Ceci est un discours prononcé à l’occasion de l’Aïd-el-Fitr par Hadrat Mirza Tahir Ahmad, Khalifatul Massih IV, le 12 juillet 1983, à la Mosque Aqsa, Rabwah, au Pakistan.

وَمَا أُمِرُوا إِلَّا لِيَعْبُدُوا اللَّهَ مُخْلِصِينَ لَهُ الدِّينَ حُنَفَاءَ وَيُقِيمُوا الصَّلَاةَ وَيُؤْتُوا الزَّكَاةَ وَذَلِكَ دِينُ الْقَيِّمَةِ

« Et ils ne reçurent que le commandement d’adorer Allah, en étant sincères envers Lui en obéissance et en étant intègres, et d’observer la prière, et de payer la Zakat. Et c’est là la religion des gens du droit chemin. » (Le Saint Coran, chapitre 98, verset 6)

J’ai entendu beaucoup de jeunes ahmadis dire que leur Aïd était extrêmement ennuyeux. Quand ils comparent l’Aïd avec les fêtes mondaines ils arrivent à la conclusion qu’elle est terne. En effet, à l’occasion de l’Aïd, il n’est pas prévu d’aller se divertir dans les salles de spectacle, d’aller au cinéma... En un mot il n’existe dans notre Aïd aucune de ces actions qui caractérisent les fêtes de ce monde. « Que devons nous faire ? », demandent-ils, « Nous sommes fatigués de rendre des visites de courtoisie, d’aller de maison en maison pour souhaiter « Aïd Moubarak » ; nous sommes contraints de consommer quelque chose dans toutes ces maisons et notre estomac, qui après le Ramadan n’est pas encore habitué à absorber beaucoup d’aliments, nous cause beaucoup de problèmes. » Plusieurs personnes en sont malades, certains souffrant de troubles digestifs et doivent consulter un médecin. Ils demandent si c’est là l’Aïd présentée par l’Islam, la meilleure des religions. Ils n’arrivent pas à comprendre pourquoi cette Aïd qui est si renommée est aussi ennuyeuse que cela.

L’Aïd n’est pas une fête de ce monde

J’ai donc pensé expliquer aujourd’hui aux membres de la djama’at la raison de ce problème et aussi comment faire pour rendre agréable leur Aïd. La vérité est que toute action qui est accomplie en oubliant son but ultime produit l’ennui. Par exemple, si vous êtes allés voir un match de hockey et que l’on vous demande d’assister à une démonstration de danse en attendant le début du match, il est fort probable que le terrain sera le théâtre de jets de pierres. Ces mêmes gens qui, en en temps normal, auraient pris beaucoup de plaisir à assister à une séance de danse soulèveraient un tel tollé que le match aurait été annulé [...] Donc l’une des causes de l’ennui c’est de se départir du but fixé.

hadrat khalifatul massih rabe
Hadrat Mirza Tahir Ahmad

S’il y a l’ennui, il est évident qu’Allah veut nous montrer une autre Aïd que celle que nous percevons et que nous ne comprenons pas ce qui se passe. Vous avez dirigé vos espoirs et vos désirs dans une certaine direction, tandis qu’Allah veut vous faire célébrer l’Aïd d’une autre façon. Par conséquent vous ne pouvez pas blâmez votre Aïd ; blâmez plutôt votre intelligence et votre compréhension. Vous n’avez pas compris ce que Dieu veut vous montrer et vous êtes allés chercher autre chose. Vous avez vu les fêtes mondaines et vous avez cru que l’Aïd du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) serait le même. Alors qu’en fait il n’y a aucune comparaison entre les fêtes mondaines et l’Aïd du Saint Prophète Muhammad (s.a.w).

L’Aïd est le fruit du Ramadan

Pour comprendre l’Aïd il faut comprendre l’arbre dont il est le fruit : cet arbre c’est le Ramadan. Tout comme on reconnaît l’arbre à ses fruits de même on peut reconnaître le fruit à l’arbre. Parfois le fruit nous aide à comprendre ce que doit être l’arbre. Si vous ne comprenez pas le fruit, alors examinez l’arbre et réfléchissez à ce que devrait en être le fruit. Le mois sacré du Ramadan nous apporte beaucoup de leçons, dont deux principales, qui sont en même temps le résumé de toutes les religions. L’une d’elle est l’adoration d’Allah. L’autre c’est de témoigner une sympathie sincère, de l’amour et d’un esprit d’entre aide à l’égard de l’humanité et de participer aux peines et aux bonheurs des autres.

