Sermon du vendredi 19 juin 2015, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à Baitul-Futuh, à Londres.

Ce jour débute avec d’innombrables bénédictions étant donné que nous sommes un vendredi et le premier jour du Ramadan. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a souligné l’importance du vendredi, au cours duquel se trouve un moment où les supplications du croyant sont exaucées. Il affirme, d’ailleurs, [qu’Allah] ouvre les portes du Paradis et ferme celles de l’enfer durant le Ramadan.

Les faveurs divines prennent un éclat particulier au cours de ce mois. Le croyant est récipiendaire d’innombrables grâces et bénédictions. Or, pour en profiter le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a énoncé certains principes : le croyant devra éviter, au cours de son jeûne, les paroles inutiles, les disputes, les insultes et les querelles. À toute provocation il doit répondre qu’il jeûne et qu’il évite toute méconduite pour la cause de Dieu. Celui qui respectera ces conditions connaîtra l’importance du jeûne et tentera de calquer sa vie sur les préceptes de Dieu durant ce mois.

Allah a d’ailleurs évoqué l’exaucement des prières au même endroit où le Coran mentionne le Ramadan. Il déclare :

وَإِذَا سَأَلَكَ عِبَادِي عَنِّي فَإِنِّي قَرِيبٌ أُجِيبُ دَعْوَةَ الدَّاعِ إِذَا دَعَانِ فَلْيَسْتَجِيبُوا لِي وَلْيُؤْمِنُوا بِي لَعَلَّهُمْ يَرْشُدُونَ

« Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi, certainement Je suis tout près. J’exauce la prière du suppliant quand il M’implore. Ils doivent donc M’écouter et croire en Moi afin qu’ils soient bien guidés. » (Saint Coran, chapitre 2, verset 187)

Ainsi les jours du Ramadan sont porteurs de grandes bénédictions : Dieu y est proche de Ses serviteurs et Il exauce leurs prières.

Les vendredis du Ramadan revêtent donc double importance. Certes les prières sont exaucées durant ces jours et ces nuits, mais Allah affirme que les hommes en ignorent le moment. D’où l’importance de Le supplier constamment et de profiter au maximum de ces moments.

Durant ces jours il nous incombe de supplier Dieu en toute humilité et en toute sincérité en ces termes : « Ô Allah fasse que toutes mes prières soient exaucées non seulement au cours du Ramadan, mais aussi durant les jours ordinaires. Fasse que ce mois améliore ma condition afin que je puisse marcher sur les voies de la Taqwa et que je sois parmi les guidés. »

Allah a prescrit le jeûne aux musulmans afin qu’ils acquièrent la Taqwa, afin qu’ils se protègent des faiblesses morales et spirituelles et pour qu’ils soient bien guidés (chapitre 2, versets 184 et 187). Le terme Rushd évoqué dans le verset cité plus haut signifie la voie de la direction et de la vertu qu’emprunte le croyant en permanence et avec résolution. S’il se prosterne en toute sincérité devant Dieu ses prières seront exaucées, il renforcera sa foi en suivant la voie de la Taqwa et de la vertu, et profitera ainsi des faveurs divines.

Le Ramadan est certes porteur d’innombrables bénédictions : or elles sont destinées à ceux qui respectent les préceptes de Dieu et qui progressent dans leur foi. Etre régulier pour les prières du vendredi au cours du Ramadan pour ensuite négliger le culte de Dieu [les autres jours de l’année] implique le rejet des commandements divins et faire montre de faiblesse dans sa foi. En pareil cas, il ne faudra pas se plaindre que ses prières ne sont pas exaucées. Il incombe au croyant sincère, désirant la protection divine, de prier en toute humilité durant ces jours tout en reconnaissant ses faiblesses et ses manquements. Il ne faut point accomplir la prière du vendredi ou les autres Salat (uniquement pendant le Ramadan). D’aucuns croient que les actes d’adoration de ce mois suffissent, étant donné que Dieu y est proche de l’homme. Ceux-là se trompent. Évitons pareil comportement et tentons de nous rapprocher de Dieu en nous soumettant à Lui et en faisant montre d’une humilité parfaite. Allah est Omniprésent. Or, Il se rapproche de Son serviteur lorsque celui-ci se consacre entièrement à Son adoration.

