Mirza Ghulam Ahmad, le Messie Promis et Imam Al Mahdi, évoque dans cet écrit les distractions qui assaillent le croyant lors de la Salat et ainsi que la lutte qu’il doit mener afin de maintenir sa concentration.

La phase au cours de laquelle l’adepte est appelé un Muttaqui ou juste, exige de lui qu’il fasse des efforts. C’est pour cela qu’il est dit à l’égard de ces justes : « Ils croient en ce qu’ils ne peuvent voir ». Reconnaître quelque chose après l’avoir observé, ne demande pas un effort particulier.

Par contre, il est difficile de croire en quelque chose qu’on ne peut voir. Lorsque le juste passe de cette étape à celle où il est appelé un Salih (une personne vertueuse), ce qui lui était imperceptible auparavant, lui apparaît désormais. Quelque chose lie maintenant son cœur à Dieu. Et alors, par le truchement de sa vision spirituelle nouvellement acquise, il perçoit Dieu et il vit l’amour qu’il éprouve pour Lui.

Une mise en garde nous est adressée : « Quiconque est aveugle en ce monde le sera dans l’autre. » (17 : 73)

Cela signifie que celui qui ne développe pas sa vision spirituelle dans cette vie ne verra pas la face de Dieu dans l’autre. Par conséquent, le juste cherche ardemment les moyens par lesquels il pourrait affiner sa vision spirituelle. Au début, il est aveugle. Par l’effort qu’il fournit pour se purifier, il parvient à l’étape où il acquiert la vue, et dès cet instant, c’est-à-dire, dès qu’il devient un Salih (une personne vertueuse), l’étape de croire en ce qu’on ne pouvait voir prend fin. Le Saint Prophète (sur lui la paix !) eut la faveur de voir le paradis et l’enfer. Il vit dans toute sa réalité ce quelque chose en lequel un juste doit croire sans l’avoir vu. Si le juste entame aveugle sa marche vers le progrès, et qu’il est appelé à fournir des efforts, lorsqu’il devient un Salih, il trouvera la sécurité, et son âme, la tranquillité. Le trait distinctif du juste est que, croyant en ce qu’il ne peut voir, il persiste avec sincérité dans ses efforts pour avancer, et finalement ses efforts sont récompensés.

Avec acharnement, [le croyant] lutte contre les distractions, et il prie : « Nous n’adorons que Toi et c’est à Toi Seul que nous demandons secours ». Mirza Ghulam Ahmad
Imam Mahdi et Messie Promis

Un autre trait distinctif du juste est qu’il « relève et redresse » la Salat. Cela également exige de la part du juste qu’il fasse des efforts. Lorsqu’il accomplit la Salat, une multitude de distractions et d’imaginations l’assaillent pour faire « tomber » sa Salat en quelque sorte. C’est son affaire à lui maintenant de la « relever » et la « redresser ». Dès qu’il prononce le premier Takbir (Allahou Akbar), la lutte commence. Il se bat pour se concentrer, et s’efforce de trouver quelque intérêt dans la Salat, mais la Salat ne cesse de « tomber ». Alors, avec acharnement, il lutte contre les distractions, et il prie : « Nous n’adorons que Toi et c’est à Toi Seul que nous demandons secours ». Dieu le guide alors dans le droit chemin et l’aide à « relever » et « redresser » la Salat. Il est comme un enfant impuissant qui pleure, appelant au secours, et se plaignant qu’il est en train de s’engouffrer dans l’abîme. Voilà la lutte du juste contre lui-même, contre son moi, pour laquelle il est récompensé.

Certaines personnes sont inquiètes et veulent d’un seul coup se défaire de toutes les distractions qui les tourmentent, tandis que l’expression, « Ils relèvent et redressent la Salat », indique la mise en jeu d’un processus fort différent.

Sheikh Abdoul Qadir Djilani (sur lui la miséricorde de Dieu!) a dit : « Il y a récompense aussi longtemps qu’il y a lutte. Lorsque la lutte prend fin, il n’y a plus de récompense. » Cela implique qu’aussi longtemps que persisteront les distractions contre lesquelles il faut lutter, la Salat, le jeûne, etc., possèdent la qualité dynamique de l’action, méritant d’être récompensés. Mais à l’étape suivante, lorsque le juste est devenu un Salih, la Salat, le jeûne, etc., acquièrent une qualité supérieure, et ils cessent d’être des actes qui méritent d’être récompensés.

Cela soulève maintenant la question de savoir si l’on peut alors s’en dispenser. La réponse est non, parce qu’ils sont désormais des dons en eux-mêmes. A cette étape, la Salat est pour l’âme, sa nourriture et son délice. Elle est elle-même le paradis.

Là où il y a lutte, il y a récompense ; lorsqu’ il n’y a plus de lutte, les récompenses ne sont plus dispensées ; le chercheur est parvenu à son but. A ce moment, le chercheur s’est réconcilié avec lui-même. Ce qu’il faisait avec effort auparavant lui est maintenant devenu naturel, sa nature même. La dualité a disparu. Auparavant, les deux mouvements opposés ne pouvaient être séparés ; l’un ne pouvait exister sans l’autre. La présente condition est le résultat de cette lutte ; le moyen s’est transformé en objet. On ne peut pas s’en dispenser, car sans lui tout est vain.

(Compte Rendu de la Conférence Annuelle 1897, pages 44 à 47)