Ce sont là les deux leçons importantes que nous enseigne le Ramadan. Si donc, sur cet arbre vous essayez d’accrocher un fruit autre que l’adoration d’Allah, et que vous essayez d’en tirer du plaisir selon vos désirs, vous serez complètement déçus. Sur cet arbre, il ne peut pas se trouver d’autre fruit que l’adoration d’Allah. Si vous célébrez votre Aïd après avoir compris le fruit de l’adoration, alors seulement vous jouirez de cette fête. Cette Aïd doit apporter le fruit du service à l’humanité. Si vous essayez de célébrer cette Aïd avec quelque autre objectif en tête, alors vous tomberez dans l’ennui.

Aïd et adoration de Dieu

Pendant tout un mois, Allah vous a enseigné les manières de L’adorer et vous a donné le goût de l’Ibadah. Ceux qui ne priaient pas cinq fois par jour, l’ont fait. Ceux qui ne se réveillaient pas la nuit pour prier, ont appris à le faire. Et ils ont appris à se soumettre complètement à Allah. Donc, celui qui a reçu une telle leçon pendant trente jours ne peut l’ignorer et fêter l’Aïd différemment. Ainsi, ceux qui souhaitent fêter leur Aïd en repoussant au second plan l’adoration parce qu’ils pensent ne pas y trouver du plaisir, ne peuvent jouir de leur Aïd. Tandis que durant ce jour plus que les autres, vous auriez dû essayer d’être plus nombreux pour la prière du matin ; c’est là que les mosquées auraient dû être plus animées qu’auparavant. Enivrés d’amour d’Allah vous devriez ce jour plus que les autres, chanter Ses louanges et Le remercier.

Une prière en plus…

Notez bien que ce jour Allah a augmenté le nombre de prières et ne l’a pas diminué. Une prière a été rajoutée pour vous faire comprendre que l’arbre du Ramadan est véridique et que vous, par contre pouvez être dans l’erreur. « Cet arbre ne pouvait rapporter d’autre fruit que l’adoration, et Nous l’y avons mis pour vous l’indiquer. Tous les autres jours vous offrez cinq prières ; aujourd’hui vous en ferez six. » Ceci est pour nous enseigner le genre de Aïd qu’il nous faut célébrer.

Donc aujourd’hui remplissez vos mosquées et offrez vos prières avec ce sentiment que nous avons appris la leçon et notre Aïd sera rempli d’adoration. Présentez-vous devant Allah et dites : « Ô Allah, je suis devant Toi, et je n’ai pas oublié Ta leçon. Maintenant, manifeste Ton amour pour moi, et fais pleuvoir sur moi les signes de Ton affection. Deviens mien. Fais-moi goûter aux délices de ces prières. » En résumé, celui qui offrira des prières de cette façon le jour de l’Aïd, en obtiendra grand plaisir.

La leçon de l’Aïd est que vous augmentiez vos adorations. Ce sujet est aussi mentionné dans ce chapitre du Saint Coran que j’ai récité à l’occasion de l’Aïd-Ul-Fitr de l’année dernière. Et j’avais commenté le verset :

فَإِذَا فَرَغْتَ فَانْصَبْ - وَإِلَى رَبِّكَ فَارْغَبْ

« Alors, lorsque tu es libre de tes tâches immédiates, sois résolu ; et tourne-toi vers ton Seigneur avec empressement. » (Le Saint Coran, chapitre 94, versets 8 à 9) J’avais expliqué qu’Allah dit au Saint Prophète Muhammad (s.a.w) que : « Quand après avoir traversé une période de difficultés et d’efforts, tu cherches le repos et la tranquillité de l’âme, alors enseigne à tout le monde par ta façon de faire et tes actions que tous les plaisirs se trouvent dans ton Seigneur. »

