Sermon du vendredi 12 janvier 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Évoquant le pouvoir sanctifiant du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) le Messie Promis (a.s.) déclare : « Selon ma religion, le pouvoir sanctifiant du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne fut octroyé à aucun autre prophète. Le secret du progrès de l’islam est le splendide pouvoir d’attraction que possédait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) — en effet, ses paroles envoûtaient tous ceux qui les entendaient. Or, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a purifié ceux qu’il avait attirés. »

Le Messie Promis (a.s.) nous décrit ici-bas les transformations apportées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dans la vie de ses compagnons. « Etudiez-la vie des compagnons. Vous ne trouverez, parmi eux, aucun menteur. Or, en jetant un coup d’œil sur la condition de l’Arabie [préislamique] nous constatons que les Arabes étaient au comble de la décadence. Ils s’adonnaient corps et âme à l’idolâtrie ; ils détournaient les biens des orphelins ; et ils commettaient effrontément tout type transgression. Ils menaient une vie de brigands. En somme, ils s’étaient empêtrés de la tête jusqu’aux pieds dans l’impureté. »

Or, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a apporté chez les Arabes une révolution inouïe dont on ne saurait trouver la pareille chez les autres nations. Ce miracle du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est si grand qu’il doit suffire à ouvrir les yeux du monde.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Réformer un individu n’est point tâche facile. Or, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a préparé tout un peuple qui a servi de référence, eu égard à la foi et la sincérité, tant et si bien qu’ils ont été égorgés comme des chèvres pour la cause de leur foi. En fait, ils n’étaient plus des hommes de ce monde : les préceptes du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), sa direction et ses conseils salutaires en avaient fait des êtres célestes. Ils possédaient de purs attributs : voilà l’exemple que nous présentons au monde. En guise de prophétie annonçant cette réforme et cette direction, Allah a conféré au Saint Prophète (s.a.w.) le nom de Muhammad, faisant ainsi sa renommée sur terre ; car il l’avait emplie de paix, de réconciliation, d’excellences morales et de vertus. »

Le constat est le même aujourd’hui encore : les gens épris de justice reconnaissent que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a transformé un peuple des plus ignares, obtus, et empêtrés dans l’impureté en une nation cultivée et des hommes de Dieu.

Quelques années de cela, un savant juif est venu me rencontrer et m’a raconté ceci : « En dépit du fait que les juifs n’ont pas le droit de visiter la mosquée al-Aqsa, je suis parti la voir. » Il m’avait beaucoup dit à ce sujet ; les détails en sont très longs. Entre autres, il a dit ceci : « Le guide et gardien présent sur les lieux se doutait du fait que je n’étais pas musulman. Je tentais de me faire passer pour un musulman par mes propos, tant et si bien que j’ai énoncé la Kalima (al-chahadah) : La ilaha il-lallahou Mouhammadour-Rasouloullah, afin de le convaincre. Quand j’eus visité la mosquée de fond en comble, le gardien me dit : « Vous aviez certes récité la chahadah mais je doute encore que vous soyez musulman. Etant donné que vous avez déjà visité la mosquée, vous pouvez dire la vérité à présent. »

Le juif a répondu : « C’est vrai. Je ne suis pas musulman. Je suis un juif. En ce qui concerne la chahadah, sache que je crois dans l’énoncé La ilaha il-lallah (c’est-à-dire, qu’il n’y a pas d’autre Dieu à part Allah.) Je crois aussi dans Mouhammadur-Rasouloullah, parce que je connais l’histoire des Arabes et leur condition avant l’avènement du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Seul un prophète pouvait les réformer. Aucun leader de ce monde n’aurait pu ainsi les transformer. Je considère Muhammad comme un prophète envoyé par Dieu, que je croie en lui ou pas. »

En dépit de l’influence de ce monde, il acceptait que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait apporté cette grande révolution. Tous ceux faisant montre d’équité, aujourd’hui, seront obligés d’avouer que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était un prophète divin, en constatant la grande révolution qu’il a occasionnée dans la vie de ses compagnons grâce à son pouvoir sanctifiant.

