Les enseignements de l’Islam sur la guerre et la paix

L'enseignement de l'Islam diffère des enseignements précédents, en ce sens qu'il se place entre les deux extrêmes. L'Islam ne prêche pas l'agression comme le fit Moïse, pas plus qu'il ne prêche, comme le christianisme actuel (probablement corrompu), la chose contraire. Il ne nous demande pas de présenter l'autre joue et, en même temps, de vendre nos vêtements pour acheter une épée. L'enseignement de l'Islam est adapté aux instincts naturels de l'homme et il apporte la paix de la seule façon possible.

L’Islam interdit l’agression

L'Islam interdit l'agression, mais nous ordonne de combattre si le recul devant le combat doit mettre la paix en danger et provoquer la guerre. Si ne pas vouloir combattre signifie la fin de la liberté de conscience et de la recherche de la vérité, notre devoir est de combattre. Tel est l'enseignement sur la base duquel la paix peut être finalement établie, et sur lequel le Saint Prophète a fondé sa propre ligne de conduite. Il avait continué à souffrir sans réagir à la Mecque, et n'avait pas combattu l'agression dont il était l'innocente victime. Même après sa fuite à Médine, l'ennemi l'y poursuivit pour extirper l'islam ; il fallait donc combattre pour la vérité et la liberté de conscience.


Le Saint Coran sur la guerre – défense de la liberté

(1) Dans le chapitre 22 versets 40 à 42, nous lisons :

« La permission de se battre est accordée à ceux contre qui la guerre est faite, parce qu'ils ont été injustement traités – et Allah a assurément le pouvoir de les aider – ceux qui ont été injustement chassés de leurs habitations, seulement parce qu'ils ont dit : « Notre Seigneur est Allah ». Et si Allah ne repoussait pas certains hommes par d'autres, les cloîtres auraient assurément été démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom d'Allah est souvent mentionné. Allah aide assurément celui qui L'aide. Allah est, en vérité, Puissant, Fort. Ceux qui, si Nous les établissons sur la terre, observeront les prières, et payeront l'impôt, et enjoindront le bien et interdiront le mal. Et c'est sur Allah que repose la fin des affaires. »

Le verset vise à signifier que l'autorisation de combattre est accordée aux victimes de l'agression. Dieu aide assurément les victimes – ceux qui ont été arrachés à leur maison à cause de leurs croyances. Cette autorisation est sage parce que, si Dieu ne repoussait pas les cruels à l'aide des justes, il n'y aurait pas de liberté de conscience et de culte dans le monde. Dieu doit aider ceux qui aident à établir la liberté et le culte. Il s'ensuit que le combat est permis à un peuple qui a souffert longtemps d'une agression délibérée – quand l'agresseur n'a eu aucune raison d'attaquer et qu'il cherche à intervenir dans la religion de sa victime. Le devoir de celle-ci, en accédant au pouvoir le cas échéant, est de rétablir la liberté religieuse et de protéger toutes les religions et les lieux saints. Son pouvoir ne doit pas servir à sa propre glorification, mais au bien-être des pauvres, au pro­grès du pays et à la consolidation de la paix.

Cet enseignement est aussi irrécusable qu'il est clair et précis. Il proclame le fait que les premiers musulmans eurent recours à la guerre parce qu'ils furent obligés de le faire. Autrement, les guerres d'agres­sion sont interdites par l'Islam. Le pouvoir politique est promis aux musulmans, mais ceux-ci sont avertis de ce que ce pouvoir ne doit pas être exercé pour leur propre profit, mais pour relever le sort des pauvres et promouvoir la paix et le progrès.


Combattre les agresseurs

Dans le chapitre 2 versets 191 à 194, Dieu déclare :

« Et combattez pour la cause d’Allāh contre ceux qui combattent contre vous, mais ne dépassez pas les limites. Assurément, Allāh n’aime pas les transgresseurs. Et en temps de guerre tuez-les partout où vous les trouverez et chassez-les d’où ils vous ont chassés, car la persécution est pire que le fait de tuer. Ne les combattez pas auprès de la Sainte Mosquée, à moins qu’ils ne vous y attaquent. Mais s’ils vous attaquent, alors combattez-les ; car telle est la rétribution pour les mécréants. Mais s’ils cessent les hostilités, alors Allāh est assurément Très Pardonnant, Miséricordieux. Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de persécution et que la religion puisse être professée pour Allāh. Mais s’ils cessent le combat, alors souvenez-vous qu’il n’y a aucune hostilité sauf contre les transgresseurs. »

Il est donc permis de dire que les versets enseignent les règles catégoriques suivantes :