Nos prières seront exaucées quand nous passerons par de telles conditions. Dieu répondra à nos suppliques ou nous accordera ce qui est meilleur. C’est en respectant les préceptes de la Taqwa et de la vertu que nous atteindrons notre objectif et mériterons, collectivement et individuellement, ce que Dieu nous a promis.

L’homme commet fautes et péchés. Or, tant que la crainte Dieu et la Taqwa habiteront son cœur, tant qu’il reconnaîtra ses lacunes, Allah pardonnera ses transgressions, lui permettant de faire sa pénitence. Durant ces jours prions pour nous-mêmes, nos proches et les membres de la djama’at. Qu’Allah nous accorde la Taqwa à nous tous. Quand, le cœur en détresse, nous prierons les uns pour les autres, les anges se joindront à nos supplications et nous profiterons des vraies bénédictions du Ramadan.

La Taqwa signifie la crainte révérencielle d’Allah. Tant que nous la ressentirons, Dieu couvrira nos faiblesses et nos péchés et nous profiterons de Sa protection. À moins que nous soyons si éhontés que la crainte de Dieu disparaisse entièrement de nos cœurs – qu’Allah nous en protège. Si nous ressentons la crainte de Dieu après avoir été coupables de fautes, Celui-ci sera très indulgent à notre égard.

La crainte de Dieu signifie aussi Son amour : nous serons à l’abri de la destruction tant que nous exprimerons cet amour ou tant que nous l’éprouverons en notre cœur. Or, la condition est une affection sincère, exempte de tout artifice. Allah connaît l’état des cœurs : on ne peut Le tromper. Si l’amour de Dieu habite le cœur, il s’exprimera de temps à autre. La crainte de Dieu empêche aussi l’homme de commettre certaines actions. Si pour honorer cet amour nous tentons, clopin-clopant, de respecter ses injonctions, Allah nous protégera de la perdition. Ceci est en raison de l’amour qu’Il éprouve à l’égard de Ses serviteurs : Il leur accorde l’occasion de se repentir. Cependant, si l’homme commet des péchés avec impudence et qu’il se débarrasse entièrement de la Taqwa, il méritera le châtiment divin.

Par la grâce de Dieu, nous sommes les disciples du Messie Promis (a.s.). Celui-ci nous conseille, à maintes reprises, de marcher sur les voies de la Taqwa. D’ailleurs Allah nous a accordé une structure spirituelle qui nous encourage à préserver la Taqwa que le Ramadan nous permet, tous les ans, de faire épanouir.

Afin de profiter des bénédictions de ce mois, chacun d’entre nous doit s’asservir à Dieu. C’est en raison de nos incompétences qu’Il tarde à exaucer nos prières. En ce cas, Il ressemblera à cette mère fâchée contre son enfant afin que ce dernier se réforme. Celle-ci n’est point courroucée à son encontre : elle est prête à lui prendre dans ses bras dès qu’il se tourne vers elle par amour. Elle l’épie pour voir s’il vient à elle ou pas. Sa colère disparaît dès que l’enfant se tourne vers elle. Allah est plus indulgent qu’aucune mère : Il est prêt à pardonner son serviteur dès que celui-ci se tourne vers Lui avec repentir. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Par Allah ! Allah est plus content de la personne qui se repent que celui d’entre vous qui retrouve subitement son chameau qu’il avait égaré dans le désert. »

Le Ramadan offre ainsi l’occasion à l’homme de se repentir : si en dépit de ses faiblesses et erreurs il implore le pardon de Dieu, Celui-ci courra dans sa direction pour le prendre dans Ses bras. Dans un autre hadith le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : Allah affirme : « Celui qui avance vers Moi la distance d’une main, Je m’avance vers lui d’une coudée ; celui qui avance vers Moi d’une coudée, Je m’avance vers lui d’une brasse ; et lorsqu’il marche vers Moi, Je cours vers lui. »

Seul un infortuné au cœur dur ne profitera pas de l’indulgence d’un Dieu plus compatissant qu’aucune mère et qui offre tant d’occasions à son serviteur de lui plaire.