Le Messie Promis (a.s.) a commenté à propos des compagnons, de leur éminent statut, et du grand changement qu’ils ont apporté en leurs personnes. « Voyez les exemples des compagnons : ils étaient les reflets des exemples des prophètes divins. Allah aime les œuvres : or, ils ont offert leur vie à l’instar de chèvres. Ils sont le reflet de la charpente de la vie des prophètes existant depuis le prophète Adam. »

Le concept de la Nubuwwah (le prophétat), sa forme et son statut, perdure depuis l’époque du prophète Adam.

« Or, n’avait pas oublié ce concept : les compagnons l’ont présenté au monde en le faisant briller. Ils ont montré ce que sont que la sincérité et la fidélité. »

Il ajoute : « Ils ont vécu dans un inconfort constaté nulle part ailleurs. Ce groupe de compagnons était des plus merveilleux : ils méritent d’être respectés et suivis. Leurs cœurs débordaient de certitude. Quand on est empli de conviction, au tout début, l’on souhaite offrir ses biens, ensuite sa vie pour la cause de Dieu. »

Le Messie Promis (a.s.) évoque l’éminence des compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en citant le verset suivant du Coran :

لَا تُلْهِيهِمْ تِجَارَةٌ وَلَا بَيْعٌ عَنْ ذِكْرِ اللَّهِ

C’est-à-dire que ce sont des hommes que ni les affaires ni le commerce ne distraient du souvenir d’Allah. Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Ce seul verset suffit à décrire les grandes transformations que les compagnons ont apportées en leurs personnes. Même les Occidentaux concèdent qu’il est difficile d’en trouver des exemples similaires. Pareille bravoure de la part d’habitants du désert est fort étonnante. Il s’agissait d’hommes que ni le négoce, ni le commerce ne détournaient du souvenir d’Allah : c’est dire que leur amour pour Dieu était d’une perfection telle que leurs occupations mondaines, aussi importantes soient-elles, ne les affectaient point. »

« Sachez, explique le Messie Promis (a.s.), que les serviteurs parfaits de Dieu respectent cette condition :

لَا تُلْهِيهِمْ تِجَارَةٌ وَلَا بَيْعٌ عَنْ ذِكْرِ اللَّهِ

C’est-à-dire, que lorsqu’ils établissent avec Dieu une relation sincère, éprouvant un amour pour Lui, ils ne se séparent pas de Lui. L’analogie suivante permet de comprendre leur état d’esprit : si votre enfant est malade, sa condition affectera votre cœur et votre esprit, quand bien même vous serez pris par vos affaires là où vous serez. De même, ceux qui se lient intimement à Dieu et L’aiment sincèrement ne peuvent L’oublier en aucune situation. »

Ces compagnons, s’étaient liés à Dieu et L’aimaient si sincèrement qu’il était impossible qu’ils L’oublient ou qu’ils négligent quelque sacrifice [dans Sa voie]. Ils laissèrent de nombreux exemples. La crainte de Dieu tourmentait Khabbāb Bin Al-Aratt lorsqu’il était sur le point de mourir. Il demanda qu’on lui présente son linceul, qui était d’ailleurs fait de tissu de grande qualité. Il fondit en larmes en le voyant et dit à ses proches : « Vous m’offrez pareil linceul ? Quand on enterrait Hamza, l’oncle du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) on ne trouva qu’un simple drap si court que lorsqu’on lui couvrait les pieds, sa tête était à découvert et lorsqu’on lui couvrait la tête, ses pieds étaient mis à nus. Par conséquent, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) demanda qu’on lui couvre les pieds d’herbes. » Pris d’une vive angoisse, il ajouta : « Je ne possédais pas, à l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), ne serait-ce qu’un dinar ou un dirham. Aujourd’hui, grâce aux bénédictions du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), aux faveurs divines et aux sacrifices agréés par Dieu, Celui-ci ma tellement enrichi que le coffre gisant dans ce coin de ma maison renferme quarante mille dinars. Allah m’a tellement enrichi que j’ai peur qu’Il m’ait accordé toutes mes récompenses ici-bas et que j’en sois privé dans l’Au-delà. »