  • Nous ne devons recourir à la guerre que pour l'amour de Dieu et non pour des motifs personnels, pour notre propre gloire ou pour d'autres intérêts.
  • Nous ne pouvons entrer en guerre que si nous sommes nous-mêmes agressés.
  • Nous ne pouvons combattre que ceux qui nous combat­tent. Nous ne pouvons pas combattre ceux qui ne sont pas en guerre.
  • Même après que l'ennemi a lancé l'attaque, notre devoir est de limiter la guerre. Il est mal d'étendre la guerre, que ce soit territorialement ou par les armes employées.
  • Nous ne devons nous battre que contre une armée régu­lière à la solde de l'ennemi et qui combat pour lui. Nous ne devons pas nous battre contre d'autres qui se trouvent du côté de l'ennemi.

Pendant la guerre, l'immunité doit être accordée aux lieux du culte et pour l'observation des rites religieux. Si l'ennemi épargne les lieux où sont célébrées des cérémonies religieuses, les musulmans doivent également s'abstenir de combattre en de tels lieux. Si l'ennemi utilise un lieu du culte comme base d'attaque, alors les musulmans peuvent répondre à l'attaque. Ils ne pour­ront être blâmés de l'avoir fait. Le combat n'est pas autorisé à proximité des lieux de culte. Lancer une attaque contre de tels lieux afin de les détruire ou de les endommager est absolument interdit. Un lieu du culte employé comme base d'opérations peut inviter à une riposte. La responsabilité pour tout dommage causé au lieu incombera alors à l'ennemi et non aux musulmans.

Si l'ennemi réalise le danger et son erreur en utilisant comme base un lieu de culte et qu'il change le front de bataille, les musulmans doivent alors se conformer au changement. Le fait que l'ennemi ait lancé l'attaque à partir d'un lieu du culte ne doit pas servir de prétexte pour attaquer ce lieu. Par respect, les musulmans doivent aussi changer leur front de bataille dès que l'ennemi le fait.


La cessation des combats

Le combat doit se poursuivre aussi longtemps qu'existent des entraves à la religion et à la liberté religieuse. Dès que la religion devient libre et que toute contrainte dans ce domaine n'est plus permise et que ceci se reflète dans les paroles et dans les actes de l'ennemi, il ne doit plus y avoir de guerre, même si c'est l'ennemi, qui la provoque.

Dans chapitre 8, versets 39 à 41, nous avons :

« Dis aux incroyants, que s’ils renoncent à leur méchanceté, ce qui est passé leur sera pardonné ; et que s’ils y retournent, alors en vérité, l’exemples des anciens peuples est déjà devant eux. Et combats-les jusqu’à ce que toute persécution cesse et que la religion ne soit que pour Allah Seul. Mais s’ils renoncent à leur animosité, alors assurément Allah est Celui qui surveille leurs actions de près. Et s’ils tournent le dos à cette proposition alors sachez bien qu’Allah est votre Protecteur. Quel excellent Protecteur et quel excellent aide ! »

Ces versets furent révélés à propos de la bataille de Badr qui fut le premier combat régulier entre les musulmans et les incroyants. C'est là que les musulmans furent victimes d'une agression injustifiée. L'ennemi avait choisi de rompre la paix de Médine et du territoire environnant. Malgré cela, la victoire fut aux musulmans et d'importants chefs ennemis trouvèrent la mort. L'exercice des représailles contre une telle agression semble naturel, justifié et même nécessaire. Pourtant, il est dit aux musulmans de cesser de combattre dès que l'ennemi dépose les armes. Tout ce que l'ennemi est prié de concéder est la liberté de croyance et de culte.


L’Islam préconise la paix et la réconciliation

Dans chapitre 8, versets 62 à 63, nous lisons :

« Et s'ils penchent vers la paix, penches-y aussi, et mets ta confiance en Allah, c'est Lui assurément qui entend tout, sait tout. Et s'ils ont le dessein de t'induire en erreur, Allah te suffit assurément. C'est Lui qui t'a fortifié par Son aide et avec les croyants. »

Autrement dit, si au cours de la bataille, quel que soit le moment, les incroyants désirent la paix, les musulmans doivent accepter l'offre immédiatement et faire la paix. Ils doivent le faire même au risque d'être trompés, plaçant leur confiance en Dieu. La duperie ne servira à rien contre eux, car ils comptent non sur eux-mêmes, mais sur l'aide de Dieu à Qui ils doivent leurs victoires. Dans leurs moments les plus sombres et les plus difficiles, Dieu avait soutenu le Saint Prophète Muhammad (saw) et ses fidèles ; de la même façon, Il les soutiendra contre les trompeurs. Une offre de paix doit donc être acceptée et non pas rejetée, sous prétexte qu'il s'agit d'une ruse par laquelle l'ennemi cherche à gagner du temps pour une nouvelle attaque.

