésus et c’est pour cette raison qu’ils avaient demandé [qu’une] table [descende du ciel.],  afin qu’ils sachent que Jésus disait vrai. L’on en déduit qu’avant la descente de la table, ils n’étaient pas convaincus de la véracité de Jésus. [Or, les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] ont vécu dans un inconfort constaté nulle part ailleurs. Ce groupe de compagnons était des plus merveilleux : ils méritent d’être respectés et suivis. Leurs cœurs débordaient de certitude. Quand on est empli de conviction, au tout début l’on souhaite offrir ses biens et ensuite sa vie pour la cause de Dieu. »

Cette certitude ne cessait de croître en raison du pouvoir sanctifiant du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Dans leur comportement au quotidien, ces compagnons faisaient montre d’un amour merveilleux à l’endroit du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ils cherchaient les occasions pour exprimer leur amour.

Abdullah Bin Amru, durant les jours ordinaires, tentait de trouver les occasions d’exprimer son amour et sa fidélité à l’endroit du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). On rapporte qu’il envoya un mets sucré au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) par l’entremise de son fils Jabir. Quand Jabir retourna à la maison son père lui demanda si le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait dit quelque chose. Jabir raconta que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui avait demandé s’il avait apporté de la viande. Abdullah Bin Amru déclara : « Mon maître souhaite manger de la viande ! » Il égorgea sur-le-champ une chèvre, en rôti la viande et l’envoya au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Celui-ci pria pour les membres de cette famille.

Les compagnons rencontraient de grandes difficultés à prêcher le message de l’islam à leurs proches au tout début. Si le fils s’était converti et pas le père, cela engendrait des difficultés. Si un homme ou une femme de condition modeste embrassait l’islam, ses proches, qui étaient plus influents, le ou la tourmentait ou exprimait [autrement] leur mécontentement.

Le fils d’Amru bin Jamuh s’était converti à l’islam avant son père. Ce dernier était un polythéiste ; et quand son fils ne trouvait pas de moyen pour lui prêcher le message de l’islam, il prenait son idole, qu’il avait décorée, et la jetait la nuit dans une fosse destinée au détritus. Amru bin Jamuh la retrouvait et l’apportait chez lui et criait de colère : « Si j’apprends qui a agi de cette sorte avec mon idole, je le punirai très sévèrement ! » Le jour d’après le fils agit de la même sorte avec la statuette qu’on retrouva gisant dans une fosse. Un jour Amru nettoya très soigneusement l’idole, il la décora, et il mit son épée à côté d’elle, et s’adressant à l’idole il lui dit : « J’ignore qui te fait subir tout cela, mais maintenant je mets mon épée à ta disposition, désormais tu pourras te défendre. » Le lendemain il s’aperçut que l’idole avait de nouveau disparu, et lorsqu’il se mit à la chercher il la trouva attachée au cou d’un chien mort qui se décomposait sur un amas d’ordures. Cette scène contraint Amru à réfléchir, et il se dit : « L’idole que je considère comme une divinité ne peut même pas se défendre elle-même et ce malgré le fait d’avoir une épée à sa disposition ; comment pourra-t-elle alors me défendre ? » S’adressant à l’idole, il lui dit : « Si tu étais une vraie divinité, tu ne serais pas attachée autour du cou d’un chien. Je chante donc les louanges d’Allah qui est le véritable Pourvoyeur, et Justicier. » Il est dit qu’Amru bin Jamuh était le dernier des Ansar à avoir accepté l’Islam.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait une forte relation d’amour avec ses compagnons, grâce à son pouvoir sanctifiant ces derniers ont pu établir une forte relation avec Dieu. Dieu par la suite récompensait aussi directement ces compagnons, ou bien Il les récompensait par le truchement du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Cela nous indique également le statut des compagnons.

Ubayy bin Ka’b avait également une relation particulière avec Allah. Selon le recueil de Boukhari on retrouve également cette tradition qu’une fois le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui annonça : « Allah m’a ordonné de te réciter le Saint Coran. » Ubayy bin Ka’b demanda avec étonnement : « Allah l’Exalté, le maître de l’Univers, a-t-il mentionné spécifiquement mon nom, ordonnant de me réciter le Saint Coran ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit : « Oui il a mentionné spécifiquement ton nom. » Sur ce Ubbay bin Ka’b emporté par ses émotions éclata en sanglots. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui récita la sourate Al-Bayyinah. Par la suite à une occasion on demanda à Ubbay bin Ka’b : « Vous étiez certainement très joyeux en attendant cela. » Il répondit : « Allah a dit que lorsque nous sommes témoins des grâces et des bénédictions divines, et lorsque nous nous en rappelons, nous devons nous en réjouir, comment ne pouvais-je donc pas me réjouir ? »

Ubbay bin Ka’b avait une grande connaissance du Saint Coran. Comme je l’ai déjà mentionné il y a deux-trois semaines de cela dans un sermon, à une occasion le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) Prophètesa lui demanda : « Quel verset du Saint Coran considérez-vous comme le plus important ? » Il répondit dans un premier temps : « Allah et Son messager en ont la meilleure connaissance. » Ensuite lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) insista il dit : « Je considère que l’Ayat-ul-Kursiyy doit être considéré comme le meilleur. » J’avais mentionné cette tradition dans le cadre du sujet consacré à l’Ayat-ul- Kursiyy. Sur ce le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) exprima son grand contentement, et il dit : « O Ubayy ! Qu’Allah bénisse tes connaissances. Il est vrai que l’Ayat-ul-Kursiyy est le meilleur verset du Saint Coran. » Dans une autre tradition il est rapporté que l’année de son décès, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait révisé l’intégralité du Saint Coran avec lui. Avec l’approbation de ‘Umarra, Ubbay enseignait le texte et l’exégèse du Saint Coran aux gens.

Tels étaient ces compagnons qui s’amélioraient au quotidien pour atteindre ces hauts statuts.  

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Comme l’amélioration est progressive, c’est pour cette raison que l’évolution des compagnons s’est faite par étapes. Il ajoute : « En regardant ses compagnons, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) souhaitait qu’ils atteignent le sommet du progrès. Or, l’apogée de cette évolution était décrété dans le temps, c’est-à-dire qu’il devait se faire graduellement. Finalement les compagnons ont gagné ce que le monde n’a jamais pu obtenir, et ont pu voir ce que personne n’avait pu observer auparavant. »

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Étudiez l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et de ses compagnons (qu’Allah soit content d’eux) et vous constaterez qu’ils étaient des gens forts simples. À l’instar de ce récipient qu’on astique et dont on blanchit le fond, leurs cœurs étaient exempts des immondices de l’âme et baignaient dans les lumières divines. Ils étaient les reflets parfaits de l’énoncé coranique :

قَدْ أَفْلَحَ مَنْ زَكَّاهَا

Ensuite il déclare : « Les compagnons ont fait preuve d’une grande sincérité, ils ont délaissé l’idolâtrie et le culte des personnes. »

C’est-à-dire le fait d’élever des hommes au rang de divinités et de les aduler, qui est une autre forme d’adoration.

« En plus de délaisser l’idolâtrie, ils n’étaient plus animés d’un quelconque désir mondain, et ils ont commencé à voir Dieu. Ils étaient passionnément dévoués dans la voie Dieu, au point que chacun d’eux était un Abraham. » Ensuite il déclara : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était tel un corps et ses compagnons tels les membres de son corps. »

Qu’Allah nous permette de véritablement de comprendre le statut des compagnons, et qu’Il nous permette de gagner en sincérité et en fidélité en marchant sur leurs pas.


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