Les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) rendirent visite à Khabbāb lors de sa dernière maladie : ils le consolèrent, affirmant qu’il était sur le point de rencontrer dans l’Au-delà les illustres compagnons trépassés. Il fondit en larmes et ajouta : « Ne croyez point que la mort m’effraie. Je pleure en pensant à l’éminent statut de ces compagnons que vous dites être mes frères. Je ne sais guère si je mérite d’être appelé leur frère ou pas. Ceux qui nous ont devancés dans l’autre monde n’ont pas profité, comme nous, des bienfaits d’ici-bas. » Khabbāb Bin Al-Aratt avait une telle crainte d’Allah et une telle Taqwa qu’il se considérait très faible. La crainte d’Allah le terrassait : il se demandait s’il allait mériter le plaisir divin après la mort ou pas. Sa seule prière était de mériter l’assentiment de Dieu. Ses sacrifices et les services qu’ils avait rendus à la religion n’étaient pourtant pas des moindres.

Seyyiduna ‘Ali (r.a.), qui à l’époque était Calife, dirigea la prière funéraire de Khabbāb Bin Al-Aratt et fit ses éloges, grâce auxquelles l’on comprendra l’éminence de son statut. Il déclara : « Qu’Allah lui fasse miséricorde ! Khabbāb embrassa l’islam avec beaucoup d’amour et d’engouement. Il émigra par la suite et mena la vie d’un vaillant Moujahid. Il traversa par de terribles épreuves, faisant montre d’une patience de fer ; il était un véritable exemple de constance. Allah ne laisse pas partir aux quatre vents la récompense de ceux qui accomplissent de bonnes œuvres. »

Seyyiduna ‘Umar le tenait aussi en haute estime. Il fit un jour venir Khabbāb Bin Al-Aratt et lui demanda de prendre place sur son siège, en ajoutant : « Vous méritez de vous mettre à côté de moi. Selon moi, hormis Bilal, personne ne mérite cet honneur, car il avait beaucoup souffert en acceptant l’islam au tout début. »

Khabbāb commenta : « ô Chef des Croyants ! Bilal le mérite certes. Or, des gens étaient prêts à le faire sortir des griffes des mécréants. C’est ainsi qu’Abu Bakr l’acheta et l’affranchit. Quant à moi, personne n’était là pour me libérer de cette âpre persécution. Un jour les mécréants m’attrapèrent et me placèrent sur des charbons ardents : un infâme plaça son pied sur ma poitrine, m’empêchant ainsi de me relever. Les charbons avaient brûlé mon dos. » Il enleva ensuite sa chemise pour montrer les traces blanchâtres sur son dos, en expliquant que les charbons ardents en étaient la cause. Sa chair et sa peau avaient brulé, laissant place à ces cicatrices blanches. Khabbāb Bin Al-Aratt avait participé aux batailles de Badr, du Fossé et d’Uhud. En dépit de cela, au moment de rendre l’âme, il se demandait s’il avait mérité ou pas le plaisir divin.

Mu’adh Bin Jabal était un autre compagnon qui, selon les récits, accomplissait la prière Tahajjud et se consacrait à de longues prières. Ses proches disaient qu’il priait ainsi lors de ses Tahajjuds : « ô Mon Seigneur ! Tout le monde est en train de dormir en ce moment. Les yeux sont fermés. Ô Allah ! Tu es le Vivant et l’Indépendant. Accorde-moi une place dans Ton paradis ! Or, je suis paresseux quant à l’accomplissement de bonnes œuvres. Je n’ai pas la force de m’éloigner du feu. Je suis au courant de l’existence du feu de l’enfer et qu’il faut accomplir de bonnes œuvres afin de l’éviter. Or, je n’ai pas la force de m’en prémunir. Accorde-moi Ta direction maintenant et au Jour de la Résurrection, quand Tu accompliras Ta promesse. »

Mu’adh Bin Jabal dépensait beaucoup dans la voie d’Allah, jusqu’au point de s’endetter parfois. Le fils de Ka‘b Bin Malik relate qu’Allah traitait Mu’adh d’une manière très spéciale. Il était à la fois très beau et très généreux. Ses prières étaient abondamment exaucées : Allah lui accordait tout ce qu’il Lui demandait. S’il avait des dettes, Allah lui en accordait aussi les moyens pour les rembourser. Dieu l’avait doté d’une perspicacité et d’un discernement des plus merveilleux.