L'accent mis sur la paix dans ces versets n'est pas dénué de signification. Ceux-ci anticipent la paix que signa le Saint Prophète Muhammad à Hudaibiya. Ils l'avertissent de ce qu'un temps viendra où l'ennemi recherchera la paix. L'offre ne devra pas être refusée sous le prétexte que l'ennemi était l'agresseur et qu'il avait commis des excès ou qu'on ne peut lui faire confiance. Le droit chemin enseigné par l'Islam exige qu'un musulman accepte une offre de paix. La piété et le bon jugement en rendent l'acceptation désirable.

Dans le chapitre 4 verset 94, nous lisons :

« Ô vous qui croyez ! Quand vous vous mettez en campagne dans la cause d'Allah, renseignez-vous bien et ne dites pas à celui qui vous adresse le salut de la paix : « Tu n'es pas un croyant. » Vous cherchez les biens de la vie d'ici-bas, alors qu'auprès d'Allah il y a abondance de biens. Autrefois vous étiez ainsi, mais Allah vous a accordé Ses grâces. Aussi donc, renseignez vous bien. Assurément, Allah est bien informé de ce que vous faites. »

En d'autres termes, quand les musulmans partent en guerre, ils doivent s'assurer que l'ennemi a été averti de ce que la guerre a de déraisonnable et qu'il la veut en connaissance de cause. Ayant fait cela, si les musulmans reçoivent d'un individu ou d'un groupe une proposition de paix, ils ne doivent pas la refuser sous prétexte qu'elle n'est pas honnête. Si les musul­mans déclinent des offres de paix, ils ne combattront pas pour Dieu mais pour eux-mêmes et pour gagner des biens de ce monde. Tout comme la religion vient de Dieu, la gloire et les biens de ce monde doivent venir de Lui aussi. Tuer ne doit pas être un but. Celui qu'on désire tuer aujourd'hui peut être bien guidé demain. Or, les musulmans auraient-ils pu le devenir s'ils n'avaient pas été épargnés ? Les musulmans doivent s'abstenir de tuer car les vies épargnées peuvent devenir des vies guidées. Dieu sait bien ce que font les hommes, pour quelles raisons et dans quel but ils le font.

Le verset enseigne que, même après que la guerre ait commencé, le devoir des musulmans est de se renseigner si l'ennemi est décidé à l'agression. Il arrive souvent que l'ennemi fasse des préparatifs de guerre sous l'emprise de l'excitation ou de la crainte, alors qu'il n'a aucune intention d'être l'agresseur ; aussi, tant que les musulmans ne sont pas assurés que l'ennemi a préparé une attaque, ils ne doivent pas entrer en guerre. S'il apparaît, dans les faits ou dans les déclarations de l'ennemi, que ses préparatifs ne sont que légitime défense, les musulmans doivent accepter une telle déclaration et s'abstenir de faire la guerre. Si l'agression avait été l'intention première, peut-être cette intention avait-elle changé. Les intentions et les motivations ne changent-elles pas continuellement ? Les ennemis de l'Islam ne sont-ils pas devenus amis ?


L'inviolabilité des traités

Le Saint Coran dit annonce clairement :

« Sauf ceux des idolâtres avec qui vous avez conclu un traité, et qui n’ont pas failli dans l’accomplissement de leurs obligations envers vous, et qui n'ont soutenu personne contre vous. Respectez donc le traité avec ceux-là jusqu'à leur terme. Assurément, Allah aime ceux qui sont justes. » (9 : 4)

Les incroyants qui signent un pacte avec les musulmans, honorent ce pacte et n'aident pas l'ennemi contre eux, doivent recevoir des musulmans un traitement réciproque. La piété exige que les musulmans remplissent leur part du pacte dans la lettre aussi bien que dans l'esprit.

Traitement de l’ennemi

À propos d'un ennemi en guerre contre les musulmans et qui désire étudier le message de l'Islam, le Saint Coran ordonne :

« Et si quelqu’un d’entre les idolâtres te demande protection, accorde-lui la protection afin qu’il puisse entendre la parole d’Allah ; ensuite, conduis-le à son lieu de sûreté. Et ce, parce que ce sont des gens qui ne savent pas. » (9 : 6)

Autrement dit, si l'un de ceux qui sont en guerre contre les musulmans cherche refuge chez eux afin d'étudier l'Islam et de réfléchir à son message, il doit avoir la protection des musulmans aussi longtemps qu'il semble raisonnablement nécessaire.

