Quelques jours avant son décès en mai 1908, le Messie Promis et l’Imam Al-Mahdi, Hadrat Mirza Ghulam Ahmad(as), rédigea un opuscule adressé avec amour et sincérité aux habitants de l’Inde, leur prodiguant de précieux conseils ; cela, afin de faciliter la réconciliation entre les différents peuples indiens, notamment les hindous et les musulmans.

Bien qu’ayant l’Inde britannique comme toile de fond, cet ouvrage demeure un modus operandi efficace pour la résolution de conflits communautaires et religieux dans le reste du monde et à toute époque.

Quelques passages du livre

Mes amis, nous sommes tous, hindous ou musulmans, unis malgré nos innombrables différences dans la croyance en un seul Dieu, le Créateur et Maître de ce monde. De plus, nous appartenons tous au genre humain. Et de surcroît, habitant le même pays, nous sommes tous voisins. Il nous incombe donc d’être de vrais amis aux cœurs purs et aux intentions sincères ; nous devons nous témoigner une sympathie mutuelle quand frappent les malheurs temporels ou spirituels. La bienveillance qui nous anime doit faire de nous tous les membres d’un seul corps.

Mes chers compatriotes ! La religion qui n’inculque pas une sympathie universelle ne mérite pas le titre de religion ; et la personne qui est dépourvue d’une âme sympathisante ne mérite pas son titre d’être humain. Notre Dieu n’a jamais fait de discrimination entre les peuples. Les pouvoirs et les facultés que les anciens de l’Inde reçurent ont aussi été accordés aux Arabes, aux Persans, aux Syriens, aux Chinois, aux Japonais, aux Européens et aux Américains. À tous, la Terre de Dieu sert de parquet ; et Son soleil, Sa lune et plusieurs de Ses autres étoiles font office de lampes rayonnantes pour tous et rendent d’autres services encore. Tous les peuples bénéficient de l’air, de l’eau, du feu, de la terre et de toutes autres créations de Dieu telles que les graines, les fleurs, les produits aux propriétés médicinales, etc. Ces largesses de Dieu nous inculquent la magnanimité à l’égard de l’humanité tout en proscrivant la mesquinerie et l’étroitesse d’esprit.

Je ne puis comprendre comment une personne raisonnable peut, d’une part, croire que Dieu est le Maître de l’Univers entier, et certifier d’autre part qu’Il a cessé de s’occuper de la plus grande partie du monde, et que Son regard magnanime ne se pose que sur un seul peuple et sur un seul pays. Ô vous les sages ! Décidez-en avec justice ! Y aurait-il une preuve qui étayerait cet argument dans les lois du monde physique créé par Dieu ? Si tel n’est pas le cas, pourquoi donc Ses faveurs spirituelles seraient-elles octroyées avec tant de partialité ?

D’entre toutes les Écritures du monde seul le Saint Coran peut fièrement proclamer qu’il enseigne la doctrine suivante : Ô musulmans, proclamez : « (Nous croyons en tous les prophètes du monde) et nous ne faisons aucune distinction entre eux (acceptant les uns et rejetant les autres)… » Qu’on nomme un autre livre divin qui renferme pareil enseignement contribuant à la paix ! Le Saint Coran ne restreint pas la bonté universelle de Dieu à une seule race. Il reconnaît tous les prophètes de la maison d’Israël, Jacobas comme Isaacas, Moïseas comme Davidas et Jésusas. Il proclame l’authenticité de tous les prophètes qui vinrent au monde, qu’ils soient de l’Inde ou de la Perse ou de tout autre pays. Il ne les accuse pas d’être des fourbes et des imposteurs. Au contraire, il soutient que tous les pays, tous les peuples reçurent la visite des prophètes, posant ainsi la première pierre vers la construction d’une paix mondiale. Mais il est pénible de voir que toutes les nations insultent ce même prophète de paix et le regardent avec mépris.