Ces compagnons aimaient aussi le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en raison de leur amour pour Dieu. Ou, en d’autres termes, ils aimaient Allah en raison de leur amour pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), car le pouvoir sanctifiant de ce dernier leur avait insufflé la perception de l’amour divin. L’effet sanctifiant du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) révolutionna leur vie : sinon on n’aurait pas pu écrire ces feuilles de leurs récits d’amour. L’affection qu’ils éprouvaient pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en raison de la personne de Dieu était tout aussi incomparable, comme l’a évoqué le Messie Promis (a.s.).

L’histoire a préservé les récits de Shamas Bin Uthman, présentant ainsi son amour exemplaire à l’égard du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et le plus grand exemple des sacrifices pour la cause de l’islam. L’on trouve mention de l’amour de Talha, qui avait placé sa main devant le visage béni du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) afin de le protéger des flèches. Les faits d’arme de Shams Bin ‘Uthman étaient tout aussi grandioses à Uhud. Il s’était placé devant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), repoussant toutes les attaques le visant. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) disait : « Il était comme un bouclier sur le champ de bataille, à Uhud. Il assurait ma protection devant et derrière moi, à ma droite et à ma gauche, se battant jusqu’à son dernier souffle. Là où je me tournais, je voyais Shams Bin ‘Uthman se battre avec grande bravoure. »

L’ennemi lança [par la suite] un assaut contre le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avec succès et il tomba sans connaissance. Shams se plaça devant lui tel un bouclier, tant et si bien qu’il fut lui-même grièvement blessé. Il fut transporté dans cet état à Médine. Umm Salamah était sa cousine ; elle demanda qu’on l’amenât chez elle afin de soigner ses blessures. Or, il décéda quelques jours après en raison de la gravité de celles-ci. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ordonna qu’il fût enterré dans les vêtements qu’il portait, à l’instar des autres martyrs.

Sa‘id Bin Zaid était un autre compagnon : il était aussi le beau-frère d’Umar. Celui-ci était parti le tabasser parce qu’il avait accepté l’islam ; la femme de Sa‘id Bin Zaid, c’est-à-dire, la sœur d’Umar, s’interposa entre les deux et fut blessée. L’incident toucha ‘Umar et ouvrit la voie à son acceptation de l’islam. Sa‘id Bin Zaid plaçait sa confiance en Dieu et Le craignait. On raconte à ce sujet qu’il avait un lopin de terre jouxtant celui d’une femme. Cette dernière l’accusa d’avoir empiété sur son terrain. Sa‘id Bin Zayd déclara qu’il voulait éviter tout contentieux et lui offrit tout le terrain en commentant : « J’ai entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclarer : « Celui qui spolie, ne serait-ce qu’un empan de terre appartenant à autrui, devra porter, le jour de la résurrection, le poids de sept terres. » Je ne souhaite ni en être accusé, ni me battre. »

D’aucuns auraient pu dire qu’il avait fait main basse sur le terrain de cette femme et qu’il l’avait retourné quand on a eu vent de l’affaire. Sa‘id était un pieux adorateur. Pour s’innocenter, il a beaucoup prié que si cette femme a été injuste, qu’elle soit attrapée par Allah et qu’elle connaisse une mauvaise fin. On rapporte que la femme est morte après avoir été frappée de cécité : elle devint ainsi un signe de la colère divine.

