L’Islam préconise la paix et la réconciliation

Dans chapitre 8, versets 62 à 63, nous lisons :

« Et s'ils penchent vers la paix, penches-y aussi, et mets ta confiance en Allah, c'est Lui assurément qui entend tout, sait tout. Et s'ils ont le dessein de t'induire en erreur, Allah te suffit assurément. C'est Lui qui t'a fortifié par Son aide et avec les croyants. »

Autrement dit, si au cours de la bataille, quel que soit le moment, les incroyants désirent la paix, les musulmans doivent accepter l'offre immédiatement et faire la paix. Ils doivent le faire même au risque d'être trompés, plaçant leur confiance en Dieu. La duperie ne servira à rien contre eux, car ils comptent non sur eux-mêmes, mais sur l'aide de Dieu à Qui ils doivent leurs victoires. Dans leurs moments les plus sombres et les plus difficiles, Dieu avait soutenu le Saint Prophète Muhammad (saw) et ses fidèles ; de la même façon, Il les soutiendra contre les trompeurs. Une offre de paix doit donc être acceptée et non pas rejetée, sous prétexte qu'il s'agit d'une ruse par laquelle l'ennemi cherche à gagner du temps pour une nouvelle attaque.

L'accent mis sur la paix dans ces versets n'est pas dénué de signification. Ceux-ci anticipent la paix que signa le Saint Prophète Muhammad à Hudaibiya. Ils l'avertissent de ce qu'un temps viendra où l'ennemi recherchera la paix. L'offre ne devra pas être refusée sous le prétexte que l'ennemi était l'agresseur et qu'il avait commis des excès ou qu'on ne peut lui faire confiance. Le droit chemin enseigné par l'Islam exige qu'un musulman accepte une offre de paix. La piété et le bon jugement en rendent l'acceptation désirable.

Dans le chapitre 4 verset 94, nous lisons :

« Ô vous qui croyez ! Quand vous vous mettez en campagne dans la cause d'Allah, renseignez-vous bien et ne dites pas à celui qui vous adresse le salut de la paix : « Tu n'es pas un croyant. » Vous cherchez les biens de la vie d'ici-bas, alors qu'auprès d'Allah il y a abondance de biens. Autrefois vous étiez ainsi, mais Allah vous a accordé Ses grâces. Aussi donc, renseignez vous bien. Assurément, Allah est bien informé de ce que vous faites. »

En d'autres termes, quand les musulmans partent en guerre, ils doivent s'assurer que l'ennemi a été averti de ce que la guerre a de déraisonnable et qu'il la veut en connaissance de cause. Ayant fait cela, si les musulmans reçoivent d'un individu ou d'un groupe une proposition de paix, ils ne doivent pas la refuser sous prétexte qu'elle n'est pas honnête. Si les musul­mans déclinent des offres de paix, ils ne combattront pas pour Dieu mais pour eux-mêmes et pour gagner des biens de ce monde. Tout comme la religion vient de Dieu, la gloire et les biens de ce monde doivent venir de Lui aussi. Tuer ne doit pas être un but. Celui qu'on désire tuer aujourd'hui peut être bien guidé demain. Or, les musulmans auraient-ils pu le devenir s'ils n'avaient pas été épargnés ? Les musulmans doivent s'abstenir de tuer car les vies épargnées peuvent devenir des vies guidées. Dieu sait bien ce que font les hommes, pour quelles raisons et dans quel but ils le font.

Le verset enseigne que, même après que la guerre ait commencé, le devoir des musulmans est de se renseigner si l'ennemi est décidé à l'agression. Il arrive souvent que l'ennemi fasse des préparatifs de guerre sous l'emprise de l'excitation ou de la crainte, alors qu'il n'a aucune intention d'être l'agresseur ; aussi, tant que les musulmans ne sont pas assurés que l'ennemi a préparé une attaque, ils ne doivent pas entrer en guerre. S'il apparaît, dans les faits ou dans les déclarations de l'ennemi, que ses préparatifs ne sont que légitime défense, les musulmans doivent accepter une telle déclaration et s'abstenir de faire la guerre. Si l'agression avait été l'intention première, peut-être cette intention avait-elle changé. Les intentions et les motivations ne changent-elles pas continuellement ? Les ennemis de l'Islam ne sont-ils pas devenus amis ?