Celui qui n’a pas compris cette leçon, trouvera ceci très insolite. Pour lui, ce sera une Aïd superficielle, sans signification, fatiguant et futile. Il n’y trouvera aucun plaisir, car le fruit qu’il cherche il pourra le trouver dans la religion hindoue, dans la chrétienté, dans le bouddhisme, parmi les athées. Mais quel est le lien entre ce fruit qu’il cherche et l’Islam ? Il n’y a aucune trace de ce fruit qu’il cherche dans l’Aïd présentée par l’Islam, c’est pourquoi, si aujourd’hui vous voulez fêter l’Aïd, cherchez du plaisir dans l’adoration et adressez beaucoup plus de prières qu’auparavant à Allah et essayez d’établir un lien avec Lui. Prosternez vous devant Lui plus qu’auparavant, et offrez plus de prières. Alors vous verrez quel genre de Aïd que vous allez célébrer. Aucune autre communauté au monde ne pourra avoir le bonheur de célébrer l’Aïd telle quelle sera célébrée par les musulmans ahmadis.

Célébrez l’Aïd avec les autres

Comme je l’ai déjà dit, le deuxième aspect de l’Aïd a trait à servir les autres. C’est le deuxième fruit agréable que cette Aïd doit naturellement rapporter. Mais si vous ne tendez pas la main pour cueillir ce fruit et si vous essayez de chercher votre plaisir ailleurs, vous deviendrez définitivement victime de l’ennui. Car une telle pensée et une telle action éloignent l’homme de son but ultime.

Participer dans les malheurs des pauvres et partager avec eux un peu de votre bonheur, ainsi que d’autres vertus du même genre font partie de ce qu’on appelle servir autrui. A cet effet, j’ai expliqué aux membres de la djama’at, avec détails à l’appui, avant le mois du Ramadan, que ce mois nous enseigne une leçon très importante. Mis à part tous les autres enseignements, il fait comprendre aux riches les difficultés des pauvres. D’une part, ils remercient Dieu pour n’avoir à passer qu’un seul mois (de difficultés) alors que plusieurs de leurs frères, moins chanceux, subissent ce même sort pendant les douze mois de l’année.

Et ils accompagnent ce remerciement d’efforts pour soulager leurs peines pendant les douze mois. C’est là la deuxième leçon que nous enseigne le mois du Ramadan. Il est donc nécessaire que cette Aïd produise ces fruits.

L’échange de cadeaux

Le Saint Coran évoque en ces termes les échanges de cadeaux :

مَا أَفَاءَ اللَّهُ عَلَى رَسُولِهِ مِنْ أَهْلِ الْقُرَى فَلِلَّهِ وَلِلرَّسُولِ وَلِذِي الْقُرْبَى وَالْيَتَامَى وَالْمَسَاكِينِ وَابْنِ السَّبِيلِ كَيْ لَا يَكُونَ دُولَةً بَيْنَ الْأَغْنِيَاءِ مِنْكُمْ

« Tout ce qu’Allah a accordé à Son messager comme butin des habitants des villes, est pour Allah et pour le Messager, et pour les proches parents et les orphelins, et les nécessiteux et le voyageur afin que cela ne circule pas uniquement parmi ceux d’entre vous qui sont riches... » (Le Saint Coran, chapitre 59, verset 8)

C’est-à-dire que les échanges de cadeaux ne doivent pas se confiner à vos proches, vos camarades et vos semblables. Si cela se passe ainsi les gens riches deviendront plus riches, et les pauvres encore plus pauvres. Et la richesse ou l’absence de richesse continueront à prévaloir là ou elles prévalaient auparavant. Tandis qu’Allah veut instituer un autre système de relations, basé sur l’amour. D’une part, l’amour des pauvres dirigé vers les riches et d’autre part, l’amour des riches dirigés vers les pauvres. Et ceci est un signe distinctif de l’Islam. Ses enseignements sont très scientifiques et d’un haut niveau.