Une des distinctions des compagnons est qu’ils disaient toujours la vérité et ne craignaient personne. On rapporte que Sa‘id Bin Zayd se trouvait un jour dans la mosquée principale de Koufa en compagnie du gouverneur de la province, nommé par l’Emir Mu‘awiyah. Le gouverneur l’avait respectueusement accueilli et l’avait placé à ses côtés. Un habitant de Koufa se présenta et commença à insulter Sayyiduna ‘Ali. Sa‘id Bin Zayd en devint furieux — et il ne resta pas silencieux en raison de la présence du gouverneur. Il déclara : « J’ai entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclarer qu’Abu Bakr, ‘Umar, ‘Uthman, ‘Ali, Talha, al-Zubayr Bin Al-‘Awam, Sa‘d, ‘Abdur Rahman Bin ‘Auf [et Abu 'Ubaydah bin Al-Jarrah] iront tous au paradis. Il avait aussi évoqué un dixième dont je ne mentionnerai pas le nom. » Sur l’insistance des gens, il dévoila son propre nom.

Selon un hadith qu’il avait rapporté, l’action la plus condamnable est de s’attaquer à l’honneur d’un musulman. Or, c’est un conseil que les musulmans d’aujourd’hui ont oublié. Sur les grandes et petites échelles, nous constatons que les musulmans s’attaquent à l’honneur d’autres musulmans pour des intérêts personnels.

Suhayb Bin Sinan le Romain, était un autre compagnon. Quand Dieu a autorisé aux musulmans d’émigrer, Suhayb a décidé de le faire. Il était esclave, puis il fut affranchi et progressa petit à petit grâce à son commerce pour devenir en fin de compte un riche négociant. Quand il décida de quitter La Mecque, les habitants de la ville lui dirent : « Tu es venu chez nous comme un esclave sans le sou. Nous ne te laisserons pas partir avec la fortune que tu as amassée ici. » Il leur répondit : « Me laisserez-vous partir, si je vous laisse ma fortune ? » Il leur offrit la moitié de ses biens et se prépara à partir. Quand il se dirigea vers Médine avec les membres de sa famille, il fut poursuivi par les Quraychites. Or, Suhayb était brave et un bon archer. En voyant ses poursuivants, il sortit toutes ses flèches de son carquois, les étala sur le sol et leur dit : « Vous savez très bien que je suis meilleur archer que vous. Vous ne pourrez m’atteindre, avant que je ne lance ma dernière flèche. Ensuite je vous combattrai avec mon épée. Laissez-moi donc partir en paix : c’est le meilleur choix. En retour, je vous offre le restant de mes biens que j’ai laissé à tel endroit. »

Avec sagesse et ayant sacrifié ses biens, il préserva ainsi la vie de ses enfants et la sienne.

Suhayb raconta au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) comment il avait sauvé sa vie et sa foi en offrant sa fortune. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit : « Cela n’a pas été un vain commerce : cela a été très profitable. »

Chaque compagnon avait sa manière de faire. ‘Umar dit un jour à Suhayb : « Je te vois nourrir les gens en grand nombre. J’ai peur que tu ne sombres dans l’excès. » Suhaib répondit : « Je nourris autrui selon l’injonction du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). » Il avait dit : « Le meilleur parmi vous est celui qui nourrit et salut les autres. »

Saluer autrui par la formule « Assalamou ‘alaikoum wa rahmatoullahi wa barakatouh » est une bonne œuvre et le signe des meilleurs des hommes. Suhayb ajouta : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) m’a prodigué ce conseil quand je suis arrivé à Médine ; et je l’ai suivi à la lettre. Je ne dépense que les biens licites et je ne commets pas d’excès. »

‘Umar (r.a.) tenait Suhayb en haute estime. ‘Umar lui avait requis de diriger sa prière funéraire, ainsi que les Salats en congrégation jusqu’à l’élection du prochain Calife.

