Mirza Ghulam Ahmad, le Messie Promis et Imam Al Mahdi, décrit ici-bas les étapes cruciales traversées par le Croyant, qui doit combattre le doute, placer sa foi en Dieu et s’évertuer dans la voie de Son Seigneur avant d’atteindre le stade de la certitude.

Comme au tout début de son développement spirituel, le juste ne sait pas ce que sont les rêves et visions (prophétiques), puisqu’il n’en a pas fait l’expérience, ne reçoit pas des révélations divines et ne voit pas les manifestations de Dieu, il doit forcément croire et avoir foi en quelque chose qu’il ne peut voir. Cette foi-là requiert de sa part qu’il fasse des efforts, car elle est fondée sur quelque chose de probable. Certaines personnes n’atteignent même pas cette étape préliminaire de la foi. Elles sont enclines à l’athéisme. Elles observent dans la nature les preuves et les signes qui attestent l’existence de Dieu, mais cela ne les convainc nullement.

Le juste toutefois croit en Dieu. Comme l’a souligné Allah le Très-Haut, « Ils croient en Dieu, Celui Qu’on ne peut voir ». Ne considérez pas cette étape comme étant située à un niveau inférieur ; ceux qui s’aventurent au-delà des limites circonscrites par la raison, sont au nombre de ceux qui font de gros efforts, et ils jouissent d’un rang très élevé. La première étape de la droiture a, aux yeux d’Allah, une très grande valeur.

« splendide est la foi de ceux qui viendront des siècles après moi ; ils ne verront pas les signes que vous voyez, mais ils croiront quand même. » Le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.)

Un jour, le Saint Prophète (sur lui la paix !) demanda à ses compagnons : « La foi de qui, selon vous, est la plus grande ? » Ils répondirent : « La vôtre ». Le Saint Prophète (sur lui la paix !) répliqua : « Comment cela peut-il l’être, car je vois (l’archange) Gabriel tous les jours, et à chaque instant j’observe les signes d’Allah ». Ils dirent : « Alors, c’est la nôtre ! » Le Saint Prophète (sur lui la paix !) leur répondit : « Vous également, vous voyez sans cesse les signes de Dieu », et ajouta, « splendide est la foi de ceux qui viendront des siècles après moi ; ils ne verront pas les signes que vous voyez, mais ils croiront quand même. »

S’il arrive qu’un juste meure au cours de cette étape de la foi, Allah, par Sa grâce, l’admettra quand même parmi ceux qui ont été les récipiendaires de révélations divines, et le considérera comme faisant partie de leur groupe ; même s’il n’a jamais goûté à ce délice. Malgré cela, il a fait preuve de tant de fermeté que, non seulement a-t-il eu la foi en Dieu, mais il l’a prouvé par sa conduite. Il s’était toujours efforcé de « relever et redresser » la Salat.

Au cours de cette étape, lorsque le juste observe la Salat, une foule de pensées et de faits imaginaires l’assaillent pour détourner son attention, mais il n’abandonne pas pour autant la Salat, et il ne s’en lasse point ni ne se décourage pas. D’aucuns y renoncent après un court laps de temps. Le juste, cependant, ne s’avoue jamais vaincu, et il n’y renonce pas. A chaque fois que la Salat « tombe », il va la « relever et la redresser ».

Le juste passe par deux étapes : l’une où il doit subir des épreuves et affronter l’adversité, et l’autre où il est récompensé (et devient un élu de Dieu). L’étape où il doit subir des épreuves est conçue de façon à rendre l’adorateur conscient de sa propre valeur et de sa capacité, ainsi qu’à mettre en évidence lesquels des prétendants croient sincèrement en Dieu. Parfois des imaginations étranges distraient l’adorateur ; il peut même avoir des doutes quant à l’existence de Dieu. Toutefois, un croyant fidèle et sincère ne doit jamais se laisser décourager, et il doit toujours avancer.

Satan n’est jamais satisfait tant qu’il n’a pas poussé quelqu’un, d’une part, à nier l’existence d’Allah, le Très-Haut, et d’autre part, à rejeter le Saint Prophète (sur lui la paix !). Il ne cesse de susciter chez l’homme des doutes de toutes sortes. Des milliers de gens succombent à ces doutes en disant, « Cela ne fait rien si je cède cette fois-ci ; on verra la prochaine fois », s’invitant par là leur ruine... Satan en suscitant, chez l’homme de fausses espérances, l’attire sur un terrain où il succombera. Voilà la première chose à savoir concernant Satan.

Le juste, cependant, fait montre de courage, et la force requise pour déjouer les plans de Satan lui est octroyée. Voilà pourquoi on dit que les justes « relèvent et redressent » la Salat ; c’est-à-dire, qu’ils ne sont point découragés par leur manque de zèle initial, et ils « relèvent et redressent » la Salat à chaque fois qu’elle « tombe », jusqu’à ce que toutes distractions et chimères disparaissent. Dès lors, Satan est mis en déroute, et l’effort du juste est couronné de réussite. Cette étape n’est pas celle où le juste doit être apathique, mais elle est celle où il s’évertuer et lutter. Avec persévérance et courage, comme le ferait un brave, il doit combattre ces distractions. (Al Hakam, volume 5, numéro 6, février 1901, pages 1 à 2)