Ces exemples ne sont pas aptes à décrire l’amour qu’éprouve Dieu à l’égard de ses serviteurs. L’homme est très faible et sa connaissance limitée. Allah est quant à Lui très exalté. Nous ne sommes pas à même de connaître les sentiments d’autrui. Nous pouvons juger la conduite d’untel mais pas deviner ce que recèle son cœur.

Hazrat Mousley Maw’oud (r.a) explique qu’il est impossible pour l’homme, qui ne peut saisir les œuvres de Dieu, d’évaluer Son amour. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous présente un exemple à cet effet. Après la déroute de l’armée ennemie à Badr, une femme errait sur le champ de bataille comme frappée de folie : elle prenait dans ses bras tout enfant qu’elle trouvait. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) informa ses compagnons qu’elle cherchait son enfant. Son amour était tel qu’elle ne se souciait pas de la destruction qui l’entourait. Elle retrouva en fin de compte son enfant, le prit dans ses bras et le couvrit de câlins, sans se soucier du danger autour d’eux ou des cadavres qui jonchaient le sol. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) commenta : « Avez-vous vu sa joie lorsqu’elle a retrouvé son enfant et sa détresse d’avant ? Tel est l’amour que Dieu ressent à l’égard de Ses serviteurs. Voire Son amour est encore plus grand. À l’instar de la mère qui perd son enfant, Dieu est peiné lorsque l’homme s’éloigne de Lui en raison de ses péchés et ses manquements. Quand il se repent et se tourne vers Lui, Dieu est plus satisfait que la mère qui retrouve son enfant. »

Ainsi, notre Seigneur est toujours prêt à nous pardonner, à condition que nous implorions Son pardon. Il attend que nous nous tournions vers Lui. S’il y a retard et lacunes, ils sont nôtres. Dieu accorde Son pardon à celui qui se tourne vers Lui et se repent de ses transgressions.

Le deuxième Calife nous explique que le pardon divin absout l’homme de ses péchés et fait oublier aux autres ses transgressions passées. Dieu porte l’attribut de Sattar - Celui qui efface sans cesse et avec effusion les fautes d’autrui. Les hommes peuvent, tout au plus, couvrir les manquements d’autrui : ils ne sont pas à même de les effacer de la mémoire des autres. Dieu, Possesseur de tous les attributs, pardonne à la fois les transgressions et les estompe du souvenir des hommes. Si Allah n’était pas Sattar, le pécheur au Paradis ne vivra pas en paix, car il craindrait le regard de ceux qui connaissent ses transgressions. Les hommes considèrent pieux et pur celui en faveur de qui Allah manifeste Son attribut de Sattar. Ainsi Dieu couvre les défauts et pardonne les péchés. Il ne se contente pas de nous absoudre, Il restaure notre honneur perdu.

Face à cette indulgence de Sa part, il nous incombe de consentir à tout sacrifice pour se rapprocher de Lui et de Se soumettre à Lui. Il nous incombe de courir dans la direction de ce Dieu Très Indulgent et Très Pardonnant. Satan est toujours à l’affût et tente de nous appâter. Or, nous devons le combattre, nous protéger de ses attaques et le vaincre. C’est ainsi que nous profiterons réellement du Ramadan. Nous en tirerons des avantages personnels et la Jama’at aussi en profitera.

Le progrès de la Jama’at repose sur la réforme des ahmadis, sur leurs bonnes œuvres et leur Taqwa. Autant nous nous rapprocherons d’Allah, autant nous profiterons de Ses faveurs et accentuerons le progrès de la djama’at.

Le Messie Promis (a.s.) affirme que ses progrès et ses victoires dépendent de la prière. Ainsi nous devons beaucoup prier pour le progrès de la djama’at durant ces jours. Ne limitons pas nos supplications à nos personnes ou à nos proches : élargissons le cercle de leurs bénéficiaires car c’est en ce faisant que nous serons les véritables disciples du Messie Promis (a.s.) et que nous serons reconnaissants envers Dieu pour cette faveur. Il ne suffit pas de se dire Ahmadi : Allah nous a confié de grandes responsabilités et le Messie Promis (a.s.) enjoint à ses disciples de prier afin de pouvoir s’en acquitter. Nous sommes faibles et inaptes : nous reconnaissons nos erreurs et notre incompétence. Mais en dépit de tout cela, Dieu nous a confié une lourde responsabilité, que nous ne pourrons assumer sans Sa grâce. Pour ce faire il faudra se consacrer aux prières.