Donc si ceux qui avaient l’habitude de fréquenter uniquement leurs semblables continueraient à faire la même chose, il est inévitable qu’ils n’y trouveraient aucun plaisir. La raison en est qu’une telle pratique est contraire à l’Islam et à sa philosophie. L’effet contraire aurait été produit s’ils pratiquaient l’Aïd comme préconisée par l’Islam et en conséquence le jour de l’Aïd leur apporterait beaucoup de bonheur.

A la lumière de ce que je viens de dire, je conseille donc aux riches qu’ils aillent visiter leurs frères pauvres et qu’ils partagent avec eux ces cadeaux qu’ils avaient l’habitude de distribuer entre eux. Certes, échangez aussi des cadeaux entre vous mêmes, car les proches parents et les amis ont aussi des droits qu’il faut respecter. Mais il y a aussi ce devoir que vous avez oublié. Et aussi longtemps que vous ne l’aurez pas accompli, vous ne serez pas témoin de la grâce d’Allah. Ce devoir que vous avez oublié est :

وَفِي أَمْوَالِهِمْ حَقٌّ لِلسَّائِلِ وَالْمَحْرُومِ

« Et dans leurs biens il y avait une part pour le mendiant et pour l’indigent » (Le Saint Coran, chapitre 51, verset 20)

C'est-à-dire que dans les biens et les possessions de ceux que Nous avons comblé de faveurs et de richesse, il y a une part définie pour les pauvres. Jusqu’à un certain degré, chaque musulman, d’une façon ou d’une autre, accomplit ce devoir et participe donc à cette Aïd. Par exemple, quand ils s’acquittent de leur Fitrana et de l’Aïd Fund, ils accomplissent ce devoir. II n’est donc pas permis de dire que les musulmans, qu’ils soient ahmadis ou non ahmadis, sont négligents dans l’accomplissement de ce devoir.

Mais ce que je veux vous expliquer en plus, c’est que selon le verset 3 du chapitre 2 du Saint Coran, vous ne vous acquitterez pas de ce devoir tant que vous n’aurez pas sacrifié votre temps et les autres capacités qu’Allah vous a donnés au profit des pauvres. Ce n’est qu’à ce moment là seulement que vous aurez atteint le but de votre Aïd et que vous comprendrez le plaisir que vous réserve l’Aïd. Par exemple aujourd’hui après la prière de l’Aïd, après s’être acquittés de leurs propres tâches importantes, les nantis doivent se rendre chez leurs frères moins aisés avec des cadeaux et des gâteaux pour leurs enfants. Ces mêmes gâteaux qui sont en surplus chez eux et qui allaient les rendre malades pourront satisfaire la faim des enfants des autres. Et s’ils emportaient avec eux les fruits qui étaient en surplus chez eux et qu’ils allaient leur causer des indigestions, alors ces enfants pauvres auraient au moins quelques chose pour un jour. Donc, prenez quelques fruits, quelques gâteaux et un peu de bonbons et chocolats que vous avez gardés chez vous, et dites à vos enfants : « Venez les enfants, nous allons célébrer l’Aïd d’une façon différente aujourd’hui. Nous allons frapper à la porte de certains pauvres et leur souhaiter Aïd Moubarak ; nous allons prendre connaissance de leur situation et partager notre bonheur avec eux. » Pour que ce travail soit fait d’une façon convenable, ce serait bien que vous vous rendiez chez le président de votre quartier, afin que tout le monde ne visite pas la même maison ou que vous ne visitez ceux qui ne sont pas dans le besoin.

Le président du quartier sait le mieux qui sont les pauvres de son quartier qui méritent le plus ces bons traitements. Il connaît mieux qui sont les orphelins, les veuves, les vieillards malades qui n’ont ni amis ni compagnons. Les présidents doivent détenir une telle liste. Mais si tel n’est pas le cas, qu’ils y pensent rapidement et la préparent aussitôt arrivés chez eux et la présentent aux riches de leur quartiers. Par riches je ne veux pas parler des millionnaires ; car la richesse est la pauvreté sont des concepts relatifs. Ceux-là sont riches qui vivent, relativement parlant, à l’aise et qui le jour de Aïd n’ont pas cette pensée : « Si nous avions de l’argent, nous aurions pu apporter un peu de bonheur aux enfants aujourd’hui ». Ces gens, une fois qu’ils sont prêts, qu’ils se rendent chez le président de leur quartier et lui demande la liste des gens pauvres qui leur a été allouée. Si trois maisons leur ont été allouées, qu’ils en prennent la liste ; si c’est quatre ou cinq maisons, qu’ils en prennent la liste. Cherchez à avoir plus d’une maison. Car c’est là une loi économique que plus un pays est pauvre, plus le nombre de pauvres a tendance à augmenter et le nombre de riches à diminuer. C’est là une loi naturelle ; aussi efforcez vous, autant que faire se peut, de distribuer des cadeaux à plus d’une maison. Toutefois, cela ne doit pas être un fardeau pour vous, car vous devez célébrer aussi l’Aïd.