Usamah était le fils de Zayd, l’esclave affranchi du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Usamah eut le privilège de jouir de l’amour du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Il l’aimait tellement qu’Usamah relate que l’Envoyé de Dieu le plaçait sur une cuisse et [son petit-fils] Hussayn sur l’autre et priait en ces termes : « ô Allah ! Aime ces deux-là, car je les aime ! »

Mais en ce qui concerne l’éducation et la foi, il faut suivre uniquement les enseignements d’Allah le Très-Haut. Dès lors, il n’y a plus de place pour les sentiments personnels. À l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), Usamah était très jeune, et lors du décès du Prophète il n’était âgé que de 18 ans. Mais il a eu l’opportunité de participer à de nombreuses batailles. Il est rapporté que lors d’une bataille, un mécréant vint devant Usamah, et aussitôt il récita la profession de foi. Mais malgré cela Usama le tua pensant qu’il professait la foi par peur de mourir. Usamah rapporte que lorsqu’il relata cet incident au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), celui-ci lui demanda : « L’as-tu tué malgré le fait qu’il avait récité la profession de foi ? » Je répondis : « Il ne l’a récité que pour être épargné. » Le Saint Prophètesa rétorqua : « Avais-tu ouvert son cœur pour vérifier cela ? » et il ajouta : « L’as-tu tué alors qu’il avait professé la foi ? » Usamah relate que le Saint Prophète avait répété cette phrase tant de fois qu’à ce moment il a souhaité de n’avoir été musulman que ce jour-là. Il ajoute qu’il fit la ferme promesse de ne jamais tuer celui qui professerait la déclaration de foi. 

 Si seulement les musulmans d’aujourd’hui pouvaient aussi comprendre ces points. En plus d’être cruels envers les non-musulmans, au nom de l’Islam, les musulmans sont en train de s’entre-tuer. Si on prend l’exemple de la guerre en Syrie, il est dit que ces dernières années depuis le début de la guerre des centaines de milliers de personnes ont été tuées. Des musulmans en ont tué d’autres. Ceux qui récitent la profession de foi sont en train de tuer d’autres qui la récitent aussi, ou bien ils tuent au nom de cette foi. Au Yémen, ceux qui récitent la profession de foi sont également tués ; ils sont sujets à tous types de cruautés et de tortures. Qu’Allah raisonne ces musulmans ; qu’ils ne se contentent pas de lancer des slogans de leur amour pour les compagnons et pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), mais qu’ils puissent également suivre leurs exemples. En réalité ces personnes ne sont en train de satisfaire que leur propre ego au nom de l’islam, alors qu’elles ne connaissent même pas le b.a.-ba de l’islam. Ils veulent simplement montrer leur supériorité. Ils ont le nom d’Allah sur les lèvres mais leurs cœurs ne sont remplis que de leur ego.

Dans le monde, à cette époque, Allah l’Exalté a envoyé le Messie Promisas afin de faire renaître la véritable Taqwa. Vu l’état de ces musulmans, ils ne pourront jamais être réformés tant qu’ils ne l’acceptent pas. En voyant leur état, nous devons être reconnaissants pour le nôtre et nous devons toujours avoir ce sentiment de reconnaissance car Allah nous a permis d’accepter le guide qu’Il a suscité à cette époque, comme serviteur véridique du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il nous a appris au sujet du haut statut des compagnons, et nous a conseillé de marcher dans leur sillage. Il nous a enseigné la grandeur de leur exemplarité ; il nous a demandé de les considérer comme modèles et d’essayer de marcher sur leurs pas.

Si accordant une grande importance à ces conseils nous essayons de les comprendre et de les mettre en pratique, nous suivrons alors cet unique moyen de devenir de véritables musulmans.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Tant que l’homme ne se présente pas devant Dieu en laissant de côté ses désirs et ambitions personnels il ne pourra rien obtenir : au contraire il sera en perte. Mais lorsqu’il se présente sur le seuil de Dieu en mettant de côté tous ses désirs et ambitions personnels, les mains vides, et avec un cœur pur, alors Dieu lui accorde ce qu’il souhaite, et lui accorde Son soutien, mais à condition que l’homme soit prêt à mourir dans cette voie, et à accueillir, à bras ouverts, l’humiliation et la mort dans Sa voie. »