Traitement des prisonniers de guerre

Concernant les prisonniers de guerre, le Saint Coran enseigne :

« Il ne sied pas à un prophète d'avoir des captifs avant qu’il n’ait pris part à une bataille régulière dans le pays. Vous désirez les biens d'ici-bas tandis qu'Allah désire pour vous l'au-delà : et Allah est Puissant, Sage. » (8 : 67)

En d'autres termes, il ne convient pas qu'un prophète prenne des prisonniers à son ennemi, sauf après une guerre régulière où beaucoup de sang a été versé. La pratique de faire des prisonniers chez les tribus ennemies sans coup férir et sans verser de sang, en faveur jusqu'à l'avènement de l'Islam – et même après – est ici rendue illégale. On ne peut faire de prisonniers qu'après une bataille et parmi les combattants.


La libération des prisonniers de guerre selon l’Islam

Il y a des règles établies pour relâcher les prisonniers. Ainsi, nous lisons:

« Ensuite plus tard, relâchez-les soit comme une faveur soit contre rançon – jusqu’à ce que la guerre dépose ses fardeaux. »

Le mieux, selon l'Islam, est de relâcher les prisonniers sans demander de rançon. Mais comme cela n'est pas toujours possible, la remise en liberté contre rançon est également prévue. Il existe des clauses pour les prisonniers de guerre qui ne peuvent payer eux-mêmes leur rançon, pour ceux qui n'ont personne qui puisse ou qui veuille payer leur remise en liberté. Il arrive souvent que des membres de la famille puissent payer mais qu'ils ne le fassent pas, parce qu'ils préfèrent laisser leur parent demeurer prisonnier – probablement dans l'intention de s'approprier ses biens en son absence.

Ceux qui ne méritent pas d'être relâchés sans rançon, mais qui n'ont personne pour la payer pour eux – s'ils demandent malgré tout leur liberté – peuvent l'obtenir en signant un engagement selon lequel, s'il leur est permis de travailler et de gagner leur vie, ils paieront leur rançon. Ils ne doivent, cependant, être autorisés à le faire que si leur capacité de travailler et de gagner leur vie est certaine : dans ce cas, ils doivent même recevoir une aide financière de la part des musulmans. Ceux des musulmans qui peuvent le faire doivent payer ; ou bien une souscription publique doit être organisée pour aider ces malheureux à se relever.


Les préceptes du Prophète Muhammad (p.s.s.l) concernant la guerre

L'enseignement aux musulmans ne consiste pas seulement en préceptes établis dans le Saint Coran. Il comprend également les commandements et l'exemple du Saint Prophète Muhammad (p.s.s.l). Ce que le Prophète a dit ou ce qu'il a enseigné dans des situations con­crètes est aussi une partie essentielle de l'enseignement islamique. Nous donnons donc ci-après quelques préceptes du Pro­phète concernant la guerre et la paix.

  • Il est absolument interdit aux musulmans de mutiler les morts (Muslim).
  • Il est interdit aux musulmans de recourir à la duperie (Muslim).
  • Les enfants ne doivent pas être tués, ni les femmes (Muslim).
  • On ne doit pas prendre à parti les prêtres, les fonctionnaires religieux et les chefs religieux.
  • Les vieillards et les invalides, les femmes et les enfants ne doivent pas être tués. On doit toujours avoir présente à l'esprit la possibilité de la paix (Abū Dāwūd).
  • Quand les musulmans pénètrent en territoire ennemi, ils ne doivent pas semer la terreur parmi la population. Ils ne doivent pas permettre le mauvais traitement du peuple (Muslim).
  • Une armée musulmane ne doit pas établir son camp en un lieu où cela peut gêner le public. Quand elle se déplace, elle doit prendre soin de ne pas bloquer le chemin et de ne pas causer d'inconvénient aux autres voyageurs.
  • On ne doit pas permettre de défigurer les visages (Bukhārī et Muslim).
  • On doit infliger à l'ennemi le moins de pertes possible (Abū Dāwūd).
  • Quand les prisonniers de guerre sont placés sous surveillance, ceux qui sont proches parents doivent être mis ensemble (Abū Dāwūd).
  • Les prisonniers doivent bénéficier d'un certain confort. Les musulmans doivent prendre plus de soin du confort de leurs prisonniers que du leur (Tirmīdhi).
  • Les émissaires et délégués d'autres pays doivent être respectés. Toute erreur ou manque de courtoisie de leur part doit être ignoré (Abū Dāwūd, Kitab Ul Jihad)
  • Si un musulman com­met le péché de maltraiter un prisonnier de guerre, il expiera sa faute en libérant le prisonnier sans rançon.
  • Quand un musulman prend un prisonnier de guerre en charge, il doit le nourrir et l'habiller de la même façon que pour lui-même (Bukhārī)

