Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) ne faisait jamais connaître les fautes et les manquements des autres et exhortait les gens à ne pas proclamer leurs propres erreurs. Confesser ses péchés en public renforce l’impudence et ne conduit pas au repentir.

La biographie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w)

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) avait coutume de dire : « Si une personne couvre les fautes d’une autre, Dieu couvrira ses fautes au Jour du Jugement. » Et, « Chacun de mes disciples peut échapper aux conséquences de ses erreurs (c.-à-d. par le repentir sincère et la réforme), sauf ceux qui proclament sans cesse leurs méfaits. » Il illustrait cela en disant : « Un homme commet un péché la nuit et Dieu le couvre ; le lendemain matin, il rencontre ses amis et se vante devant eux : « J’ai fait ça la nuit dernière, j’ai fait cela la nuit dernière, j’ai fait ceci la nuit dernière », mettant ainsi à découvert ce que Dieu avait couvert ». (Bukhârî et Muslim).

Certains s’imaginent sottement que la confession d’un péché conduit au repentir ; la vérité est que cela ne fait que renforcer l’impudence. Le péché est un mal, et celui qui tombe dans le péché et devient la proie du remords et de la honte a une chance de revenir sur le chemin de la pureté et de la vérité par le repentir. Son cas est comme celui d’une personne qui a été trompée par Satan mais qui est hantée par la vérité ; dès qu’une chance s’offre, le mal est vaincu et la droiture reprend le dessus. Ceux qui, cependant, proclament leurs péchés et en tirent orgueil, perdent toute mesure du bien et du mal et deviennent incapables d’un quelconque repentir.

Confession d’un homme adultère

Un jour, un homme vint trouver le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) et lui dit « Je suis coupable d’adultère » (ceci étant un délit puni par la loi islamique, lorsque le témoignage est établi). En entendant la confession de l’homme, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) se détourna de lui et s’occupa d’autre chose. Il voulait indiquer que le meilleur remède en pareil cas était le repentir et non la confession publique. Mais l’homme ne comprit pas cela et, pensant que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) ne l’avait pas entendu, il alla se placer devant lui, répétant sa confession. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) se détourna à nouveau, mais l’homme se mit une fois encore en face de lui, et répéta sa confession. Quand il l’eut fait quatre fois, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) dit : « J’aurais aimé que cet homme ne proclamât pas son péché tant que Dieu ne lui avait pas indiqué Sa volonté en cette affaire, mais puisqu’il a répété sa confession quatre fois, je suis obligé d’agir » (Tirmidhî). Puis il ajouta : « Cet homme a confessé de lui-même et n’a pas été accusé par la femme à propos de qui il fait la confession. La femme doit être questionnée et, si elle nie sa culpabilité, elle ne sera pas molestée et seul cet homme sera puni selon sa confession, mais si elle avoue, elle sera également punie. »

Le meurtre d’un non musulman et sa proclamation de foi

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) énonça le principe selon lequel la Loi ne tenait compte que des actes manifestes. Au cours d’une bataille, un groupe de musulmans rencontra un non-musulman qui avait coutume de s’embusquer dans des lieux solitaires et qui, dès qu’il voyait un musulman, l’attaquait et le tuait. Cette fois, Usâma ibn Zaid le poursuivit et, l’ayant rattrapé, tira son épée pour le tuer. Quand l’homme vit qu’il ne pouvait s’échapper, il récita la première partie de la profession de foi musulmane, à savoir : « Nul n’est digne d’adoration, sauf Allâh… » indiquant par là qu’il avait accepté l’Islam. Usâma passa outre à cette conversion et le tua.

Quand on raconta l’incident au Saint Prophète Muhammad (s.a.w), il envoya chercher Usâma et l’interrogea. Usâma confirma le récit qu’on lui avait fait, et le Prophètesaw lui dit : « Que deviendras-tu le Jour du Jugement quand cette confession de foi témoignera en sa faveur ? » Usâma répondit : « Ô messager d’Allâh ! Cet homme tuait les musulmans, et s’il s’est déclaré musulman, ce n’était qu’une ruse pour échapper à un juste châtiment. » Mais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) répéta : « Usâma, que deviendras-tu quand la proclamation de foi de cet homme témoignera contre toi au Jour du Jugement ? » – ce qui voulait dire que Dieu tiendrait Usâma pour responsable de la mort de l’homme car, bien que celui-ci ait été coupable du meurtre de nombreux musulmans, le fait qu’il ait récité la confession de foi indiquait qu’il s’était repenti de ses méfaits. Usâma protesta qu’il ne l’avait fait que par crainte de la mort et que cela n’indiquait point son repentir. Sur quoi le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) dit : « T’es-tu penché sur son cœur pour voir s’il disait la vérité ? » et il répéta : « Que répondras-tu le Jour du Jugement quand sa confession de foi sera citée en témoignage contre toi ? » Usâma dit : « En entendant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) répéter cela si souvent, je souhaitai ne m’être converti à l’Islam qu’à ce moment-là et ne m’être pas rendu coupable de ce qu’on me reprochait ». (Muslim, Kitâb al-Îmân).

L’indulgence du Saint Prophète Muhammad (s.a.w)

Le Saint Prophètesaw était toujours prêt à pardonner les fautes et les erreurs de chacun. L’une des personnes impliquées dans une affaire de diffamation contre sa femme, ‘Â΄isha (r.a), dépendait, pour ses moyens de subsistance, de la charité d’Abû Bakr (r.a) (père de ‘Â΄isha (r.a)). Lorsqu’il fut clairement établi que l’accusation portée contre ‘Â΄isha (r.a) était fausse, Abû Bakr (r.a) cessa alors de pourvoir aux besoins de cet homme. Ceci est un témoignage de sa patience méritoire et de sa modération. Tout autre à sa place aurait pris des décisions extrêmes contre la personne coupable d’avoir diffamé sa fille. Cependant, quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) apprit ce qu’Abû Bakr (r.a) avait fait, il alla lui parler, soulignant que bien que l’homme soit coupable, il ne convenait pas à une personne comme Abû Bakr (r.a) de le priver de ses moyens de subsistance à cause de son méfait. Sur ce, Abû Bakr (r.a) recommença à prendre cet homme en charge (Bukhârî, Kitâb al-Tafsîr).