Ensuite le Messie Promis (a.s.) déclare : « Voyez, le monde est éphémère ; or, ceux qui l’abandonnent pour Dieu profitent de ses plaisirs. »

On a vu à travers les anecdotes des compagnons que lorsqu’ils ont abandonné ce monde pour Dieu, Celui-ci les a alors comblés de biens en retour, mais malgré cela ils étaient constamment inquiets du jour où ils seraient présentés devant Dieu, en dépit de ces grandes récompenses. Ils s’étaient donnés, corps et âme, à Dieu.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Lorsque Dieu aime une personne, Il fait sa renommée dans le monde. Les gens de ce monde se tuent à la tâche pour obtenir cette même popularité : ils tentent d’avoir un titre ou de siéger dans une assemblée ou dans une cour très respectée, et que leurs noms apparaissent parmi ceux qui y siègent. Or , tout le respect mondain est accordé à ceux qui sont prêts à tout abandonner et à tout perdre pour Dieu. Tous les cœurs finissent par reconnaître leur grandeur et le monde les acceptent. Ils ne sont pas seulement prêts à tout abandonner : ils abandonnent vraiment tout. Ceux qui sont prêts à tout perdre pour Dieu, reçoivent tout. Ils ne meurent pas avant d’avoir reçu bien plus que ce qu’ils avaient dépensé dans la voie de Dieu, car Dieu ne garde aucune dette. Malheureusement très peu de personnes reconnaissent cette vérité ou en sont convaincues. »

Qu’Allah l’Exalté nous permette d’appliquer ces conseils en suivant Ses enseignements et ceux de Son Prophète (s.a.w.), et en marchant sur les pas de celui-ci.

Après la prière, je vais diriger la prière funéraire en présence du corps d’Amtul Majeed Ahmad Sahiba, qui était l’épouse de Chaudhary Nasir Ahmed Saheb, l’Amir-adjoint [de la Jama’at] du Royaume-Uni, et responsable du département des propriétés appartenant au Centre. Elle est décédée le 9 Janvier 2018. Inna lillahi wa inna ilaihi raaji‘oun. Elle était l’arrière-petite-fille de Hazrat Maulvi ‘Abdullah Sannauri Saheb, qui était un compagnon du Messie Promis (a.s.). Après son mariage, elle habitait, depuis 1978, tout près de la Mosquée Fazl [de Londres]. Elle était régulière dans ses prières quotidiennes ; elle faisait fréquemment des dons ; elle aidait les autres.

C’était une femme avenante, hospitalière, pieuse, et sincère. Elle partageait le malheur des autres, elle avait une forte relation avec Califat, et elle enjoignait toujours à ses filles de maintenir cette relation, et d’être constantes dans la prière. Elle a essayé de bien éduquer ses enfants, et elle a également eu l’opportunité d’enseigner le Saint Coran aux enfants de son quartier. Elle a servi en tant que responsable du Khidmat-e-Khalq (service à l’humanité) et du Ziafat (hospitalité) chez [les membres de] la Lajna ; et lors de la Jalsa Salana du Royaume-Uni elle servait en tant que responsable de l’hospitalité. Son foyer comprend son mari Chaudhary Nasir Ahmed Saheb et ses quatre filles.

La présidente actuelle des Lajnas du Royaume-Uni, et l’ancienne présidente également, Shumaila Nagi Saheba, témoignent toutes deux que c’était une femme qui aimait tout le monde. Toute personne qui la rencontrait ressentait largement cet amour. Elle a occupé pendant de nombreuses années son poste de responsable de l’hospitalité à la Jalsa, et elle a rempli ses responsabilités avec sincérité et beaucoup d’efforts. Elle a eu l’opportunité de servir comme secrétaire du Ziafat, et elle l’a fait avec grande humilité.

Qu’Allah exalte le rang de la défunte, et qu’Il permette à ses filles de perpétuer ses bonnes œuvres. Comme je l’ai mentionné, après les prières [de Joumou’ah et d’Asr] je vais diriger la prière funéraire en présence de sa dépouille. Je vais sortir, et vous autres devez rester ici et ajuster les rangs.


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