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Comment accomplir une œuvre aussi importante et difficile si nous sommes aussi faibles, demande le deuxième Calife de la Communauté Ahmadiyya. Il faudra accepter une de ces deux possibilités : soit que nous ne sommes pas aussi impuissants que nous le prétendons, soit que cette tâche n’est pas aussi difficile. Or, si ces deux suppositions sont exactes, il faudra admettre que Dieu a établi un moyen autre que nos efforts pour atteindre cet objectif.

Dieu promet que l’œuvre qu’Il nous a confié sera accomplie et que l’objectif de l’avènement du Messie Promis (a.s.) sera atteint, et que l’Islam et l’Ahmadiyya triompheront, insha Allah. Dieu nous recommande d’accomplir la prière suivante : « O Allah ! Nous ne pourrons atteindre cet objectif par nos simples efforts. Nous sommes faibles et impuissants, et la tâche est immense. Nos seuls efforts ne suffiront pas. Nous sommes prêts à consentir à tout sacrifice pour cette cause. Aide-nous par ces moyens cachés afin que cette œuvre impossible devienne possible. »

Nous ne sommes que les instruments visibles pour atteindre ce but : or le véritable moyen est tout autre. Cependant nous devrons prier ardemment afin que nous puissions atteindre cet objectif.

Selon Hazrat Mousley Maw’oud (r.a.), nous sommes comparables aux cailloux lancés par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dans la direction de l’ennemi avant la bataille de Badr. Allah affirme à cet effet :

وَمَا رَمَيْتَ إِذْ رَمَيْتَ وَلَكِنَّ اللَّهَ رَمَى

«… ce n’était pas toi qui lanças quand tu lanças la poignée de graviers, mais ce fut Allah Qui lança… » (Saint Coran, chapitre 8, verset 18)

Les cailloux lancés par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) tombèrent à quelques pas. Or, quand il fit ce mouvement de la main, Allah fit souffler une tempête qui jeta dans les yeux ennemis des millions de cailloux, les aveuglant et faisant échouer leur assaut. La puissance de Dieu accompagna la main du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Cette tâche immense qu’est le triomphe de l’Islam sera accomplie grâce à la prière. Cette dernière attirera la grâce divine qui rend possible ce qui ne l’est pas. Notre succès est lié à la prière. Prions durant ces jours qu’Allah nous fasse voir la victoire de l’Islam et de l’Ahmadiyya, que nous soyons ces cailloux lancés par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), accompagnés de cette tempête divine qui écrasa l’ennemi. Qu’Allah dissipe nos faiblesses, qu’Il couvre nos manquements et qu’Il nous fasse atteindre notre objectif. Que nos lacunes et nos négligences ne nous privent pas de la puissance divine. Que nos défauts ne causent pas la joie de nos adversaires, qu’Allah manifeste en notre faveur Sa grâce, Sa puissance, et Sa gloire, afin de renforcer nos faibles mains. Durant ces jours, priez beaucoup pour vous-mêmes et les autres, pour le progrès de la djama’at, l’échec de l’ennemi et la manifestation de la gloire divine.

Priez que le monde puisse reconnaître Dieu. Qu’Allah nous pardonne nos manquements et nos erreurs et qu’Il nous permette de faire prévaloir l’Islam sur toutes les autres religions. Que nous soyons tous des serviteurs de l’Islam et que nos désirs matériels soient secondaires. Qu’Allah réduisent à néant la puissance de nos adversaires. Qu’Il nous fasse haïr le péché afin que nous n’enfreignions pas Ses préceptes. Que nous aimions les bonnes œuvres et que la Taqwa soit fermement ancré dans nos cœurs et que l’amour de Dieu soit notre subsistance. Que nos actes et nos paroles soient conformes au plaisir divin. Qu’Allah fasse que nous puissions atteindre ces objectifs au cours de ce Ramadan.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication de ce sermon)