Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) a souligné le mérite de bien traiter les parents. Ci-dessous sont quelques-uns de ses conseils à cet effet.

Le statut de la mère en Islam

La plupart des gens, en se mariant et en établissant leur foyer, commencent à négliger leurs parents. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) mit donc l’accent sur le mérite qu’il y a à servir ses parents et à les traiter avec bonté. Abû Huraira rapporte : « Un homme vint voir le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) et lui demanda qui méritait le meilleur traitement de sa part. Il lui répondit : « Ta mère. » L’homme demanda encore : « Et qui après elle ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) répéta : « Ta mère encore. » L’homme demanda une troisième fois : « Et après ma mère ? » et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) répondit de nouveau : « Toujours ta mère. » Et quand l’homme lui eut demandé une quatrième fois, il dit : « Après elle, ton père, et après lui tes plus proches parents, et après eux tes parents éloignés. »

Les parents et grands-parents du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) étaient morts quand il était encore enfant. Les parents de quelques-unes de ses femmes, cependant, vivaient encore et il les traitait toujours avec beaucoup d’égards. A l’occasion de la reddition de La Mecque, quand il entra dans la ville en vainqueur, Abû Bakr amena son père pour le lui présenter. Il dit à Abû Bakr : « Pourquoi as-tu dérangé ton père pour venir me voir ? J’aurais été heureux d’aller le voir moi-même » (Halbiyya, III, p.99).

Servir ses parents pour mériter le paradis

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) avait coutume de dire : « Malheureux est celui dont les parents vivent jusqu’à un âge avancé et qui, même alors, ne gagne pas le Paradis. » Il voulait dire qu’en servant ses parents, surtout s’ils sont âgés, on s’attire la grâce et la faveur de Dieu et que, par conséquent, quand une personne a l’occasion de servir ses parents et qu’elle le fait pleinement, elle est sûre d’être confirmée dans la bonne voie et de recevoir la grâce de Dieu.

Considération pour les proches, parents éloignés et les non musulmans

Un homme se plaignit un jour au Saint Prophète Muhammad (s.a.w) du fait que plus il était bon envers les siens, plus on lui devenait hostile, et que plus il les traitait avec bienveillance, plus ils le persécutaient, plus il leur témoignait de l’affection, plus ils le méprisaient. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) lui dit : « Si ce que tu dis est vrai, tu as beaucoup de chance, car tu recevras pour toujours le secours de Dieu » (Muslim, Kitâb al-Birr wa’l-Sila).

Un jour que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) exhortait à faire l’aumône et la charité, un de ses compagnons, Abû Talha Ansârî, vint à lui et offrit un verger comme œuvre de charité. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) fut très content et s’exclama : « Quelle excellente charité ! Quelle excellente charité ! Quelle excellente charité ! » Et il ajouta : « Puisque tu l’as dédié au service des pauvres, je veux maintenant que tu le divises entre les membres les plus pauvres de ta famille » (Bukhârî, Kitâb al-Tafsîr).

Servir les parents pour mériter le plaisir de Dieu

Un homme vint un jour à lui et lui dit : « Ô messager d’Allâh ! Je suis prêt à faire un engagement de l’Hégire et je suis prêt à prendre part à la guerre sainte, car je veux gagner le plaisir de Dieu. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) s’enquit alors si ses parents vivaient encore, et l’homme lui dit que tous deux étaient encore en vie. Il lui demanda alors : « As-tu vraiment envie de gagner le plaisir de Dieu ? » et comme l’homme répondait affirmativement, il lui dit : « Alors, retourne vers tes parents, sers-les et sers-les bien. » Il souligna que les membres non-musulmans de la famille avaient le même droit que les musulmans à être traités avec bonté et considération. L’une des femmes d’Abû Bakr, qui n’était pas musulmane, rendit visite à sa fille Asmâ’, et celle-ci s’enquit auprès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) si elle pouvait la servir et lui faire des présents, à quoi il répondit : « Certainement, car c’est ta mère. » (Bukhâri, Kitâb al-Adab).

Muhammad-cercle

Il traitait avec une grande considération non seulement ses proches parents, mais aussi ses parents lointains et leurs familles. Quand il sacrifiait un animal, il envoyait une partie de la viande aux amies de Khadîdja (sa défunte épouse) et disait à ses femmes de ne jamais les oublier en de telles occasions. Bien des années après la mort de Khadîdja, alors qu’il était assis avec quelques compagnons, la sœur de Khadîdja, Hâla, vint le voir et lui demanda la permission d’entrer. Sa voix résonna dans les oreilles du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) comme celle de Khadîdja et, en l’entendant, il dit : « Ô Seigneur! C’est Hâla, la sœur de Khadîdja. » En effet, l’affection véritable se manifeste toujours de telle façon qu’on aime et qu’on a de la considération envers ceux qui ont un lien avec la personne aimée ou tenue en haute estime.

Anas ibn Mâlik rapporte qu’au cours d’un voyage, il se trouvait en compagnie de Jarir ibn ‘Abdullâh et qu’il remarqua que ce dernier s’occupait de lui avec l’empressement que montre un serviteur à son maître. Comme Jarîr ibn ‘Abdullâh était plus âgé que lui, il était embarrassé et protesta que Jarîr ne devait pas se soucier pour lui. Jarîr répondit : « J’ai toujours remarqué avec quel dévouement les Ansâr servaient le Saint Prophète Muhammad (s.a.w), et comme cela m’a impressionné, j’ai pris la résolution que, si jamais je me trouvais en compagnie d’un Ansâr, je le servirais comme un serviteur. Je ne fais donc que mettre ma résolution en pratique et tu ne devrais pas chercher à m’en dissuader » (Muslim). Cet incident confirme que lorsqu’une personne aime vraiment une autre, son affection s’étend aussi à ceux qui servent sincèrement l’objet de son attachement. De la même façon, ceux qui honorent véritablement leurs parents montrent toujours de la considération envers ceux qui ont avec eux des liens, que ce soit d’affection ou de parenté.

Honorer les amis de son père

Un jour, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) souligna comme la plus haute vertu le fait qu’un homme honore les amis de son père. Parmi l’audience se trouvait ‘Abdullâh ibn ‘Umar. Bien des années après, alors qu’il se rendait en pèlerinage, il rencontra un bédouin à qui il offrit sa propre monture et son turban. L’un de ses compagnons lui fit remarquer qu’il avait été trop généreux et qu’un bédouin se contenterait de peu de chose. ‘Abdullâh ibn ‘Umar dit : « Le père de cet homme était un ami de mon père et j’ai entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) dire que c’est l’une des plus hautes vertus pour un homme que d’honorer les amis de son père. »