Le partage : raison d’être de l’Aïd

Autant que vous le pouvez et d’après vos moyens, célébrez l’Aïd ainsi. Ce sera mieux pour vous. Si donc, vous allez visiter les maisons des pauvres de cette façon, et ainsi prendre connaissance de leur situation, je vous donne l’assurance que certaines personnes trouveront un plaisir tel que tous les autres plaisirs qu’ils auront connus jusqu’à ce jour pâliront à coté. Certains s’en retourneront les yeux débordant de larmes, en récitant Istighfar et en implorant le pardon de leur Seigneur. Ils goûteront à un plaisir éternel et sans limites et ils obtiendront une félicité qui ne se dissipera pas.

C’est là l’Aïd du Saint Prophète Muhammad (s.a.w). C’est là l’Aïd qui est en vérité celui de la vraie religion. Au début aussi c’est ce genre de Aïd qu’Allah nous avait donnés. Mais ceux qui venus après ont changé leurs physionomies. Ils ont oublié leurs enseignements. Ils ont changé la façon de célébrer leur Aïd et ils se sont éloignés de leurs buts. Leur Aïd n’étaient plus le genre d’Aïd qu’Allah voulait donner à Ses serviteurs croyants.

C’est une vérité que l’adoration de Dieu, et la sympathie pour les pauvres ne sont pas la chasse gardée d’aucune religion. Ce sont là les deux valeurs qui sont communes à toutes les religions. Ainsi, l’adoration de Dieu n’a d’autre nom que « l’adoration ». Elle ne s’appelle ni hindouisme, ni bouddhisme, ni christianisme. Si elle a un nom, c’est l’Islam (soumission complète à Allah) ; mais cela a toujours été ainsi. Et c’est là la religion parfaite que mentionne le Saint Coran. Allah dit :

وَمَا أُمِرُوا إِلَّا لِيَعْبُدُوا اللَّهَ مُخْلِصِينَ لَهُ الدِّينَ حُنَفَاءَ وَيُقِيمُوا الصَّلَاةَ وَيُؤْتُوا الزَّكَاةَ وَذَلِكَ دِينُ الْقَيِّمَةِ

« Et ils ne reçurent que le commandement d’adorer Allah, en étant sincères envers Lui en obéissance et en étant intègres, et observer la Prière, et de payer la Zakat. Et c’est là la religion des gens du droit chemin.» (Le Saint Coran, chapitre 98, verset 6)

Les détails de la religion changent continuellement. Saint Prophète Muhammad (s.a.w) a parachevé la religion et l’a abondamment éclairée. Mais l’essence de l’homme reste le même. Qu’il soit blanc ou noir, d’orient ou d’occident, l’essence de l’homme ne change jamais. Sa peau, sa couleur, sa façon de vivre changent continuellement, mais dans son essence l’homme est toujours le même. Le Saint Coran nous fait comprendre que le Din-al-Qayyima (religion parfaite) est unique, l’a toujours été et le sera toujours :

الَّذِينَ يُقِيمُونَ الصَّلَاةَ وَيُؤْتُونَ الزَّكَاةَ

C’est-à-dire, adorez Allah, ne négligez pas vos devoirs envers les pauvres et inculquez en vous l’habitude de dépenser dans le chemin d’Allah. C’est là la religion parfaite qui est immuable et vous n’y trouverez jamais aucun changement. Ainsi dans le verset :