Le Saint Prophète insistait tellement sur l'observation de ces règlements pour une armée combattante, qu'il déclara que quiconque ne les observait pas, combattait non pour Dieu, mais pour lui-même (Abū Dāwūd). Abū Bakr, premier calife de l'Islam, compléta ces commandements du Saint Prophète par quelques-uns des siens. Le commandement suivant, constitue également une partie de l'enseignement musulman : « Il ne faut pas endommager les bâtiments publics ni les arbres fruitiers ni les récoltes. » (Muwātta)

D'apès ces préceptes du Saint Prophète et du premier calife de l'Islam, il apparaît clairement que l'Islam a préconisé des mesures pour prévenir ou arrêter une guerre et en réduire les conséquences. Comme nous l'avons déjà dit, les principes qu'enseigne l'Islam ne sont pas seulement de pieux préceptes : ils trouvent leur illustration pratique dans l'exemple du Saint Prophète Muhammad (p.s.s.l) et des premiers califes de l'Islam. Comme chacun le sait, le Saint Prophète ne se contentait pas d'enseigner ces principes : il les mettait en pratique et insistait pour qu'ils fussent observés.


La résolution des conflits contemporains

Si nous considérons notre époque, nous devons dire qu'aucun autre enseignement ne semble à même de résoudre le problème de la guerre et de la paix. L'enseignement de Moïse est loin de notre idéal de justice et d'équité. ll est impossible d'agir aujourd'hui selon cet enseignement. La doctrine de Jésus est impraticable et l'a toujours été. Jamais, au cours de leur histoire, les chrétiens n'ont essayé de mettre ses préceptes en pratique. Seul, l'enseignement de l'Islam est praticable ; c'est le seul qui a été à la fois prêché et pratiqué par ceux qui l'ont préconisé et dont l'application peut amener et maintenir la paix dans le monde.

M. Gandhi a enseigné, selon toute apparence, que même lorsque la guerre nous est imposée, nous ne devons pas y répondre par la guerre. Nous ne devons pas combattre. Mais, cet enseignement n'a jamais été mis en pratique, à aucune époque de l'histoire du monde. Il n'a jamais été mis à l'épreuve. Il est donc impossible de dire la valeur que peut avoir cet enseignement en termes de guerre et de paix. M. Gandhi a vécu assez longtemps pour voir le Congrès lndien atteindre l'indépendance politique. Cependant, le gouvernement du Congrès n'a pas congédié l'armée ni les autres forces armées de l'Inde. Il n'a fait que dresser des plans pour leur indianisation. Il a aussi projeté de réintégrer ceux des officiers indiens qui s'étaient constitués en Armée Nationale Indienne (et qui avaient été renvoyés par les autorités britanniques) pendant l'attaque japonaise contre la Birmanie et l'Inde au cours des derniers développements de la seconde guerre mondiale.

M. Gandhi lui-même, à plusieurs reprises, a élevé la voix pour accorder des circonstances atténuantes aux crimes de violence, et il a préconisé la libération de ceux qui commettaient de tels crimes. Ceci montre, au moins, que son enseignement ne peut être mis en pratique et que M. Gandhi le sait aussi bien que ses fidèles. Aucun exemple pratique n'a au moins été donné pour montrer au monde comment peut s'appliquer la non-violence quand des conflits armés éclatent entre nations et entre États, ou comment la non-violence peut prévenir ou arrêter une guerre. Prêcher une méthode pour arrêter les guerres, mais ne jamais pouvoir en donner une illustration pratique est une preuve de ce que cette méthode est impraticable. Il apparaît donc que l'expérience et la sagesse humaine n'indiquent qu'une seule méthode pour empêcher ou pour faire cesser la guerre ; et cette méthode a été enseignée et pratiquée par le Saint Prophète de l'Islam.

Conclusion

Les passages du Saint Coran et des Hadiths du Saint Prophète Muhammad que nous venons de citer contiennent l'enseignement de l'Islam concernant la guerre et la paix. Ils nous disent dans quelles circonstances, selon l'Islam, il est juste d'entrer en guerre, et quelles sont les limites que les musulmans doivent observer lorsqu'ils font la guerre.

(Source : « Introduction à l’étude du Saint Coran » par Hadrat Mirza Bashir Ud Din Mahmud Ahmad – Khalifatul Masih II)