فِيهَا كُتُبٌ قَيِّمَةٌ

« Dans lesquelles se trouvent des commandements durables. » (Le Saint Coran, chapitre 98, verset 4)

Il est fait mention que le Coran contient des enseignements éternels qui permettent d’atteindre à une voie éternelle. Vu sous cet angle nous arrivons à comprendre autre chose encore. C’est à dire qu’il n’est pas question de différencier entre ahmadis et non ahmadis du moment que servir les autres n’est l’apanage d’aucune religion et n’a pas de nom, et qu’on ne le fait que pour obtenir l’amour de Dieu. Prendre part aux peines d’un hindou, serait d’après le Saint Coran, agir selon la religion parfaite. Compatir avec un chrétien, un athée ou un juif serait aussi, selon le Saint Coran, agir selon la religion parfaite. Aussi, là où le nombre des ahmadis est inférieur à celui des non ahmadis, il ne devrait y avoir aucun problème. Car il n’est pas nécessaire, pour servir les autres et soulager les peines des pauvres, qu’on recherche uniquement les ahmadis. Donc dans toutes ces djama’at où les ahmadis sont peu nombreux, ils doivent autant que faire se peut aller visiter et aider les pauvres des endroits avoisinants.

L’Aïd du Saint Prophète Muhammad (s.a.w)

Les ahmadis du monde entier doivent célébrer l’Aïd de cette façon […] Qu’ils visitent les pauvres de leurs quartiers selon les circonstances et selon leurs moyens et qu’ils leur disent : « Nous sommes venus vous souhaiter Aïd Moubarak au nom du Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Au nom de l’Islam, nous sommes venus partager nos joies avec vous. Nous ne faisons pas tout cela pour vous accorder quelque faveur, mais uniquement en raison de notre prophète bien-aimé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Donc si vous désirez nous remercier, nous allons vous dire :

« …nous vous donnons a manger uniquement pour le plaisir d’Allah. Nous ne désirons de vous ni récompense ni remerciements. » (Le Saint Coran, chapitre 76, verset 10)

Nous avons fait ceci que pour Allah. Son amour est notre récompense. Quand Il jette sur nous des regards affectueux, c’est là notre plus grande récompense. Mais ce qui est étrange c’est que vous obtiendrez une récompense dans l’accomplissement même de cette action. Car il y a tant de plaisir à accomplir cette vertu, que vous aurez la certitude que vous avez gagné plus que ce que vous aurez fait pour aider les autres.

La providence divine vous a remboursé tout ce que vous avez dépensé et vous a donné encore plus que cela. En accomplissement une vertu, vous serez récompensés dix fois plus. Le reste c’est la grâce divine que vous recevrez en signe de Son amour.

Donc celui qui a eu le bonheur d’avoir une telle Aïd n’aura nul besoin d’autres types d’Aïd. Et c’est là la vraie Aïd que nous enseigne l’Islam et que j’ai essayé de vous expliquer. À vous de choisir maintenant de la célébrer ainsi ou non.

En supplément à ce sermon, j’aimerais ajouter deux choses : quand ce sermon sera envoyé à l’étranger il faudra y ajouter une note à l’effet que là où il n’existe pas de pauvres, qu’on suit la sunnah du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) en visitant les malades, les faibles, les vieux qui vivent dans la solitude.

En ce qui concerne le Pakistan, je vous conseille de faire en sorte que les sévices que vous auriez pu subir aux mains de certains personnes en 1953* et 1974* ne soient pas des entraves dans votre message d’amour envers eux. Peu importe ce qu’ils vous ont fait : faites participer aux réjouissances de cette Aïd ceux là aussi qui vous ont opprimés. Si les circonstances vous permettent de visiter leurs maisons, et si vous êtes certains que la haine n’augmentera mais qu’au contraire, il y aura de l’amour, allez chez eux donnez leur des cadeaux. Et dites leur : « Notre Aïd est bien au-dessus et fait abstraction de ce que vous nous avez fait subir. Nous ne ferons que ce que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) nous a conseillé de faire.

Adapté de Le Message, novembre 2007


* Dates auxquelles les ahmadis ont été victimes de persécutions sévères au Pakistan